
Pénélope Wallace vient d’une famille d’aristocrates anglais malheureusement désargentés. Elle vit avec sa mère, la superbe Tabitha qui se lamente sur leurs problèmes financiers, et son frère Inigo, qui rêve de devenir chanteur et n’écoute que de la musique américaine. La demeure familiale, Milton Magna Hall, est splendide et imposante mais elle a beaucoup souffert pendant la guerre. L’armée s’y était installée et a causé des dégâts que les Wallace tentent de réparer en vendant divers objets d’art et mobilier. La vie de Pénélope va basculer en novembre 1954 lorsqu’elle rencontrera de Charlotte Ferris à un arrêt d’autobus. La charmante inconnue va entraîner notre héroïne dans un taxi pour aller prendre le thé chez sa tante Clare. Pénélope y fait également la connaissance de Harry, le cousin de Charlotte, qui rêve de devenir magicien. Les bals, les diners mondains vont alors s’enchainer pour les trois amis devenus inséparables.
« L’amour comme par hasard » est un roman léger, pétillant comme une bulle de champagne qui coule à flot dans les réceptions où se rend Pénélope. Même si le contexte de la guerre est très présent (le rationnement prend seulement fin, les dégâts matériels), la jeunesse anglaise semble vouloir s’amuser pour mieux oublier cette période difficile. Les Teddy boys dictent la mode, tandis que la bonne musique vient forcément d’Amérique (Elvis fait ses débuts et la grande star du moment est Johnnie Ray). Tout est forcément plus glamour de l’autre côté de l’Atlantique !
Ce roman d’apprentissage m’a fait penser à d’autres romans : « La poursuite de l’amour » de Nancy Mitford pour l’élégance des tenues et le champagne, « I capture the castle » de Dodie Smith pour la famille excentrique et la demeure décrépite et « Rebecca » de Daphné du Maurier car Milton Magna Hall joue un rôle essentiel dans l’intrigue. D’excellentes références donc pour ce roman !
Malgré quelques longueurs, « L’amour comme par hasard » (en vo « The lost art of keeping secret » ce qui est beaucoup plus joli) est un roman plein de charme, lumineux et dont les personnages fantasques sont très attachants.
Traduction Martine Leroy-Battistelli