Concours La Table Ronde #2

Nous sommes très heureuses aujourd’hui de vous proposer un deuxième concours en partenariat avec les éditions de la Table Ronde, que nous remercions vivement pour leur gentillesse et leur générosité dans le cadre des 10 ans de notre challenge.

Comment fonctionne le concours ?

Nous vous proposons un concours sur nos blogs, et un autre sur le compte Instagram officiel du Mois anglais, @ayearinengland2021, géré par les trois créatrices du challenge. Si vous suivez le challenge uniquement sur le groupe Facebook, vous pouvez tout à fait participer via nos blogs.

Pour participer et tenter de gagner un exemplaire sur nos blogs, c’est tout simple ! On vous propose de:

  • nous indiquer le titre que vous aimeriez remporter
  • nous dire ce que vous aimeriez faire ou qui vous aimeriez rencontrer si vous aviez la possibilité de vous balader dans l’Angleterre de la première moitié du XXe siècle
  • bien nous préciser votre blog et / ou pseudo, pour que nous puissions vous reconnaître, notamment si vous n’avez pas de blog.

Il faudra avoir rempli ces trois conditions pour valider votre participation.

Ce concours est ouvert jusqu’au 30 juillet. Les gagnant.e.s seront désigné.e.s par tirage au sort.

Surveillez nos blogs pour l’annonce des gagnants. Attention, nous actualiserons ce post mais n’en créerons pas de nouveau.

Bonne chances à tous et à toutes !

Et nous remercions de nouveau chaleureusement les éditions de la Table Ronde sans qui ce magnifique concours ne serait pas possible !

 

Concours Presses de la Cité

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Le Mois anglais est terminé, mais nous avons le plaisir de continuer à vous gâter, d’autant plus que nous passons l’année avec vous pour fêter les 10 ans de notre challenge !

Et pour souffler ces dix bougies, nous avons la chance d’être accompagnées cette année encore par les Presses de la Cité, que nous remercions vivement !

Après « La Prisonnière du temps » ou encore « La Fabrique des Poupées », nous avons le plaisir de mettre en jeu 2 exemplaires du « Voleur de Curiosités », dont voici le résumé :

Londres, 1863. Bridie Devine, détective spécialisée dans les cas délicats, fait face à l’affaire la plus complexe et la plus insolite de toute sa carrière. Christabel Berwick, l’héritière d’un baronet, a été kidnappée. Mais Christabel n’est pas une enfant ordinaire. Son existence a été cachée aux yeux de tous et ses étranges talents semblent effrayer son entourage autant qu’ils attirent l’attention des collectionneurs de curiosités.
Ne ménageant pas ses efforts pour retrouver l’enfant, Bridie entre dans un monde de chirurgiens déments et de saltimbanques mercenaires. Aidée dans sa quête par le fantôme tatoué d’un boxeur mélancolique qu’elle seule peut voir et par une femme de chambre à la carrure impressionnante, la jeune femme suit pas à pas les traces laissées par les ravisseurs, s’exposant ainsi à un passé qu’elle a tenté d’oublier.

Résurrectionniste, chimiste excentrique, créature aquatique légendaire : autant de personnages qui hantent les pages de ce roman lyrique et gothique où le spectacle est roi, mais qui fait la part belle à une enquête digne des plus grandes énigmes policières.

Comment fonctionne le concours ?

Nous vous proposons un concours sur nos blogs, et un autre sur le compte Instagram officiel du Mois anglais, @ayearinengland2021, géré par les trois créatrices du mois. Si vous suivez le challenge uniquement sur le groupe Facebook, vous pouvez tout à fait participer via nos blogs.

Pour participer et tenter de gagner un exemplaire sur nos blogs, c’est tout simple ! On vous propose de:

  • nous indiquer votre période historique favorite
  • nous dire quel(s) titre(s) des éditions des Presses de la Cité vous recommanderiez à une personne qui souhaiterait découvrir leur catalogue
  • bien nous préciser votre blog et / ou pseudo, pour que nous puissions vous reconnaître, notamment si vous n’avez pas de blog.

Il faudra avoir rempli ces trois conditions pour valider votre participation.

Ce concours est ouvert jusqu’au 10 juillet. Les gagnant.e.s seront désigné.e.s par tirage au sort.

