Nymphéas noirs de Cassegrain, Duval et Bussi

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Dans le paisible village de Giverny, est retrouvé, baignant dans un ru, le corps d’un homme qui a été manifestement assassiné. C’est une vieille dame qui a trouvé le corps lors de sa promenade matinale avec Neptune, le chien du village. Mais elle passe sa route et laisse quelqu’un d’autre prévenir la police. L’inspecteur Sérénac est chargé de l’enquête avec son adjoint. Le cadavre est celui de Jérôme Morval, ophtalmologue à Rouen et originaire de Giverny. Ce dernier était connu pour ses nombreux adultères. Il faisait notamment la cour à l’institutrice, la très séduisante Stéphanie Dupain. Sur le corps, a été retrouvée une mystérieuse carte postale adressée pour l’anniversaire d’un enfant de 11 ans. Or, le couple Morval n’avait pas d’enfants. Autre piste pour l’inspecteur, Jérôme Morval était un grand amateur d’art qui était à la recherche d’un tableau de Claude Monet légendaire : les Nymphéas noirs.

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Je n’ai jamais lu de roman de Michel Bussi, je ne connaissais donc pas l’intrigue des « Nymphéas noirs » avant d’ouvrir cette bande-dessinée. La bande-dessinée s’ouvre comme un conte : « Trois femmes vivaient dans un village. La première était méchante… La deuxième était menteuse… La troisième était égoïste. » Voilà un commencement fort intriguant ! C’est l’une de ces trois femmes qui va devenir la narratrice des événements qui frappent Giverny. Les trois femmes seront au centre de l’enquête policière. La narratrice a 80 ans, bientôt veuve ; elle cache manifestement quelque chose. Elle est une observatrice redoutable et à ce titre, elle en sait forcément long sur les autres habitants. La deuxième est Stéphanie Dupain, 30 ans, institutrice malheureuse en amour et qui joue de ses charmes auprès de l’inspecteur. La troisième est Fanette Morel, elle a 11 ans et un talent inné pour la peinture. Les trois femmes semblent, au début, n’avoir aucun lien les unes avec les autres, jusqu’à ce que le lecteur découvre, stupéfait, le fin mot de cette histoire.

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L’histoire est extrêmement bien menée et le suspense entretenu jusqu’à la fin. La mort de Jérôme Morval n’est pas la seule à émailler le quotidien du village de Giverny. D’ailleurs, les meurtres ne sont pas tous contemporains, le scénario joue avec les époques. Comme dans toute bonne intrigue policière qui se respecte, nous sommes entraînés sur de nombreuses fausses pistes et il impossible de démêler les fils de cette histoire. Ce qui m’a beaucoup plu dans l’intrigue, ce sont les nombreuses références à Claude Monet (à Giverny, c’est presque une obligation !). Et j’ai bien aimé l’idée des Nymphéas noir, Monet en tant peint qu’imaginer un tableau caché et inconnu n’a rien d’irréaliste. Et bien évidemment, à de nombreuses reprises, l’histoire nous emmène dans la maison et les jardins du peintre où j’ai toujours plaisir à me rendre. Ce décor est formidablement bien rendu par le dessin de Cassegrain, très lumineux et coloré à l’image des toiles de Monet.

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Je suis ravie d’avoir lu cette bande-dessinée qui m’a permis de faire un tour du côté de Giverny et dont l’intrigue, parfaitement maîtrisée, nous emmène à un dénouement pour le moins inattendu.

Les riches heures de Jacominus Gainsborough de Rébecca Dautremer

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C’est l’histoire d’un petit lapin, Jacominus Gainsborough, que Rébecca Dautremer nous montre de sa naissance à sa mort. En douze tableaux qui traversent les saisons et les époques, nous découvrons une vie avec tout ce qu’elle comporte de joie et de peine, de petits riens et de grand tout. Jacominus est introverti, blessé enfant, il est resté boiteux. Il fera son chemin dans la vie, discrètement, doucement, entouré de sa famille et de ses amis Policarpe, César, Agathon, Byron, etc… Et il en créera une à son tour avec Douce.

