West de Carys Davies

Depuis la mort de sa femme, John Cyrus Bellman, 35 ans, vit seul avec sa fille Bess. Dans sa ferme de Pennsylvanie, il élève des mules. Un jour, il lit dans le journal que des ossements gigantesques ont été découverts dans l’ouest. Totalement fasciné par cet article, Bellman veut se rendre là-bas pour voir si ces animaux existent encore. Rien ne peut le faire changer d’avis, sa curiosité est plus forte et il laisse sa fille de 10 ans en compagnie de sa soeur. Il part vers le Kentucky sans savoir si un jour il reverra Bess.

J’avais été enchantée par la lecture de « Éclaircie » et j’attendais beaucoup de « West ». Ce roman est le premier de Carys Davies qui avait été précédemment publié au Seuil en 2019. L’intrigue alterne le récit de l’aventure de Bellman avec celui de la vie de Bess à la ferme qui attend des nouvelles de son père. Chacun des deux protagonistes sera confronté à la violence du monde, des hommes. Carys Davies sait rendre ses personnages infiniment attachants. Avec beaucoup de finesse et d’acuité, elle décrit leurs états d’âme, leurs ressentis. Et comme dans « Éclaircie », la plume de l’autrice est concise, évocatrice et elle m’a encore une fois transportée dans des paysages sauvages, arides aux côtés de Bellman et ses fous espoirs.

« West » fut totalement à la hauteur de mes attentes et j’espère avoir le plaisir prochainement de lire d’autres romans de Carys Davies.

Traduction David Fauquemberg

Le voyage à Paimpol de Dorothée Letessier

Un matin, Maryvonne décide de partir, de quitter le domicile conjugal. La lassitude, la fatigue, l’ennui à la maison comme au travail l’emmènent à faire une pause. Elle prend le car direction Paimpol. Maryvonne s’éloigne pendant deux jours du travail à la chaîne de son usine métallurgique et des tâches domestiques qui l’attendent chaque soir. A Paimpol, elle peut se faire plaisir : se poser dans un salon de thé, changer de coiffure, prendre un bain à l’hôtel, lire le soir. « C’est comme si je découvrais une île déserte, un paradis où tout serait permis, puisque sans conséquence. Personne ne viendra. Je n’ai rien à faire. Mieux que cela je ne peux rien faire d’utile, de nécessaire. » Maryvonne voudrait se réinventer mais difficile d’oublier totalement son quotidien.

Publié en 1980, « Le voyage à Paimpol » est le premier roman de Dorothée Letessier que je découvre grâce à Emjy. Les thèmes évoqués dans ce court texte sont toujours d’actualité aujourd’hui : l’aliénation au travail et la charge mentale qui pèse sur les femmes. L’autrice décrit avec précision et justesse le travail répétitif sur les chaînes de montage, les corps usés, maltraités et les répercussions sur la vie de famille. L’amour et le désir s’émoussent au fil des années et de la fatigue qui s’accumule. Maryvonne, formidable personnage plein de fantaisie, ne baisse pourtant pas les bras. Elle espère encore pouvoir illuminer son quotidien, casser la routine grâce à son escapade. Elle refuse de laisser la colère l’emporter et c’est ce qui la rend si touchante.

J’ai été totalement embarquée par Maryvonne, par son élan de liberté, son courage, son ton franc et vif.

La dernière des Wilberforce de Julia Kerninon

Après dix ans sans avoir vu sa mère, Waldo décide de se rendre à la fête qu’elle organise sur la presqu’île où elle a acheté une maison grâce à ses droits d’auteur. Chaque été de son enfance, Waldo est venu avec sa famille sur la presqu’île. Avec son frère Adam, il avait sympathisé avec les sœurs Wilberforce : Annabel et Olivia. Leur mère tenait le seul hôtel du coin. Les quatre enfants étaient inséparables. Tout comme leurs mères qui nouèrent une profonde amitié. Les étés se succédèrent joyeusement jusqu’à ce qu’un terrible drame frappe les deux familles. Cette nouvelle fête sur la presqu’île permettra-t-elle de faire la lumière sur ces évènements ?

