A Christmas in time de Sally Nicholls

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Ruby et son frère Alex sont en vacances pour Noël chez leur tante. Lors de leur dernière visite, ils leur étaient arrivés une drôle d’aventure : ils traversèrent un vieux miroir et se retrouvèrent plonger dans une autre époque. Cette fois, le miroir va les amener à l’époque victorienne chez leurs ancêtres. Après la surprise dû au froid régnant et aux étranges vêtements qu’ils doivent porter, Ruby et Alex doivent découvrir ce qu’ils doivent accomplir. En effet, pour pouvoir rentrer chez eux, ils doivent résoudre un problème, aider quelqu’un. Et ils découvrent rapidement leur mission : la cousine Edith, orpheline de mère et revenant d’Inde, doit être envoyée dans un pensionnat dont la réputation est terrifiante. Nos deux jeunes héros vont devoir convaincre le père d’Edith de ne pas l’y envoyer.

« A Christmas in time » fait partie d’une série dont chaque volume peut se lire indépendamment des autres. C’est un roman jeunesse plein de charme que j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir. L’époque victorienne est parfaitement bien retranscrite et ce qui est très cocasse, ce sont les réactions des enfants face aux décalages entre l’époque contemporaine et l’époque victorienne. Sally Nichols ne pouvait choisir meilleure époque historique pour évoquer Noël (on connaît l’amour de Charles Dickens pour cette période de l’année). On assiste donc à tous les heureux préparatifs dans la famille.

Et l’une des réussites de ce roman est justement cette famille atypique. Les nombreux enfants mettent un joyeux chaos dans la maison. Leur éducation semble assez libre pour l’époque et laisse la part belle à leur imagination. Elle diffère terriblement de celle qui attend la jeune Edith dont le pensionnat évoque celui de « Jane Eyre ». Sally Nichols fait également réfléchir ses lecteurs sur les différences entre les genres : Ruby doit revêtir un nombre incalculable de couches de vêtement et un corset ; pour Noël, elle reçoit de la broderie alors que l’on offre un couteau de poche à son frère ; sans parler du mariage qui attend chaque jeune fille. Des réflexions, qui pour certaines, sont toujours d’actualité.

« A Christmas in time » est un roman enlevé, plein d’humour qui nous plonge dans un Noël victorien aux côtés de personnages très attachants.

Alma, l’enchanteuse de Timothée de Fombelle

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Au début du deuxième tome de la trilogie de Timothée de Fombelle, nos trois jeunes héros se croisent dans une auberge de St Domingue. Après la mort de son père, Amélie Bassac est venue pour voir ses plantations de canne à sucre des Terres Rouges. Alma et Joseph Mars ont réussi à s’échapper de La Douce Amélie et accompagne le pirate Luc de Lerne, toujours en quête du fabuleux trésor des Bassac. Mais Alma n’a toujours qu’une seule idée en tête : retrouver son petit frère Lam qui a quitté leur vallée d’Afrique. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que sa mère et son frère aîné ont également du quitter leur paisible environnement. Alma a réussi à savoir sur quel bateau Lam s’est retrouvé et il se dirigerait vers la Louisiane.

Quel immense plaisir de retrouver les personnages de Timothée de Fombelle et de se plonger pendant des heures dans son univers. Le deuxième tome nous réserve à nouveau de très nombreux rebondissements, nous suivons les personnages en Amérique, en Angleterre, en France et en Australie. Tout s’enchaîne de manière fluide et haletante. Encore une fois, il faut saluer le formidable talent de conteur de l’auteur. Chez d’autres, certaines coïncidences pourraient paraitre excessives mais ce n’est jamais le cas avec Timothée de Fombelle où l’intrigue est formidablement bien construite. En revanche, je vous préviens, il joue sans cesse avec nos nerfs ! On espère des retrouvailles, on les frôle à plusieurs reprises mais il faudra attendre le tome 3 pour espérer qu’Alma retrouve les membres de sa famille.

Si le roman est aussi solide, c’est aussi parce que l’on sent que l’auteur s’est parfaitement documenté sur la période historique, la traite des esclaves et les prémisses de l’abolition. On croise dans les pages de « Alma, l’enchanteuse », Thomas Clarkson et Granville Sharp qui consacrèrent leur vie à combattre l’esclavage, Jean-François de La Pérouse avant que ses vaisseaux L’Astrolabe et La Boussole ne disparaissent et nous pénétrons dans les entrailles de la cour de Louis XVI à Versailles où tout va bientôt basculer.

