L’écho du temps de Kevin Powers

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« En 1870, malgré les quatre années entières qui s’étaient écoulées depuis que le greffier du comté de Chesterfield, en Virginie, avait officiellement consigné la mort d’Emily Reid Levallois, les rumeurs sur sa survie et sa véritable location, abondaient encore. » Juste après la fin de la guerre de Sécession, la plantation de la famille Reid à Richmond a entièrement brûlée. Que s’est-il réellement déroulé ? Le drame couvait entre l’ancien propriétaire de la plantation revenu de la guerre, Bob Reid, sa fille Emily au caractère bien trempé, et le mari de celle-ci Levallois qui prit possession des mieux pendant la guerre.

En 1956, George Seldom, un vieil homme, décide de retourner en Caroline du Nord, là où il fit ses premiers pas, pour y retrouver les sensations de son enfance et comprendre enfin d’où il vient.

J’avais été enthousiasmée par la lecture du premier roman de Kevin Powers « Yellow birds ». J’étais donc impatiente de découvrir son deuxième roman. Le moins que l’on puisse dire, c’est que « L’écho du temps » (« A shout in the ruins » titre original très poétique) est un roman ambitieux et exigeant. L’auteur entrelace deux fils narratifs, l’un commençant avant la guerre de Sécession et l’autre se déroulant en 1956, qui ne semblent pas avoir de lien entre eux. Le puzzle se met en place progressivement et ce n’est que petit à petit que le lien devient clair. A travers les deux récits, Kevin Powers montre comment le passé, ici très violent, impacte le présent. Les Etats-Unis se sont construits sur un terreau, une histoire particulièrement violente, la guerre de Sécession en est un épisode. Kevin Powers insiste d’ailleurs beaucoup sur la fin de la guerre, sur ce moment de basculement où tout peut arriver et où l’esclavage peut prendre fin. Levallois est un investisseur, un opportuniste qui profite de la guerre pour étendre son pouvoir et sa fortune. Avec lui, on voit se développer les voies de chemin de fer, les infrastructures routières. Une révolution industrielle est en marche.

Kevin Powers aborde de nombreux thèmes dans son roman et il y met en scène de nombreux personnages. Chaque personnage est extrêmement approfondi, même ceux qui se trouve en arrière-plan. Et c’est sans doute là que se situe mon bémol. Dans un livre si riche, si dense, je pense qu’il aurait été préférable de laisser certains personnages dans l’ombre (c’est le cas de Lottie que croise George dans un diner). Car face à eux, il y a des personnages d’envergure, Emily Reid en tête, qui captivent totalement l’attention et que l’on ne veut pas quitter.

« L’écho du temps » est une grande fresque historique qui confirme le talent de Kevin Powers, son écriture poétique illumine ces pages qui vous transporteront au plein cœur du Sud des Etats-Unis.

 

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Automne de Ali Smith

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Daniel Gluck, 101 ans, est dans le coma. Une seule personne vient lui rendre visite, Elisabeth Demand, qui était sa voisine lorsqu’elle était enfant. Elle lui fait la lecture à chaque fois qu’elle lui rend visite. Tous deux sont liés par une forte amitié malgré leur différence d’âge. Daniel lui parlait de peinture, de littérature, du pouvoir de l’imagination et du temps qui passe. Grâce à lui, Elisabeth s’est tournée vers des études d’histoire de l’art. Elle a fait une thèse sur Pauline Boty, seule artiste féminine du Pop Art anglais. Daniel l’a d’ailleurs très bien connue.

