Bilan livresque et cinéma d’août

Le mois d’août m’a offert un beau mélange de style, les premiers titres de la rentrée littéraires ont côtoyé des livres qui étaient depuis plus longtemps dans ma pal. Je vous reparle de certaines de ces lectures rapidement. Ce qui est certain c’est qu’entre « Les bourgeois de Calais », « Memorial drive », « 8 heures et 35 minutes » et « Le saut d’Aaron », cette rentrée littéraire commence vraiment très, très bien ! J’espère qu’elle me réserve encore de très belles surprises.

Mes coups de cœur cinématographiques du mois d’août sont les suivants :

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Milla est une jeune adolescente australienne qui se bat contre un cancer. Elle est surprotégée par ses parents : son père, psychiatre, marche sur des œufs, sa mère, pianiste, se gave de calmants pour réussir à affronter la situation. C’est donc avec beaucoup d’appréhension qu’ils voient débarquer dans leur vie Moses. Milla l’a rencontré sur un quai de gare et s’en est immédiatement entiché. Le jeune homme, junkie, n’a plus de foyer et déboule comme un chien fou dans la vie calme (en apparence) et bourgeoise de cette famille.

« Milla » est un film magnifique, lumineux malgré le drame qui s’y déroule. La réalisatrice, Shannon Murphy, ne tombe jamais dans le sentimentalisme, le tire-larmes facile. C’est avec beaucoup de délicatesse qu’elle filme les derniers jours de Milla. Celle-ci veut vivre ce que vivent tous les adolescents : les premiers émois amoureux avec ce qu’ils ont de douloureux, l’émancipation de ses parents en imposant ses propres choix, découvrir sa féminité. Milla est un personnage infiniment attachant, elle ne gâche pas ce qu’il lui reste à vivre et continue à s’émerveiller de ce qui l’entoure. Elle est le lien entre tous les êtres fracassés qui sont à ses côtés et l’aiment maladroitement. Eliza Scanden incarne Milla et il faut saluer sa performance si merveilleusement juste. Le film de Shannon Murphy est évidemment bouleversant. Mais il est également émaillé de nombreux moments de joie : une journée à la plage, un premier baiser, un joyeux repas avec ceux que l’on aime et finalement ce sont instants-là qu’il faut retenir.

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Pays basque, 1609, le juge Rosteguy de Lancre est venue arrêter et interroger des sorcières. Celles-ci sont de jeunes tisserandes dont les fiancés, les pères ou les frères sont partis pêcher à Terre-Neuve. Les jeunes femmes, injustement emprisonnées, savent que les marins reviendront à la pleine lune et qu’ils sont les seuls à pouvoir les sauver. L’une d’elles, Ana, va se dénoncer comme la seule sorcière du groupe et promet au juge de lui raconter le sabbat. Son long récit doit leur permettre de gagner du temps.

« Les sorcières d’Akelarre » est un film fascinant, envoûtant comme le chant scandé par les jeunes filles enfermées. Il reconstitue parfaitement la tyrannie des hommes, de la religion sur les femmes qui sortent des sentiers battus, comme ses tisserandes qui aiment chanter et danser dans la forêt. Le regard concupiscent des hommes les enferme, les juge. Les mots également : durant l’interrogatoire, le juge, cultivé, joue avec eux et fait dévier les propos d’Ana. Les jeunes femmes, fortes et libres, vont se retrouver peu à peu piégées. Le personnage d’Ana célèbre l’imaginaire à travers ses récits au juge, il est son seul échappatoire face au désir brûlant des hommes et leurs croyances absurdes. « Les sorcières d’Akelarre » est un film qui résonne toujours avec notre actualité et qui rend hommage à celles qui vécurent l’enfer pour satisfaire le besoin de domination des hommes.

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Samad, policier teigneux, cherche à démanteler un réseau de trafic de drogue. Il remonte lentement les différents maillons de la chaine pour arriver à coincer la tête du réseau. Mais dans un pays qui compte 6,5 millions de toxicomane, sa quête de justice n’est-elle pas veine ?

« La loi de Téhéran » de Saeed Roustayi est un coup de poing qui nous montre la tragique réalité de l’Iran. Samad nous entraîne dans les bas-fonds de la ville où s’entassent des toxicos dans des cylindres de béton. Rapidement, on comprend que c’est la misère qu’ils fuient tous au moyen de la drogue. Et le pire, c’est que le caïd à la tête du réseau est dans le même cas. Difficile de détester cet homme qui s’est lancé dans le trafic pour sortir sa famille de la pauvreté. Et que dire de la justice iranienne ? Que vous soyez en possession de 5 gr ou de 10 kg de drogue, c’est la peine de mort qui vous attend. Alors autant faire les choses en grand comme l’explique le caïd. Une justice où d’accusateur, on peut devenir accusé en un claquement de doigts, comme le découvrira Samad. La réalité montrée par le film est terrifiante, implacable et d’une noirceur sans fin. Je n’ai pas le souvenir d’avoir déjà vu un film montrant ce visage de l’Iran, celui d’une misère sociale endémique et désespérante.

Une femme, scénariste pour la t.v., aime à inventer des histoires après avoir fait l’amour avec son mari. Celui-ci est acteur et metteur en scène de théâtre. Le couple semble heureux et amoureux malgré une terrible épreuve qu’ils ont du surmonter. Pourtant, le mari surprend sa femme, au lit avec un autre homme. Il ne dit rien, repart. Il n’aura jamais l’occasion d’en parler avec elle puisque peu de temps après il la retrouve morte dans leur appartement.

Le prologue du film dure 40 mn avant que le générique ne commence et nous présente le couple. Après celui-ci, nous retrouvons le mari qui doit mettre en scène « Oncle Vania » à Hiroshima avec des acteurs de différentes nationalités. L’une des très belles idées du film, c’est qu’une actrice en langue des signes est engagée pour la pièce. Les moments où elle joue sont d’une grâce infinie. Le silence a une place très importante dans le film de Ryusuke Hamaguchi, la parole est rare et rend les mots prononcés d’autant plus précieux. « Drive my car » met en présence deux personnes qui n’ont pas réussi à faire leur deuil, qui se sont laissées submerger par la tristesse. Le metteur en scène et sa chauffeuse vont s’apprivoiser, s’écouter tout au long de leurs trajets en voiture. D’autres destinées se mêleront aux leurs, d’autres paroles se libèreront. Le lent cheminement des personnages est emprunt de tristesse, d’une douce mélancolie qui finit par mener à l’apaisement, à une possible reconstruction. « Drive my car » dure trois heures et nous offre des images magnifiques, une méditation sur le deuil, le passé et tout cela entremêlé avec les mots de Tchekov.

Et sinon :