« Alma, l’enchanteuse » est un tourbillon d’évènements, d’émotions où l’on croise et recroise de nombreux personnages et qui vous emportera au cœur des aventures d’Alma et des siens. L’attente va être très très longue jusqu’en 2023 où sera publié le dernier tome.

Londinium d’Agnès Mathieu-Daudé

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A Londinium, les animaux et les humains cohabitent pacifiquement. La Carta Maxima fixe leurs relations et aucun humain ou prédateur ne peut manger les animaux. Mais depuis quelques temps, l’atmosphère s’assombrit. Des prédicateurs antifaunistes se font entendre. Pire, des prédateurs semblent de nouveau attaquer les animaux les plus faibles. Cela inquiète Arsène, un lapin enquêteur. Pour l’heure, une mission l’accapare : retrouver une jeune loutre dont son ami Johnny, un lapin des Flandres, est tombé amoureux.

« Un lapin sous le dôme » est le premier tome d’une série de cinq dont Arsène sera le héros. L’autrice y joue avec les genres, le roman est à la fois une uchronie et une enquête policière à la Sherlock Holmes. L’intrigue est placée dans une Angleterre des années 30 où le climat devient pesant. Des divisions font surface, des lois discriminent des catégories de population comme les roux. L’apaisement, voulu entre les espèces, semble ne pas pouvoir durer. Comme souvent avec le genre de l’uchronie, de nombreux thèmes résonnent avec notre actualité : l’immigration, les discriminations, notre rapport aux animaux, la montée du populisme.

A travers le personnage d’Arsène, Agnès Mathieu-Daudé rend hommage à la littérature anglaise qu’elle affectionne. Le lapin est un savant mélange entre Arsène Lupin, Sherlock Holmes et Hercule Poirot (même s’il refuse de se faire friser la moustache !). Il m’a également beaucoup fait penser au lapin d’Alice aux pays des merveilles avec sa passion pour sa montre gousset. Il a les qualités et les défauts de ses modèles (il fume du Lucernum qui évoque l’opium, il est d’une maniaquerie infinie pour ce qui concerne son intérieur et ses vêtements). Arsène est un dandy qui voudrait ressembler aux humains. Son rêve est de pouvoir porter des chaussures et que son canotier tienne sur ses oreilles. Arsène est également le moyen d’évoquer la place des animaux dans la littérature. Il lit les fables d’Esope et il questionne l’habitude de la littérature jeunesse à anthropomorphiser les animaux.

« Un lapin sous le dôme » est un roman très riche de part ses références historiques, littéraires et les thèmes abordés. Arsène est un personnage aussi agaçant qu’attachant (comme Hercule Poirot !) et j’ai hâte de le retrouver dans ses prochaines aventures.

Merci à L’école des loisirs pour cette lecture.

Un hiver sans fin de Kiran Millwood Hargrave

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« C’était un hiver dont on fait les légendes. Un hiver qui était arrivé avec une soudaineté et une rigueur telles qu’il avait collé les oiseaux aux branches et pris les rivières dans les glaces, au point que leur écume gelait pour se disperser en nuées de cristaux sur les eaux figées. Un hiver qui était venu, et qui n’était jamais reparti. » C’est dans ce monde hostile que vivent Mila, ses deux sœurs et son frère. Leur père avait un jour quitté la maison pour ne jamais y revenir. Depuis, la fratrie a du apprendre à se débrouiller et à survivre dans leur maison nichée dans la forêt d’Edbjorn. Leur vie va être bouleversée après la visite d’un homme étrange et de ses compagnons. Le lendemain, Oskar, le frère de Mila, disparaît à son tour.

J’ai découvert Kiran Millwood Hargrave avec « Les graciées », son premier roman pour adultes. J’ai retrouvé, dans ce livre jeunesse, son talent de conteuse. « Un hiver sans fin » est un roman initiatique teinté de légendes nordiques. Mila croise le chemin d’un mage dans sa quête pour retrouver son frère et son ennemi juré prendra des formes diverses. Les aventures et les péripéties de Mila se lisent avec plaisir et s’enchainent avec rythme. La nature est au centre de l’intrigue. La faune comme la flore sont essentielles et leur destruction est à l’origine  du terrible hiver qui frappe la région. La trame de ce conte se déroule de manière classique mais l’auteure sait happer son lecteur et les personnages sont attachants.

Après avoir découvert « Les graciées », j’ai retrouvé avec plaisir la plume de Kiran Millwood Hargrave, dont les intrigues sont parfaitement efficaces. Et bravo aux éditions Michel Lafon d’avoir conservé la splendide couverture anglaise.

