Ecarlate de Christine Pawlowska

« Jamais, jamais je ne deviendrai adulte. Ce n’est pas vrai. Ce n’est pas possible. Jamais je ne deviendrai comme ces écrasantes grandes personnes qui oppressaient mon enfance par la sécheresse de leurs raisonnements. » Ainsi s’ouvre l’unique texte de Christine Pawlowska publié en 1974 au Mercure de France et réédité par les Editions du sous-sol accompagné par la biographie de Pierre Boisson « Flamme, volcan, tempête. Un portrait de Christine Pawlowska ». Ecrit sous forme de fragments, ce récit d’apprentissage rend compte des sentiments ardents, intenses d’une jeune femme qui refuse de grandir et de s’assagir. Qu’elle parle de la détestation de sa mère, son amour pour son amie Melly, rien n’est tiède chez Christine Pawlowska. « Mais moi, j’aimais le feu, je l’aimais  jusqu’à la brûlure, j’aimais l’amour jusqu’à la plaie et le vie jusqu’à la mort. Moi, je n’étais pas raisonnable. » Son récit est poignant, habité par une pulsion de vie puissante et une mélancolie tenace quand l’amour l’abandonne.  Elle veut vivre pleinement, que la vie soit douleur ou fulgurance. Le texte de Christine Pawlowska vibre d’une sincérité, d’une passion déchirante, il porte en lui l’absolu de la jeunesse.

« Ecarlate » fut un succès à sa sortie et son autrice fut saluée comme un talent prometteur. Malheureusement, ce texte incandescent fut le seul publié par Christine Pawlowska et c’est ce qui a poussé le journaliste Pierre Boisson a enquêté sur elle. J’espère lire très bientôt son travail qui nous apprend plus sur la vie de cette autrice.

Les fantômes de Rome de Joseph O’Connor

Rome, février 1944, la ville est toujours occupée par les troupes de Paul Hauptmann, chef de la Gestapo. Les alliés ont débarqué à quelques kilomètres de là et ils commencent à bombarder Rome. Leur progression est néanmoins lente. Le groupe de résistants du père Hugh O’Flaherty opère toujours depuis le Vatican en se faisant passer pour une chorale. Mais le Chœur commence à se disperser : Enzo Angelucci est retourné auprès de sa famille, Delia Kiernan et sa fille Blon ont rejoint l’ambassade d’Irlande. Les autres membres s’entassent au Vatican et les opérations, nommées Redimenti, se révèlent de plus en plus dangereuses. Hauptmann, voyant l’arrivée des alliés, devient de plus en plus féroce. Il réquisitionne le palais de la Contessa Giovanna Landini, proche de Hugh O’Flaherty et nargue le peuple romain.

« Les fantômes de Rome » est le deuxième volet de la trilogie de Joseph O’Connor consacrée à ce groupe de résistants qui a œuvré au sauvetage et à l’évasion de fugitifs, de prisonniers et de juifs. Nous avions laissé le Chœur en décembre 1943 après un Redimento périlleux et nous les retrouvons ici, le jour du mercredi des Cendres, à un moment de fragilité. Joseph O’Connor choisit cette fois de mettre en lumière Giovanna Landini, une aristocrate qui n’hésite pas à s’enfuir par les égouts, à patauger dans la boue ou à se déguiser en homme. Pour le lecteur, c’est un réel plaisir de retrouver les personnages de « Dans la maison de mon père » qui viennent tous de milieux très différents mais qui font preuve d’un courage et d’une générosité exemplaires.

Outre cette formidable galerie de personnages, j’ai retrouvé dans ce tome ce qui faisait la force du premier  : un récit haletant qui s’accélère dans les derniers chapitres, une construction maîtrisée qui fait des aller-retours entre 1944 et les années 60 au travers de mémoires et d’interviews des membres du chœur. Et puis, il y a Rome, celle des ruelles étroites, des passages secrets dans les palazzi, des tunnels, des ruines et des cimetières où les fugitifs peuvent trouver refuges. L’âme de la ville, de ses habitants qui jettent des briques sur les soldats allemands, est parfaitement rendue par Joseph O’Connor.

Comme dans « Dans la maison de mon père », « Les fantômes de Rome » est un roman addictif qui nous fait sans cesse craindre le pire pour ses personnages si plein de bravoure et d’audace. Vivement la suite !

