1975, Monte Clare, Missouri, Patch est un jeune garçon né borgne qui de ce fait aimerait être un pirate. Il est malmené par les autres élèves notamment parce qu’il est pauvre. Heureusement, il peut compter sur son amie Saint, toujours prête à le défendre et le protéger. La jeune fille vit avec sa grand-mère Norma et se passionne pour l’apiculture. La petite communauté va bientôt être bouleversée par un terrible drame : Patch a disparu.
« Toutes les nuances de la nuit » a reçu beaucoup de louanges dans la presse et les réseaux sociaux ce qui m’a donné envie de le découvrir. Mon avis sera un peu mitigé. Le point fort de la fresque de Chris Whitaker (l’intrigue court de 1975 à 2001) est sa formidable galerie de personnages. Difficile de ne pas s’attacher à Saint et à Patch, deux gamins que la vie n’a pas épargnés et qui vont se lier d’une amitié puissante et indéfectible. Leur fidélité l’un à l’autre bravera les épreuves et les années, chacun étant prêt à se mettre en danger pour protéger l’autre. Ce sont deux personnages singuliers, originaux et inévitablement touchants. Chris Whitaker met également un soin particulier à dessiner ses personnages secondaires qui sont tout autant incarnés que les deux héros : Norma, la grand-mère de Saint conductrice de bus, Sammy, le galeriste alcoolique au grand cœur, Nix, le policier humaniste, Misty, la reine de beauté sensible. C’est pour eux que l’on tourne les pages de ce gros pavé.
Ce qui m’a agacée dans ce roman, ce sont les très nombreux rebondissements et surtout les coïncidences totalement improbables qui se multiplient dans le deuxième moitié du roman. Cela finit par être too much et c’est fort dommage car l’intrigue tenait bien la route jusque là.
Malgré ce bémol, j’avoue avoir lu avec une étonnante rapidité ce roman (810 pages) dont la profonde noirceur est éclairée par les liens indéfectibles qui unissent les personnages.
Traduction Cindy Colin-Kapen

Chez moi, c’est passé crème, j’ai adoré sans concession. 😉