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Alma, le vent se lève de Timothée de Fombelle

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1786, Alma vit dans une vallée d’Afrique protégée avec ses parents et ses deux frères. La jeune fille a réussi à apprivoiser un cheval, arrivé dans leur vallée, elle le nomme Brouillard. Elle le montre à son jeune frère Lam. Mais la présence du cheval prouve qu’un monde existe en dehors de la vallée et Lam voudrait s’y aventurer. Au même moment, à Lisbonne, le jeune Joseph Mars monte clandestinement sur le bateau du terrible commandant Gardel. La douce Amélie est un navire de traite. Mais Joseph n’est pas là pour ça, il est à la recherche d’un immense trésor. Le bateau porte ce nom en hommage à Amélie Bassac, la fille de son propriétaire. Elle vit à La Rochelle et elle surveille les manigances du comptable de son père, M. Saint-Ange.

Timothée de Fombelle est décidément un conteur hors-pair. J’ai été happée par l’intrigue de « Alma, le vent se lève » comme je l’avais été par « Vango« . Le point commun entre ces deux romans est un souffle romanesque d’une ampleur remarquable. A la suite d’Alma, Joseph et Amélie, l’auteur nous entraîne dans un roman d’aventures aux nombreux rebondissements. Mais « Alma » n’est pas qu’un roman d’aventures, il s’agit également d’un récit initiatique pour nos trois jeunes héros et d’une fresque historique parfaitement documentée. Le jeune lecteur comprendra, grâce au livre, ce qu’était le commerce triangulaire et le sort indigne réservé aux esclaves.

Mais Timothée de Fombelle n’oublie jamais le romanesque et ne sacrifie à aucun moment ses personnages. Ceux-ci sont tous incroyablement vivants, incarnés et les rôles secondaires sont aussi attachants que nos trois jeunes héros. Certaines scènes marqueront les lecteurs pour toujours et je pense notamment au chant de la mère d’Alma sur La douce Amélie qui est déchirant. beaucoup de mystères, de secrets entourent les personnages de Timothée de Fombelle et une partie nous est ici dévoilée. Car « Alma » n’a qu’un seul et unique défaut, il s’agit d’une trilogie et il va être difficile d’attendre la suite

Encore une fois, Timothée de Fombelle m’a totalement ensorcelée et je n’ai qu’une hâte, retrouver Alma, cette jeune fille libre et fière de ses origines. Les mots de l’auteur sont accompagnés des très belles illustrations de François Place.

La capucine de Marie Desplechin

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Louise travaille chez un maraîcher à Bobigny. Sa mère, Clémence, a du aller travailler comme domestique dans une famille bourgeoise. Elle a laissé sa fille aux bons soins de Bernadette, qui cuisine divinement bien et est visitée par les esprits (notamment celui de Victor Hugo !). Louise a une forte personnalité pour ses 13 ans. Elle n’hésite pas à se défendre physiquement contre ceux qui lui cherche querelle. Ce qui lui est bien utile dans le monde très masculin des maraîchers. La vie de la jeune fille va changer, et celle de Bernadette également, quand cette dernière va vendre ses fameux confits de porc dans une riche demeure parisienne. Louise devra, quant à elle, leur vendre des légumes de Bobigny. Et les voilà parties pour de nouvelles aventures dans la capitale !

« La capucine » est le troisième volet des filles du siècle et comme les deux premiers, il montre comment une jeune fille de 13 ans va tracer sa voie en 1884. C’est sa compétence, son amour pour son travail qui seront les clefs de l’indépendance pour Louise. On sent dans ce roman le souci écologique de Marie Desplechin. La jeune fille connaît parfaitement la terre, elle la respecte et sait comment y faire pousser des légumes, des fleurs et autres plantes. A sa manière, Louise fait de la permaculture avant l’heure. Marie Desplechin nous montre à quel point la région Ile-de-France était autosuffisante et ce que nous avons perdu en terres agricoles et en savoir-faire.

Comme dans les deux autres volumes, nous avons le plaisir de retrouver certains personnages de « Satin Grenadine » et de « Séraphine ». C’est vraiment quelque chose que j’ai énormément apprécié dans la lecture des trois tomes. Certains personnages sont tellement attachants que l’on aimerait pouvoir encore les revoir. Et en plus de l’esprit de Victor Hugo, nous avons le grand honneur de rencontrer Alexandra Dumas qui se reconnaît en Louise puisqu’elle est métisse comme lui. Ses apparitions sont réjouissantes.

