Le parfum des années d’Evelyne Bloch-Dano

Dans ce nouveau volume de la collection « Ma nuit au musée », Evelyne Bloch-Dano a choisi de passer la nuit du 10 au 11 mars 2025 dans la Villa du temps retrouvé à Cabourg. L’autrice est spécialiste de la Belle Epoque, elle a écrit sur les Zola, Gustave Mahler, Marcel Proust et sa mère. Elle a d’ailleurs, modestement écrit-elle, contribué à la création de cette villa-musée qui se trouve proche de sa propre maison.

Evelyne Bloch-Dano a choisi de passer sa nuit dans la pénombre avec comme seule compagne une lampe torche qui lui permet de redécouvrir les pièces de la villa. Elle s’y promène, la nuit s’étire doucement, silencieusement pendant qu’elle plonge dans le passé. « Je note sur mon cahier : « Le luxe c’est le temps ». Et ce temps que je ne mesure pas, dont je perds même la perception, se déroule comme une suite d’instants présents, sans rupture, sans accroc, des présents qui s’allongent et se prolongent dans la nuit. » L’éphémère et l’éternel se côtoient dans les œuvres qui peuplent la villa.

Marcel Proust et la Belle Epoque sont les points de départ des réflexions nocturnes d’Evelyne Bloch-Dano qui nous rappelle que cette période prend tout son sens dans sa fin tragique : (…) les belles époques ne durent pas. » Ce début du XXème siècle fut un vent de libération des mœurs, un âge d’or qui s’incarne dans les tableaux accrochés au mur de la villa. Anna de Noailles, Rosa Bonheur, Louise Abéma, Sara Bernhardt mais aussi les mondaines comtesse de Greffulhe et Winaretta Singer sont convoquées par Evelyne Bloch-Dano. Avec toutes ces femmes fortes, cultivées, brillantes, défilent sous nos yeux les personnages de la Recherche : Gilberte Swann, Mme Verdurin, la Berma, Albertine, la duchesse de Guermantes. « Pour le lecteur de Proust, le temps et, dans une certaine mesure, la réalité n’existent pas. Il vit dans la projection du texte sur le réel, dans la représentation imaginaire qu’il est venu chercher sur place. Cabourg est devenu Balbec. » Et Evelyne Bloch-Dano nous y transporte durant sa nuit au musée.

« Le parfum des années », titre si joliment approprié pour ce texte qui évoque la fugacité du temps, du bonheur et la nostalgie qui va avec. Captivant, érudit, sensible, cet opus de la collection « Ma nuit au musée » est un régal.

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