Été d’Edith Wharton

1917, North Dormer, Nouvelle Angleterre, Charity Royal a 19 ans et elle ne se fait que peu d’illusion sur son avenir. Le village se situe dans une vallée reculée et la vie y est austère. Les jeunes filles n’ont que la perspective du mariage. Charity voudrait s’échapper, une visite dans une ville plus grande lui a montré qu’une vie moins étriquée existe. C’est pour cette raison qu’elle a postulé pour travailler à la bibliothèque. Mais elle ne gagne pas suffisant pour espérer un jour quitter l’étroitesse de North Dormer. Durant l’été, un visiteur étranger arrive. Lucius Harney est architecte, cultivé, il est venu étudier les constructions vernaculaires de la vallée. Charity sera son guide.

La nouvelle traduction de Julie Wolkenstein m’a donnée l’occasion de relire ce roman d’Edith Wharton, lu il y a fort longtemps. Pas de déception, « Été » est un formidable roman à la tonalité douce-amère. L’arrivée de Lucius Harney transforme l’histoire de Charity en éducation sentimentale. La jeune femme choisit d’écouter son désir, ce qui a choqué à la sortie du roman en 1917. Pourtant, Charity ne se fait pas d’illusion sur les hommes ou sur la condition des femmes. Elle sait également parfaitement ce qu’il advient de celles qui cèdent à la tentation. Ce qui m’a frappée le plus, c’est la parfaite lucidité de Charity. Sa relation avec Lucius est vouée à l’échec et elle le sait pertinemment. A travers « Eté », Edith Wharton observe également les hiérarchies sociales à l’œuvre. Charity a été recueilli par M. Royall lorsqu’elle était enfant. Il est allé la chercher sur la montagne où vit une communauté sauvage, vivant à l’écart de tout et souffrant d’une terrible de pauvreté. Charity aura pourtant la tentation de fuir sur la montagne pour retrouver ses origines. La désillusion sera brutale et la différence de classe sociale avec Lucius n’en sera que plus flagrante.

Les romans d’Edith Wharton, que je préfère, sont ceux qui sont marqués par le désenchantement de ses personnages comme « Le temps de l’innocence » ou « Ethan Frome ». « Été » en fait définitivement partie et je l’ai relu avec un grand plaisir.

Emma M. Lion, volume 2 de Beth Brower

Mai-juin 1883, Emma M. Lion est en mission pour sa tante Eugenia. Elle doit participer à toutes les réceptions, thés, soirées de cartes, bal qui permettront à sa cousine Arabella de trouver un mari. Ce n’est pas qu’Emma soit enthousiasmée par ses nombreuses mondanités mais elle a besoin du soutien de sa tante (notamment pour renouveler sa garde-robe). La jeune femme doit encore trouver des solutions pour conserver sa maison, la Lapis-Lazuli House. Elle a commencé par louer une partie indépendante de sa demeure familiale à un mystérieux locataire. Emma ne l’a vu que du haut de son grenier jusqu’à ce qu’elle reçoive un message de sa part à travers une fissure dans le mur.

Quel plaisir de retrouver la délicieuse héroïne de Beth Brower pour ce deuxième volume de son journal. Les aventures d’Emma sont toujours aussi savoureuses et ses réparties piquantes. Deux scènes mémorables soulignent la fantaisie de l’univers imaginé par Beth Brower : le conclave des Jane Eyre qui protégeaient le roman de Charlotte Brontë à Fortitude, école préparatoire pour filles ; un repas entre Emma, son cousin Archibald et le locataire qui sera perturbé par un chat (nommé Tybalt, Shakespeare a toujours la côte à la Lapis Lazuli House) et le fantôme d’un romain. On s’amuse décidément beaucoup auprès des habitants du quartier de St Crispian. Et, dans ce volume 2, nous faisons connaissance de nouveaux personnages extrêmement prometteurs : le fameux locataire qui s’avère être photographe de guerre, Roland Sutherland, un ennemi d’enfance d’Emma au charme incontestable, l’imperturbable duc d’Islington, rencontré dans une bibliothèque durant une soirée. J’ai hâte de retrouver tout ce petit monde dans le prochain tome.

