Diables blancs de James Robert Baker

Tom Dunbar a connu un grand succès littéraire avec son premier livre, « Insensibles », un true crime sur un tueur en série qui n’est pas sans évoquer « De sang froid ». Depuis, sa femme Beth et lui mènent grand train avec, notamment, une superbe villa à Pacific Palisades avec vue sur la mer. Malheureusement, le deuxième roman de Tom est un échec commercial cuisant. Beth, légèrement instable psychologiquement, a dilapidé l’argent du couple avec un restaurant mélangeant la cuisine allemande et le Far West. Les tensions, les disputes ne cessent de se multiplier et seule leur libido les maintient ensemble. Une idée tordue et totalement amorale émerge alors : tuer le père de Beth, Bud Sturges, auteur richissime de romans populaires.

La couverture de « Diables blancs » sent bon le pulp décapant et réjouissant dont les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont maintenant le secret. Ce roman, achevé en 1994, n’avait jamais été publié auparavant, James Robert Baker était jugé trop subversif et était blacklisté des maisons d’édition depuis « Tim and Pete ». « Diables blancs » se présente comme une confession que Tom Dunbar aurait délivrée à Baker sur sept cassettes audio. Il y explique l’engrenage meurtrier dans lequel il a été pris, en partie pour satisfaire Beth. Les deux personnages principaux sont antipathiques mais suivre leur dérive criminelle est un vrai plaisir de lecture. L’intrigue est haletante, tendue et le ton est mordant.

James Robert Baker a eu une destinée tragique, il s’est suicidé en 1997 et il n’était pas connu en France jusqu’à présent. Espérons que les éditions Monsieur Toussaint Louverture continuerons à publier son travail à l’instar de celui de Michael McDowell.

Traduction Yoko Lacour

A la chaîne d’Eli Cranor

Gabriela et Edwin vivent depuis sept ans dans une caravane à Springdale, Arkansas. Tous deux originaires du Mexique, ils travaillent à la chaîne dans une usine de transformation de poulet. Interdiction d’aller aux toilettes pendant la journée de travail, doigts déformés par la répétition des gestes effectués dans le froid, les heures supplémentaires non payées, ce n’est pas la vie dont rêvait Gabriela. Tandis que sa famille retournait au Mexique, elle est restée dans l’espoir de rentrer à l’université. Mais l’argent, ou plutôt le manque de celui-ci, en a décidé autrement. Depuis, elle tente d’économiser petit à petit dans l’espoir d’une autre vie. Quand Edwin se fait renvoyer et qu’il croise la femme de son patron, Mimi, qui se plaint de sa vie cossue de femme au foyer, la rage prend possession de lui.

Après l’excellent « Chiens des Ozarks », Eli Cranor revient avec un roman noir tendu et encore plus social que le précédent. Il plonge deux couples dans une Amérique ultralibérale, celle de la productivité à outrance qui sacrifie les plus pauvres (et encore plus quand ils sont immigrés). « En regardant cet argent, Gabby comprit une chose qu’elle ignorait jusqu’alors : tout rêve américain naissait d’un cauchemar. Chaque fortune, même modeste, était bâtie sur un terrible péché. » Et Gabriela n’est pas la seule à voir l’envers du décor, Mimi va également ouvrir les yeux sur sa vie. Même si elles viennent de milieux sociaux totalement opposés, les deux femmes vont se rapprocher, se serrer les coudes face aux hommes qui leur mentent et détruisent leurs rêves. Cette relation improbable est le point fort du roman et elle est parfaitement construite par Eli Cranor, avec beaucoup de subtilité.

Cette deuxième lecture d’Eli Cranor a été à la hauteur de mes espérances et confirme son talent pour les romans noirs au rythme enlevé et prenant.

Traduction Emmanuelle Heurtebize

Le nid de Shirley Jackson

Elizabeth Richmond, 23 ans, travaille comme secrétaire dans un musée. Elle vit avec sa tante Morgen depuis de nombreuses années. Les deux femmes ont une vie monotone et très routinière. La tante régit d’une main ferme la vie de sa nièce mais également son compte en banque. Elizabeth se met alors à souffrir d’importantes migraines. Elle semble inconsciente de certains de ses actes. Morgen l’emmène chez un médecin, puis un psychiatre, le docteur Vray, qui pratique l’hypnose.

« Le nid » a été publié en 1954, quelques années avant « La maison hantée ». Le malaise est prégnant dès les premières pages du roman. Shirley Jackson excelle à installer des atmosphères inquiétantes. Le mal-être d’Elizabeth se traduit par des personnalités multiples mises à jour durant les séances d’hypnose. Un excellent chapitre du roman montre une Elizabeth en fuite à New York, l’autrice nous fait pénétrer dans son esprit perturbé, embrouillé. L’état psychique de l’héroïne permet d’interroger la place des femmes dans la société américaine. Elizabeth se doit d’être sage, docile, effacée. Dès le début de sa maladie, elle est qualifiée d’hystérique.