« Automne » est un roman très singulier qui peut paraître déroutant car il est constitué de fragments et il navigue entre fiction et réalité. Ali Smith a pour projet d’écrire quatre romans portant chacun sur une saison. Le thème central de « Automne » est le passage du temps, comment nous l’appréhendons. Le livre s’ouvre sur un rêve de Daniel qui s’interroge sur le fait d’être au paradis ou non. Nous sommes dans un espace temps indéfini, celui du coma du personnage. Ali Smith nous replonge ensuite dans la réalité, dans le quotidien de l’Angleterre. Le roman est le premier à avoir été publié après le référendum du Brexit. L’auteur nous montre un pays totalement divisé. « Partout dans le pays, les gens avaient le sentiment d’avoir fait ce qu’il ne fallait pas faire. Partout dans le pays, les gens avaient le sentiment d’avoir fait  ce qu’il fallait faire. Partout dans le pays, les gens avaient le sentiment d’avoir tout perdu. Partout dans le pays, les gens avaient le sentiment d’avoir tout gagné. » Dans ce pays en crise, Elisabeth semble peiner avec le quotidien. Elle est revenue ivre chez sa mère avec qui les relations, la communication sont difficiles. Durant tout le roman, Elisabeth essaie désespérément d’obtenir un nouveau passeport et se heurte à l’absurdité de l’administration. Elle est plus à l’aise avec l’art (j’ai découvert grâce au roman le travail et la vie tragiquement courte de Pauline Boty), les livres, Daniel lui avait dit : « Il faut toujours être en train de lire, dit-il. Même quand on ne lit pas réellement. Sinon, comment lirions-nous le monde ? » 

« Automne » dégage beaucoup de mélancolie en raison du Brexit qui représente la fin d’une ère et en raison de nombreuses réflexions sur le temps qui passe. Le roman fait des aller-retours entre la passé et le présent lorsqu’Elisabeth était enfant. Cette dernière se remémore ses promenades avec Daniel. Lors de l’une d’elle, il lui montra que le temps file en lançant sa montre dans un cour d’eau. Cette image est restée à l’esprit de jeune femme qui s’interroge beaucoup sur le temps qui passe, sur le fait que rien n’est immuable et sur la fugacité de la vie. Le fait d’ancrer le récit dans une saison participe pleinement à cette réflexion. Ali Smith nous offre des pages admirables décrivant l’automne. « Octobre passe en clin d’œil. Les pommes qui, il y a un instant encore, alourdissaient l’arbre, sont tombées, les feuilles jaunissent et rétrécissent. Le givre fait luire des millions d’arbres dans le pays. Ceux qui n’ont pas un feuillage persistant sont un mélange de splendeur et de sordide – d’abord rouge orangé puis dorées, leurs feuilles, puis marron, puis mortes. » 

Dans un roman très original et avec une très belle plume, Ali Smith évoque aussi bien l’Angleterre post-Brexit, que l’art, que le passage du temps et les relations humaines. J’ai hâte de lire le prochain pour voir comment les saisons s’articulent les unes avec les autres.

Le ghetto intérieur de Santiago H. Amigorena

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Dans « Le ghetto intérieur », Santiago H. Amigorena brise le silence qui a tant pesé sur sa famille. Ancien capitaine de l’armée polonaise, Vicente Rosenberg, le grand-père de l’auteur, s’est installé en Argentine en 1928. Il s’est marié à Buenos Aires avec Rosita Szapire, y a fondé une famille et il prospère comme marchand de meubles. Mais à partir de 1940, les échos, de ce qui se déroule en Europe, sont de plus en plus sombres et de nombreux réfugiés débarquent en Argentine après avoir fui l’Europe. De Varsovie, Vicente reçoit des lettre de sa mère, restée là-bas avec son autre fils. Les lettres deviennent de plus en plus sporadiques et la dernière reçue va bouleverser Vicente. Elle date du 9 décembre 1940 et sa mère y explique la clôture du ghetto de Varsovie. A partir de ce moment, Vicente se refuse à prononcer un seul mot.

