
Le 21 mai 1952 a lieu le braquage d’un fourgon postal au coin d’Oxford Street. Sept hommes et deux voitures ont suffi pour l’un des plus important cambriolage de l’histoire britannique : 28 700 livres sterling en espèces étaient dans le camion. La police et la presse sont en ébullition. Personne ne sait qui a fait le coup. Pourtant, deux pères de famille manquent à l’appel. Reggie Rowe, venu de la Jamaïque, a laissé sa fille Addie s’occuper de sa petite sœur Nees et de leur mère alcoolique. Claire Martin se retrouve seule avec son fils et sa fille. Pour trouver du travail, elle s’adresse à Teddy Nunn, dit « Mother », le bras droit du parrain Billy Hill.
Dans « Vine Street », Dominic Nolan nous plongeait dans le Londres du Blitz à la poursuite d’un tueur en série. Cette fois, nous sommes juste après la guerre dans une ville faites de ruines, de taudis et de terrains vagues. L’argent manque pour reconstruire. Les familles les plus pauvres s’abritent dans des caravanes ou dans les préfabriqués en tôle installés par les Américains huit ans plus tôt. Comme dans son précédent roman, l’auteur excelle à rendre l’atmosphère de Londres dans les années 50 qui est totalement délabrée et en proie à une criminalité grandissante. De nombreux gangsters vont profiter de la situation en blanchissant leur argent grâce aux nouvelles constructions immobilières. Dominic Nolan montre aussi la montée de l’extrême droite et du racisme. Il clôt son roman sur un évènement marquant : les violents affrontements de 1958 à Notting Hill. Dans ce quartier, ce sont installés de nombreux Caraïbéens que le gouvernement a fait venir en Angleterre. Les Teddy Boys décident de s’en prendre à eux en scandant « Keep britain white ». Entre le vol du fourgon postal et les émeutes, Dominic Nolan mêle différents fils narratifs qui tous convergent vers un final haletant.
Ma deuxième lecture de Dominic Nolan confirme tout le bien que je pense de lui et de ces romans noirs historiques parfaitement construits et documentés.
Traduction David Fauquemberg