Les hommes qui n'aimaient pas les femmes de Stieg Larsson

Un vieil homme de 82 ans reçoit tous les ans pour son anniversaire une fleur qui semble lui rappeler un évènement douloureux. Le début de « Les hommes qui n’aimaient pas les femmes » est très mystérieux, il attise notre curiosité d’autant plus que nous ne retrouverons le vieil homme que beaucoup plus tard dans le roman. Entre temps, l’auteur nous présente les personnages principaux : Mikaël Blomkvist, journaliste économique et Lisbeth Salander, hackeuse travaillant pour une société de sécurité. Ces deux-là mettent également un certain temps à se rencontrer et à travailler ensemble. Stieg Larsson a l’art de prolonger son entrée en matière sans ennuyer son lecteur.

Mikaël Blomkvist a fondé un journal économique « Millenium » (qui donne son titre à la trilogie) et est en mauvaise posture. Il a écrit un article contre un industriel qui s’est retourné contre lui. Le tribunal condamne Blomkvist qui ne veut pas donner ses sources. Notre journaliste intègre quitte la rédaction de Millenium mais se voit offrir un travail très particulier. Notre vieil homme du début se nomme Henrik Vanger et il souhaite engager Blomkvist pour découvrir ce qu’il est arrivé à sa nièce Harriet disparue dans les années 60. Celle-ci a en effet disparu un jour de fête et Henrik est persuadé qu’elle a été assassinée par un membre de la famille. Blomkvist accepte pour s’éloigner de ses problèmes et aussi parce que Henrik Vanger doit l’aider à prendre sa revanche contre l’industriel véreux. Blomkvist reprend l’enquête sans grande conviction au départ, il relit tous les documents collectés par Henrik durant toutes ces années. Il fait également connaissance avec les autres membres de la famille Vanger qui sont pour le moins étranges à tendance extrême droite.

Mikaël Blomkvist réussit néanmoins à trouver de nouveaux indices et fait appel à Lisbeth Salander pour l’épauler. Cette dernière est spécialisée dans les enquêtes pointues sur des personnes et elle avait été engagée par Henrik Vanger pour en faire une sur Mikaël Blomkvist. Lisbeth est une personne asociale, maigre, tatouée, toujours en noire, sous tutelle et sous la menace d’un enfermement. Mais elle est aussi un génie de l’informatique capable de pénétrer dans n’importe qu’elle disque dur.

Notre duo atypique va mener l’enquête jusqu’au bout et va découvrir un monde d’une perversion et d’une noirceur inouïes.

« Les hommes qui n’aimaient pas les femmes » est le premier tome de la trilogie Millenium écrite par le suédois Stieg Larsson. Le duo Salander/Blomkvist devait connaître d’autres aventures mais Larsson est décédé après avoir remis ses manuscrits à son éditeur. Il n’aura malheureusement pas connu le succès mondial de ses livres. Les éditions Actes Sud, qui les publient en France, ont même créé une collection spécifiquement pour cela : Actes Noirs. Les raisons du succès sont compréhensibles. L’écriture de Larsson est d’une grande simplicité, pas de fioritures inutiles, pas de tournures alambiquées, il va droit au but. Stieg Larsson est également très réaliste grâce à des descriptions précises et très fournies. Il nous ancre très clairement dans le quotidien de nos héros. Il agit de même avec les personnages, aucun n’est laissé de côté. Ils sont tous l’objet de descriptions fouillées aussi bien physiques que psychologiques qui nous les rendent proches.

Le roman est aussi fortement suédois : les problèmes de l’extrême droite (Larsson était rédacteur en chef d’une revue luttant contre l’extrême droite), l’assassinat du 1er ministre Olof Palme et Fifi Brindacier. Fifi reste le personnage préféré des suédois, elle a des qualités surhumaines et prône la désobéissance à l’instar de Lisbeth. Mikaël Blomkvist est surnommé Super Blomkvist qui est un autre personnage de Fifi, un gamin détective.

Les presque six cent pages de « Les hommes qui n’aimaient pas les femmes » se lisent d’un trait, on est happé par l’intrigue et on a hâte de retrouver Salander et Blomkvist dans le tome 2.

3 réflexions sur “Les hommes qui n'aimaient pas les femmes de Stieg Larsson

  1. Lu lors de sa parution il y a plus d’un an. Début un peu lent et après c’est le bonheur. On décroche pas une seconde. Les personnages sont bien cernées. Le personnage de Lisbeth, « hackeuse » de premier ordre est sensationnel. J’espère que vous avez lu les 2 autres tomes.

  2. J’ai bien aimé cet ancrage & références suédoises, loin de l’image de ABBA et IKEA, plus noir, plus brut de décoffrage.
    Entièrement d’accord avec le commentaire précédent quant à Lisbeth, je suis devenue raide dingue de ce personnage et je sens que je vais me jeter sur le tome 2 et avaler ces 600 pages comme de rien.
    x

  3. @Dasola : J’ai lu les deux autres tomes et je me suis faite piéger aussi !

    @Amélie : Lisbeth est vraiment la réussite de cette trilogie, elle s’attache vraiment à elle malgré son caractère compliqué ! La trilogie se lit toute seule, sache que si tu entames le 2ème tome il te faudra lire le 3ème tout de suite. Le début du 3ème tome s’ouvre à l’endroit même où nous laissons les personnages à la fin du 2ème.

Répondre à plaisirsacultiver Annuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.