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Cette bande-dessinée pour enfants est une splendeur qui régalera également les plus grands. Esthétiquement, c’est un régal aux riches couleurs vives. Chaque planche regorge de détails ; on s’y plonge totalement, on y cherche Jacominus et son gilet vert. Les adultes y retrouveront des références picturales notamment à la peinture, on pense à Brueghel l’Ancien ou à Eugène Boudin pour certaines pages. Mais Rébecca Dautremer ne s’est pas contenté de réaliser de magnifiques dessins, elle a également écrit un très beau texte emprunt de poésie et de mélancolie. L’histoire de Jacominus est faite des palpitations de son cœur, nous sommes au plus près de ses émotions. Et même si sa vie a été bien remplie, les dernières pages nous serrent le cœur tant nous nous sommes attachés à ce petit lapin blanc.

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« Les riches heures de Jacominus Gainsborough » est un bijou de bande-dessinée qui s’adresse aussi bien aux petits qu’aux grands et qui montre qu’une vie ordinaire a son importance.

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Les grands espaces de Catherine Meurisse

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Après le magnifique et touchant « La légèreté », Catherine Meurisse a ressenti le besoin de revenir aux sources. Lorsqu’elle avait 7 ans, ses parents ont choisi de quitter la ville pour élever leurs deux filles à la campagne dans le Poitou. Ils s’installent dans une vieille maison à reconstruire et un grand jardin en friche. Tout est à imaginer, à créer, un lieu idéal pour laisser libre cours à l’imagination. Les deux enfants vont pouvoir s’y épanouir.

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L’album de Catherine Meurisse s’ouvre sur une très belle idée : celle d’une porte dans son appartement parisien qui ouvrirait  sur la campagne, son enfance et les moments partagés dans la maison du Poitou. Dans ce lieu à inventer, se mêle la nature et la culture dans une belle harmonie. La mère s’occupe du jardin, elle plante des boutures venues de chez Marcel Proust à Illiers-Combray, de chez Rabelais ou Montaigne. L’unique vieil arbre de la propriété, un platane, est baptisé Swann. Se trouvent également dans le jardin, un rosier du grand-père maternel et des ancolies de la grand-mère paternelle afin d’inscrire cette nouvelle maison dans l’histoire familiale. Catherine aura droit à son petit coin de jardin, son « Paradou » qui sera un jardin à la française puis un jardin à l’anglaise avec en son centre un Jiminy Criquet un peu particulier : un nain de jardin !

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Les deux enfants vont de découverte en découverte. Elles trouvent une gravure de lys dans un mur de la maison et c’est alors Louis XIV qui s’invite dans leur jardin, elles découvrent des coquillages fossilisés, un fragment de sculpture, etc… Elles ouvrent alors un petit musée avec leurs trouvailles et font payer l’entrée 0.50 cts ! Elle découvriront par la suite que Pierre Loti en avait fait de même. Cette vie à la campagne est baignée de culture. La fille aînée, Fanny, a toujours un livre à la main. Catherine Meurisse prête à sa sœur des réflexions d’adultes et des goûts d’adulte. Elle cite Loti, Zola (« La faute de l’abbé Mouret » qui est certes bucolique mais également le plus mauvais de la série des Rougon-Macquart ! Désolée, il fallait que ça sorte ! ), Proust, etc… La grande révélation esthétique se fait lors d’une visite au musée du Louvre. Cette scène est vraiment magnifique et le goût du dessin chez Catherine Meurisse semble naître devant nos yeux. Elle y voit Poussin, Corot et leurs magnifiques paysages qui ressemblent à sa campagne, Le Caravage qu’admire sa sœur.