Avec son dernier livre, Julia Kerninon explore le genre du roman à suspens, du thriller psychologique. La nature du drame nous est connu dès le départ mais ses raisons nous resteront inconnues jusqu’aux dernières pages. Même si une partie de la résolution se laisse raidement deviner, Julia Kerninon a réussi à me surprendre. L’autrice aborde des thématiques fortes comme la violence masculine, le déni, la culpabilité, les secrets familiaux.

Contrairement à « Liv Maria » ou « Sauvages » qui mettaient en scène une héroïne indépendante et impulsive, l’intrigue de « La dernière des Wilberforce » nous offre une pluralité de points de vue ce qui m’a beaucoup plu. La fin du roman nous montrera à nouveau des femmes fortes mais cette fois elles se serrent les coudes et se protègent.

« La dernière des Wilderforce » se lit avec plaisir, ses courts chapitres nous entrainent jusqu’à la révélation finale.

Diables blancs de James Robert Baker

Tom Dunbar a connu un grand succès littéraire avec son premier livre, « Insensibles », un true crime sur un tueur en série qui n’est pas sans évoquer « De sang froid ». Depuis, sa femme Beth et lui mènent grand train avec, notamment, une superbe villa à Pacific Palisades avec vue sur la mer. Malheureusement, le deuxième roman de Tom est un échec commercial cuisant. Beth, légèrement instable psychologiquement, a dilapidé l’argent du couple avec un restaurant mélangeant la cuisine allemande et le Far West. Les tensions, les disputes ne cessent de se multiplier et seule leur libido les maintient ensemble. Une idée tordue et totalement amorale émerge alors : tuer le père de Beth, Bud Sturges, auteur richissime de romans populaires.

La couverture de « Diables blancs » sent bon le pulp décapant et réjouissant dont les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont maintenant le secret. Ce roman, achevé en 1994, n’avait jamais été publié auparavant, James Robert Baker était jugé trop subversif et était blacklisté des maisons d’édition depuis « Tim and Pete ». « Diables blancs » se présente comme une confession que Tom Dunbar aurait délivrée à Baker sur sept cassettes audio. Il y explique l’engrenage meurtrier dans lequel il a été pris, en partie pour satisfaire Beth. Les deux personnages principaux sont antipathiques mais suivre leur dérive criminelle est un vrai plaisir de lecture. L’intrigue est haletante, tendue et le ton est mordant.

James Robert Baker a eu une destinée tragique, il s’est suicidé en 1997 et il n’était pas connu en France jusqu’à présent. Espérons que les éditions Monsieur Toussaint Louverture continuerons à publier son travail à l’instar de celui de Michael McDowell.

Traduction Yoko Lacour

A la chaîne d’Eli Cranor

Gabriela et Edwin vivent depuis sept ans dans une caravane à Springdale, Arkansas. Tous deux originaires du Mexique, ils travaillent à la chaîne dans une usine de transformation de poulet. Interdiction d’aller aux toilettes pendant la journée de travail, doigts déformés par la répétition des gestes effectués dans le froid, les heures supplémentaires non payées, ce n’est pas la vie dont rêvait Gabriela. Tandis que sa famille retournait au Mexique, elle est restée dans l’espoir de rentrer à l’université. Mais l’argent, ou plutôt le manque de celui-ci, en a décidé autrement. Depuis, elle tente d’économiser petit à petit dans l’espoir d’une autre vie. Quand Edwin se fait renvoyer et qu’il croise la femme de son patron, Mimi, qui se plaint de sa vie cossue de femme au foyer, la rage prend possession de lui.