« Les filles du siècle » est une trilogie extrêmement agréable à lire et où l’émancipation des femmes est le thème récurrent. Il faut souligner le formidable travail sur les couvertures, les dessins sont de Mayalen Goust. Elles sont toutes les trois splendides !

Satin Grenadine et Séraphine de Marie Desplechin

En 1864, Lucie et Séraphine ont 13 ans et elles vivent à Paris. Mais elles sont issues de milieux sociaux bien différents.

Lucie vient d’une famille bourgeoise, son père travaille à la Chambre et au Sénat et il est soutenu entièrement par sa femme dans sa carrière politique. Lucie est un peu laissée à elle-même, son frère Achille s’absente souvent. Heureusement, elle a une préceptrice du nom de Marceline qui tient à l’éduquer alors que ses parents ne rêvent que de la marier.

Après l’orphelinat, Séraphine a été placée chez Jeanne où elle apprend la couture sur la butte Montmartre. Sa tante, Charlotte, vient régulièrement la voir, ainsi que le père Sarrault qui l’a recueillie lorsqu’elle était bébé. Même si Séraphine est reconnaissante des bienfaits de Jeanne, elle ne veut pas être couturière. Et elle en veut secrètement à son entourage de ne pas lui expliquer qui étaient ses parents. Elle finit par prendre son courage à deux mains et quitte le domicile de Jeanne pour se trouver un autre emploi. Heureusement Sainte Rita veille sur elle. 

« Satin Grenadine » et « Séraphine » sont les deux premiers volets des filles du siècle de Marie Desplechin. Cette trilogie montre des jeunes filles qui conquièrent leur indépendance, prennent leur destin en main à une époque où cela est bien difficile pour une femme de s’imposer. Lorsque l’on est riche, il faut forcément trouver un bon parti et lorsque l’on est pauvre il faut s’épuiser au travail dès le plus jeune âge. Mais Lucie et Séraphine ont des velléités à découvrir le monde, à dépasser le milieu où elles ont vu le jour.

Les deux livres sont vraiment très agréables à lire (j’avoue un faible pour « Séraphine » en raison de son rapport avec la Commune et Louise Michel), le Paris du 19ème siècle est parfaitement reconstitué (l’ombre de Zola plane sur une scène aux Halles dans « Satin Grenadine »), l’humour y est très présent et les personnages sont incroyablement attachants. Et ce qui est très réussi dans cette série, c’est que certains personnages se retrouvent dans tome à l’autre ce qui crée un lien supplémentaire avec le lecteur.

Des héroïnes vives et pétillantes, un contexte historique parfaitement rendue, de l’humour, ce sont les atouts de la formidable trilogue de Marie Desplechin que je conseille aux petits comme aux grands.

Quelqu’un m’attend derrière la neige de Timothée de Fombelle

Freddy d’Angelo conduit son camion jaune frigorifique entre Gênes et Londres. Il remonte vers le nord pour livrer des glaces. Au même moment, une hirondelle refuse de rejoindre le sud comme chaque année. Quelque chose la pousse à aller vers le nord. Un troisième personnage suit également la même route. En ce jour de veille de Noël, le chemin de ces trois-là vont finir par se croiser.

Retrouver Timothée de Fombelle est toujours un plaisir rare, ici il nous offre un court conte de Noël magnifiquement illustré par Thomas Campi. L’histoire de « Quelqu’un m’attend derrière la neige » est profondément humaniste, elle nous parle de bienveillance et d’entraide. Mais le texte est également emprunt de mélancolie puisque nos trois personnages sont bien seuls. L’hirondelle m’a fait penser à un autre merveilleux et triste conte : « The happy prince » d’Oscar Wilde. Dans cette histoire, également bouleversant, on retrouve les thèmes de la solitude et de la solidarité.

« Quelqu’un m’attend derrière la neige » est un conte délicat qui parle de partage, de rencontre et qui malgré sa gravité, s’avère lumineux.