  • « A l’abordage » de Guillaume Brac : Edouard, jeune homme de bonne famille, attend deux jeunes femmes pour un co-voiturage vers le sud et les vacances. Surprise, ce sont Félix et Chérif qui débarquent et vont accompagner Edouard durant le voyage. Félix veut retrouver dans la Drôme une jeune femme avec qui il a passé la nuit précédente à Paris. Il a emmené avec lui son pote Chérif. Tous les trois vont se retrouver coincés dans un camping suite à un problème de voiture. « A l’abordage » est une comédie solaire, au charme irrésistible où se mélangent les classes sociales et les couleurs de peau. Nos trois jeunes hommes vont se trouver un point commun qui les réunit au-delà de leurs nombreuses différences : ils sont des galériens de la drague. Guillaume Brac suit avec beaucoup de tendresse et d’empathie les mésaventures des trois camarades. Une amitié, au départ totalement improbable, se noue autour d’une bagarre dans l’eau. Les trois comédiens savent rendre leurs personnages attachants : Salif Cissé, Edouard Sulpice, Eric Nantchouang sont très prometteurs. « A l’abordage » est une comédie tout en subtilité, en fraîcheur et en truculence.
  • « De bas étage » de Yassine Qnia : Mehdi gagne sa vie en perçant des coffres. Des petits casses sans envergure qui lui permettent tout juste de vivre. L’argent qu’il a mis de côté au fil des ans est parti dans une maison en ALgérie pour la retraite de sa mère. Mais, finalement, celle-ci préfère rester en France obligeant ainsi son fils à habiter avec elle. Cette situation a fait fuir la petite amie de Mehdi, Sarah, qui est également retournée vivre chez ses parents avec leur fils. Mais Mehdi ne compte pas en rester là. Yassine Qnia montre le quotidien de Mehdi et Sarah avec beaucoup de réalisme. Tous les deux se débattent avec leur quotidien et les difficultés financières. Le couple, qui semble toujours amoureux, est dans une impasse. Sarah a trouvé un emploi dans un salon de coiffure, son train-train quotidien semble méprisable aux yeux de Mehdi, tout comme l’est l’argent des casses aux yeux de Sarah. Le réalisateur nous offre deux beaux portraits de jeunes gens paumés, parfaitement incarnés par Soufiane Guerrab et Souheila Yacoub. Les proches de Mehdi changent, évoluent, y arrivera-t-il ? C’est la question que l’on se pose à la fin du film toujours juste de Yassine Qnia.
  • « Louloute » de Hubert Viel : Louise est professeur d’histoire-géo et a tendance à s’endormir n’importe où. Elle semble un peu perdue et fantasque. Parmi les nouveaux professeurs, elle retrouve son amoureux de l’école primaire. Ses retrouvailles ne font qu’accentuer la tendance de Louise à se replonger dans ses souvenirs. Elle se revoit à 10 ans dans la ferme familiale en Normandie où son père élevait des vaches laitières. Le film d’Hubert Viel fait donc des allers-retours entre la vie d’adulte et l’enfance de Louise. Nous voilà replongés à la find es années 80 dans une famille de trois enfants où les chamailleries ne cachent pas l’amour fraternel. Louise est rêveuse, très attachée à son père et à son travail à la ferme. Elle s’imagine reprenant l’exploitation avec son frère et sa mère. Derrière cette douce évocation de l’enfance, se cache une difficile réalité, celle de l’agriculture face à la montée du libéralisme. Même si les parents tentent de le cacher aux enfants, les difficultés s’accumulent de plus en plus. Le passé hante quotidiennement Louise et on finit par comprendre pourquoi. « Louloute » est un film touchant, très tendre avec ses personnages.
  • « Passion simple » de Danielle Arbid : « A partir du mois de septembre l’année dernière, je n’ai rien fait d’autre qu’attendre un homme : qu’il me téléphone et qu’il vienne chez moi. » La suite du film sera l’illustration de cette phrase qui l’ouvre. Hélène est suspendue au désir de son amant russe, marié et qui travaille pour le consulat de Russie à Paris. Devenue obsessionnelle, cette passion simple va peu à peu vampiriser la vie personnelle et professionnelle d’Hélène. Le film de Danielle Arbid est l’adaptation du livre éponyme d’Annie Ernaux que je n’ai pas lu. Ce que j’ai trouvé le plus réussi dans le film, c’est qu’il rend parfaitement compte de l’attente qui ronge l’héroïne, les effets dévastateurs de cette passion dévorante. Et les scènes de sexe vont dans ce sens, elles ont crues, au plus près des corps, des souffles sans être véritablement sensuelles. Hélène est incarnée par la formidable Laëtitia Dosch qui porte le film sur ses épaules. Elle perd pied et nous touche.
  • « Bergman island » de Mia Hansen-Love : Chris et son mari, Tony, sont auteurs-réalisateurs. Tous les deux s’installent le temps d’un été sur l’île de Farö où vivait Bergman et où il a tourné certains de ses films. Chris et Tony doivent chacun écrire un scénario de film durant leur séjour. Tony est également invité sur l’île pour donner une master-class. Il a du succès, trouve l’inspiration aisément alors que Chris peine devant la page blanche. Cette situation finit par créer une tension, une distance dans le couple. Je vous rassure tout de suite, pas besoin d’être spécialiste de Bergman pour apprécier le film de Mia Hansen-Love, même si son ombre plane dessus. L’île de Farö, dont les paysages sont absolument splendides, est presque devenue une sorte de parce d’attraction bergmanien, ce dont s’amuse beaucoup la réalisatrice. Il est ici question d’amour, de couple et ce grâce à celui de Chris et Tony mais également grâce à celui qui sort de l’imagination de Chris. Mia Hansen-Love enchâsse un deuxième récit dans son intrigue de départ, celui du film de Chris et de son tournage. Les deux histoires de couple se font écho, se développent en parallèle devant nos yeux. La construction est habilement menée et questionne également la création et la cruauté de ceux qui se consacrent entièrement à elle.

Bilan livresque et cinéma de juillet

Comme les deux vignettes au-dessus vous le feront comprendre, mes vacances d’été eurent lieu en juillet ! La moisson de livres fut riche et encore une fois éclectique. Pas de mauvaises surprises, je n’ai fait que de belles lectures et j’ai eu plusieurs coups de cœur :

Maintenant, il ne me reste plus qu’à taper tous mes billets…pas une mince affaire !!!

De l’éclectisme aussi au niveau du cinéma :

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L’histoire de « Annette » peut se résumer en quelques mots : l’histoire d’amour tragique de Ann, soprano mondialement connu, et de Henry, star du standup. Le talent de Leos Carax sublime et transcende cette histoire universelle. L’ouverture du film est tout simplement jubilatoire, le spectacle commence et il s’annonce grandiose. Devant nous, se déroule une comédie musicale flamboyante, les Sparks ont offert à Carax une partition exceptionnelle qui mêle chansons pop, air d’opéra, R’n’B, etc… Le cinéma du réalisateur se met au diapason pour nous offrir un spectacle total, un tourbillon d’images qui enchaîne les idées visuelles (les scènes illustrant la chanson « We love each other so much », celle du bateau). Je n’ai pas adhéré à tout, je n’ai notamment pas trouvé très réussies les scènes de stand up. Mais la proposition qui nous est faite est indéniablement ambitieuse et singulière. Il faut bien entendu saluer la prestation des acteurs, Adam Driver en tête qui ne cesse d’étoffer son talent, et Marion Cotillard, peut-être un peu trop sage face à lui. Tout le monde n’appréciera pas ce film, comme toujours avec Carax, mais son amour du cinéma, de toutes les formes de spectacle, éclate dans chaque scène de « Annette ».

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Ibrahim a 17 ans, il vit seul avec son père. Ce dernier est écailler dans une brasserie parisienne. Il officie dehors et rêve d’être serveur en salle. Mais il ne pourra accéder à ce nouveau poste que s’il se fait poser des dents, ce qui coûte évidemment beaucoup d’argent. Il travaille dur et économise. Pendant ce temps, Ibrahim se cherche, s’ennuie, tombe amoureux et malheureusement s’encanaille avec un jeune homme peu fréquentable mettant ainsi en péril le rêve de son père.

Samir Guesmi réalise ici son premier film et il interprète le père d’Ibrahim. La sensibilité, la douceur qui se dégagent souvent de son jeu d’acteur sont également présentes dans son film. J’ai rapidement pensé aux films de Solveig Anspach où il a joué. L’apparition de Florence Loiret-Caille a confirmé mon impression (elle fut sa partenaire dans « Queen of Montreuil » et « L’effet aquatique »). On retrouve dans « Ibrahim » la même empathie pour les personnages que chez la réalisatrice islandaise. Le père et le fils sont tous les deux extrêmement touchants. Leur relation est faite de pudeur, de leur incapacité à se parler et pourtant c’est une profonde et sincère affection qui les lie. Il y a aussi, comme chez Solveig Anspach, des moments d’une poésie infinie (scène dans la colonne de la place de la Bastille par exemple). Abdel Bendaher, qui interprète Ibrahim, est la révélation du film et son talent lui promet un bel avenir cinématographique. Un premier film tout en retenue, sans esbroufe, à la beauté simple et lumineuse.

Gagarine

Youri a 16 ans et il a grandi dans la cité Gagarine d’Ivry-sur-Seine. Il rêve d’être astronaute, le nom de sa cité a influencé sa destinée. Sa mère est partie se construire une nouvelle vie ailleurs en laissant son fils se débrouiller seul. Gagarine et ses habitants sont devenus sa famille. Quand Youri apprend que la cité Gagarine va être démolie, il est prêt à tout pour l’empêcher.

Enfin un film qui parle différemment de la banlieue et montre une image positive des cités. Ici les habitants se connaissent, s’entraident quelques soient leurs origines, leurs âges. Cette petite communauté vit bien ensemble même si la cité se délite, vieillit mal. Fanny Liatard et Jérémy Trouilh ont tourné leur premier film dans l’une des ailes de la cité durant la destruction et de nombreux anciens habitants jouent dedans. Mais les réalisateurs ne se contentent pas du réalisme social et ce qui fait la singularité du film, c’est sa poésie, son côté fantastique. Youri reste à Gagarine et en fait un vaisseau spatial. L’idée sonne comme une évidence, elle est parfaitement mise en scène et elle nous transporte aux côtés du jeune homme.

Et sinon :

  • « My Zoe » de Julie Delpy : Isabelle est généticienne, elle vit à Berlin avec sa petite fille Zoe dont elle partage la garde avec son ex-mari. L’enfant tombe gravement malade et son état ne cesse de se détériorer. La généticienne ne peut accepter ce qui arrive à son enfant et va chercher des solutions en dehors de la légalité. Je suis le travail de Julie Delpy comme actrice et réalisatrice depuis longtemps et j’apprécie sa singularité qui se manifeste une nouvelle fois ici. Le film pourrait se contenter d’être un mélodrame sur la maladie d’une enfant et le règlement de compte cruel des parents divorcés. Mais Julie Delpy est toujours surprenante et elle emmène son film vers la science-fiction et les possibilités offertes par les recherches génétiques. Au cœur de « My Zoe » sont la relation exclusive, entière de la mère et de sa fille, la souffrance infinie de la perte. Le sujet était périlleux à traiter mais la réalisatrice s’en sort à merveille pour nous offrir un film hybride, à la frontière des genres.