« Le ghetto intérieur » nous plonge directement dans les affres de la culpabilité de Vicente Rosenberg. Il porte le poids de ceux qui ont survécu à la Shoah. Et sa situation est aggravée par le fait qu’il suit les événements à distance. Et ce qu’il apprend est loin  de refléter le calvaire enduré par ses proches. Il n’apprendra que plus tard que sa mère fut déportée à Treblinka et que son frère est mort avec sa femme lors du soulèvement du ghetto de Varsovie. Santiago H. Amigorena nous rappelle en parallèle de la vie de son grand-père, les dates des décisions prises par l’administration nazie, celles que Vicente ne connaîtra que lorsqu’il sera trop tard. Tous ces événements interrogent l’identité même de Vicente qui ne se sentait pas particulièrement juif et qui avait arrêté de parler yiddish en arrivant en Argentine. « A Varsovie, Vicente avait fait partie de cette bourgeoisie éclairée qui en avait eu assez d’être juive si être juif signifiait se vêtir toujours de noir et être un peu plus archaïque que son voisin. Etre juif, pour lui, n’avait jamais été si important. Et pourtant, être juif, soudain, était devenu la seule chose qui importait. » Toute sa personnalité est remise en cause.

Face à l’horreur, aux cataclysmes que représentent les lettres de sa mère et dont il ne parle pas à sa femme, Vicente ne veut plus penser, notamment au fait qu’il n’a pas insisté pour que sa mère le rejoigne. Vicente décide alors de ne plus parler, il se mure dans le silence, il se crée un ghetto intérieur. L’incompréhension, l’amour de sa femme et de ses enfants n’y changeront rien. Vicente reste muet, pire il se met à jouer au poker tous les jours , une échappatoire supplémentaire à sa douleur.  » « Se taire. Oui, se taire. Ne plus savoir ce que parler veut dire. Ce qu’un mot désigne, ce qu’un nom nomme. Oublier que les mots, parfois, forment des phrases. » Le silence, comme le jeu, espérait-il, l’aiderait à apaiser ses tourments. Il aspirait à un silence si fort, si continu, si insistant, si acharné, que tout deviendrait lointain, invisible, inaudible – un silence si tenace que tout se perdrait dans un brouillard de neige. » Et c’est avec une grande sobriété et beaucoup de justesse que Santiago H. Amigorena rend hommage à son grand-père dont la douleur d’avoir survécu était au-delà des mots et de toute forme de communication.

« Le ghetto intérieur » est un livre remarquable, d’une grande profondeur qui nous montre le poids incommensurable de la culpabilité des survivants à la Shoah.

Mon territoire de Tess Sharpe

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Harley McKenna est la fille d’un baron de la drogue dans le nord de la Californie, à North County. Duke, le père, a préparé sa fille à la dure pour reprendre les rênes de l’entreprise familiale. Il lui a appris à tirer, à se débarrasser d’un corps, à se libérer si elle est enlevée par des ennemis. A 8 ans, elle a vu sa mère mourir dans un incendie criminel. Elle est donc la seule héritière de Duke. A 22 ans, elle voit son père prendre de plus en plus de recul face à ses affaires. C’est pour elle le moment de rendre son monde meilleur et de mettre fin au combat qui oppose son père à la famille Springfield qui trafique de l’autre côté du fleuve.

« Mon territoire » est l’histoire d’une jeune femme qui prend le pouvoir dans un monde d’hommes, celui de son père et du trafic illicite de drogue. Harley a préparé un plan en trois temps, en trois jours où elle va essayer de changer les choses.  Le récit détaillé de ces trois jours se fait en alternance avec celui de l’enfance de Harley. Elle se remémore toutes les étapes de son apprentissage violent pour prendre la tête de l’entreprise familiale.  Sur ce point, Harley m’a rappelé Turtle, l’héroïne de « My absolute darling » de Gabriel Tallent. L’histoire est foncièrement différente mais les deux héroïnes développent un sentiment entre amour et haine pour leur père qui les oblige à devenir de véritable guerrière, des tireuses d’élite capables d’affronter n’importe quelles situations dangereuses.

« Mon territoire » est un polar féministe. Harley sait qu’elle est sous-estimée par les associés de son père car elle est une femme. Personne ne la pense capable de prendre la place de son père. Mais elle se montre plus intelligente et plus rusée que la plupart des hommes qui l’entourent. A la fin de ces trois jours, Harley va faire en sorte de valoriser d’autres femmes qui deviendront ses interlocutrices, ses alliées dans le nouveau monde qu’elle souhaite construire. Et si Harley tient tant à rendre le monde meilleur, c’est surtout pour protéger le foyer que sa mère lui a légué et où sont recueillies des femmes battues et maltraitées par les hommes. Leur sécurité est la priorité principale de la jeune femme.