Il faudra attendre le mois de septembre pour connaître la suite des aventures d’Emma M. Lion alors que plusieurs évènements restent en suspens. L’attente risque de me paraitre longue !

Traduction Fanny Caldin

Les invisibles de R.J. Ellory

Syracuse, état de New York, février 1975, une institutrice est retrouvée assassinée chez elle. Nouvelle recrue de la police, Rachel Hoffman est la première sur les lieux. Dans la main de la victime, un papier comporte une citation de « La divine comédie » de Dante : « Toi qui entres ici, abandonne tout espoir. » Un mois après, un autre corps est découvert et le même mode opératoire a été utilisé : la victime est endormie avec des barbituriques puis elle est étouffée avec du chloroforme. La série ne va pas s’arrêter là. L’agent Hoffman va être appelée en renfort par l’inspecteur en charge de l’enquête. Pour elle, ce n’est que le début du voyage aux côtés de Dante et elle va être intimement liée à cette affaire.

Le savoir-faire de R.J. Ellory n’est plus à démontrer, il excelle ici encore dans la construction de son intrigue. Elle débute en 1975 et s’achève en 1994. Cela nous permet de voir évoluer Rachel Hoffman, de voir son enthousiasme se muer en désillusion et les ténèbres l’étreindre. En revanche, sa détermination ne faiblira jamais, ce qui l’entrainera dans une spirale obsessionnelle. Le récit est particulièrement addictif et ne laisse aucun répit à son lecteur.

« Les invisibles » est un roman noir maitrisé qui questionne les mécanismes du mal à travers des décennies. Une lecture impossible à lâcher.

Traduction Etienne Gomez

Le visage de la nuit de Cécile Coulon

Dans le précédent roman de Cécile Coulon « La langue des choses cachées », le fils était venu dans le hameau du Fond du puits pour guérir un enfant atteint d’une grave fièvre. Ce dernier a survécu mais il fut totalement défiguré. Son père, un homme mauvais et violent, perdit la tête et fut enfermé. L’enfant fut alors recueilli par le prêtre et l’ancienne institutrice devenue aveugle. Tous deux décident de protéger l’enfant en l’enfermant pendant la journée et en l’éduquant. Rapidement, il s’échappe la nuit, retrouve le village où il a grandi et sa nature environnante. Durant ses balades clandestines, il rencontre une jeune fille qui, elle aussi, est obligée de vivre en recluse.

« Le visage de la nuit » prolonge l’atmosphère de conte gothique de « La langue des choses cachées ». Comme dans le précédent roman, les personnages n’ont pas de nom, l’époque et le lieu sont indéterminés. Le destin de l’enfant est terrible, il est puni, privé du monde en raison de sa laideur et de la possible méchanceté de ceux qui pourraient le croiser. Mais de la noirceur surgit la lumière puisque le garçon va réparer la beauté des morts en commençant par des animaux croisés la nuit. Ce personnage est extrêmement touchant, poursuivi par la violence, il tente malgré tout de donner un sens à sa vie.

« Le visage de la nuit » envoûte son lecteur grâce à la plume poétique et intense de Cécile Coulon, grâce à l’atmosphère mystérieuse du Fond du puits et à la profonde humanité de ses personnages.

Mariage fantôme de David Park

« Les vies de tous ceux qui ont habité ici sont superposées, reliées à jamais à travers les âges depuis l’époque où le temps n’était rien de plus que le lever et le coucher du soleil et où des silhouettes spectrales fouillaient le rivage à la recherche de palourdes et de coques. » A Belfast, en 1920, George Allenby a été chargé de la création d’un lac sur la propriété de la famille Remington. Le chantier se fait dans des conditions dantesques. La pluie, la boue ramènent George dans les tranchées. Les visages des soldats, qui étaient sous ses ordres pendant la Grande Guerre, ne cessent de le hanter. Cent ans plus tard, Alex et Ellie souhaitent organiser leur mariage sur l’ancienne propriété des Remington qui est devenue un hôtel. La demeure principale n’étant pas disponible, la réception aura lieu dans le pavillon près du lac où George Allenby passa des nuits mémorables lors des travaux.