 

  • « Sous le ciel d’Alice » de Chloé Mazlo : Alice prend le bateau à Beyrouth pour rentrer en Suisse, son pays natal. Une fois installée, elle écrit une lettre à son mari libanais. Avec nostalgie, elle revient sur sa vie : son enfance rigoureuse en Suisse, sa formation de nourrice, son premier poste à Beyrouth où elle fait connaissance avec Joseph, son futur mari. Nous sommes alors dans les années 50, la ville est à son apogée, le couple construit sa vie, sa famille jusqu’à la guerre de 1975. Le premier film de Chloé Mazlo est original et plein de poésie. Elle mélange des prises de vue avec des séquences d’animation (l’enfance d’Alba par exemple). Les images du Beyrouth des années 50 sont également bricolées et contribuent à la fantaisie de l’ensemble. A la gaité des premières années, succèdent la tristesse du conflit, la destruction du Liban et de la famille construite par Alice et Joseph. La mélancolie du bonheur perdu, l’absurdité du conflit, l’amour qui ne résiste pas à la violence sont au cœur du film. « Sous le ciel d’Alice » est un film plein de tendresse, de fantaisie et d’émotions.

 

  • « Un espion ordinaire » de Dominic Cooke : En pleine guerre froide, Greville Wyne est contacté par le MI6 et la CIA pour servir de contact en Russie à un colonel qui veut trahir le régime communiste. Greville n’est qu’un représentant de commerce et il se retrouve embarqué dans une histoire qui le dépasse. Le film de Dominic Cooke s’inspire d’une histoire vraie et il s’inscrit dans la lignée des films classiques d’espionnage durant la guerre froide. Le contrat est rempli avec les différentes composantes de ce type de film (les risques de la mission, le colonel-taupe, le cruel KGB, l’horreur des prisons russes). Benedict Cumberbatch est comme toujours impeccable. Le scénario aurait peut-être gagné à être relu par John Le Carré pour lui donner un peu de pep’s mais l’ensemble est honnête et se laisse bien regarder.

Bilan livresque et cinéma de juin

Juin

Le mois de juin fut placé sous le signe des dix ans de notre mois anglais et encore une fois vos participations nous ont fait chaud au cœur. Alors un grand merci à tous les participants et mes co-organisatrices du tonnerre : Lou et Cryssilda. Si vous souhaitez continuer à nous accompagner dans nos lectures anglaises, le challenge « A year in England » se poursuit jusqu’à la fin de l’année. En dehors des lectures pour le mois anglais dont j’ai déjà pu vous parler, j’ai eu le plaisir de lire deux BD/romans jeunesse : « Lettres d’amour de 0 à 10 » de Susie Morgenstern et Thomas Baas et « Le plus bel hôtel du monde » de Gwenaëlle Barussaud et Lucie Durbiano. Je vous reparle très vite de la formidable bande-dessinée de Cy « Radium girl », de l’incroyable destinée du « Colosse » de Pascal Dessaint et de la révolution écologique dont parle Pierre Ducrozet dans « Le grand vertige ».

Le cinéma m’a énormément manqué durant les différents confinements et je me suis bien rattrapée ce mois-ci puisque j’ai vu dix films ! Et je vais commencer par mes coups de cœur :

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Mikaël est médecin de nuit, il parcourt Paris dans son break et enfoncé dans sa veste de cuir noir. Il est convoqué par l’assurance maladie qui lui reproche de prescrire trop de subutex. Mikaël aime certes aider les toxicos mais il est surtout coincé dans un trafic d’ordonnance pour aider son cousin pharmacien. Durant une nuit, il va essayer de remettre de l’ordre dans sa vie.

Le film d’Elie Wajeman est un formidable et captivant film noir. L’excellente idée est de ramasser son intrigue sur une seule et unique nuit ce qui génère beaucoup de tension. On voit Mikaël se débattre entre le bien et le mal, entre ses convictions et son affection profonde pour son cousin. Elie Wajeman nous montre également les patients du médecin : l’anxiété, la solitude dues à la nuit sont son quotidien. Les consultations sont des bulles d’humanité dans la noirceur du récit. Je ne suis pas toujours convaincue par les prestations de Vincent Macaigne mais là je suis éblouie par son incarnation de Mikaël; tout en puissance physique et en tourments. « Médecin de nuit » est un film noir maîtrisé, compact avec un Vincent Macaigne saisissant.

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Après le décès de son mari, Virginie décide de transformer son exploitation agricole. Des chèvres, elle passe aux sauterelles dont elle tire de la farine hyper-protéinée pour l’alimentation d’autres animaux. Virginie doit travailler énormément pour se faire connaître et produire assez de farine pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses deux enfants. Elle gère seule sa vie professionnelle et sa vie personnelle et les difficultés se multiplient jusqu’à ce qu’elle trouve un moyen de doper la reproduction des sauterelles.

Le premier film de Just Philippot est une réussite : tendu, horrifique, maîtrisé de bout en bout. Il commence de manière réaliste, on suit le quotidien âpre de Virginie : son courage à vouloir poursuivre son travail comme ses déconvenues. Mais dès le départ, l’ambiance distille de l’anxiété et on sent que les choses ne vont pas tourner comme l’espère Virginie. L’excellente idée de Just Philippot est d’avoir choisi les sauterelles, un insecte qui n’inquiète personne et pourtant il réussit à les rendre de plus en plus menaçantes. L’angoisse, la violence augmentent au fil de l’intrigue et l’étau se resserre impitoyablement sur l’héroïne. Les personnages sont très attachants, notamment Virginie incarnée avec densité par Suliane Brahim. « La nuée » est un formidable film, original et surprenant.

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Fern vivait à Empire, ville du Nevada balayée par la récession. L’usine de plâtre qui faisait vivre toute la ville a fermé et le lieu s’est totalement vidé de ses habitants jusqu’à disparaitre. Fern, qui est veuve, n’a alors d’autres choix que de prendre la route. De petits boulots en petits boulots, elle parcourt l’Amérique. Et elle est loin d’être seule à avoir adopté ce mode de vie nomade. Par goût ou par nécessité, ils sont nombreux à se croiser dans les vastes paysages américains.

J’avais beaucoup aimé « The rider », le précédent film de Chloé Zhao et je retrouve son art de filmer des western modernes. Ici, les nomades, pour la plupart âgés, sont de nouveaux pionniers qui sillonnent le territoire et s’inventent un nouveau mode de vie. Une communauté (bien réelle car la quasi totalité des acteurs sont non-professionnels) s’est créée, se retrouve une fois par an et se donne des conseils sur la vie nomade, les boulots saisonniers. Chloé Zhao nous montre une Amérique alternative, celle des déclassés, comme Fern, qui tentent de survivre. Le film se déploie avec lenteur, s’attarde sur le quotidien de Fern : ses difficultés, sa mélancolie, sa douceur. Frances McDormand habite avec naturel, évidence ce personnage qui n’a pas été épargné par la rudesse du monde. Elle nous bouleverse comme tous les autres personnages aux destins singuliers.

Et sinon :