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« Les grands espaces » est aussi l’occasion de sensibiliser le lecteur aux problèmes de la campagne : le productivisme à outrance, l’utilisation des pesticides, la disparition des haies et des insectes. Tout est fait en dépit du bon sens et surtout sans respect de la terre et de ces cycles naturels. Le capitalisme, qui entraîne la surproduction, est aussi nocif à la campagne qu’ailleurs ! « Les grands espaces » se fait alors ode à la nature, l’agriculture raisonnée et raisonnable, aux paysages sans lotissements affreux qui gâchent la vue !

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« Les grands espaces » est une très belle bande-dessinée qui rend hommage à la beauté de nos campagnes, aux souvenirs d’enfance et à l’art.

 

 

 

Les visés de Thomas Gosselin et Giacomo Nanni

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Richard est marié et le couple attend son premier enfant. C’est au volant de leur voiture qu’il dévoile à sa femme l’un de ses rêves. Il a imaginé qu’il était dans la peau du tueur du président Kennedy, Lee Harvey Oswald. Sa femme en plaisante. Mais Richard se comporte par moments de manière très étrange et morbide. Il écrit toutes ses pensées dans un cahier que sa mère trouve. La lecture de celui-ci la glace puisque son fils s’imagine en sniper tirant sur la foule. Il se défend en lui expliquant qu’il écrit un roman mais le doute persiste, d’autant que Richard a parfois des réactions violentes.

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La bande-dessinée de Thomas Gosselin et Giacomo Nanni s’inspire de l’histoire de Charles J. Whitman (1941_1966) qui perpétra l’un des premiers assassinat de masse aux Etats-Unis. Le 1er août 1966, il tua 16 personnes et en blessa 32 à Austin avant d’être tué par la police. La bande-dessiné tente d’expliquer la survenue d’un tel acte et étudie la psychologie de ce personnage. L’individu est clairement dérangé dès les premières pages qui le montrent dans son quotidien. Il semble sans cesse contenir des pulsions violentes (on le voit notamment avec la scène de la course en voiture plusieurs fois repoussée). Ses cauchemars, son carnet soulignent la morbidité et ses penchants suicidaires puisqu’il sait que ses actes le mèneront à une mort violente. « Toute cette vie passée sur les routes, à l’horizontale…Il faudra que je meure à la verticale pour être sûr de voir la différence. » C’est bien évidemment un personnage antipathique malgré une enfance elle-même marquée par la violence. Il est d’autant plus détestable qu’il se cherche des excuses en imaginant que ses actes sont uniquement le fruit d’une tumeur au cerveau. Gosselin et Nanni montrent également la facilité déconcertante pour nous avec laquelle on peut se produire des armes aux Etats-Unis. Ce qui est encore plus affligeant est de constater le nombre d’assassinats de masse qui ont été perpétrés depuis ce 1er août 1966.

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Le choix graphique est au départ surprenant. Le dessin est très coloré, très naïf ou grossier pour ce qui est des visages, la trame est faite de gros grains. Mais les cadrages, la mise en page sont intéressants et j’ai beaucoup aimé la manière dont Giacomo Nanni utilisaient les ombres chinoises sur la fin du volume. Malgré cela, je suis restée trop à distance de l’histoire et j’ai trouvé la fin très abrupte.

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« Les visés » présentent des qualités indéniables de mise en scène et de tentative de compréhension du passage à l’acte d’un fou. Néanmoins, je suis restée très extérieure à l’histoire qui m’était racontée et je n’ai donc pas été totalement convaincue par cette bande-dessinée.