Après l’excellent « Chiens des Ozarks », Eli Cranor revient avec un roman noir tendu et encore plus social que le précédent. Il plonge deux couples dans une Amérique ultralibérale, celle de la productivité à outrance qui sacrifie les plus pauvres (et encore plus quand ils sont immigrés). « En regardant cet argent, Gabby comprit une chose qu’elle ignorait jusqu’alors : tout rêve américain naissait d’un cauchemar. Chaque fortune, même modeste, était bâtie sur un terrible péché. » Et Gabriela n’est pas la seule à voir l’envers du décor, Mimi va également ouvrir les yeux sur sa vie. Même si elles viennent de milieux sociaux totalement opposés, les deux femmes vont se rapprocher, se serrer les coudes face aux hommes qui leur mentent et détruisent leurs rêves. Cette relation improbable est le point fort du roman et elle est parfaitement construite par Eli Cranor, avec beaucoup de subtilité.

Cette deuxième lecture d’Eli Cranor a été à la hauteur de mes espérances et confirme son talent pour les romans noirs au rythme enlevé et prenant.

Traduction Emmanuelle Heurtebize

Un marché noir de Bérénice Pichat

« Septembre 1941. Elle a faim. Ça fait longtemps, maintenant. (…) Sa vie se déroule dans un brouillard devenu si familier qu’il ne la révolte plus. Elle avance à tâtons. Elle a tout le temps froid. Même les gestes les plus ordinaires lui demandent des efforts, se font dans la douleur. Ses crampes d’estomac l’épuisent. »  Servane a 16 ans, elle vit avec son beau-père dans le 17ème arrondissement de Paris. Elle a réussi à trouver un mi-temps dans une boulangerie mais cela ne suffit pas à combler la faim de ses proches. En 1943, elle croise une ancienne camarade de classe  qui ne semble pas souffrir des restrictions. Elle propose à Servane de convoyer des valises pour un réseau secret. Elle y croise Grégoire qui lui confie des missions importantes. L’adolescente se sent enfin utile en résistant face à l’occupant. Mais Grégoire est-il bien celui qu’il prétend être ?

Le premier roman de Bérénice Pichat, « La petite bonne », avait été un coup de cœur et j’attendais avec impatience son deuxième roman. A nouveau, l’autrice choisi d’écrire un roman historique. Comme dans « La petite bonne », l’intrigue met en parallèle plusieurs voix, celles des deux personnages centraux. Le récit de Servane ouvre « Un marché noir » puis celui de Grégoire, qui s’appelle en réalité Paul, reprend la même chronologie que le premier. La deuxième partie éclaire la première d’une lumière très différente. La vérité de Paul n’est pas celle de Servane. Entre les deux récits se révèlent les zones grises de l’histoire, ici celles des mercantis, des trafiquants du marché noir. Ce qui est très intéressant dans cette double narration, c’est que Bérénice Pichat ne juge pas ses personnages : ni la naïveté de Servane, ni l’immoralité de Paul. La période était tellement troublée que les frontières entre le bien et le mal semblent plus floues. L’autrice dessine à nouveau très finement la psychologie de ses personnages.

Le deuxième roman de Bérénice Pichat m’a totalement séduite par sa construction, la justesse de son écriture et sa fin si déchirante.

A voix haute de Polina Panassenko

La narratrice, née en Russie mais élevée en France, souhaite devenir comédienne. Elle décide donc d’intégrer l’École du Théâtre National de Moscou. Une institution prestigieuse mais qui est restée figée dans des conventions, des hiérarchies poussiéreuses. Les maîtres doivent être vénérés, adulés par leurs élèves et les jeunes femmes ont interdiction de porter des objets lourds ou de fumer en public. Le soir, la narratrice retrouve son grand-père qui continue à parler tout bas pour que les voisins n’entendent pas les conversations. Un soir, il donne à sa petite-fille une pièce d’or à l’effigie de Nicolas II. Elle a appartenu à l’arrière-arrière-grand-père de la narratrice, mort en 1938 à 7520 km de chez lui. Elle n’a jamais entendu parler de lui et décide de chercher sa trace dans les archives.