  • « Balloon » de Pema Tseden : Drolkar et son mari Dargye vivent sur les hauts plateaux du Tibet avec leurs trois enfants et le père de Dargye. La petite famille élève des brebis. Les deux jeunes garçons s’amusent un jour avec des ballons qu’ils ont trouvé dans la chambre de leurs parents. Le problème est qu’il s’agit en réalité des derniers préservatifs de leurs parents. Les autorités chinoises n’autorisent que trois enfants aux paysans tibétains et Drolkar a beaucoup de difficulté à trouver des préservatifs. Leur utilisation est mal vu dans la communauté et le planning familial est bien loin. Le réalisateur Pema Tseden nous propose presque un documentaire sur la vie de cette famille tibétaine. On suit  les personnages dans leurs différentes activités, dans les rituels bouddhistes au fil des jours. « Balloon » est en cela un film très intéressant et les magnifiques paysages des hauts plateaux ne font que renforcer notre plaisir de spectateur. Mais le film est bien plus qu’un documentaire. Le réalisateur choisit un angle féministe en se focalisant sur le destin de Drolkar et sa sœur qui est devenue nonne suite à une déception amoureuse. Toutes les deux sont des femmes fortes, courageuses qui sont prêtes à beaucoup de sacrifices pour affirmer leurs convictions ou leurs droits. Un très beau film poétique et réaliste.
  • « Vaurien » de Peter Dourountzis : Djé vit à la marge. Il n’a pas d’argent, pas de logement. Grâce à son charme, il trouve des petits boulots à droite à gauche, il se fait héberge par des personnes rencontrées le jour même. Ce sont surtout les femmes qu’il cherche à séduire. Mais sous le sourire narquois se cache un prédateur impitoyable. Le premier long-métrage de Peter Dourountzis est un thriller efficace, troublant et féministe. Le réalisateur fait tout d’abord le choix de ne jamais montrer la violence qu’exerce Djé sur les femmes. Ce qu’il montre en revanche parfaitement, c’est le malaise créé par Djé et le sentiment d’être une proie (la première scène dans le train où il s’impose face à une jeune femme, son regard insistant dans un bus). Mais il y aussi des femmes fortes dans le film, des femmes qui résistent et se défendent contre le machisme. La scène dans un bar où Ophélie Bau finit par plonger un tampon hygiénique dans le verre de rouge d’un client est explosive et réjouissante. Pour incarner ce monstre froid et séduisant, il fallait tout le talent de Pierre Deladonchamps qui est encore une fois exceptionnel. « Vaurien » est un thriller réaliste et féministe avec un personnage central glaçant. 
  • « Les deux Alfred » de Bruno Podalydès : Alexandre doit absolument trouver un travail. Chômeur de longue durée, il a été mis à l’épreuve par sa femme après un petit écart. Elle l’a laissé seul avec leurs deux enfants, il doit donc réussir à tout gérer. Il réussit à décrocher un travail de « reacting process » dans une boîte nommée The box. L’ambiance y semble décontractée mais le patron n’embauche que des salariés sans enfant. Alexandre va devoir se débrouiller pour cacher l’existence des siens. Il sera aider par Arcimboldo, rencontré à la crèche, qui enchaîne les petits boulots farfelus (il recharge les drones livreurs tombés en panne sur le trottoir, il remplace ses clients dans les manifs, il revend des stocks de montres connectées). Depuis « Versailles-rive-gauche », je prends toujours un grand plaisir à retrouver l’univers de Bruno Podalydès. Ce dernier opus m’a fait penser à ce moyen métrage : on y retrouve les acteurs fétiches du réalisateur (son frère Denis naturellement, Michel Vuillermoz, Isabelle Candelier, Jean-Noël Brouté, Philippe Uchan) et sa fantaisie débridée. Cette dernière est au service d’une douce critique de notre société ultralibérale et de ses absurdités. Comme toujours, Bruno Podalydès distille beaucoup de poésie dans son film, ses personnages sont lunaires et ils ont conservés une part d’enfance en eux. En plus d’Alexandre (Denis) et Arcimboldo (Bruno), un troisième personnage vient se rajouter, il s’agit de Séverine (Sandrine Kiberlain), qui est chief prospect officer. Brusque, sèche, elle s’avèrera aussi paumée qu’Alexandre dans cette modernité trop connectée ! « Les deux Alfred » est un film drolatique, tendre au casting parfait qui parle de fraternité et de solidarité.
  • « Playlist » de Nine Antico : Sophie a 28 ans, elle est dessinatrice mais sans formation, elle peine à trouver du travail. Elle est également à la recherche du grand amour. Les deux s’avèrent très compliqués. Nine Antico, autrice de bande-dessinée, a choisi le noir et blanc pour nous raconter les difficultés de Sophie. Ce qui n’est pas sans rappeler la Nouvelle Vague d’autant plus que le ton du film est très naturel et réaliste. Ce récit d’apprentissage est semé d’embûches et de personnages aussi fantaisistes que comiques. Entre un patron cyclothymique qui balance des objets sur les bureaux de ses employés, un jeune vendeur de matelas qui ne veux pas faire l’amour ou la meilleure amie de Sophie, actrice en devenir, qui transforme une formation de secouriste en drame déchirant, Sophie est bien entourée ! « Playlist » est un film plein de charme, léger, servi par Sara Forestier et Laëtitia Dosch, toutes deux formidables.
  • « Des hommes » de Lucas Belvaux : Feu-de-bois, un homme solitaire, tient à participer à la fête d’anniversaire de sa sœur Solange. Mais, à part elle, personne ne souhaite voir Feu-de-bois, revenu violent et raciste de la guerre d’Algérie vingt ans plus tôt. La fête tourne bien évidemment au vinaigre et Rabut doit sortir son cousin de la salle. Feu-de-bois va alors s’enfoncer encore un peu plus dans la violence. Le dernier film de Lucas Belvaux est tiré du roman éponyme de Laurent Mauvignier que j’avais beaucoup aimé. On retrouve dans le film la complexité de Feu-de-bois et de Rabut, les deux cousins envoyés ensemble en Algérie. Le premier ne s’est jamais remis de ce qu’il a vu là-bas. Et à son retour, il n’a jamais pu en parler, se libérer. Rabut, quant à lui, n’arrive plus à comprendre son cousin mais il continue à chercher sa part d’humanité. Lucas Belvaux, comme dans le roman, fait des aller-retours entre le présent et la période de la guerre. Et c’est sans conteste cette deuxième partie qui est la plus réussie dans le film. La tension, l’émotion sont palpables et les deux comédiens (Yoann Zimmer et Edouard Sulpice) n’ont rien à envier à leurs prestigieux aînés (Gérard Depardieu et Jean-Pierre Darroussin). « Des hommes » ne m’a pas entièrement convaincue mais la partie algérienne du film vaut vraiment la peine d’être vue.
  • « Petite maman » de Céline Sciamma : Nelly, 8 ans, vient de perdre sa grand-mère. Elle vient vivre dans la maison de celle-ci avec ses parents afin de la vider. Sa mère s’enferme dans son chagrin et finit par quitter la maison de son enfance. En se promenant dans les bois, Nelly rencontre une autre petite fille qui lui ressemble énormément. Nelly comprend rapidement que cette petite fille est en réalité sa mère à l’âge de 8 ans. Céline Sciamma met en scène un conte sans mettre en scène aucune magie. Le croisement temporel se déroule dans un décor réaliste et la forêt fait office de porte sur le passé. L’idée est jolie, les deux petites filles sont filles uniques et semblent par moment bien seules. Leur amitié, leur ressemblance les unissent, les renforcent. Et ce lien consolidé perdurera entre la mère et la fille une fois le sortilège terminé. Même si j’ai trouvé charmant le dernier film de Céline Sciamma, il n’a ni la force, ni la poésie de « Portrait de la jeune fille en feu » que j’avais adoré.
  • « Le discours » de Laurent Tirard : Sonia a mis sa relation avec Adrien en pause. Et cela dure depuis trente huit jours au grand désespoir de ce dernier. Cela ne va pas s’arranger pour lui lorsque le petit ami de sa sœur lui demande, lors d’un repas de famille, s’il pourrait faire un discours lors de leur mariage. Un véritable cauchemar pour Adrien et s’ajoute à cela le fait que Sonia n’a toujours pas répondu au sms qu’il lui a envoyé à 17h26. Voilà un film que je me réjouissais de voir tant j’ai aimé le roman de Fabrice Caro dont il est tiré. Hélas, trois fois hélas, j’en suis ressortie fort déçue. Rien à reprocher aux acteurs, Benjamin Lavernhe en tête, qui sont tous très bien. Mais la réalisation manque de trouvailles visuelles, de fantaisie pour rendre le côté décalé et hilarant du livre. Le film n’est pas non plus assez rythmé pour nous captiver sur la longueur. En clair : lisez le roman de Fabrice Caro plutôt que de voir son adaptation !

Bilan livresque et cinéma de mai

Mai

Encore une belle moisson de livres pour ce mois de mai, j’ai déjà a eu l’occasion de vous parler des livres suivants :

« Milkman » d’Anna Burns, un livre dont la forme surprend, étouffe son lecteur comme les rumeurs le font avec la jeune héroïne du roman ;

« Fragiles serments » de Molly Keane qui m’a séduite par son ironie grinçante.

Je vous parlerai de « Avant les diamants de Dominique Maisons après le mois anglais et je peux déjà vous dire que je me suis régalée à la lecture de ce roman noir durant l’âge d’or d’Hollywood.

Mes autres lectures sont toutes anglaises, elles seront donc très bientôt à l’honneur sur ce blog dans le cadre du mois anglais que j’organise avec Lou et Cryssilda.

Ce mois de mai fut l’occasion de retrouver ENFIN les salles de cinéma et voici les films que je suis allée voir :

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Suze, coiffeuse d’une quarantaine d’années, apprend qu’il ne lui reste plus que quelques mois à vivre, voire quelques semaines. Trop de laque et d’aérosols auront eu raison de ses poumons. Suze n’a alors qu’une chose en tête : retrouver l’enfant qu’elle a eu adolescente et que ses parents l’ont forcée à abandonner. C’est en se rendant dans une administration pour retrouver la trace de son fils que Suze va croiser la route d’un cadre supérieur suicidaire. Ce dernier rate son coup et blesse l’un de ses collègues. Il ne lui reste plus qu’à fuir et Suze l’accompagne en espérant qu’il pourra l’aider dans sa quête. Se joint à eux un troisième larron : un archiviste aveugle.

C’est toujours un plaisir de retrouver la fantaisie iconoclaste d’Albert Dupontel. « Adieu les cons » est un film rageur et tendre à la fois. La cavalcade des trois compagnons est un tourbillon, une fuite aux conséquences explosives. Derrière la colère, l’injustice, on trouve beaucoup d’humanité qui s’incarne ici dans des personnages principaux forcément attendrissants. Albert Dupontel, Virginie Efira et Nicolas Marié les interprètent avec beaucoup d’énergie et de justesse. Il ne faut pas oublier les seconds rôles servis par une formidable brochette d’acteurs : Bouli Lanners, Jackie Berroyer, Michel Vuillermoz. J’aurais sans doute aimer plus d’ironie, d’humour noir car c’est ce que Dupontel fait le mieux. Mais il ne faut pas bouder son plaisir, ce film gardera toujours une place particulière dans ma vie de cinéphile puisqu’il marque mon retour dans les salles obscures après sept mois de pause forcée.

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Peter a été élevé par son oncle, aux côtés de son cousin Michael, après le décès de sa sœur. Ses parents n’ont pas réussi à surmonter le choc. En grandissant, Michael a repris les affaires de petit caïd de son père. Peter l’accompagne, il est son homme de main. Lorsque son cousin veut s’attaquer au gang des italiens, Peter tente de le raisonner et de freiner ses pulsions violentes.