Bonne chances à tous et à toutes !

Et nous remercions encore chaleureusement les Presses de la Cité qui nous accompagnent une nouvelle fois pour cet anniversaire qui nous tient à cœur !

La mystérieuse affaire de Styles de Jean-François Vivier et Romuald Gleyse

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En 1917, le capitaine Hastings revient en Angleterre après avoir été blessé sur le front. Il rencontre par hasard un vieil ami, John Cavendish, qui lui propose de venir passer quelques jours dans la propriété familiale de Styles Court. Hastings connaît bien les lieux où il a déjà été invité auparavant. La mère de John s’est récemment remariée avec Alfred Inglethorp qui n’est pas très apprécié par les autres membres de la famille Cavendish. L’ambiance à Styles Court est loin d’être  détendue. Durant la première nuit du séjour du capitaine Hastings, un drame survint : Mrs Inglethorp est prise de convulsions et elle s’effondre, morte, sur ses oreillers. Après les constats des médecins, Hastings propose de contacter son ami Hercule Poirot, un détective privé belge.

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« La mystérieuse affaire de Styles » est le premier roman où apparait Hercule Poirot. Il est ici adapté par Jean-François Vivier et Romuald Gleyse en bande-dessinée. Les éditions Paquet ont déjà préalablement édité plusieurs roman d’Agatha Christie en BD. Le roman montrait la forte influence de Conan Doyle sur  Agatha Christie. La construction du récit est en effet proche de celle des aventures de Sherlock Holmes. Cela se ressent moins dans la bande-dessinée mais globalement l’intrigue est fidèle à l’œuvre originale.

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Nous sommes ici chez des adeptes de la ligne claire qui m’a toujours beaucoup séduite et que je retrouve toujours avec plaisir. Ce choix est parfait, il n’est pas nécessaire d’en rajouter lorsque l’on adapte la reine anglaise du crime et que l’intrigue est pleine de rebondissements. Il ne faut pas se fier aux couleurs vives, c’est bien un drame familial et un esprit fort retors qui seront le nœud de cette enquête. Notre cher Poirot prend vie dans les pages de cette BD, il est presque bondissant (je crois que personne n’a jamais tenu compte du fait qu’il est censé boiter après une blessure).

Cette bande-dessinée, très plaisante à lire, ne peut que donner envie de découvrir le roman original et de faire plus ample connaissance avec les redoutables petites cellules grises de Hercule Poirot.

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Ne crains pas l’ombre ni les chiens errants de Camille Zabka

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« C’est la bonne nuit pour fuir. » Cassandra quitte son mari et leur maison située dans un complexe pour expatriés en Indonésie. Elle file en pleine nuit, à travers la forêt avec sa fille encore bébé. « Le voyage, la vie au loin recommencée », voilà le promesse que se sont faite Cassandra et son mari en quittant Paris. Un nouveau souffle, du dépaysement, des rivages lointains, les odeurs d’Extrême-Orient devaient les attendre à l’arrivée. Mais, si les débuts furent heureux, Cassandra découvre aussi une toute autre réalité en Indonésie et un mari bien différent de celui qu’elle avait épousé.

« Ne crains pas l’ombre ni les chiens errants » est le deuxième roman de Camille Zabka et il s’agit du récit d’une fuite, celle de Cassandra pour rejoindre la France. Nous la suivons au travers de la forêt, dans le taxi à Magelang, dans l’avion pour Jakarta. L’urgence, la peur sont les compagnons de voyage de l’héroïne et elles habitent l’écriture de Camille Zabka. Cassandra, nous le la lâchons pas d’une semelle, elle nous embarque avec dans son périple dès la première phrase. Au travers de celui-ci, elle nous raconte une autre fuite, celle qui l’amena d’Arras à Paris. Élevée seule par sa mère, Cassandra grandit en ayant honte de l’étroitesse de cette vie, des ménages de sa mère et du ciel bas. Elle rêve alors de Paris, d’émancipation, de culture. Mais Cassandra apprendra en Indonésie qu’il n’est pas possible de passer sa vie à fuir.