« Mariage fantôme » est le quatrième roman de David Park que je lis et j’apprécie la finesse avec laquelle il décrit les affects de ses personnages. George et Alex portent le poids du passé et de la culpabilité sur leurs épaules. Ils sont hantés par leurs actes et s’interrogent sur ce qu’ils auraient pu faire différemment. Oscillant entre les deux époques, le roman fait apparaitre les silhouettes et les voix des fantômes du passé. Les lieux, parcourus par George et Alex, abritent le souvenir des morts comme celui d’Evelyn, une secrétaire séduisante qui s’amuse du pouvoir qu’elle a sur les hommes et que nous croisons à plusieurs reprises dans le roman. Belfast, ses blessures et ses destructions, n’est pas qu’un simple décor, elle est au cœur de l’intrigue.

« Mariage fantôme » est un roman qui se déploie avec lenteur et qui se révèle bouleversant.

Traduction Cécile Arnaud

Une femme disparaît d’Ethel Lina White

Iris Carr est en vacances dans un joli village pittoresque aux confins de l’Europe avec sa bande d’amis. Ces derniers sont bruyants, vaniteux et se pensent tout permis. Iris se lasse de leur compagnie et décide de rentrer en Angleterre sans eux. Durant son voyage en train, elle fait la connaissance de Miss Froy, une femme entre deux âges, sans charme mais à l’énergie juvénile. Les deux femmes prennent le thé ensemble. Miss Froy a été gouvernante pour un monarque local et rentre chez ses parents âgés avant la prise d’un nouveau poste. De retour dans son compartiment, Iris s’assoupit. A son réveil, Miss Froy a disparu. Pire, personne ne se souvient d’elle dans le wagon. Iris aurait-elle rêvé la présence de cette sympathique dame ?

« Une femme disparaît » (« The wheel spins » en vo) date de 1936 et le roman d’Ethel Lina White a été adapté par Alfred Hitchcock en 1938, l’intrigue a été beaucoup remaniée. Celle-ci est un presque huis clos se déroulant dans le train intercontinental à destination de Trieste. Iris est une jeune femme mondaine, un peu superficielle mais elle est généreuse et tenace. Miss Froy s’est occupée d’elle alors qu’elle n’était pas dans son assiette après une insolation. Cela suffit à Iris pour se battre pour elle. Pourtant, elle ne rencontre qu’opposition, mensonges et les autres passagers vont tenter de lui faire perdre pied en lui faisant croire que Miss Froy n’existe pas. D’ailleurs, ses compatriotes anglais ne la soutiendront absolument pas. « Le monde entier semblait s’être coalisé pour mettre en déroute sa santé mentale. » Le fait qu’Iris soit une jeune femme séduisante contribue à son manque de crédibilité auprès des autres passagers. Elle est souvent qualifiée d’hystérique par les hommes. La tension psychologique va aller crescendo tout au long du roman.

Cela faisait longtemps que je souhaitais lire le roman d’Ethel Lina White et j’ai beaucoup apprécié sa construction pleine de rebondissements, de doutes et qui nous tient en haleine jusqu’au bout.

