Les voleurs d’innocence de Sarai Walker

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2017, Nouveau Mexique, la célèbre artiste peintre Sylvia Wren coule des jours paisibles, retirée du monde, auprès de sa compagne Lola. Sa tranquillité va être perturbée par la lettre d’une journaliste qui veut à tout prix l’interviewer. Sylvia ne parle pas aux journalistes, n’est jamais prise en photo, ses œuvres lui semblent se suffire à elles-mêmes. Mais la journaliste se fait insistante. Elle dit connaître le secret de Sylvia, à savoir qu’elle aurait changé d’identité. Son véritable nom serait Iris Chapel. Cette dernière faisait partie d’une riche famille et d’une fratrie de six filles. Elle se serait échappée d’un asile psychiatrique dans les années 50.

« Les voleurs d’innocence » de Sarai Walker avait vraiment tout pour me plaire à commencer par son atmosphère gothique. La grande demeure des Chapel m’a beaucoup fait penser au Manderley de « Rebecca » de Daphné du Murier, le passage entre les deux périodes temporelles du roman (2017-1950) fait évidemment penser aux « Hauts de Hurlevent » d’Emily Brontë. J’ai également apprécié les nombreuses références artistiques : Jane Austen, Edgar Allan Poe, Christina Rossetti, Emily Dickinson, Julia Margaret Cameron.

« Les voleurs d’innocence » est une ample fresque familiale qui questionne la place des femmes dans la société et la famille. Le père des sœurs Chapel ne voit, par exemple, pas la nécessité d’envoyer ses filles à l’université puisqu’elles n’ont pas besoin de travailler pour vivre. Le personnage de la mère est très intéressant. Elle est issue d’une lignée de femmes mortes en couches et a été contrainte au mariage. Elle est depuis plongée dans un monde de fantômes, de pressentiments ce qui la rend anormale aux yeux des autres. Une terrible malédiction semble frapper les femmes de la famille Chapel, ce qui rajoute un degré de noirceur à l’ambiance gothique dont je parlais au début.

« Les voleurs d’innocence », bien qu’un peu long, m’a captivée dès les premières pages, j’ai tout particulièrement apprécié son inspiration gothique, le féminisme de son propos et le questionnement sur la folie.

Traduction Janique Jouin-de Laurens

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