« Tenir sa langue », le premier roman de Polina Panassenko m’avait enthousiasmée par son inventivité et son humour. J’avais donc hâte de découvrir son nouveau roman et je n’ai pas été déçue par ma lecture. Comme dans « Tenir sa langue », la narratrice a une double nationalité, une double culture. Dans son premier roman, elle racontait son arrivée en France et son adaptation à son nouveau pays. Ici, elle cherche à renouer avec la Russie, avec ses racines familiales. Une première partie est consacrée à ses études à l’école de théâtre et son univers archaïque. Le récit se tourne ensuite vers les recherches sur l’arrière-arrière-grand-père. La jeune femme ressent une profonde nécessité à comprendre ce qui lui est arrivé et à rompre le silence. L’histoire personnelle s’imbrique alors dans celle du pays.

« Ivan Evdokimovitch Rebizov

Date d’arrestation : 1937

Dossier d’archives numéro : P-16742

Source d’information : GARF

C’est la nuit. Je regarde ces quatre lignes s’afficher à l’écran et j’ai la sensation d’avoir trouvé la preuve qu’on peut sentir quelque chose qu’on ne sait pas. Souffrir d’une absence qu’on ignore. Je me demande si ce qui est tu dans cet appartement l’est aussi au-delà. Dans l’immeuble, dans le rue, dans la ville, sur tout le territoire. » 

Ivan Rebizov a été arrêté et condamné à dix ans de camp de travail correctionnel pour être réhabilité bien des années après sa mort. La narratrice a pu consulter des archives, des dossiers de prisonniers mais le résultat des élections de 2012 amorce un recul démocratique : l’association Memorial est dissoute en 2021, le musée du goulag est dorénavant fermé. Les vies brisées par la terreur stalinienne disparaissent à nouveau.

« A voix haute » permet de redonner vie à Ivan Rebizov, de le nommer sans honte et sans peur. Avec une langue alerte, tour à tour malicieuse et grave, Polina Panassenko rend un hommage touchant à son aïeul et nous plonge dans une Russie qui n’a pas fini de régler ses comptes avec son passé.

 

Le nid de Shirley Jackson

Elizabeth Richmond, 23 ans, travaille comme secrétaire dans un musée. Elle vit avec sa tante Morgen depuis de nombreuses années. Les deux femmes ont une vie monotone et très routinière. La tante régit d’une main ferme la vie de sa nièce mais également son compte en banque. Elizabeth se met alors à souffrir d’importantes migraines. Elle semble inconsciente de certains de ses actes. Morgen l’emmène chez un médecin, puis un psychiatre, le docteur Vray, qui pratique l’hypnose.

« Le nid » a été publié en 1954, quelques années avant « La maison hantée ». Le malaise est prégnant dès les premières pages du roman. Shirley Jackson excelle à installer des atmosphères inquiétantes. Le mal-être d’Elizabeth se traduit par des personnalités multiples mises à jour durant les séances d’hypnose. Un excellent chapitre du roman montre une Elizabeth en fuite à New York, l’autrice nous fait pénétrer dans son esprit perturbé, embrouillé. L’état psychique de l’héroïne permet d’interroger la place des femmes dans la société américaine. Elizabeth se doit d’être sage, docile, effacée. Dès le début de sa maladie, elle est qualifiée d’hystérique.

Contrairement à ses futurs romans, « Le nid » ne comporte que peu d’ellipse. Le texte est ici trop explicatif et bavard notamment dans les deux chapitres consacrés au docteur Vray.

Malgré les qualités de sa première partie, « Le nid » n’est pas le plus marquant des romans de Shirley Kackson. On y retrouve néanmoins sa capacité à créer des atmosphères étranges, déstabilisantes et son questionnement sur la place des femmes.