Contrairement à ses futurs romans, « Le nid » ne comporte que peu d’ellipse. Le texte est ici trop explicatif et bavard notamment dans les deux chapitres consacrés au docteur Vray.

Malgré les qualités de sa première partie, « Le nid » n’est pas le plus marquant des romans de Shirley Kackson. On y retrouve néanmoins sa capacité à créer des atmosphères étranges, déstabilisantes et son questionnement sur la place des femmes.

Traduction Clément Martine

Un été à soi d’Ann Patchett

Au printemps 2020, Emily, Nell et Maisie, les trois filles de Lara et Joe, rejoignent la ferme familiale dans le Michigan. Le confinement permet à la famille Nelson de se retrouver. Émilie va reprendre la cerisaie mais Maisie suit des études de vétérinaire et Nell est comédienne. Le temps est venu de cueillir les cerises du verger, chacun participe à la tâche. Pour alléger le travail, les filles demandent à leur mère de leur raconter un épisode de sa jeunesse : l’été où elle vécut une éphémère histoire d’amour avec Peter Duke qui devint un célèbre acteur par la suite. A l’époque, Lara était elle-même actrice et elle interprétait le rôle d’Emily dans « Notre petite ville » de Thornton Wilder. Une carrière prometteuse s’offrait à elle et cet été-là a totalement changé sa vie.

« Un été à soi » offre à ses lecteurs un moment suspendu emprunt d’une grande sérénité. Ann Patchett s’intéresse une nouvelle fois aux liens qui unissent les membres d’une famille comme dans « Oranges amères » et « La maison des Hollandais ». La narration alterne entre le présent et le passé. La transition entre les deux temporalités se fait avec fluidité, avec une douceur qui imprègne l’ensemble du roman. Petit à petit, Lara dévoilera à ses filles les choix qu’elle a fait et qu’elle n’a jamais regretté. « Un été à soi » est une réflexion sur le temps, les souvenirs, la famille, l’amour et les hasards qui, parfois, décident pour nous. Ann Patchett parvient à rendre la beauté des paysages, la passion des amours de jeunesse, la chaleur de certains souvenirs qui peuvent sembler ordinaires (une journée dans une ferme reste pour les personnages un moment idéal et lumineux).

« Un été à soi » laisse une sensation d’apaisement, de réconfort et d’infinie délicatesse.

Traduction Hélène Frappat

Été d’Edith Wharton

1917, North Dormer, Nouvelle Angleterre, Charity Royal a 19 ans et elle ne se fait que peu d’illusion sur son avenir. Le village se situe dans une vallée reculée et la vie y est austère. Les jeunes filles n’ont que la perspective du mariage. Charity voudrait s’échapper, une visite dans une ville plus grande lui a montré qu’une vie moins étriquée existe. C’est pour cette raison qu’elle a postulé pour travailler à la bibliothèque. Mais elle ne gagne pas suffisant pour espérer un jour quitter l’étroitesse de North Dormer. Durant l’été, un visiteur étranger arrive. Lucius Harney est architecte, cultivé, il est venu étudier les constructions vernaculaires de la vallée. Charity sera son guide.

La nouvelle traduction de Julie Wolkenstein m’a donnée l’occasion de relire ce roman d’Edith Wharton, lu il y a fort longtemps. Pas de déception, « Été » est un formidable roman à la tonalité douce-amère. L’arrivée de Lucius Harney transforme l’histoire de Charity en éducation sentimentale. La jeune femme choisit d’écouter son désir, ce qui a choqué à la sortie du roman en 1917. Pourtant, Charity ne se fait pas d’illusion sur les hommes ou sur la condition des femmes. Elle sait également parfaitement ce qu’il advient de celles qui cèdent à la tentation. Ce qui m’a frappée le plus, c’est la parfaite lucidité de Charity. Sa relation avec Lucius est vouée à l’échec et elle le sait pertinemment. A travers « Eté », Edith Wharton observe également les hiérarchies sociales à l’œuvre. Charity a été recueilli par M. Royall lorsqu’elle était enfant. Il est allé la chercher sur la montagne où vit une communauté sauvage, vivant à l’écart de tout et souffrant d’une terrible de pauvreté. Charity aura pourtant la tentation de fuir sur la montagne pour retrouver ses origines. La désillusion sera brutale et la différence de classe sociale avec Lucius n’en sera que plus flagrante.

Les romans d’Edith Wharton, que je préfère, sont ceux qui sont marqués par le désenchantement de ses personnages comme « Le temps de l’innocence » ou « Ethan Frome ». « Été » en fait définitivement partie et je l’ai relu avec un grand plaisir.