Traduction Annie Hamel

Emma M. Lion, volume 1 de Beth Brower

1883, Emma M. Lion regagne enfin Londres après avoir été la dame de compagnie de son acariâtre cousine Matilde pendant trois longues années. Elle retrouve sa bien-aimée maison de famille, la Lapis-Lazuli House, dans le quartier de St Crispian près de Primrose Hill. Etant orpheline et ayant moins de 21 ans, sa demeure et son argent ont été placés sous la tutelle de son cousin Archibald. Ce dernier est extrêmement antipathique, dépensier (surtout pour sa garde-robe) et n’apprécie pas du tout l’humour d’Emma. Il l’installe d’ailleurs dans le grenier… Mais Emma, qui rêve d’indépendance, ne va pas se laisser abattre et elle a à ses côtés sa tante Eugenia et sa fille Arabella, sa meilleure amie Mary et la sympathique Agnès, une domestique écossaise. Et puis, elle a la littérature avec en tête Milton et Shakespeare (elle n’a malheureusement plus rien dans sa bibliothèque).

Beth Brower a sous-titré son roman « Journal préjudiciable d’une jeune londonienne » et il est vrai qu’Emma M. Lion s’y confie totalement : les détails de son quotidien (par exemple, comment rendre agréable un grenier encombré et poussiéreux), ses aspirations, ses déceptions et ses avis sur chacun. Outre son humour piquant, Emma est une jeune femme vive, curieuse, intelligente et qui a déjà vécu des évènements tragiques. Il est difficile de résister à une héroïne aussi pétillante ! Et le fantasque quartier de St Crispian est l’écrin parfait pour ses aventures : les enseignes y sont montées à l’envers, les objets s’y déplacent tout seuls et le fantôme d’un romain s’y promène la nuit !

« Emma M. Lion » est un délicieux roman d’apprentissage. Ce premier volume met en place l’intrigue et nous présente les principaux protagonistes. Mais il nous reste beaucoup de choses à éclaircir et j’ai hâte de me plonger dans le tome 2 !

Traduction Fanny Caldin

 

« Chère Jane Austen » de Béatrice Egémar

1814, Anne Spencer, âgée de 17 ans, se rend à Guildford, un petit village du Surrey, pour venir en aide à sa cousine Jenny. Elle vient en effet d’accoucher de son troisième enfant. David, le mari sympathique et volubile de Jenny, offre à celle-ci « Orgueil et préjugés ». La jeune femme n’est pas une grande lectrice contrairement à Anne qui va le dévorer avec délice. Son enthousiasme l’emmènera à écrire à Jane Austen. Parallèlement à sa découverte de l’œuvre de l’autrice, notre héroïne fait la connaissance de la petite communauté de Guildford : Lady Caroline qui se prend d’amitié pour Anne, son neveu Mr Clarke qui a le charme ténébreux de Mr Darcy, le discret William et sa charmante sœur Charlotte, le sémillant capitaine Gloover. Un bal, un pique-nique vont ravir la jeune Anne. Mais le pasteur Nicolls décède soudainement ce qui intrigue terriblement Lady Caroline et Anne.

« Chère Jane Austen » est une austenerie réussie qui est également un cosy mystery. Béatrice Egémar a eu la bonne idée de faire de Jane Austen un personnage secondaire de son roman. Elle apparait au travers de ses livres lus par Anne et des lettres qu’elles échangent. L’intrigue est bien construite, la plume de Béatrice Egémar est élégante, pleine d’esprit et parfaitement en phase avec l’époque Régence. Les personnages sont attachants et surtout Anne d’un naturel et d’une franchise désarmants. Son amour de la littérature et de Jane Austen en particulier est réjouissant.

« Chère Jane Austen » est un hommage délicieux et tout à fait convaincant à l’autrice de « Raison et sentiments ».

Jane Austen, une vie entre les pages d’Isabel Greenberg et Janine Barchas

« Jane Austen, une vie entre les pages » est une biographie romancée écrite par Janine Barchas, une spécialiste de l’autrice, et illustrée par Isabel Greenberg qui avait auparavant publié « Glass Town : the imaginary world of the Brontës » malheureusement jamais traduit en français. Comme le précise la note au lecteur qui ouvre ce récit graphique, l’intrigue oscille entre imagination et une solide documentation (les deux sont d’ailleurs très bien détaillées dans le précieux glossaire en fin de volume).