« Ne crains pas l’ombre ni les chiens errants » est nourri par la propre expérience d’expatriée de Camille Zabka à Djakarta. Et cela se sent dans les descriptions des paysages, des bruits, des odeurs, de la chaleur écrasante, du grouillement des villes. L’Indonésie palpite dans les mots de l’auteur qui nous fait également voir une bien triste réalité écologique : les forêts brûlées, leurs cendres qui s’insinuent partout, la mer de déchets plastiques, un pays massacré, détruit.

Avec une écriture rythmée, vive et des chapitres courts, Camille Zbaka nous propose de suivre la fuite, mais également la libération, de son héroïne Cassandra. Une belle découverte et une voix que j’ai envie de retrouver.

Merci aux éditions de L’Iconoclaste pour cette lecture.

Bilan livresque et séries de janvier

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Ce premier mois de l’année aura été très satisfaisant en terme de lectures. Pour le moment, je ne vous ai parlé que de « Sublime royaume » qui m’a permis de découvrir la talentueuse Yaa Gyasi et de « Là où chantent les écrevisses » qui fut une déception. Je vous reparle très vite du très original deuxième roman d’Alexandra Koszelyk, du premier recueil de nouvelles d’un jeune auteur américain : Nana Kwame Adjei-Brenyah, du formidable premier tome de la trilogie de Timothée de Fombelle consacrée à la jeune Alma et des trois jours que j’ai passé en compagnie du bougon Paul Cézanne. J’ai également découvert deux formidables BD dont je ne manquerai pas de vous parler : « Béatrice » de Joris Mertens, une merveille sans parole, « Peau d’homme », conte féministe se déroulant à la Renaissance.

Côté séries et films :

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1939, Edith Pretty, propriétaire d’une demeure à Sutton Hoo dans le Suffolk, engage Basil Brown, un archéologue amateur, pour explorer d’étranges monticules présents sur ses terres. Edith s’intéresse aux fouilles archéologiques depuis l’enfance et a un pressentiment sur ce que peuvent cacher les monticules. Son intuition se révèlera exacte puisque Sutton Hoo est le lieu d’une des plus grandes découvertes archéologiques en Angleterre.

Le film de Simon Stone s’inspire d’un livre de John Preston s’inspirant lui-même de faits réels. Edith Pretty est très attachée aux traces du passé, comme Basil. Leur passion commune n’a que plus de sens dans une époque qui va bientôt basculer dans le chaos de la deuxième guerre mondiale. L’ancrage dans le passé rend probablement le présent moins vacillant. La mise en scène de Simon Stone est élégante, les cadrages sont très travaillés. La photographie est splendide et met en valeur la lumière, les paysages du Suffolk. Les magnifiques cieux semblent intemporels jusqu’à ce qu’ils soient traversés par les avions de la RAF. Certaines scènes sont particulièrement marquantes comme celles où Basil est enseveli sous la terre d’un des monticules.

Le film est servi par des acteurs d’une grande justesse : Carey Mullingan et Ralph Fiennes. Tous deux sont remarquables. Entre force et faiblesse, leurs deux personnages tentent de défendre leur extraordinaire découverte. Leur amitié sans faille se construit devant nos yeux et nous les rend infiniment attachants. Les deux acteurs sont, comme à leur habitude, brillants.

« The dig » est une très belle découverte, un film d’une grande douceur sur une découverte archéologique majeure et qui met en scène deux personnages fragiles, émouvants et passionnés par leurs fouilles. La subtile interprétation de Carey Mulligan et de Ralph Fiennes est l’un des atouts majeurs du film.

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Quand le jeune Henry Shackleford croise la route de l’abolitionniste blanc John Brown, sa vie en est irrémédiablement bouleversée. Son père va mourir lors de cette rencontre. John Brown décide alors de prendre sous son aile ce jeune esclave qu’il prend pour une fille. Henry va donc partager la vie de l’armée de John Brown affublé d’une robe et d’un surnom ridicule :  « Onion ». John Brown mène le combat de l’abolition de l’esclavage avant la guerre de Sécession et il est bien souvent seul contre tous.

