
France, 2050, alors que les canicules se multiplient, la société Dolomont décide de s’approprier un iceberg pour le déplacer du pôle au Maroc. Là-bas, l’eau douce sera revendue à un prix exorbitant. Samira, une jeune juriste, cherche une faille pour faire chuter l’empire créé par Erik Dolomont. Pour ce faire, elle a fondé le cabinet Axolotl, spécialisé dans l’eau, avec une avocate. La défense de l’environnement ne semble pourtant pas être la seule chose qui anime Samira dans son combat contre Dolomont. Son acharnement, son envie de vengeance remontent à plus loin, aux années 2040 au Maroc.
Je découvre Rémi David avec son dernier roman que j’ai dévoré. Sa dystopie nous transporte de 2040 à 2060, en France, au Maroc et en Suède à la suite de Samira. La question climatique ouvre le roman avec le déplacement de l’iceberg dans un monde qui suffoque. A qui appartient la nature ? La loi n’a pas de réponse à cette question et Dolomont profite de ce vide juridique. L’auteur nous rappelle que cette interrogation ne tient pas de la science-fiction puisque certains états ont déjà tenté d’y répondre (par exemple, la Nouvelle Zélande qui a accordé la personnalité juridique à la rivière Whanganui en 2017).
Le roman ne s’arrête d’ailleurs pas à cette thématique et nous montre un monde rongé par l’ultralibéralisme : privatisation de l’hôpital, des transports, des prisons, de la police, de l’université, etc… La migration climatique a débuté et les conditions pour rejoindre les pays européens sont ignobles et terrifiantes. Le monde de Dolomont est celui de l’argent roi qui donne tous les droits et tous les pouvoirs. Comme souvent dans les dystopies, la société inventée par Rémi David n’est qu’un reflet accentué de la nôtre.
Magnifiquement écrit, « Prélude à la goutte d’eau » est un roman haletant qui aborde de nombreux sujets et qui a été une très belle découverte.