
Roger Brown est un chasseur de têtes, le meilleur de toute la Norvège, celui qui cerne au plus près les personnages qu’il interviewe grâce aux méthodes du FBI. Roger est connu et reconnu par sa profession et par les entreprises : « Mais le type qui venait de me saluer savait que j’étais Roger Brown, le chasseur de têtes qui n’a jamais présenté un candidat à un poste qu’il n’a pas eu ; qui au besoin manipule, force, casse et défonce pour faire passer le candidat. Ses clients comptent aveuglément sur ses capacités d’appréciation, mettent sans hésiter le destin de leur compagnie entre ses mains – et rien que les siennes. »
Mais Roger a un talon d’Achille : sa femme Diana. Il en est fou amoureux, ne comprend pas qu’une si belle femme puisse rester avec lui. Il est prêt à tout pour elle… enfin presque puisqu’il refuse de lui faire un enfant. « La vérité, c’était que, même si nous étions deux personnes dans 320 m2 ruineux, il n’y avait pas de place pour un enfant. C’est-à-dire pas la place pour un enfant et moi. Car je connaissais Diana. Contrairement à moi, elle était monogame jusqu’à la perversion. J’aurais haï cet enfant dès le premier jour. Alors au lieu de cela, je lui avais offert un nouveau départ. Une demeure. Et une galerie. » Le prêt immobilier représente une fortune, la galerie ne vend pas assez. Roger n’a trouvé qu’une solution pour remédier à ses problèmes d’argent : cambrioler les candidats qu’il auditionne, dérober leurs oeuvres d’art pour les revendre. Le business de Roger fonctionne bien, jusqu’à ce qu’il rencontre Clas Greve qui lui parle de la fameuse « Chasse au sanglier de Calydon » de Rubens. A partir de ce moment, la vie de Roger Brown va se transformer en cauchemar.
Le dernier roman de Jo Nesbo est le premier que je lisais de cet auteur nordique. Nesbo laisse son personnage récurrent, Harry Hole, pour plonger dans le monde de l’entreprise où l’on est prêt à tout pour obtenir un poste intéressant. Ce roman m’a beaucoup fait penser (et c’est un immense compliment) au « Couperet » de Donald Westlake. On y retrouve cette cruauté, ce cynisme du monde du travail et les deux auteurs font preuve d’un humour cinglant. Roger Brown n’a que peu de considération pour ses contemporains, c’est un homme d’un égoïsme sans limite.
Jo Nesbo orchestre avec « Chasseurs de têtes » une palpitante chasse à l’homme. Jusqu’au bout le lecteur doit rester sur ses gardes car les rebondissements guettent à chaque coin de page. Jo Nesbo sait surprendre et ménager ses effets, la lectrice que je suis en est ressortie conquise.
Un grand merci à Babelio et à son opération Masse critique qui sont à l’origine de cette lecture.