Jérémie Guez réalise ici un film noir classique, parfaitement maîtrisé. Le destin de Peter est au centre de « Sons of Philadelphia » . Il est prisonnier de son histoire, de celle que sa famille a choisi pour lui. Il est pris en tenailles entre sa fidélité à ceux avec qui il a grandi et son envie d’ailleurs, de fuite face à la violence. Matthias Schoenaerts prête ses traits à ce personnage entre force et douceur et comme toujours il le fait beaucoup de talent et de sobriété. Joel Kinnaman incarne un Michael inquiétant, glaçant mais pouvant difficilement se passer de son cousin. « Sons of Philadelphia » prend des allures de tragédie familiale d’une implacable noirceur.

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Anthony vit toujours dans son appartement londonien malgré son âge avancé. Il refuse qu’une aide-soignante vienne s’occuper de lui. Il vient d’ailleurs de congédier la dernière en date au désespoir de sa fille Anne qui ne peut pas toujours être présente à ses côtés. Elle s’inquiète d’autant plus de la situation qu’elle souhaite déménager en France où réside son nouveau compagnon.

Le premier long-métrage de Florian Zeller est quasiment un huis-clos et cela est bien naturel puisqu’il s’agit de l’adaptation de l’une de ses pièces de théâtre. Rapidement, de l’étrangeté vient se glisser dans le quotidien d’Anthony. On frôle parfois le fantastique, le cauchemar. Des scènes se répètent, la temporalité se brouille, l’appartement se modifie. Et peu à peu, on comprend ce qui se passe. La réalisation est la matérialisation de la maladie d’Anthony qui est atteint d’Alzheimer. Et c’est ce qui fait la force du film, il nous fait vivre ce que vit cet homme qui est sans cesse désorienté et ne comprend plus ce qui lui arrive. Bien évidemment le film de Florian Zeller doit beaucoup à ses interprètes. La crème des acteurs britanniques se succèdent devant nous : Olivia Williams, Mark Gatiss, Rufus Sewell ou encore Imogen Poots. Et bien-sûr Olivia Colman et Anthony Hopkins, tous les deux sont extraordinaires, parfaits de justesse et de profondeur. La fin de « The father » est totalement poignante.

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Un vieil homme, vivant dans sa ferme de l’Ontario, est accueilli pour quelques jours chez son fils en Californie. Le vieil homme est réactionnaire, perpétuellement mécontent et autoritaire. Sa rage s’abat sans cesse sur son fils, pilote de ligne homosexuel qui vit avec son mari et leur fils. Le père doit passer des examens médicaux, a émis le souhait de se rapprocher de ses enfants pour changer d’avis une fois en Californie. La tension monte entre les deux hommes malgré le stoïcisme et la patience du fils.

« Falling » est le premier film de Viggo Mortensen, qui a décidément tous les talents. Il incarne également le fils dont les choix de vie sont durement critiqués par son père. La narration fait des aller-retour entre le présent et la jeunesse du père. Il nous montre un homme dont la rudesse empêche l’expression des sentiments, de la tendresse (sa femme lui manque désespérément et pourtant il n’a jamais su lui montrer son affection). Il se comporte de la même façon avec son fils et sa fille. Son fils ne peut néanmoins pas l’abandonner au moment où il décline. Les face-à-face entre eux, plein d’amertume et de rancœur, questionnent la virilité, ce que signifie être un homme. Lance Henriksen livre une prestation saisissante dans le rôle du père. Le réalisateur nous a réservé une petite surprise cocasse à l’intérieur de ce film poignant, je vous laisse découvrir le rôle tenu par David Cronenberg dans cette histoire !

 

 

 

Bilan livresque et séries d’avril

Encore beaucoup d’éclectisme dans les neuf livres que j’ai pu lire en avril :

-des retrouvailles avec mon cher Jonathan Coe et un coup de cœur pour son dernier roman « Mr Wilder & me » mais également avec la très talentueuse Maggie O’Farrell qui s’est penchée sur la vie du couple Shakespeare et avec André Aciman qui fait revivre sous sa plume Elio et Oliver dans « Trouve- moi » ;

-la confirmation du talent d’Adeline Dieudonné avec un deuxième roman décapant et réjouissant et celui de la jeune Emma Cline que l’on retrouve avec un court roman « Harvey » ;

-des découvertes avec « Le jeu de la dame » de Walter Tevis qui se révèle être un conteur hors-pair, « Psychiko » de Paul Nirvanas, un drôle de polar sans enquête ; « Tea rooms » de Luisa Carnés qui évoque la condition des ouvrières dans le Madrid des années 30 et « Cosima » de Grazia Deledda, prix Nobel de littérature en 1926, que les éditions Cambourakis ont la bonne idée de rééditer depuis plusieurs années.

Des films et des séries étaient également au programme avec les saisons 2 de :

-« Hippocrate » : Thomas Lilti plonge ses personnages dans une situation de crise, les poussant dans leurs retranchements. Il montre des personnels hospitaliers à bout de souffle en manque de moyens pour travailler sereinement. Les personnages principaux sont faillibles, touchants mais ils s’avèrent toujours aussi solides. Mention spéciale à Bouli Lanners que j’ai eu plaisir à retrouver dans cette saison 2 et qui complète parfaitement le casting de départ.

-« Breeders » : nous retrouvons Paul et Ally et leurs deux enfants qui sont maintenant devenus adolescents. Ils se questionnent toujours autant sur leurs capacités à être de bons parents. Ils sont tendres, souvent maladroits, parfois brusques mais toujours en essayant de bien éduquer leurs enfants. Les épisodes sont courts, hilarants mais ils sont également teintés de mélancolie dû au temps qui passe, aux enfants qui commencent à avoir des secrets pour leurs parents. Une excellente série aux personnages extrêmement attachants.

-« L’aliéniste » : les deux saisons  sont tirées des romans de Caleb Carr qui est également à l’origine de la série. L’aliéniste devra cette fois trouver un meurtrier d’enfants, toujours aidé par Sarah Howard, détective privé et John Moore, journaliste. La saison 2 est encore plus sombre que la première mais le scénario est plus limpide. « L’aliéniste » est un bon thriller historique se déroulant dans le New York de la fin du 19ème siècle, à la reconstitution soignée et aux personnages tourmentés.

La série est adaptée du best-seller de Sally Rooney dont je vous parlais récemment. En douze épisodes d’environ trente minutes, elle reprend de manière très fidèle l’apprentissage amoureux de Marianne et Connell. Comme dans le roman, nous sommes plongés dans l’intimité des personnages. Nous suivons leur évolution, nous sommes confrontés à leurs vacillements, leurs doutes, leurs choix souvent douloureux. Comme chez Sally Rooney, la série montre avec minutie l’état psychologique des personnages. La mise en scène est sobre, pas besoin d’en rajouter lorsque vous avez devant la caméra deux acteurs aussi talentueux. Daisy Edgar-Jones et Paul Mescar sont parfaits, intenses et d’un naturel confondant. Ils sont infiniment touchants et grâce à eux, j’ai trouvé que la série surpassait le roman. Ils incarnent magnifiquement et avec grâce les personnages si singuliers imaginés par Sally Rooney.

 

« Dans les angles morts » est adapté du très brillant roman d’Elizabeth Brundage. George, Catherine Clare et leur petite fille viennent de s’installer à Chosen. Ils ont racheté une ancienne ferme laitière en faillite pour une bouchée de pain. George vient d’obtenir un poste d’enseignant en histoire de l’art à l’université. Après New York, le couple s’installe dans une petite ville rurale. Catherine a du abandonner son travail de restauratrice d’œuvres d’art pour suivre son mari. Elle constate très rapidement que des choses étranges se passent dans leur nouvelle maison. Autant le dire tout de suite, si vous avez lu le roman, vous serez forcément déçus par cette adaptation qui n’a pas la subtilité et la finesse d’Elizabeth Brundage. Pour les autres, je pense que le film se laisse regarder et il pourrait être qualifié de thriller hanté. L’atout principal du film est, me semble-t-il, la prestation de James Norton qui arrive à approcher de l’ambiguïté et de l’égotisme du personnage imaginé par Elizabeth Brundage.  L’ensemble reste tout de même bien sage au vu de la qualité du roman.

Marla Grayson est tutrice professionnelle pour des personnes âgées devenues dépendantes. Elle est désignée par la justice après un avis médical. Les personnes âgées sont alors placées en EHPAD et Marla gère leurs biens. Ce qui signifie qu’elle se précipite pour vendre tout ce qu’elles possèdent et ainsi devenir de plus en plus riche. Son arnaque est bien rodée et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Mais Marla va tomber sur un os. Elle envoie en EHPAD une femme riche qui n’est pas supposée avoir de famille. Et c’est là que ses ennuis vont commencer. « I care a lot » avait beaucoup de qualité pour me plaire. Je trouve l’idée de départ ingénieuse et le film garde une tonalité immorale presque jusqu’à la fin. Ce qui est assez réjouissant. Rosamund Pike est évidemment parfaite dans le rôle de Marla, blonde glaçante au cynisme sans limite. Mais « I care a lot » souffre de nombreuses invraisemblances qi finissent par nuire à l’intérêt que l’on porte au film. Marla va se retrouver confronter à un être extrêmement craint et malfaisant. Il semble être une sorte de parrain mais le moins que l’on puisse dire c’est qu’il choisit mal son personnel (garde-du-corps et tueurs sont totalement incompétents). Et j’ai également trouvé le film un peu long, manquant de rythme pour un thriller. Dommage…

 

Bilan livresque et séries de mars

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De mes neuf lectures de mars, je n’ai pu vous parler pour le moment que de « Fantômes » de Christian Kiefer qui évoque le sort terrible réservé aux nippo-américains pendant la seconde guerre mondiale. Durant le mois écoulé, j’ai enfin découvert la talentueuse Sally Rooney avec son premier roman « Conversations entre amis », la délicatesse d’Isabelle Flaten dans « La folie de ma mère », l’engagement et l’intelligence de Wendy Delorme avec « Viendra le temps du feu », le singulier et militant André Siniavski et son double « André la poisse » et le saisissant « Les Oxenberg et les Bernstein » de Catalin Mihuleac. J’ai poursuivi avec plaisir la saga des Cazalets de Elizabeth Jane Howard avec le troisième tome « Confusion ». Une seule bande-dessinée à mon actif mais pas des moindres : « L’accident de chasse » de D.L. Carlson et L. Blair est un roman graphique dense, au dessin virtuose jouant avec le noir et blanc et fourmillant de détails.