Je n’ai pas lu le roman de James McBride dont est tiré la série mais je le regrette après l’avoir vue. Ethan Hawke et le scénariste Mark Richard ont réussi là une formidable adaptation, une série enthousiasmante de sept épisodes. Ce qui frappe d’emblée, c’est la démesure, l’exaltation de John Brown. Il vitupère, semble habité d’une folie furieuse et dévorante. La série le montrera aussi emprunt d’une grande humanité qu’il met au service de son juste combat qu’il mènera jusqu’au bout. Ethan Hawke incarne avec brio ce personnage tout de bruit et de fureur. Sa prestation est éblouissante. Face à lui, Onion est interprété par le formidable Joshua Caleb Johnson toujours juste. L’incroyable et picaresque odyssée de l’armée de John Brown est extrêmement réjouissante et pleine d’ironie face à l’histoire des États-Unis.

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Didier Mathure est un brillant ingénieur dans l’aérospatiale. Son avenir semble plus que compromis lorsque sa fusée explose quelques secondes après son décollage. Il est alors muté au GEPAN, bureau spécialisé dans les manifestations d’Ovnis en France. Il y découvre une équipe composée de trois personnes, toutes plus lunaires les unes que les autres. Didier, scientifique cartésien, tente alors de leur prouver que tout peut s’expliquer, jusqu’à ce que le doute commence à s’immiscer dans son esprit.

Il est rare que la fiction française s’empare d’un tel sujet et on peut saluer l’originalité de la série. Nous sommes plongés dans une atmosphère rétro et qui se révèle de plus en plus poétique au fil des épisodes. Ceux-ci sont courts et il faut laisser un peu de temps à la série pour s’installer. Les personnages sont tous extrêmement attachants, enfantins et doux rêveurs. On aimerait que les Ovnis existent uniquement pour voir briller les yeux de Véra, la standardiste du GEPAN. En tête du formidable casting, on trouve un Melvil Poupaud, toujours parfait,  prêt à faire vaciller ses certitudes, s’enfonçant de plus en plus dans le brouillard pour mieux se redécouvrir.

De l’humour, de la nostalgie, de la tendresse, voici ce qui composent le ton d’Ovni(s), série atypique et hautement sympathique.

 

Apeirogon de Colum McCann

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« Apeirogon : une forme possédant un nombre dénombrablement infini de côtés. » Ce sont 1001 fragments courts qui composent le dernier livre de Colum McCann. De multiples récits se croisent, se font écho pour essayer de comprendre le conflit israélo-palestinien. Au cœur de ce projet extrêmement ambitieux, se trouvent deux hommes liés par un drame terrible : Rami et Bassam ont tous les deux perdus leur petite fille. Rami est un publicitaire israélien, fils d’un rescapé de la Shoah, ancien soldat. Sa fille, Smadar, est morte à l’âge de 14 ans dans un attentat terroriste. Bassam travaille au ministère des sports et aux archives palestiniennes, il a fait sept ans de prison pour actes terroristes. Abir, sa fille de 10 ans, a reçu une balle dans la tête. Tous deux sont réunis aujourd’hui par leur puissant désir de paix qui les emmène chaque jour à raconter leur histoire à travers le monde.

Colum McCann nous plonge dans l’histoire de ces deux hommes remarquables, dans le chaos de leur région au travers d’un foisonnement d’idées, de pensées. Dans « Apeirogon », on croise François Mitterrand, Philippe Petit (déjà présent dans « Et que le vaste monde poursuive sa course folle »), Jorge Luis Borges, John Cage, Constantin Brancusi ou Antonin Artaud ; on parle beaucoup d’oiseaux migrateurs qui passent au-dessus de la région depuis des millénaires, de musique ; on évoque la Shoah aussi bien que la Nakba. Les fragments se répondent, se complètent, se répètent et abordent la politique, la culture, la religion, l’Histoire, la nature. La forme, choisie par Colum McCann, est brillante et complexe. J’avoue n’avoir réussi à rentrer véritablement dans « Apeirogon »  qu’à la page 243, là où deux chapitres 500 nous montrent Bassam et Rami au monastère de Crémisan de Beit Jala, près de Bethléem. La forme du roman a entravé, morcelé ma lecture et a rendu la montée jusqu’au monastère un peu fastidieuse. La deuxième partie du roman fut beaucoup plus facile à appréhender.

Même si j’ai eu du mal à rentrer dans la forme particulière de « Apeirogon », je salue le projet ambitieux de Colum McCann qui rend un bel hommage aux deux combattants de la paix que sont Bassam et Rami.

