Spécimens sensibles de Fanny Chiarello

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Les éditions Cambourakis et le musée des Confluences ont proposé à Fanny Chiarello de participer à leur collection « Récits d’objets ». Elle choisit l’objet qui sera le point de départ de son texte dans l’exposition « Espèces, la maille du vivant ». Il s’agit d’un canard colvert naturalisé, à défaut d’avoir trouvé son animal fétiche le sanglier. « Les visiteurs et visiteuses de tous âges se pressent autour de l’ours polaire superstar, frémissent sous le lion perché, béent face à l’immense autruche, mais personne ne s’attarde sur le colvert en position d’atterrissage au-dessus de cette dernière. On ne voit pas davantage le matricule 41008132 à l’inventaire du musée qu’on ne voit les centaines de milliers de ses congénères sur les canaux, les étangs, les rivières, les mares et les marais de France, tant ils sont nombreux. Si nombreux que génériques. Pas assez exotiques. » Elle le constate également lorsqu’elle tente de sauver sept canetons nés dans un bassin de rétention près d’un supermarché. Personne, pas même des associations pour la protection des animaux, ne veut se déplacer pour ces malheureux poussins.

Analysant le sens de la taxidermie et de certaines œuvres d’art qui s’en inspirent de façon douteuse, Fanny Chiarello interroge le rapport de l’homme avec les autres espèces. Antispéciste, elle dénonce la domination, le sentiment de supériorité d’homo sapiens mais également son hypocrisie face au sort des autres espèces. Et ce même s’il sait que beaucoup d’entre elles sont dorénavant menacées.

Ce court texte souligne la sensibilité de Fanny Chiarello à toutes formes de vivant, sans être moralisatrice, elle espère une meilleure cohabitation entre les espèces et nous permet de nous questionner sur notre rapport aux autres habitants de notre planète.

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