J’ai également envie de vous parler d’un film et de deux séries vus durant ce mois de mars :

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Mado et Nina habitent sur le même palier. Mais c’est dans l’appartement de la première qu’elles vivent leur grande histoire d’amour. Les enfants de Mado ne sont pas au courant et elle rechigne à leur annoncer. Ce qui agace profondément Nina car cela met en péril leur projet de partir vivre en Italie. Lorsque Mado fait un AVC, Nina est exclue de son quotidien. Mais leur amour est trop fort pour que les deux femmes soient séparées.

Le premier film de Filippo Meneghetti est absolument bouleversant. Avec une grande simplicité et beaucoup de tendresse, il nous montre cette relation entre deux femmes d’âge mûr. Deux héroïnes, deux corps qui sont trop peu fréquents à l’écran. La puissance de cet amour passe évidemment par les deux interprètes du film qui sont remarquables. Martine Chevallier n’est que douceur, pudeur et retenue. Alors que Barbara Sukowa est prête à tout pour défendre son amour pour Mado quitte à blesser ceux qui se dressent sur son passage. Lorsqu’elles sont ensemble à l’écran, l’amour sonne comme une évidence. La scène finale où elles dansent ensemble pieds nus est merveilleuse.

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Aine vient de passer quelques temps dans un centre de repos où elle et sa sœur, qui vient la chercher, auraient aimé trouver un mini-bar dans la chambre et un jacuzzi. Cette première scène de la série créée par Aisling Bea (qui interprète Aine) donne immédiatement le ton. Aine n’est qu’humour et dérision. Elle passe son temps à faire des blagues, quitte à faire des flops. Mais derrière cet humour forcené se cache une jeune femme perdue qui a fait une tentative de suicide. Aine veut aller mieux, ne serait-ce que pour rassurer sa soeur, Shona (Sharon Horgan) qui passe son temps à surveiller ses déplacements sur son téléphone. L’une a réussi dans la vie, est bien installée alors que l’autre se cherche encore. Mais c’est bien leur relation qui fait leur force, entre lien indéfectible et agacement. « This way up » évoque « Fleabag » en raison de son héroïne paumée et de la crudité des propos. Mais Aisling Bea a choisi un personnage plus positif, sans cynisme et qui se démène pour sortir de sa dépression. L’ensemble des six épisodes est un régal et oscille entre humour burlesque et tendresse, toujours justes les deux actrices principales sont formidables. Et la bonne nouvelle, c’est qu’il y aura très certainement une deuxième saison.

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Septembre 1981, tandis que Roscoe quitte sa famille qui veut l’envoyer à Lagos pour combattre son homosexualité, Ritchie et Colin débarquent à Londres pour débuter leur vie d’adultes. Le fantasque Ricthie profite à fond des possibilités offertes par la capitale et les bars gay. Il arrête rapidement ses études de droit pour se lancer dans le théâtre. Colin est plus sage, plus posé et il se fait embaucher chez un tailleur. Les trois jeunes gens s’installent en colocation sous l’égide de Jill, une étudiante qui couve et protège ses amis. Cette nouvelle vie insouciante et joyeuse va bientôt être assombrie par des rumeurs concernant une maladie qui toucherait uniquement la communauté homosexuelle.

Russell T. Davies est le scénariste de cette série, on le connaît déjà pour « Queer as folk », la reprise du « Doctor Who en 2003 (un clin d’œil à cette série s’est glissé dans « It’s a sin ») et récemment pour la formidable dystopie « Years and years ». Encore une fois, son talent fait merveille dans cette série de cinq épisodes. Elle est formidablement bien écrite, bien construite et elle nous emporte dès les premières images. Cette bande de jeunes gens est éminemment attachante, on aimerait en faire partie, les accompagner dans leurs débuts dans la vie. Le ton est tour à tour léger, drôle, fiévreux et bouleversant sans être plombant malgré le thème abordé.  « It’s a sin » capte parfaitement les années 80 avec les costumes, la musique mais également l’atmosphère pesante due à la politique conservatrice de la dame de fer. La série souligne bien le mensonge qui régnait à l’époque de l’apparition du virus, la volonté de cacher les morts qui s’accumulent.  On assiste à des scènes terrifiantes. Les malades sont enfermés à double tour dans les hôpitaux, décèdent seuls dans la honte. Les banques se permettent de poser des questions sur la sexualité de leurs clients pour des demandes de prêt. Et la désinformation, la méconnaissance (ou l’envie de ne pas savoir) touchent également la communauté gay qui ne veut pas voir la fête s’achever. Pas de manichéisme, pas de pathos chez Russell T. Davies même si les larmes coulent à flot à certains moments. Le scénariste nous offre à nouveau une grande série, percutante et émouvante qu’il ne faut pas rater.

Bilan livresque et séries de février

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Voilà une belle moisson de romans pour le mois de février, que du très, très bon ! Pour le moment, je ne vous ai parlé que du magnifique roman de L. P. Hartley, « Le messager », de mes retrouvailles réussies avec ce cher Wilkie Collins et de ma découverte d’un jeune auteur québecois Antoine Desjardins. Durant ce mois de février, j’ai eu le grand plaisir de retrouver l’ironie de Patrick deWitt, le charme suranné de la série Eustache et Hilda de L.P. Hartley, le talent de Mika Biermann à évoquer la vie de peintres impressionnistes et celui de Maria Messina à souligner l’amertume de la vie des femmes au début du 20ème siècle en Italie. J’ai également eu deux coups de cœur : « La maison des hollandais » de Ann Patchett dont j’avais déjà adoré le roman précédent et « Borgo vecchio » Giosuè Calciura dont « Le tram de Noël » m’avait beaucoup touché. Enfin, j’ai découvert la très belle plume de Camille Zbaka avec son dernier roman « Ne crains pas l’ombre ni les chiens errants » (le titre annonce déjà la couleur) et le talent de John Wainwright dans le domaine des romans policiers.

Je vous parle de deux séries anglo-saxonnes regardées en février : 

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Les trois saisons de « Mum » nous plonge dans le quotidien de Cathy et de ses proches. Dans le premier épisode, l’héroïne de la série se prépare pour aller à l’enterrement de son mari Dave. Autour d’elle évoluent son fils Jason, grand dadais vivant toujours chez sa mère, sa petite amie Kelly, gentille idiote, son frère Derek qui est prêt à tout pour sa nouvelle (et très snob) petite amie Pauline, ses beaux-parents ronchon et Michael, un vieil ami du couple. Tout ce petit monde va se retrouver dans la maison de Cathy saison après saison, épisode après épisode.  La dernière saison se déroule sur une semaine dans une maison de vacances où tous se retrouvent. Le cœur de la série est la possibilité d’une nouvelle vie amoureuse pour Cathy après la disparition de son mari. Cathy, merveilleusement interprétée par Lesley Manville, est un personnage  d’une incroyable gentillesse (et d’une patience à toutes épreuves face aux nombreuses demandes de ceux qui l’entourent). Elle est le point de repère de ce petit monde, celle qui écoute et qui rassure.

« Mum » a été diffusée de 2016 à 2019 en Grande-Bretagne et a été créée par Stefan Golaszewski (auteur de l’excellente série « Him and her », malheureusement inédite en France). Cette série déborde de positivité, de bienveillance mais les personnages ont également du répondant ! Les dialogues sont bien écrits, drôles et mordants mais également emprunts de tendresse. Et c’est l’exploit de la série de réussir parfaitement à osciller entre humour et émotion sans jamais être mièvre. Au fil des épisodes, les personnages deviennent de plus en plus attachants (même ceux qui sont odieux avec Cathy au début). Mention spéciale au formidable Peter Mullan en homme maladroit, sensible et d’une grande délicatesse dans ses sentiments.

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« Mum » est une série drôle et lumineuse portée par un casting fabuleux avec en tête d’affiche un duo bouleversant : Lesley Manville et Peter Mullan. Une série qui met du baume au cœur et à côté de laquelle il serait dommage de passer.

