Bilan livresque et cinéma de juin

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Mes lectures de juin ont presque toutes été dédiées au mois anglais et mes avis sont déjà en ligne. Comme toujours, j’aurais aimé avoir plus de temps pour lire mais j’ai quand même réussi à publier dix billets. Durant ce mois, j’ai été ravie de découvrir le talent unique et singulier de Barbara Comyns et j’espère que d’autres romans seront traduits à l’avenir. J’ai également été enthousiasmée par la lecture de « Qui a écrit Trixie ? », un régal d’humour à l’anglaise. Ce fut encore une fois un plaisir d’organiser ce mois anglais avec ma chère Lou et de lire vos nombreuses participations. A l’année prochaine pour une nouvelle d’édition du mois anglais ! Et je vous parle très bientôt de l’excellent premier roman d’Elizabeth O’Connor « Sur l’île ».

En juin, mon bilan cinéma est un peu maigre avec seulement quatre films dont voici mon préféré :

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Lors d’une soirée d’anciens du lycée, Saul se rapproche d’une femme assise à l’écart. Sylvia s’enfuit immédiatement et rejoint son domicile. Saul l’a suivie et il passe la nuit en bas de son immeuble. La jeune femme se barricade dans son appartement mais, au petit matin, elle appelle une ambulance pour Saul qui est toujours en bas de chez elle. Il s’avère qu’il est atteint de démence précoce. Une relation étrange va se nouer entre ces deux êtres profondément blessés.

« Memory » est un formidable mélo qui sait rester juste malgré les sujets extrêmement lourds dont il est question. Au début du film, on comprend que Sylvia est une ancienne alcoolique qui peine à joindre les deux bouts. Par la suite, par petites touches, son histoire terrible se dessine et nous fera comprendre sa méfiance envers Saul. Les deux personnages sont infiniment attachants et l’on espère durant tout le film que rien ne viendra les séparer. Jessica Chastain et Peter Sarsgaard sont fabuleux, à fleur de peau. Plus ces deux-là se rapprochent et plus notre cœur se serre. Michel Franco signe une romance singulière, loin des codes du genre et avec des acteurs au sommet de leur art.

Et sinon :

  • « Les pistolets en plastique » de Jean-Christophe Meurisse : Zavatta est un extraordinaire profileur, connu dans le monde entier pour son intuition sans faille…ou presque ! Dans un aéroport, il croit reconnaître Paul Bernardin, recherché pour avoir tué toute sa famille. Mais l’homme arrêté ne ressemble absolument pas au tueur ce qui n’empêchera pas la police de lui faire subir des interrogatoires musclés. Attention, âmes sensibles s’abstenir ! Le cinéma de Jean-Christophe Meurisse n’est pas à mettre sous tous les yeux. Son humour est très très noir et trash (dans « Oranges sanguines » et dans celui-ci un homme est séquestré et connaît des moments très douloureux). Entre une scène d’ouverture à la morgue aux dialogues délirants, à une visioconférence entre la police danoise et deux flics français plutôt idiots, en passant par deux enquêtrices web en manque de notoriété, le réalisateur se moque de la fascination de ses compatriotes pour les faits divers sanglants. Décapant, cinglant, l’humour et le cinéma de Jean-Christophe Meurisse ne peuvent pas plaire à tout le monde et c’est tant mieux !
  • « La petite vadrouille » de Bruno Podalydès : Le patron de Justine lui propose de mettre à sa disposition la somme de 14 000€ pour qu’elle lui organise un week-end insolite et romantique. Elle voit là une occasion de renflouer ses caisses ainsi que celles de ses amis qui vont participer à cette petite arnaque. Pour un coût minimal, la petite bande va mettre sur pied une croisière sur les canaux de la Bourgogne. Taxes énormes à chaque écluse, vente de produits locaux à chaque étape ou de tableaux (ou plutôt de croutes) tout est bon pour plumer le pigeon ! J’apprécie depuis toujours l’univers fantaisiste de Bruno Podalydès et cette balade champêtre est pleine de charme. Il y a déjà le plaisir de retrouver la troupe du réalisateur avec son frère, Isabelle Candelier, Jean-Noël Brouté, Sandrine Kiberlain ou Florence Muller. Daniel Auteuil se fond parfaitement dans la bande et rajoute à la malice de l’ensemble. Tout le monde manipule tout le monde mais la duperie ne durera pas et elle aboutira à une fin pleine de lumière et d’humanisme.
  • « Hors du temps » d’Olivier Assayas : Paul, cinéaste, et son frère Etienne, journaliste rock, se confinent durant la crise du covid dans leur maison familiale dans la vallée de la Chevreuse. Ils y amènent leurs fiancées pour partager ce temps suspendu. Olivier Assayas a réalisé un film très personnel où à plusieurs reprises, il décrit le village, la maison, les pièces remplies des affaires de ses parents. Les souvenirs affluent comme l’amour de l’art de ses parents, la chambre de sa mère où elle s’installait chaque week-end après la séparation d’avec son mari, l’immense terrain des voisins où il s’amusait enfants. La maison semble un véritable refuge, figé dans le temps, pour les deux frères. « Hors du temps » n’est d’ailleurs pas que mélancolique. Paul et Etienne sont souvent tournés en dérision, la forte paranoïa du premier en raison du covid notamment. Leurs attitudes nous rappellent ce que nous avons vécu : la peur, la privation de liberté et pour certains le plaisir d’une bulle hors du temps qui permet une échappée du rythme frénétique du quotidien. Touchant et drôle, Olivier Assayas nous offre une jolie parenthèse.

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