
Rebecca Randall, 10 ans, est envoyée par sa mère chez ses tantes Jane et Miranda à Riverboro dans le Maine. La famille Randall est lourdement endettée depuis le décès du père. Ce départ soulagera sa mère et permettra à Rebecca d’avoir une éducation. Jeremiah Cobb, qui est venu la récupérer à la diligence, découvre une enfant très vive : « Sous ses sourcils délicats brillaient deux étoiles noires, qui renvoyaient une lumière intense, chargée d’une curiosité insatiable pour tout ce qui l’entourait. Ce regard semblait transpercer les gens. Il était impossible de le satisfaire » Ses tantes pensaient recevoir la calme et posée Hannah, l’ainée de la fratrie Randall, et elles se retrouvent avec une jeune fille énergique et remuante. La cohabitation avec la rigide Miranda va se révéler difficile.
« Rebecca de Sunnybrook » a été publié en 1903 et c’est un classique de la littérature jeunesse américaine appréciée par Jack London ou Mark Twain. Le roman n’est pas sans évoquer « Anne of Green Gables », le destin des deux jeunes filles est proche. Rebecca est une enfant immédiatement attachante, pétillante, lumineuse et pleine d’imagination. Ses qualités attirent l’attention et lui permet de lier de solides amitiés : Emma Jane qui l’admire et poursuivra ses études à ses côtés, Jeremiah Cobb qui tombe sous son charme en premier, M. Aladin qui l’aidera à s’accomplir. Kate Douglas Wiggin décrit toute une petite communauté qui va être marquée (positivement bien-sûr !) par l’arrivée du tourbillon Rebecca. Ce qui m’a également beaucoup plu, c’est le réalisme de cette histoire. L’autrice ne cache pas la pauvreté de la famille de Rebecca ou de celle des Simpson, la douleur de l’arrachement de la jeune fille à sa maison et aux paysages qu’elle apprécie mais Kate Douglas Wiggin souligne également l’importance de l’éducation pour les filles à la fin du 19e siècle.
Après avoir été enchantée par la lecture des « Enfants du chemin de fer » d’Edith Nesbit, j’ai découvert avec délice le roman d’apprentissage de Kate Douglas Wiggin. Merci aux éditions Novel de nous permettre de découvrir ces grands classiques de la littérature jeunesse.
Traduction Jacques Martine