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Autre série qui fait du bien au moral : la nouvelle version de « All creatures great and small ». Cette série est un classique de la télévision anglo-saxonne et elle avait été diffusée originellement de 1978 à 1990. La nouvelle version comprend six épisodes et comme la première version, elle est tirée des mémoires du vétérinaire James Herriot. Nous suivons donc les aventures d’un jeune vétérinaire écossais qui trouve un poste dans une vallée du Yorshire. Il devient l’assistant de Siegfried Farnon, le vétérinaire local au caractère difficile. Bientôt le jeune frère de Siegfried, Tristan, vient rejoindre le cabinet vétérinaire. Il doit lui aussi rejoindre la profession mais sa vie dissolue lui met quelques bâtons dans les roues.

Il est vraiment très plaisant de voir évoluer les différents personnages qui sont tous extrêmement attachants. La série nous montre le quotidien de James Herriot qui apprend que les maîtres sont souvent aussi importants que les animaux qu’il doit traiter. C’est, par exemple, le cas avec le personnage interprété par Diana Rigg qui gâte et rend malade son petit chien ( ce fût le dernier rôle de l’actrice à l’écran). James Herriot est un beau personnage, passionné par son métier et d’une grande sensibilité. Le casting est l’un des points forts de la série. On y retrouve des acteurs déjà croisés ailleurs comme le formidable Samuel West, le facétieux Callum Woodhouse et je découvre le talentueux Nicolas Ralph dans le rôle titre. Comme « Mum », la série réussit l’équilibre parfait entre humour et émotion. Et que dire des paysages du Yorkshire ? Ils sont magnifiquement filmés et donnent envie de vivre là-bas !

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« All creatures great and small » est une série attachante au casting réjouissant et au décor splendide.

Bilan 2020

Voilà une drôle d’année qui s’achève et, à l’heure où je vous écris, les cinémas, les théâtres et les salles de concert n’ont toujours pas de date de réouverture. Durant cette année, j’ai lu 129 livres dont 10 bande-dessinées dont voici mes coups de cœur :

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1- En tête de mon classement, « Étés anglais » et « A rude épreuve » de Elizabeth Jane Howard qui sont les deux premiers volumes de la saga familiale consacrée à la famille Cazalet. La plume est élégante, les personnages attachants et leur psychologie approfondie. Un projet ambitieux qui tient toutes ses promesses et dont j’ai hâte de découvrir le volume suivant.

2- « La maison dans l’impasse » de Maria Messina qui montre l’enfermement physique et mental de femmes siciliennes dans les années 1900. Un roman remarquablement écrit et percutant.

3- « Fille, femme, autre » de Bernardine Evaristo qui dresse le portrait de douze femmes noires dans l’Angleterre d’aujourd’hui. Ambitieux, foisonnant, ce roman est également audacieux dans sa forme.

4- « Le cœur de l’Angleterre » de Jonathan Coe que j’ai toujours grand plaisir à retrouver et qui retrouve ici sa veine politique. En reprenant les personnages de « Bienvenue au club » et « Du cercle fermé », il continue à analyser son pays, ici post-Brexit et c’est là qu’il est le plus brillant, le plus incisif.

5- « Vie de Gérard Fulmard » de Jean Echenoz, l’un de mes écrivains préférés nous a livré cette année un roman réjouissant, drôle et toujours dans une langue épurée et d’une précision redoutable. 

2020 fut également l’occasion de découvrir de nouvelles plumes que je vais suivre à l’avenir avec grande attention : « Le dit du mistral » d’Olivier Mak-Bouchard, « Le chien noir » de Lucie Baratte, « Ohio » de Stephen Markley et « Je suis la bête » d’Andrea Donaera. Quatre romans fort différents mais pour lesquels j’ai eu un véritable coup de cœur.

Mon année 2020 fut également marqué par Émile Zola. J’ai achevé la lecture de l’ensemble des volumes des Rougon-Macquart avec des découvertes magnifiques comme « La conquête de Plassans », des confirmations comme « L’assommoir » qui reste le meilleur de cette série ou des déceptions comme « Au bonheur des dames » qui m’a malheureusement ennuyée alors qu’il m’avait laissé un bon souvenir. Et puis, il y a « La faute de l’abbé Mouret » qui est hors-classement tellement je le déteste et le considère comme totalement raté.  J’ai complété les Rougon-Macquart avec deux BD : « Les Zola » de Méliane Marcaggi et Alice Chemana qui met en lumière les femmes qui ont entourées l’écrivain, « L’affaire Zola » de Jean-Charles Chapuzet, Christophe Girard et Vincent Gravé qui revient sur l’affaire Dreyfuss et émet l’hypothèse de l’assassinat de Zola. Cette thèse était également défendue dans le formidable roman de Jean-Paul Delfino intitulé « Assassins ! ». Je n’ai pas pu vous en parler ici mais il rend parfaitement compte du contexte politique et social de l’époque. Enfin, quand nous pouvions encore nous rendre au théâtre, j’ai eu le plaisir de voir « Madame Zola » au théâtre Montparnasse qui rendait un bel hommage à Alexandrine Zola avec une Catherine Arditi absolument extraordinaire dans ce rôle.

Enfin, je voulais à nouveau vous conseiller le formidable « Honoré et moi » de Titiou Lecocq qui fut une lecture enthousiasmante au ton enlevé, drôle mais également plein d’empathie pour Honoré de Balzac.

Malgré le peu de films vus cette année (à mon grand désarroi), voici mon top cinq qui comportent plusieurs comédies pour nous remonter le moral :

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1- « Un divan à Tunis » de Manele Labidi est une comédie pétillante sur une jeune psychanalyste qui décide d’installer son cabinet à Tunis après avoir été formée en France. Le film nous offre une formidable galerie de personnages et une lumineuse Golshifteh Farahani qui vaut à elle seule le visionnage de ce film.

2- « Tout simplement noir » de Jean-Pascal Zadi qui est faux documentaire, une vraie farce mais également un état des lieux de la visibilité des noirs en France. Le constat est loin d’être réjouissant.

3- « Effacer l’historique » de Gustave Kervern et Benoit Delépine où le duo décapant montre l’absurdité de notre monde connecté.

4- « Michel Ange » de Andreï Kontchalovski qui montre la réalité de la vie de ce génie au caractère terrible, tourmenté et complexe. J’ai beaucoup apprécié la reconstitution non édulcorée de la vie à la Renaissance et la prestation de Alberto Testone.

5- « Felicità » de Bruno Merle qui m’a fait penser à « Little miss Sunshine » pour l’humour et la famille dysfonctionnelle. Pio Marmai fait encore une fois merveille de ce rôle de père décalé, sans cesse en mouvement et en marge de la société.

2021 débute à peine et je ne peux qu’espérer que cette nouvelle année me permettra de retrouver rapidement le chemin des salles obscures.

 

Bilan livresque et séries de novembre

Novembre

De l’éclectisme en ce mois de novembre avec onze livres forts différents et une bande-dessinée inspirée du spectacle de Alexis Michalik sur l’écriture de « Cyrano de Bergerac ». J’ai déjà eu l’occasion de vous parler du formidable diptyque de Deborah Levy : « Ce que je ne veux pas savoir » » et Le coût de la vie « et de « Promo 49 » qui m’a permis de découvrir la plume de Don Carpenter. Je vous parle très bientôt de l’ensorcelant premier roman adulte de Kiran Millwood Hargrave « Les graciées », de l’excellent deuxième roman de Laurine Roux « Le sanctuaire », du percutant premier roman de Fatima Dass « La petite dernière », du premier volet des filles du siècle de Marie Desplechin et du très réussi roman-enquête de David Le Bailly sur Frédéric Rimbaud.  Deux romans m’ont déçue : « Les belles années de mademoiselle Brodie » de Muriel Spark qui m’a ennuyée et « La maison faite d’aube » de N Scott Momaday dans lequel je n’ai pas réussi à rentrer.

Les cinémas étant fermés, je vais vous parler de trois séries que j’ai visionnées pendant le confinement :

the-virtues

Joseph est ouvrier dans le BTP, il travaille dur et ne fait pas de vagues. Mais lorsque son ex-femme, avec qui il s’entend bien, part s’installer en Australie avec leur fils, Joseph replonge dans les démons de l’alcool. Pour s’en sortir, il décide de retrouver sa sœur, Anna, en Irlande. Orphelins, Anna et Joseph furent séparés durant leur enfance et ils ne sont pas revus depuis.

The virtues est une mini-série de quatre épisodes qui émeut et bouleverse. Elle a été créée par Shane Meadows qui était déjà l’auteur brillant de « This is England » (le film et la série). On retrouve ici son réalisme à la Ken Loach, certaines scènes sont d’ailleurs improvisées (comme celle des retrouvailles entre le frère et la sœur qui est déchirante). Shane Meadows suit la trajectoire de Joseph, celle d’un homme qui doit régler un trauma profond qui le hante depuis son enfance. Un autre personnage va également devoir régler ses comptes avec son passé : Dinah, la belle-sœur d’Anna. Les deux personnages sont blessés, cabossés, victimes d’une société irlandaise corsetée, moralisatrice.

Pas de pathos excessif, pas de tire-larmes facile, l’émotion nous saisit grâce à la sincérité, à la force des acteurs. Stephen Graham, qui jouait déjà dans « This is England », est absolument saisissant, sa performance est exceptionnelle. Et il est extrêmement bien entouré, le reste du casting est éblouissant. « The virtues » a obtenu en 2019 le grand prix de Séries Mania et Stephen Graham a obtenu le prix d’interprétation. Il était donc temps que nous la découvrions et l’on peut remercier Arte de nous la proposer.

