
Rome, février 1944, la ville est toujours occupée par les troupes de Paul Hauptmann, chef de la Gestapo. Les alliés ont débarqué à quelques kilomètres de là et ils commencent à bombarder Rome. Leur progression est néanmoins lente. Le groupe de résistants du père Hugh O’Flaherty opère toujours depuis le Vatican en se faisant passer pour une chorale. Mais le Chœur commence à se disperser : Enzo Angelucci est retourné auprès de sa famille, Delia Kiernan et sa fille Blon ont rejoint l’ambassade d’Irlande. Les autres membres s’entassent au Vatican et les opérations, nommées Redimenti, se révèlent de plus en plus dangereuses. Hauptmann, voyant l’arrivée des alliés, devient de plus en plus féroce. Il réquisitionne le palais de la Contessa Giovanna Landini, proche de Hugh O’Flaherty et nargue le peuple romain.
« Les fantômes de Rome » est le deuxième volet de la trilogie de Joseph O’Connor consacrée à ce groupe de résistants qui a œuvré au sauvetage et à l’évasion de fugitifs, de prisonniers et de juifs. Nous avions laissé le Chœur en décembre 1943 après un Redimento périlleux et nous les retrouvons ici, le jour du mercredi des Cendres, à un moment de fragilité. Joseph O’Connor choisit cette fois de mettre en lumière Giovanna Landini, une aristocrate qui n’hésite pas à s’enfuir par les égouts, à patauger dans la boue ou à se déguiser en homme. Pour le lecteur, c’est un réel plaisir de retrouver les personnages de « Dans la maison de mon père » qui viennent tous de milieux très différents mais qui font preuve d’un courage et d’une générosité exemplaires.
Outre cette formidable galerie de personnages, j’ai retrouvé dans ce tome ce qui faisait la force du premier : un récit haletant qui s’accélère dans les derniers chapitres, une construction maîtrisée qui fait des aller-retours entre 1944 et les années 60 au travers de mémoires et d’interviews des membres du chœur. Et puis, il y a Rome, celle des ruelles étroites, des passages secrets dans les palazzi, des tunnels, des ruines et des cimetières où les fugitifs peuvent trouver refuges. L’âme de la ville, de ses habitants qui jettent des briques sur les soldats allemands, est parfaitement rendue par Joseph O’Connor.
Comme dans « Dans la maison de mon père », « Les fantômes de Rome » est un roman addictif qui nous fait sans cesse craindre le pire pour ses personnages si plein de bravoure et d’audace. Vivement la suite !
Traduction Carine Chichereau