La voie de Gabriel Tallent

Dans le sud du désert de Mojave, Dan et Tamma sont en dernière année de lycée. Les deux amis ont une passion pour l’escalade et ils s’entrainent tous les matins avant d’aller en cours. Une fois leur diplôme en poche, ils souhaitent partir sur les routes pour pratiquer leur sport. Tout pour fuir l’endroit où ils ont grandi. La mère de Dan a connu un grand succès littéraire dans sa jeunesse mais elle est plongée depuis dans une dépression qui la paralyse. Tamma est méprisée par sa mère et son petit ami dealer de drogues. En dehors de l’escalade, Tamma est une jeune femme rebelle, insolente qui n’a aucune chance de rentrer à l’université au vu de ses résultats scolaires. Ce qui n’est pas le cas de Dan, étudiant sérieux et brillant. Ses parents le poussent d’ailleurs à poursuivre ses études et à s’éloigner de sa meilleure amie.

Comme de nombreux lecteurs, j’avais été totalement éblouie par le premier roman de Gabriel Tallent « My absolute darling ». Huit ans après avoir connu un succès fulgurant, il revient avec un deuxième roman très éloigné du premier, ce qui est une excellente chose. Malgré tout, on retrouve dans « La voie » des familles déficientes, maltraitantes surtout dans le cas de Tamma. Celle-ci pourrait être une cousine de Turtle, l’héroïne de « My absolute darling ». Elle est revêche, asociale, obsédée par la sexualité et vulgaire. Vue comme cela, elle ne semble pas très sympathique mais c’est pour moi le personnage le plus intéressant du roman, la plus téméraire et la plus attachante. La force de son amitié avec Dan est au cœur du roman, tout comme leurs questionnements sur leurs choix de vie après le lycée. L’escalade sert bien entendu de métaphore de la vie, de la recherche de la voie à suivre et des difficultés qui seront à traverser.

Malgré quelques longueurs, « La voie » est le récit touchant d’une formidable amitié où Gabriel Tallent montre à nouveau sa capacité à imaginer des personnages forts et marquants.

Traduction Laura Derajinski

Rebecca de SunnyBrook de Kate Douglas Wiggin

Rebecca Randall, 10 ans, est envoyée par sa mère chez ses tantes Jane et Miranda à Riverboro dans le Maine. La famille Randall est lourdement endettée depuis le décès du père. Ce départ soulagera sa mère et permettra à Rebecca d’avoir une éducation. Jeremiah Cobb, qui est venu la récupérer à la diligence, découvre une enfant très vive : « Sous ses sourcils délicats brillaient deux étoiles noires, qui renvoyaient une lumière intense, chargée d’une curiosité insatiable pour tout ce qui l’entourait. Ce regard semblait transpercer les gens. Il était impossible de le satisfaire » Ses tantes pensaient recevoir la calme et posée Hannah, l’ainée de la fratrie Randall, et elles se retrouvent avec une jeune fille énergique et remuante. La cohabitation avec la rigide Miranda va se révéler difficile.

« Rebecca de Sunnybrook » a été publié en 1903 et c’est un classique de la littérature jeunesse américaine appréciée par Jack London ou Mark Twain. Le roman n’est pas sans évoquer « Anne of Green Gables », le destin des deux jeunes filles est proche. Rebecca est une enfant immédiatement attachante, pétillante, lumineuse et pleine d’imagination. Ses qualités attirent l’attention et lui permet de lier de solides amitiés : Emma Jane qui l’admire et poursuivra ses études à ses côtés, Jeremiah Cobb qui tombe sous son charme en premier, M. Aladin qui l’aidera à s’accomplir. Kate Douglas Wiggin décrit toute une petite communauté qui va être marquée (positivement bien-sûr !) par l’arrivée du tourbillon Rebecca. Ce qui m’a également beaucoup plu, c’est le réalisme de cette histoire. L’autrice ne cache pas la pauvreté de la famille de Rebecca ou de celle des Simpson, la douleur de l’arrachement de la jeune fille à sa maison et aux paysages qu’elle apprécie mais Kate Douglas Wiggin souligne également l’importance de l’éducation pour les filles à la fin du 19e siècle.

Après avoir été enchantée par la lecture des « Enfants du chemin de fer » d’Edith Nesbit, j’ai découvert avec délice le roman d’apprentissage de Kate Douglas Wiggin. Merci aux éditions Novel de nous permettre de découvrir ces grands classiques de la littérature jeunesse.