Cette série est à voir absolument, pour son intrigue, pour ses acteurs, pour son réalisme brut, pour ses personnages à l’humanité vacillante mais qui continuent à chercher une lueur d’espoir. Une très, très grande série.

Inside_No_9

Des adultes qui jouent à un étrange jeu nommé les sardines, des cambrioleurs maladroits, des voyageurs dans un train de nuit, des chasseurs de sorcière au 17ème siècle, des amis se retrouvant au restaurant, qu’ont tous ces personnages en commun ? Le n°9 qui est celui d’une maison, d’un appartement, d’un wagon selon la situation.

« Inside n°9 » est une anthologie lancée en 2014 par la BBC dont il existe cinq saisons (quatre sont disponibles sur la plateforme d’Arte qui nous gâte en séries anglaises). Chaque épisode dure environ 30 mn et nous propose un huis-clos dans des lieux et des époques différentes. Les comédiens Steve Pemberton et Reece Shearsmith en sont les créateurs et les acteurs. Chaque épisode est une histoire en soi et la caractéristique de la série est la surprise finale. Les intrigues se terminent par un twist, un renversement qui les conclue et nous surprend immanquablement. Pour autant, les auteurs ne créent pas du sensationnel pour épater les spectateurs, chaque fin est parfaitement cohérente avec le reste de l’histoire. Les deux auteurs font preuve d’une inventivité remarquable au travers de cette série. Le ton tourne souvent à l’humour noir, à l’ironie grinçante et parfois au drame. Les épisodes se dégustent, il faut savourer l’humour noir so british de Steve Pemberton et Reece Shearsmith.

Fargo_season_4

1950, Kansas City, deux communautés s’affrontent : celle de Loy Cannon et celle de Justo Fadda. Après une tentative de paix, le clan des  Afro-américains et celui les italiens vont se battre pour contrôler un territoire et son économie souterraine.

Comme toujours dans Fargo, un engrenage criminel complexe se met en branle et met en scène une galerie de personnages hauts en couleur. Ici, nous faisons la connaissance de Ethelrida Pearl Smutny, jeune femme brillante dont le père est croque-mort, de Oraetta Mayflower une infirmière adepte de l’euthanasie, de Gaetano Fadda sorte d’ogre ultra-violent, de Odis Well policier bourré de TOC, etc… Tout ce beau monde va se croiser dans une intrigue endiablée et rythmée. Cette dernière sera émaillée de violence, les morts sont plus nombreux que dans les saisons précédentes. L’histoire est ample avec plusieurs lignes narratives et parle de la haine contre les immigrants, quelque soit leur origine.

L’une des grandes forces de « Fargo » est son casting et c’est encore le cas cette année avec Jason Schwartzman, Chris Rock, Andrew Bird (le chanteur), Jessie Buckley ou encore Ben Wishaw. Chacun est absolument parfait dans son rôle, chaque performance est un régal. Peut-être y-a-t-il un peu trop de personnages, il faut se laisser un peu de temps pour tous les assimiler.

Comme toujours, « Fargo » est une série réjouissante à suivre, l’intrigue est efficace et le casting bluffant.

 

Bilan livresque et cinéma d’octobre

Octobre

Voilà un mois d’octobre bien rempli avec sept livres, deux recueils de poésie et trois BD. J’ai déjà eu l’occasion de vous parler du drôlatique « Les pantoufles » de Luc-Michel Fouassier, des percutants recueils de poésie de Lisette Lombé et Suzanne Ruault-Balet, de la très émouvante autobiographie de Kerry Hudson et de l’adaptation BD du roman de Malika Ferdjoukh « Sombres citrouilles » par Nicolas Pitz.

Durant ce mois d’octobre, j’ai eu le grand plaisir de lire le 2ème volume de la saga que Elizabeth Jane Howard a consacré à la famille Cazalet, j’ai également retrouvé la plume caustique de Fabrice Caro et celle, étonnante, d’Emmanuel Régniez (même si Madame Jules m’a quelque peu déçue). J’ai enfin pu lire « Fille, femme, autre » de Bernardine Evaristo que je souhaitais lire depuis son obtention du Booker Prize et le livre s’est révélé à la hauteur de mes attentes. Ce qui n’a pas été le cas de « Ce lien entre nous » de David Joy dont l’intrigue n’est malheureusement pas aussi palpitante que ce que j’espérais. Je vous reparle également très vite de « Géante » de Jean-Christophe Deveney et Nuria Talarit qui m’a enchantée.

Quatre films seulement à mon compteur d’octobre :

Michel_Ange

Michel-Ange vient d’achever la chapelle Sixtine et il est exténué. Pourtant, un autre projet gigantesque l’attend, celui du tombeau du pape Jules II qui comprend un très grand nombre de sculptures. Lorsque le pape meurt, c’est un Médicis, Léon X, qui prend sa place. Voulant balayer la famille de Jules II, les della Rovere, Léon X refuse que Michel-Ange finisse le somptueux tombeau. Il lui demande même de se consacrer à un autre chantier, celui de la façade de San Lorenzo à Florence.

Le film de Andreï Kontchalovski est un remarquable portrait du sculpteur, peintre et poète de la Renaissance. Il est extrêmement précis, détaillé et l’on sent que le réalisateur s’est largement documenté. Le film montre la réalité de la vie ce génie au caractère terrible, tourmenté et complexe. L’excellent choix du réalisateur est de ne pas montrer Michel-Ange au travail. Il montre ses relations avec ses commanditaires (et son déchirement lorsqu’il doit trahir la mémoire de Jules II), sa cupidité, son travail dans les carrières de marbre, son émotion face à la beauté. Michel-Ange n’est pas un personnage sympathique, il peut être tyrannique, colérique mais le réalisateur nous le montre habité. J’ai également beaucoup apprécié la reconstitution de la vie de l’époque, les ruelles étroites, sales, boueuse et très certainement puantes. C’est une vision réaliste de cette époque que nous offre Andreï Kontchalovski. Le film est un peu trop long mais je trouve que ce portrait sonne juste tout comme l’acteur principal Alberto Testone.

  • « Josep » de Aurel : Février 1939, Barcelone tombe aux mains de Franco et cinq cent mille réfugiés arrivent en France. Ceux-ci sont enfermés dans des camps où ils sont maltraités, affamés et brutalisés. Parmi eux se trouve Josep Bartoli (1910-1995), dessinateur et communiste. Durant son séjour en France, Josep dessine sans relâche le quotidien des camps. Cette sombre histoire est racontée par un ancien gendarme, sur son lit de mort, à son petit fils. La rencontre avec Josep va bouleverser la vie de ce gendarme. Aurel rend un très bel hommage à Bartoli et à la force de ses dessins. Son film embrasse l’ensemble de sa vie, des camps français à un immeuble de New York en passant par le Mexique. Bartoli y croise la route de Frida Kahlo qui sera sa maîtresse. L’humanité, le courage sont au cœur de ce film et ils sont servis par le somptueux coup de crayon d’Aurel.
  • « Drunk » de Thomas Vinterberg : Des amis enseignants, quadragénaires, décident de mettre en pratique la théorie d’un psychologue norvégien selon laquelle chaque homme manquerait de 0,5 gr d’alcool dans le sang. Les quatre hommes se mettent donc à boire méthodiquement en vérifiant leur taux d’alcool dans le sang. Évidemment, les débuts se passent bien ; nos quatre amis se sentent pousser des ailes et un regain d’énergie les gagne. La première partie du film est extrêmement joyeuse, hédoniste, les quatre enseignants se libèrent totalement. On s’amuse à les voir trouver des solutions pour cacher leurs bouteilles, boire pendant les cours. On se doute que l’éphorie sera éphémère mais Thomas Vinterberg ne tombe jamais dans un ton moralisateur. Il scrute comme toujours les travers de la société et l’alcool est le signe d’une société où l’échec est impossible (on le comprend bien avec un élève qui repasse son bac). Le film s’achève sur une formidable scène de fête après les résultats du bac où Mads Mikkelsen, parfait comme toujours, nous régale avec une chorégraphie acrobatique.
  • « Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary » de Rémi Chayé : 1863, la famille de Martha Jane se trouve dans un convoi en direction de l’Oregon. La mère est morte, il ne reste que le père et ses trois enfants. La famille est pauvre et elle est mal vue des autres. Souvent moquée, Martha Jane ne se laisse pas faire. Et quand son père se blesse, elle apprend à conduire le chariot. Martha Jane ne veut pas être cantonnée au rôle réservé aux femmes et aux filles. Et c’est sans doute pour cela que lorsqu’un vol arrive, elle est immédiatement accusée par la communauté. Elle quitte donc le convoi pour prouver son innocence. On sait peu de choses sur l’enfance de la Calamity Jane et Rémi Chayé en fait une enfant intrépide, insolente, courageuse et libre. Ce récit initiatique, qui transforme Martha en Calamity, est enthousiasmant, elle croise des personnages aussi fantasques qu’elle et qui l’aident à s’émanciper. Rémi Chayé magnifie les paysages américains avec des couleurs chatoyantes. Un vrai plaisir pour petits et grands.