Père d’Elizabeth Von Arnim

Pere

A la mort de sa mère, Jennifer Dodge a promis qu’elle n’abandonnerait jamais son père. Elle devient donc sa secrétaire, il est écrivain, et son souffre-douleur. Pendant douze ans, Jen va se dévouer à ce tyran domestique et vivre une vie morne et sans joie. A 65 ans, Père apprend à sa fille qu’il vient de se marier avec une jeune femme. Remise de sa surprise, Jen envisage son avenir avec espoir, son père n’aura plus besoin d’elle. « La liberté, la liberté de sa personne, le droit d’être seule, voilà ce à quoi elle aspirait et qui lui était miraculeusement donné, la possibilité d’agir avec naturel, d’arranger les choses comme elle l’entendait, de décider (cela semblait un détail, mais faisait elle en était sûre, toute la différence entre vivre et s’étioler) ce qu’on ferait ensuite. » Mais Père n’a pas l’intention de la laisser partir. Durant sa lune de miel, Jen va devoir préparer sa fuite.

« Père » d’Elizabeth Von Arnim est un roman plein de charme, de légèreté et d’humour. De nombreuses scènes sont très cocasses, basées sur des malentendus, des situations incongrues. Le talent d’Elizabeth Von Arnim fait merveille dans ces moments comiques qui rendent la lecture particulièrement agréable et plaisante.

Mais le ton amusant et optimiste du roman n’empêche pas l’autrice de nous montrer la réalité des femmes célibataires dans les années 30. En raison de la première guerre mondiale, on image que les jeunes femmes avaient peu de prétendants et que les vieilles filles devaient être nombreuses. Leur situation financière était bien entendu compliquée. Jen n’a que cent livres de rente annuelle grâce à sa mère. Elle est un peu inexpérimentée et la faible somme ne semble pas l’inquiéter outre mesure. Alice, la sœur du pasteur du village où Jen va louer un cottage, est un personnage détestable et odieux avec son frère. Elle veut à tout prix qu’il reste célibataire car elle dépend totalement de lui économiquement. Alice est prisonnière de son frère comme Jen l’est de son père et leur position de célibataire les affaiblit. L’argent reste  le nerf de la guerre lorsque l’on veut conquérir sa liberté. Et Jen n’en apparait que plus courageuse dans sa volonté d’enfin prendre son destin en main, de vivre seule pour la première fois de sa vie.

Je me suis régalée à la lecture « Père », l’ironie, les charmantes descriptions de la campagne anglaise, les personnages bien incarnés et attachants en font un roman réussi et réjouissant.

Traduction Marguerite Glotz

2 réflexions sur “Père d’Elizabeth Von Arnim

Répondre à Light And Smell Annuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.