
1919, Amiens, Amy Vanneck a traversé la Manche pour essayer de donner une sépulture à son fiancé Edward, porté disparu. Là-bas, elle est confrontée à la boue des tranchées, aux villages fantômes, aux soldats chargés de rassembler et d’identifier les dépouilles. Ce travail est principalement réalisé par les coolies, des soldats chinois venus prêter main forte aux alliés. A leur tête, le capitaine Mackenzie qui va tenter d’accompagner et de protéger Amy. La jeune femme téméraire ne recule devant aucune horreur pour honorer la promesse faite à Edward de retrouver son corps pour l’enterrer. Lors de leurs recherches, Amy et le capitaine Mackenzie découvrent treize cadavres dans une tranchée, mais il semble que les combats ne soient pas la cause de leur décès.
Le point fort du premier roman de Philip Gray est l’arrière-plan historique très détaillé et précis. L’auteur a étudié l’histoire à Cambridge et cela se sent dans la justesse de ce qu’il nous raconte. La période choisie est également intéressante puisqu’il choisit l’immédiat après-guerre. Les villages et les paysages sont dévastés, détruits. La désolation règle et la vie peine à reprendre. Et pour cause ! Les cadavres jonchent les champs. Le terrible travail d’identification des corps est également parfaitement décrit. Il semble être comme le tonneau des Danaïdes et pourtant la tâche est essentielle pour les familles. La partie thriller de l’intrigue est bien menée, même si elle aurait mérité d’être plus condensée. Elle nous entraîne dans la noirceur la plus totale, notamment les addictions des soldats pour supporter leur quotidien dans les tranchées. En revanche, les dernières pages du roman apportent un retournement bien inutile au reste de l’intrigue.
« Comme si nous étions des fantômes » est un premier roman qui n’est pas exempt de défauts, mais son intrigue solide et la justesse de l’arrière-plan historique en font un roman digne d’intérêt.
Traduction Elodie Leplat
Je te lis en diagonale car je vais le lire avec Bianca en février 🙂