Trois parties illustrent la vie de Jane Austen. La première couvre la période allant de 1796 à 1797 et s’ouvre sur une scène imaginée par Janine Barchas où notre jeune autrice visite la galerie Shakespeare de John Boydell à Londres. L’évènement est plausible puisqu’elle se trouvait dans cette ville à cette époque et il souligne l’admiration de Jane Austen pour le barde de Stratford qui est bien présent dans ses romans.

La deuxième partie englobe les années 1801 à 1809. Ce sont des années difficiles pour la famille Austen puisque George Austen décède en 1805 en laissant son épouse et ses filles sans pension. Jane et Cassandra sont toutes deux célibataires, une situation bien précaire et qui laisse peu de temps pour écrire.

La troisième partie va de 1809 à 1817 date à laquelle Jane Austen s’éteint à l’âge de 41 ans. Mme Austen et ses filles s’installent dans le cottage de Chawton dans le Hampshire mis à disposition par Edward Austen. Elles connaissent ainsi une stabilité financière et les romans de Jane vont enfin être publiés. Le récit s’achève très joliment sur la notoriété de l’autrice après sa mort.

« Jane Austen , une vie entre les pages » montre bien les liens entre la vie quotidienne de l’autrice et son œuvre. Le livre regorge de clins d’œil aux romans, aux adaptations et aux objets du quotidien qui ont été conservés. Les dialogues sont particulièrement réussis et savoureux. Les dessins d’Isobel Greenberg sont un peu naïfs, très graphiques et j’ai beaucoup aimé le choix de différencier par la couleur le quotidien de Jane Austen et son imagination.

Ce roman graphique s’adresse aussi bien à ceux qui veulent découvrir la vie de Jane Austen, qu’à ceux qui la connaissent déjà. J’ai pris un grand plaisir à lire ce portrait tendre et plein d’esprit de l’autrice.

Traduction Sarah Tardy

 

Feuilles dans l’eau d’Elizabeth Myers

Laura Valley a grandi dans une ville modeste du nord de l’Angleterre. Elle se remémore ses jeunes années et la ruelle sordide où elle vivait avec ses frères et sœur. Le père n’arrive pas à conserver un travail et joue aux courses le peu qu’il a gagné. La mère fait le ménage dans la boutique de son frère. Plus que la pauvreté, c’est la violence et la cruauté de sa mère qui ont marqué l’enfance de Laura, Anda, Robert et Steve. Chacun tente à sa façon d’échapper à la brutalité de ce foyer. Anda va rapidement quitter la maison. Robert se plonge dans des livres sur l’Antiquité. Laura s’évade grâce à l’observation préciser du monde qui l’entoure notamment la nature. « Toute mon âme participait à la vie intense et tranquille qui l’entourait, se fondant en elle, oubliant l’irréalité de tous les jours dans la vigoureuse réalité des moutons, des arbres, du gel et de la nouvelle lune qui se levait avec une charmante hardiesse au-dessus d’un lointain taillis. » Steve, quant à lui, n’arrive pas à être indifférent face aux railleries, aux brimades de sa mère ce qui le plongera toute sa vie dans un profond désespoir.

« Feuilles dans l’eau » a été publié en 1943 et c’est un étonnant mélange de réalisme et d’onirisme. Elizabeth Myers décrit parfaitement les traumatismes subis par les quatre enfants. La mère, manipulatrice et égoïste, ne cesse de les rabaisser et de les priver d’espoir. L’autrice décrit tout au long du roman le mécanisme de survie mis en place par Laura qui est un personnage très original. Chaque jour est à ses yeux le premier et son émerveillement ne faiblit jamais. Elle décèle de la magie, du mystère dans chaque chose, même les plus ordinaires. Sa contemplation du monde la console du manque de tendresse de sa mère. Le roman est également celui d’une relation fraternelle puissante. Laura sera toujours un soutien sans faille pour son frère Steve.

« Feuilles dans l’eau » est un roman très touchant porté par une écriture poétique, sensible et saisissante. Une très belle découverte.

Traduction Georges-Michel Bovay