
« Ce qu’elles voulaient, c’était des réparations, c’était se sentir moins vides, moins laissées-pour-compte. Elles avaient besoin de faire du bruit, de faire des vagues, que leur douleur retentisse quelque part. » Mia, Nina, Lila, Inès et Lucie ont toutes subi des violences sexuelles. Face à l’inertie et à la lenteur du système judiciaire, elles ont décidé de se faire justice. Elles veulent retrouver leurs agresseurs pour qu’ils prennent la mesure de leurs actes et ainsi reprendre confiance. Des dégâts matériels, pas physiques, mais qui laissent une trace durablement dans l’esprit des hommes qui les ont brutalisées. Il faut que la peur change de camp.
« Les orageuses » est le premier roman de Marcia Burnier et il fut également le premier livre de fiction de la collection Sorcières des éditions Cambourakis. Ce court texte est marquant, c’est un cri de rage et de colère. L’ouverture est un coup de poing puisqu’elle nous plonge dans la tête d’Inès après son agression. C’est vers Mia qu’elle se tourne ensuite. La sororité est très forte dans ce roman. Les jeunes femmes se soutiennent, se réconfortent et surtout elles se comprennent. Leur force, c’est d’être ensemble.
« Les orageuses » est bien évidemment un roman engagé qui sensibilise sur le devenir des victimes. L’empathie que l’on ressent pour les héroïnes nous permet de mieux appréhender leur questionnement sur la justice, sur les réparations (sous quelle forme ? la vengeance rabaisse-t-elle ?), sur la façon de se reconstruire et de continuer à vivre. Leurs propos sont souvent radicaux, à la hauteur de leur souffrance. Le corps a une place essentielle dans le texte, il n’oublie rien des agressions et il est le lieu de toutes les angoisses et peur. Il a autant besoin de réparation que l’esprit. Le récit est âpre mais il permet la réflexion.
« Les orageuses » est un premier roman très réussi, à l’écriture saisissante, emprunte de la rage de ses héroïnes.
Coucou ! Un roman que j’avais commencé puis reposé, mais je pense y aller un jour, car la thématique de la réparation m’intéresse beaucoup. Il faut que je me lance !!
Un roman à la thématique forte et dont j’aime beaucoup le titre.