Traduction Clément Martine

Signora Sarfatti de Serge Airoldi

Après une décennie d’absence, Margherita Sarfatti revient en Italie dans sa propriété du Soldo. Elle s’était enfuie en 1938 en raison des lois raciales. Une ironie de l’Histoire pour cette juive convertie au catholicisme qui fut la maitresse de Mussolini. Margherita Sarfatti, la vénitienne fortunée et cultivée, influença les idées du Duce avant la 1ère guerre mondiale. Mais son ascendance sur cet homme bestial et sur certains intellectuels ou artistes ne dura pas. Au Soldo, un homme guette le retour de la Signora Sarfatti. Giovanni Battista, devenu jardinier du domaine après la 1ère guerre mondiale, est resté là durant toutes ses années. Il n’est pas ravi de revoir cette femme arrogante mais il a une dette avec elle.

« Signora Sarfatti » est une confrontation muette, jusqu’à une scène saisissante, entre Margherita Sarfatti et son jardinier. « Rien n’a changé, se convainc Margherita Sarfatti. Aussi loin que porte son regard, tout semble intact, demeuré dans l’état d’avant. » Tout le roman questionne la permanence et l’impermanence des êtres et des idées. Pour Giovanni Battista, les hommes n’ont pas changé malgré la paix retrouvée. Il ne peut oublier ou pardonner la folie meurtrière que furent les deux guerres mondiales. Et il constate chaque jour que les idées nauséabondes sont toujours présentes. Le retour de sa patronne ne fait que le conforter, elle qui n’a ni regret, ni remords et n’assume pas son rôle auprès du Duce. L’une des forces du roman tient dans ses deux personnages. Margherita Sarfatti a un côté détestable mais elle est également pitoyable dans son aveuglement et son déni. Giovanni Battista est quant à lui très touchant, désillusionné, taiseux. Il se réfugie dans les livres et la nature. Pour rendre compte de cette opposition, la langue de Serge Airoldi est précise, ciselée, poétique et élégante. Elle m’a séduite dès les premières lignes.

Le roman de Serge Airoldi raconte avec justesse ces moments de bascule de l’Histoire, les compromissions, les blessures inguérissables et le pardon impossible. Un très beau texte, poignant et érudit.

Chimère de Julie Wolkenstein

En 1994, G. Osmond, photographe et collectionneur d’objets d’art, décède après avoir été poussé par-dessus un parapet du piazzale dei Martiri à Rome. Il semble que sa chute résulte d’une altercation avec une femme, Serena Merle. Vingt six ans après les faits, le petit-fils de la victime, Henri, cherche à en savoir plus sur son grand-père et sur les évènements qui ont entrainé sa mort. Cinq femmes vont se succéder pour raconter leur vérité et leurs souvenirs.

« Chimère » s’ouvre sur une citation d’Henry James, que Julie Wolkenstein connait si bien : « On ne dit jamais tout. » Chacune des narratrices va faire la preuve de la justesse du romancier américain. La narration se fait de façon différente pour les cinq femmes : un long mail envoyé au petit-fils de la victime, un monologue, des notes pour un article de journal, des séances de psy et une narration classique à la troisième personne du singulier. Les faits sont ainsi étudiés sous des angles variés et nous entrainent à Paris, Rome, Florence ou Saint-Pair-sur-Mer des années 70 à l’année 2024. Comme tout bon polar, de nombreux secrets, des deuils, des histoires d’argent émaillent la vie de cette famille. Le lecteur pourra s’amuser à reconstituer le puzzle, à déjouer les fausses pistes semées avec malice par Julie Wolkenstein. La galerie de personnages est particulièrement riche.

Hommage à « Portrait de femme », ce qui n’a évidemment rien pour me déplaire, et aux polars que Julie Wolkenstein affectionne, « Chimère » m’a totalement enchantée. La fluidité de la prose de l’autrice, la construction astucieuse du roman ont grandement contribué à mon plaisir de lecture.