Le bon larron de Hannah Tinti

larron

Ren est un orphelin de douze ans. Bébé, il a été déposé chez les frères de Saint-Anthony. La vie y est stricte et ascétique mais des liens se créent entre les enfants. Ren veille sur des jumeaux, ses voisins de dortoir. Parfois, des fermiers ou des familles viennent chercher un enfant. Ceux qui ne sont pas choisis, sont envoyés à l’armée. Ren et les jumeaux n’ont aucune chance d’être choisis, le premier parce qu’il est manchot et les seconds parce que cela fait deux bouches à nourrir. Et pourtant, un jour, un homme répondant au nom de Benjamin Nab vient chercher Ren. L’enfant serait son frère qu’il aurait perdu de vue après l’assassinat de leurs parents par des Indiens. Benjamin entraîne Ren dans ses petites escroqueries, ses magouilles peu rentables. A travers la Nouvelle Angleterre, Ren partage la vie de personnages surprenants et improbables sans perdre de vue la quête de sa véritable identité.

Hannah Tinti nous emmène dans l’Amérique du 19ème siècle mais c’est bien à Charles Dickens que l’on pense à la lecture de ce roman. Ren est un orphelin comme Oliver Twist, David Copperfield ou Pip. Il est débrouillard et voleur. L’intrigue, qui le voit évoluer, est pleine de rebondissements, de coïncidences. La galerie de personnages créée par Hannah Tinti est également très dickensienne puisque Ren aura affaire à un colosse ressuscité, un nain habitant sur un toit, des jeunes filles chipies et gloutonnes travaillant à l’usine, des pilleurs de tombe, une logeuse sourde. L’atmosphère se noie également dans la brume, les fumées d’usines, les ruelles sont étroites et lugubres.

Cet hommage à la littérature du 19ème siècle est une totale réussite. Le roman est plein d’énergie, de rythme et les personnages sont bien construits et savoureux. Hannah Tinti, dont c’est le premier roman, a un grand sens de la narration. Une fois commencé, il est bien difficile de lâcher « Le bon larron ». Un plaisir littéraire qui réchauffe l’hiver !

challenge US