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Moi ce que j’aime, c’est les monstres d’Emil Ferris

Dans les années 60 à Chicago, Karen Reyes, 10 ans, vit avec son frère et sa mère au sous-sol d’un immeuble. Ils vivent dans un quartier pauvre dans l’Uptown. En raison de son origine sociale, Karen a été rejetée par sa meilleure amie. A l’école, les garçons lui cherchent des noises. Pour fuir cette réalité, Karen regarde des films d’horreur, lit des magasines sur le même thème. Elle se prend même pour l’un d’entre eux puisqu’elle pense être un loup-garou. Elle consigne sa vie dans un journal intime dessiné. Un drame survient dans l’immeuble de Karen. La voisine du dessus, Anka Silverberg, est retrouvée morte chez elle, une balle dans le cœur. La police conclut à un suicide mais Karen n’est pas de cet avis. Elle enfile un imper et un feutre et débute une enquête.

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« Moi ce que j’aime, c’est les monstres » est une oeuvre hors-norme de par sa taille (plus de 800 pages en deux volumes), de par son histoire et de par sa forme. Le destin d’Emil Ferris bascule à 40 ans après une piqûre de moustique. Elle attrape la fièvre du Nil qui la laisse paralysée. Mais cette illustratrice s’acharne, se scotchant un stylo dans la main pour continuer à dessiner. Elle s’inscrit au Chicago Art Institute et réussit, après six ans de travail, à terminer ce roman graphique inclassable.

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L’histoire de Karen Reyes mêle plusieurs lignes narratives : l’enquête policière, l’intime, l’Histoire. L’enquête de Karen nous entraîne dans les quartiers pauvres de Chicago, nous emmène à la rencontre des déshérités et des laisser-pour-comptes. Comme avec les films d’horreur, l’enquête permet à Karen de sortir de sa vie morose. Sa mère est atteinte d’un cancer en phase terminale. Karen commence, à 10 ans, à sentir les prémices de l’adolescence et se sent différente des autres jeunes filles. Se voir en loup-garou est aussi une manière d’extérioriser cette différence. Heureusement, Karen n’est pas seule pour affronter tout ça, elle a son grand-frère Deeze. Grand séducteur, il est malgré tout très présent, il emmène notamment sa sœur au musée. Il lui apprend à rentrer dans les tableaux ce qui donne des pages sublimes dans la BD.  Pendant que Karen grandit, le président Kennedy se fait assassiner et bientôt c’est le tour du révérend Martin Luther King. Une époque trouble qui montre à Karen la noirceur du monde qu’elle va retrouver dans le témoignage enregistré par Anka. Allemande d’origine juive, elle y raconte son enfance brisée, sa vie d’adulte marquée par l’étoile jaune et la déportation.

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Le récit d’Emil Ferris est foisonnant, prenant des directions étonnantes. Les dessins, le texte couvrent entièrement chaque page. Le dessin peut être d’une précision incroyable, hyperréaliste mais également il peut se rapprocher de l’esquisse avec un tracé très rapide. Emil Ferris joue également sur les couleurs  et le noir et blanc. Tout cela donne une oeuvre vivante, bouillonnante et dense.

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« Moi ce que j’aime, c’est les monstres » est un roman graphique sur l’acceptation de soi et la différence. C’est une oeuvre remarquable d’une grande puissance visuelle et qu’il faut lire absolument.

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La partition de Flintham de Barbara Baldi

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Décembre 1850, Nottinghamshire, Flintham Hall Manor est frappé par le décès de la comtesse de Sutherland. Ses deux petites filles, Clara et Olivia, sont ses seules descendantes et héritières. Le testament de leur grand-mère leur réserve d’ailleurs une surprise de taille. La vieille dame lègue son domaine de Flintham Hall Manor à la cadette, Clara. Olivia aura l’équivalent de la valeur du domaine sous forme de fonds fiduciaires. Cette dernière ne supporte pas la décision de sa grand-mère et décide de quitter le domaine le lendemain, abandonnant sa jeune sœur à ses lourdes responsabilités. Pour entretenir Flintham Hall Manor, il faut beaucoup d’argent, Clara n’hésite pas à participer aux tâches quotidiennes et aux travaux des champs. Rapidement, elle est obligée de licencier certains employés. Malgré ses efforts et sa bonne volonté, Clara va-t-elle réussir à sauver le domaine ?