Sans foi ni loi de Marion Brunet

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Garrett Black, 16 ans, voit débarquer chez lui une hors-la-loi blessée qui lui réclame de l’eau. Il obéit sans réfléchir, tétaniser par la peur de l’arme qu’elle pointe sur lui. Elle est malheureusement suivie par le marshall et ses acolytes. Garrett apprend alors le nom de la jeune femme : Abigail Stenson. Cette dernière n’a qu’un seul moyen de s’évader : kidnapper Garrett. L’adolescent tombe rapidement en admiration devant cette femme indépendante et indomptable : « Cette femme a tué deux hommes, n’a pas hésité à tirer sur Jim ; elle vient de m’éclater le nez et pourtant je la bouffe des yeux avec une fascination que je ne comprends pas moi-même. Je l’observe, toujours allongé dans l’herbe, le visage douloureux. Elle n’est pas vieille du tout mais trimbale une assurance que je n’ai jamais connue. » Voyager auprès de Ab Stenson va changer totalement la vie de Garrett.

Marion Brunet nous plonge dans un western classique avec hors-la-loi, saloon, courses poursuites à cheval, chasseur de primes, etc… Dans cet univers traditionnellement très masculin, Marion Brunet met au cœur de son roman une sorte de Calamity Jane. Ab Stenson est habillée comme un homme et elle se comporte comme l’un d’eux. Elle n’a pas d’autres choix pour vivre sa vie comme elle l’entend et restée indépendante. Orpheline, ballottée de famille en famille, Ab a du faire sa place par la force et les armes. Elle est libre mais elle connait aussi le lourd prix à payer pour le rester.

« Sans foi ni loi » est également un roman d’apprentissage, d’émancipation pour Garrett. Fils d’un pasteur brutal, il n’a aucune idée des possibilités que peut lui offrir la vie. Le voyage aux côtés de Ab va lui ouvrir l’esprit, lui montrer qu’une autre vie est possible et qu’il peut se rebeller. Il apprend surtout ce que signifie être libre.

Marion Brunet nous offre un western bien mené, très plaisant à lire, très classique dans la forme et le fond avec deux héros hautement sympathiques et attachants.

Merci Babelio pour cette lecture.

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Le fantôme de Thomas Kempe de Penelope Lively

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La famille Harrison vient d’emménager dans une nouvelle maison, dans la grande rue de Ledsham, la villa East End. « James apercevait la fenêtre de sa mansarde, qui donnait sur l’église. La maison était petite, carrée et confortable ; venir y habiter, cela avait été comme enfiler un vieux manteau. Elle avait un toit d’ardoises qui s’affaissait, une saillie à un bout, occupée autrefois par un four à pain, de grosses poutres, des escaliers qui grinçaient et des sols de pierre lézardés de fissures intéressantes, d’où surgissaient des cafards majestueux. » Le jeune James va rapidement comprendre qu’il n’y a pas que des cafards qui vivent dans sa chambre sous les toits. Tout commence par une pancarte portant le mention « Sorcellerie – Astrologie – Géomancie – Algémie ». Puis ce sont des portes qui claquent, des objets qui bougent tout seul. James finit par en déduire que la villa East End est hantée. Bientôt ce fantôme signera ses messages : Thomas Kempe. Et il va mettre un sacré bazar dans la famille Harrison. James va chercher un moyen de s’en débarrasser.

« Le fantôme de Thomas Kempe » de Penelope Lively est un classique jeunesse en Angleterre. Il allie histoire de fantômes et roman d’apprentissage. L’histoire de Thomas Kempe est très bien menée, elle monte en puissance au fur et à mesure de la lecture. Le fantôme finit en effet par totalement gâché la vie de James. Ce dernier est un enfant farceur ayant tendance à accumuler les bêtises. Les méfaits de Thomas Kempe vont malheureusement lui être imputés. James sait que ses parents sont très cartésiens et qu’ils n’accepteront jamais l’existence d’un fantôme. Le pauvre se trouve donc puni à tort et il supporte difficilement l’injustice. Et il ne peut parler de son problème car personne, y compris son meilleur ami Simon, n’arrive à croire à l’existence de Thomas Kempe. James doit se débrouiller seul. Il découvre dans les débris de sa maison, un journal datant du siècle dernier. Celui-ci appartenait à une femme vivant dans la villa East End et attendant l’arrivée de son neveu, Arnold. La tante et son neveu ont également reçu la visite de Thomas Kempe et à la lecture du journal, James se sent moins seul. Il développe même une amitié imaginaire avec Arnold. Il apprend alors à profiter de la nature, du plaisir de la pêche comme Arnold l’avait fait précédemment. Les descriptions de la nature de l’Oxfordshire sont d’ailleurs très belles et apportent beaucoup de douceur à l’histoire. Le personnage de James est très attachant et l’on suit ses aventures avec plaisir.

« Le fantôme de Thomas Kempe » est une charmante histoire de fantôme dont le personnage principal est très attachant.

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