Traduction Jacques Martine

Les sentinelles de Jayne Anne Phillips

1874, Virginie Occidentale, une carriole s’arrête devant l’asile d’aliénés de Trans-Allegheny. Un homme y dépose une femme, Eliza, épuisée, rendue muette par les épreuves traversées, et sa fille, ConaLee, âgée de 12 ans. Avant de disparaître, l’homme leur demande de ne pas révéler leurs véritables identités et de se faire passer pour une dame de qualité et sa bonne. A l’intérieur de cette institution, le docteur Story mène une méthode thérapeutique innovante appelée « le traitement moral » basée sur l’écoute, les promenades dans le parc et des activités. La guerre de Sécession a ravagé l’état qui se trouve à la frontière entre le nord et le sud. Eliza a vu son mari s’engager, la laissant seule avec un bébé dans une maison isolée. La violence ne l’a pas épargnée.

« Les sentinelles » est un roman choral qui navigue entre 1874 et 1864. Le récit de Jayne Anne Phillips est très documenté, des photos et des documents d’époque émaillent le texte. La guerre de Sécession est au cœur du roman, la scène de la bataille de Wilderness est saisissante. L’autrice y parle des traumatismes de la guerre, qu’ils soient physiques ou mentaux et de leur possible guérison. La construction est habilement menée, même si elle est parfois un peu complexe à suivre. Les personnages féminins, ConaLee, Eliza et leur voisine Dearbha, sont incroyablement émouvantes et résilientes. Il en est de même pour O’Shea, le gardien de nuit de l’asile, devenu amnésique suite à une grave blessure à la tête.

« Les sentinelles » a obtenu le prix Pulitzer en 2024, ce qui est mérité au vu de l’ambition narrative de Jayne Anne Phillips et de l’empathie que l’on ressent pour ses personnages.

Traduction Marc Amfreville

La correspondante de Virginia Evans

Depuis 1948, Sybil Van Antwerp envoie des lettres à ses amis, sa famille, des écrivains dont elle apprécie l’œuvre, le fils d’un ami, des administrations, etc… Aujourd’hui à la retraite après une carrière dans le droit, elle continue inlassablement à écrire chaque jour même si sa vue commence à décliner, ce qu’elle cache à ses enfants.

Le premier roman de Virginia Evans est composé des lettres écrites ou reçues par Sybil et le tout forme un portrait pointilliste de cette vieille dame au caractère bien trempé. L’autrice manie parfaitement l’ellipse en ne mettant pas forcément les réponses aux différents courriers.  Cette correspondance nous permet de découvrir une femme ayant eu une carrière riche dans laquelle elle s’est beaucoup impliquée, qui s’est éloignée de ses enfants et adore partager ses lectures avec sa meilleure amie. Certains échanges ne m’ont pas semblé très utiles (comme celles où elle souhaite s’inscrire à des cours à l’université) et donnent le sentiment que l’autrice s’éparpille. Sybil est un personnage peu sympathique au début, elle a son franc-parler mais sa correspondance nous révèlera ses failles, ses souffrances et sa capacité à changer, à reconnaître ses erreurs. In fine, l’histoire de Sybil m’a touchée.

La forme épistolaire du roman, l’attachement de son héroïne à l’art de la correspondance, la fluidité de son écriture rendent le roman de Virginia Evans très plaisant à lire.

Traduction Leïla Colombier

Un gentleman à la mer de Herbert Clyde Lewis

Henry Preston Standish, un homme d’affaires et père de famille, a un jour ressenti une forte lassitude. Pour y remédier, il embarque sur un petit bateau de croisière l’Arabella. Entre Honolulu et le canal du Panama, il se balade tôt le matin sur le pont, glisse et passe par-dessus bord. Personne ne le voit, ni ne l’entend.

Le résumé du court roman de Herbert Clyde Lewis est d’une étonnante simplicité et il captive notamment grâce à sa construction. Le récit alterne entre les pensées de notre anti-héros plongé dans l’océan Pacifique et la vie qui continue sans lui sur l’Arabella. Le récit se développe, avec une terrible ironie, entre les espoirs de Standish et l’insouciance des passagers du bateau qui ne se rendent pas compte de son absence. Tout concourt à le faire oublier comme si un destin implacable s’était abattu sur cet homme sans histoire et un peu fade. Standish a à cœur sa respectabilité, son statut de gentleman même plongé dans l’eau en regardant son bateau s’éloigner. Il reste digne et c’est le plus important à ses yeux. Sa résignation se veut également élégante : « Puis il se dit que si le destin voulait qu’il se noie, il se noierait, un point c’est tout. Ce n’était pas plus compliqué que ça et ce n’était pas la peine d’en faire un drame, de battre sa coulpe ou de se perdre en protestations inutiles. » Un homme discret jusque dans la mort. Sa mésaventure peut se voir comme la métaphore de la solitude existentielle propre à la condition humaine et de la futilité à chercher un sens à sa vie.

« Un gentleman à la mer » n’a pas rencontré le succès qu’il aurait mérité tant sa construction est maitrisée et son humour est grinçant. Je me félicite qu’il soit à nouveau possible de découvrir cette cruelle fable existentielle.

Traduction Fanny Quément