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J’avais repéré cette bande-dessinée dans le magasine Page des libraires et j’avais été immédiatement séduite par le dessin de Barbara Baldi. Il s’agit de sa première bande-dessinée et c’est une réussite. L’histoire rappelle les romans du 19ème siècle anglais, notamment ceux des sœurs Brontë pour le romantisme du destin de Clara. « La partition de Flintham » est le récit du lent déclassement social de son héroïne. Les coups du sort vont s’abattre sur elle et la mettre à l’épreuve. Elle accepte tout avec abnégation et tente toujours de trouver des solutions. Elle devient servante alors qu’elle est petite fille de comtesse. Rien ne semble la rebuter ou entamer son courage. L’histoire de Clara se fait particulièrement cruelle lorsqu’elle recroise sa sœur Olivia chez les personnes qui l’emploient. Son chemin semé d’embûches évoque bien entendu Jane Eyre ou d’autres personnages féminins de l’époque victorienne.

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Le fond également nous rappelle cette période de la littérature anglaise. Les paysages désolés, les grandes étendues sauvages autour du manoir m’ont fait irrésistiblement penser au chef-d’œuvre d’Emily Brontë. J’irai même plus loin, la bande-dessinée de Barbara Baldi se rapproche de l’adaptation qu’Andrea Arnold a réalisé des « Hauts de Hurlevent » en 2011. Ce film privilégiait l’atmosphère, la nature et surtout le silence. La dessinatrice a écrit peu de dialogues et tout passe par l’ambiance et le dessin. Ce dernier évoque de manière générale la peinture du 19ème siècle, par moments j’ai pensé à Millet et aux macchiaioli pour les scènes dans les champs. Le dessin est pour beaucoup dans la réussite de cette bande-dessinée. Il mélange l’aquarelle et la palette graphique, le résultat est surprenant et très artistique. J’ai vraiment été emballée par les choix esthétiques de Barbara Baldi.

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« La partition de Flintham », je ne vous ai pas expliqué le titre et vous laisse découvrir sa signification, est une bande-dessinée qui, par le fond et la forme, évoque les romans anglais du 19ème siècle. Elle ne pouvait donc que me séduire et le dessin est une grande réussite.

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Sudestada de Juan Saenz Valiente

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Jorge Villafanez est détective privé. Il mène de petites enquêtes comme retrouver des héritiers, enquêter sur le passé de futurs employés, suivre des femmes au comportement étrange. Le moins que l’on puisse dire c’est que Jorge n’a pas beaucoup de scrupules. Tous les moyens sont bons pour qu’il  arrive à ses fins. Jorge est un cynique, un pessimiste quant à l’espèce humaine. Mais une enquête va changer sa vision du monde. Le mari de la chorégraphe Elvira Puente lui demande de suivre sa femme. Celle-ci s’absente durant de longues heures sans que son mari ne sache où elle va.

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« Sudestada » se déroule à Buenos Aires. Jorge vit et enquête dans les quartiers pauvres de la ville. Il a la soixantaine et il a du en voir des vertes et des pas mûres à travers ses enquêtes. C’est un personnage peu sympathique, bourru et revenu de tout. Mais il est aussi hanté par des cauchemars qui le réveillent chaque nuit.

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Sa rencontre avec Elvira Puente va réveiller son humanité, va le toucher au tréfonds de son âme; « Sudestada » est l’histoire d’une renaissance, un roman noir qui va peu à peu vers la lumière. C’est avec réalisme et beaucoup d’empathie que Juan Saenz Valiente nous raconte l’histoire de Jorge. Le dessin est lui aussi réaliste, rugueux, les personnages ont des trognes marquantes.

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« Sudestada » est une bande-dessinée à l’esprit noir, pessimiste mais qui se révèle être une histoire étonnante et touchante.

 

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