« Mon territoire » est un polar réussi, rythmé qui met en valeur les femmes au travers de sa jeune héroïne au caractère bien trempé. Mon seul bémol, la révélation finale qui est assez prévisible.

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Une joie féroce de Sorj Chalandon

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Jeanne est libraire, elle est appréciée de ses collègues et de ses clients. Discrète, passant son temps à s’excuser, Jeanne ne veut pas se faire remarquer. Elle est mariée à Matt avec qui elle a eu un fils. Ce dernier est malheureusement mort en bas âge et le couple s’est désagrégé dans sa tristesse. Le malheur frappe à nouveau à la porte de Jeanne, cette fois sous la forme d’un cancer. Son mari ne l’épaule pas, ne l’accompagne pas dans cette épreuve. Jeanne baisse les bras et sombre dans le pessimisme. C’est alors qu’elle rencontre Brigitte dans la salle d’attente de la chimiothérapie. Elle est l’opposé de Jeanne : flamboyante, grande gueule, très belle femme que l’on remarque. Brigitte invite Jeanne chez elle où vit également sa compagne Assia et Melody, jeune femme paumée également cancéreuse. Les quatre femmes deviennent rapidement inséparables. Melody a de graves ennuis que les quatre femmes sont bien décidées à arranger ensemble même si cela doit les placer dans l’illégalité.

Comme vous les avez, j’apprécie énormément le travail de Sorj Chalandon. Un nouveau roman de sa part est toujours une belle promesse de lecture et d’émotions. Malheureusement, « Une joie féroce » fut plutôt décevant. Le roman se découpe en deux parties. La première concerne la maladie de Jeanne. Dans cette partie, j’ai retrouvé toute la délicatesse, l’empathie de Sorj Chalandon. La phrase sonne juste comme toujours chez l’auteur.

Les choses se gâtent dans la deuxième partie qui est consacrée au projet des quatre femmes pour aider Melody.  Sans trop vouloir en dévoiler sur l’intrigue, je peux vous dire que cette partie est tournée vers l’action, vers le thriller. Et là, on perd la crédibilité du début. Les quatre femmes accumulent une somme de malheurs, de morts, de séparations qui rendent le récit de plus en plus invraisemblable. Ce que les quatre femmes imaginent, alors qu’elles se connaissent à peine, est également assez improbable, tout comme la résolution de l’histoire. Cette deuxième partie est vraiment « too much ».

Même si la lecture de « Une joie féroce » est loin d’être désagréable grâce à l’écriture de Sorj Chalandon, l’intrigue est en revanche assez décevante et manque de crédibilité. Dommage et vivement le prochain roman de l’auteur qui j’espère sera à la hauteur du reste du travail de l’auteur.

Un mariage américain de Tayari Jones

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Celestial et Roy sont de jeunes mariés qui résident à Atlanta. Tous deux sont ambitieux. Elle se rêve artiste, lui veut créer sa propre boite. Tout semble leur sourire jusqu’à une nuit dans un hôtel après une visite chez les parents de Roy. Le couple se dispute, Roy sort chercher des glaçons et tombe sur une femme qui a besoin d’aide. Il lui rend service et regagne sa chambre. Le lendemain matin, la police interpelle Roy, la femme, croisée la nuit précédente, l’accuse de viol. Roy est innocent mais il est également noir. Il se retrouve donc rapidement incarcéré et son innocence ne sera reconnue que cinq ans plus tard. Comment un couple peut-il survivre à une absence si longue ? Comment Celestial va-t-elle accueillir son mari à son retour ?