Traduction Clément Baude

Intrépide amour de Katherine Mansfield

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Le jeune Mitka, marin, se rend à Londres, lors d’une permission, chez son frère Paddy et sa femme Mildred. C’est dans leur salon que Mitka rencontre Valerie Brandon. Il tombe immédiatement sous son charme. Valerie, qui est déjà courtisée par le riche Evershed, apprécie la candeur et la sincérité de Mitka. Elle lui propose son amitié et se délecte des sentiments qu’elle provoque chez lui. Elle se distrait avec le jeune homme et pense que les choses n’iront pas plus loin puisqu’il doit bientôt rejoindre son navire.

J’avais découvert Katherine Mansfield avec son recueil de nouvelles le plus connu « La garden-party » et je suis ravie de retrouver sa plume élégante avec « Intrépide amour ». Cette nouvelle est largement inspirée de la vie de son auteure. Katherine Mansfield eu une relation amoureuse avec l’écrivain français Francis Carco que son mari, John Middleton Murry, avait rencontré en 1910 à Paris. Comme Mitka pour Valerie, Francis Carco offrait une alternative à sa vie de couple. Une passade distrayante qui ne dura pas. Cette illusion d’amour, ce divertissement amoureux est celui que l’on retrouve dans « Intrépide amour ». Valerie Brandon se sent dans l’obligation d’épouser Evershed. Mitka représente un souffle de liberté, l’illusion d’un choix. Valerie se distrait et Mitka souffre. La nouvelle de Katherine Mansfield se révèle cruelle et amère pour le pauvre jeune homme sincèrement épris. Valerie fait fît de la morale mais elle n’est pas non plus prête à sacrifier son confort.

L’écriture de Katherine Mansfield est d’une remarquable finesse et d’une grande délicatesse. Les éditions du Chemin de fer lui ont donné un superbe écrin et l’ont accompagnée de dessins surprenants de Katerina Christidi. « Intrépide amour » est en tout point un petit bijou.

Traduction M.O Probst

Les variations sentimentales de André Aciman

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« Les variations sentimentales » d’André Aciman sont composées de cinq parties qui correspondent à cinq histoires d’amour dans la vie du narrateur Paul.

J’attendais beaucoup  de la lecture ce livre tant j’ai aimé « Call me by your name » (livre et film). Et je dois dire que je suis à nouveau tombée sous le charme de la plume de l’auteur qui est très élégante et sensible. Comme dans « Call me by your name », André Aciman s’intéresse à l’amour, au désir. Ici, cela prend la forme de différents amours, à différents stades de la vie de Paul. Le narrateur nous décrit les différents états qui l’habitent face à Giovanni, Maud, Manfred, Chloé et Heidi. Paul connaît les émois du premier amour, la jalousie en voyant sa femme au restaurant avec un autre homme, un désir ardent, des regrets face à une histoire d’amour qui aurait pu se concrétiser plus tôt, un besoin de séduction intellectuelle face à une femme plus jeune. L’écriture d’André Aciman se fait sensuelle, caressante mais également très crue lorsque Paul se perd dans ses fantasmes face au séduisant Manfred.

Mais la tonalité du roman est plutôt mélancolique. Paul nous raconte rétrospectivement sa destinée sentimental et elle comporte des regrets, des désillusions et beaucoup de souvenirs évanescents. « Dans quelques années je me souviendrai de ce club de tennis miteux et de ses flaques d’eau, je repenserai au clapotement de tes tongs. Je me souviendrai des cours à la fin de l’hiver, quand seuls restent à jouer les habitués et les acharnés, y compris la vieille Mme Lieberman, ou des matins d’avril et de mai en semaine quand les lilas fleurissent dans tout Central Park, ou encore quand le silence qui plane sur ces courts et sur le parc à huit heures du matin est aussi envoûtant que celui des plages désertes à la naissance du jour. »

Le récit du premier amour est sans doute celui que j’ai préféré. Il faut dire qu’il m’a beaucoup fait penser à « Call me by your name » : l’Italie, l’été, le coup de foudre pour un homme plus âgé. Ce récit est emprunt d’une grande délicatesse.

« Les variations sentimentales » est un roman que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire. J’y ai retrouvé la sensibilité, l’amour de la culture et la capacité à décrire tous les états du sentiment amoureux qui m’avaient emportée à la lecture de « Call me by your name ».

Traduction Anne Damour

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