
Rosario, 15 ans, habite Brancaccio, un quartier populaire de Palerme. Ses parents l’envoient dans un lycée d’un quartier huppé. Étant donné son origine sociale, il ne s’y fait aucun ami. Fils unique, solitaire, Rosario s’intéresse essentiellement à la littérature et à la mythologie. L’adolescent se découvre des talents comme gardien de but, comme son grand-père dont il porte le prénom. C’est dans le club de son quartier, le Virtus Brancaccio, qu’il va pratiquer le football. Mais ses dons vont lui attirer la colère de ses coéquipiers qui n’hésiteront pas à la brutaliser. Le fait de séduire la petite amie de l’autre gardien de but ne va pas améliorer sa côte de popularité.
« De rien ni de personne » est le premier roman de Dario Levantino, le deuxième tome de sa trilogie vient d’être publié en français. Ce roman d’apprentissage montre un passage à l’âge adulte difficile et douloureux. Ses relations avec ses camarades sont compliquées, Rosario n’est accepté nulle part. Il est également confronté aux mensonges de son père qui tient un magasin de sport où il vend des produits dopants. Il rentre tard, délaisse son épouse. Rosario ne semble jamais pouvoir rendre fière son père. Il a en revanche une magnifique relation avec sa mère faite de compréhension et de tendresse. Même ses premiers émois se passent dans la douleur.
Dario Levantino décrit avec beaucoup de réalisme la ville de Palerme, loin des clichés, entre splendeur et misère. « Brancaccio. Un avortement urbain, un non-lieu. Que venez-vous faire ici, stupides touristes ? Moi, qui y ai grandi en revanche, je marche avec assurance, je ne regarde pas les rues, je m’oriente à l’instinct. Des effluves de graisse, de poussière, d’oignon frit. Une odeur subtile, qui ronge, qui me connaît, celle de la mer. »
« De rien ni de personne » est un très beau premier roman réaliste dont le personnage principal, Rosario, est touchant et attachant.
Traduction Lise Caillat