« Un roman américain » de Tayari Jones fut une lecture agréable notamment grâce à la fluidité de l’écriture de l’auteure. Il s’agit du récit d’un mariage qui se désagrège, se délite durant les cinq années d’emprisonnement de Roy. Tayari Jones alterne les points de vue et les chapitres donnent la parole à Roy, Celestial et André, ami d’enfance de la jeune femme. L’auteure varie également les modes narratifs. Durant l’incarcération de Roy, le récit se fait sous forme de lettres échangées entre les époux. C’est au travers d’elles que nous constatons l’éloignement progressif de Celestial et son rapprochement d’André. Ce qui est intéressant dans le couple Roy/Celestial, c’est leur grande différence de milieu social. Tayari Jones exploite très bien cet aspect et elle souligne à quel point cela génère des tensions et des incompréhensions. Il me semble que c’est profondément la raison pour laquelle le mariage est voué au désastre.

Et pourtant la quatrième de couverture laisse présager un autre roman. On insiste sur le fait que le couple est noir dans un état du Sud et sur l’erreur judiciaire. Mais j’ai trouvé que cet incident n’était pas traité par l’auteure. Roy aurait pu avoir un accident, être plongé dans le coma pendant cinq ans, l’histoire du couple aurait été la même. Il s’agit bien ici d’un roman sur le mariage et non sur le racisme. Autre point qui m’a déçue, c’est le manque d’incarnation des personnages. Je n’ai malheureusement ressenti aucune empathie à leur égard, je suis restée à distance de ce qui leur arrivait. Pour finir, je rajouterais que certaines choses sont peu crédibles comme le compagnon de cellule de Roy. La rencontre entre les deux personnages semble hautement improbable et la ficelle narrative est un peu grosse.

Malgré une lecture agréable, « Un mariage américain » m’a plutôt déçue, le roman ne remplit pas ses promesses et nous narre l’histoire finalement classique d’un couple qui se délite.

Le couteau de Jo Nesbo

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Dans ce nouvel opus des enquêtes de Harry Hole, on retrouve notre inspecteur dans un sale état. Son vieux démon, l’alcool, l’a de nouveau rattrapé. Et ce n’est pas le moment puisqu’un terrible drame va le frapper. Un trou de mémoire après une soirée trop arrosée risque  fois de lui coûter très cher. Il se réveille en effet avec du sang sur ses vêtements. Il est bien-sûr incapable de se souvenir de sa provenance. En plus de cela, s’ajoute le retour de Svein Finne, meurtrier et violeur, que Harry avait réussi à arrêter. Finne est sorti de prison et il est bien décidé à reprendre du service. Harry devient totalement obsédé par Finne et cherche à tout prix à le remettre en prison avant qu’il frappe à nouveau.

La belle mécanique de Jo Nesbo se met une nouvelle fois en place dans ce 12ème tome des enquêtes de son héros fétiche. Les différents fils, qui constituent l’intrigue,  s’entrecroisent dans une construction extrêmement maîtrisée et virtuose. Deux scènes ouvrent le roman et nous ne les comprenons que bien plus tard dans le roman. De même, durant tout le livre, Jo Nesbo sème des petits cailloux pour nous aider à identifier le coupable. Mais tant de pistes sont possibles qu’il est difficile de trouver la solution, ce qui nous offre un final grandiose et stupéfiant.

Jo Nesbo a un talent certain pour croquer et donner chair à ses personnages, qu’ils soient bons ou mauvais. Svein Finne est vraiment effrayant. Pervers, retors, agile dans ses déplacements, chacune de ses apparitions glace les sangs. A l’opposé de ce personnage imbu de lui-même, il y a Harry Hole aux failles de plus en plus prononcées. Sa vie est au bord du gouffre, rien ne semble plus le retenir à la vie. Ses souvenirs le hantent, le désespoir envahit tout. Seule la recherche de la vérité et son incroyable instinct d’enquêteur lui permettent de tenir encore.

Jo Nesbo fait à nouveau montre de son talent dans ce nouveau roman. La construction est maîtrisée, les rebondissements nous tiennent en haleine et les personnages sont parfaitement construits et ont de l’épaisseur. Et la fin se joue de tout ce que l’on avait pu imaginer pendant la lecture. Que demander de plus à un polar ?