Traduction Carine Chichereau

Le berger de l’Avent de Gunnar Gunnarsson

Le premier dimanche de l’Avent, Benedikt se prépare à prendre la route pour se rendre dans les montagnes. Chaque année, il s’y rend pour ramener les moutons égarés. Il ne part pas seul, il est accompagné dans son périple par son chien Leo et son bélier Roc. Ils vont de ferme en ferme jusqu’à atteindre des contrées sauvages où des abris de fortune les attendent. La neige recouvre tout, un calme profond règne sur les paysages. Pourtant, quelque chose inquiète Benedikt. « Cependant, il ne peut libérer son esprit d’une sorte de pressentiment. Ni le ciel, ni la terre ne lui paraissent de bon augure. Il s’enfonce lourdement dans la neige molle, il grimpe la pente dans ce qui reste de lumière du jour, sans pouvoir trouver le calme. Il connait trop les signes du mauvais temps. Aurait-il du rester chez lui ? »

« Le berger de l’Avent » est une novella d’une soixantaine de pages qui nous immerge dans les paysages rudes et hostiles de l’Islande. Benedikt est un homme simple, humble, de 54 ans et qui a fait 27 fois ce voyage de l’Avent. Sa détermination, malgré les difficultés rencontrées, force l’admiration et rend le personnage immédiatement touchant. Son lien puissant avec la nature et ses animaux l’est également. Gunnar Gunnarsson réussit à rendre le caractère de chacun des animaux : Roc est sérieux, fiable et courageux, Leo est fougueux et est le seul capable de retrouver son chemin, même pendant une tempête. Durant son périple, Benedikt réfléchit au chemin parcouru, aux rêves qu’il a du enfouir, au sens de la vie et à celui de la période de l’Avent.

« Le berger de l’Avent » est un texte qui semble simple mais il recèle une grande beauté, une poésie et une profondeur qui accompagnent le lecteur même une fois la lecture achevée.

Traduction Gérard Lemarquis et Maria S. Gunnarsdottir

Jeunes loups de Colin Barrett

Après avoir découvert Colin Barrett avec son premier roman « Fils prodigues », j’ai eu envie de lire son recueil de nouvelles « Jeunes loups » paru en 2016 en France. Les sept nouvelles se déroulent dans le comté de Mayo dans la petite ville imaginaire de Glanbeigh à l’ouest de l’Irlande. Une bourgade très ordinaire, peu animée qui abrite de jeunes gens déjà fracassés, tuant l’ennui à coups de pintes et de cannabis. Jimmy, 25 ans, passe son weekend à boire pour oublier la fille qu’il l’aime et qui en épouse un autre. Bat, qui a eu le visage dévasté par une petite frappe, évite les sorties et boit seul sur le toit de la maison de sa mère. L’avenir semble totalement bouché si l’on ne quitte pas Glanbeigh. Les filles tombent enceintes trop jeunes et les garçons tombent souvent dans la délinquance et la violence. C’est le cas de Arm, héros de la plus longue nouvelle du recueil (« Le calme des chevaux »), qui est devenu le garde du corps et le cogneur de son ami Dympna, dealer de cannabis.

Colin Barrett excelle dans ses nouvelles à planter un décor lugubre, une atmosphère de désœuvrement, de pauvreté. La mélancolie, les regrets mais également la rage habitent les personnages de ces nouvelles dont les sentiments sont finement observés. L’espoir apparait peu dans leur quotidien. Pourtant dans « Sur la lune », une petite dose de poésie vient illuminer l’ensemble grâce au sms d’un videur à sa passade estivale repartie à l’université de Galway.

Tout le talent de Colin Barrett était déjà bien présent dans ce recueil de nouvelles bouleversantes, saisissantes sur le quotidien sans espoir des jeunes gens du comté de Mayo.

Traduction Bernard Cohen

Baignades d’Andrée A. Michaud

« Ils avaient laissé la petite se baigner nue. Cinq ans. Ils n’y voyaient pas de mal. Le soleil tapait dur, le mercure atteignait les 28 degrés et la plupart des campeurs faisaient la sieste sous les arbres et les auvents. Puis le propriétaire de la place avait surgi, une masse de muscles aux bras tatoués, pour leur dire qu’on ne voulait pas de ça ici, pas de nudité, vous avez pas honte, vous habillez cette enfant immédiatement ou vous décampez. »  Ce simple incident va déclencher pour Max et Laurence une cascade de violence et d’horreur alors qu’ils pensaient profiter paisiblement de leurs vacances avec leur fille. Quelques années plus tard, les parents de Laurence reçoivent toute leur famille dans leur maison auprès d’un lac pour fêter la St Jean. Les évènements du passé vont refaire surface.

« Baignades » est le premier roman d’Andrée A. Michaud que je lisais et j’ai adoré cette lecture. La construction est surprenante avec deux atmosphères très différentes. La première  se déroule principalement dans la forêt et est un véritable thriller qui tient le lecteur en haleine. Les évènements s’y enchaînent de façon très cinématographique et nous plongent de plus en plus dans la violence. La deuxième partie est plus psychologique, la tension sous-jacente se ressent dans les regards, les silences et le rythme du récit se ralentit. Les deux parties du roman se complètent parfaitement et sont toutes deux terriblement anxiogènes. Andrée A. Michaud maîtrise totalement sa narration et son changement de rythme.

« Baignades » est un très grand roman noir, addictif, surprenant, particulièrement sombre. Un coup de cœur.

Migrations de Charlotte McConaghy

« Tout le monde est au courant de l’extinction de masse. Cela fait des années que les programmes d’informations font l’inventaire des habitats irrémédiablement détruits et des espèces déclarées en danger, puis éteintes pour de bon. » La plupart des espèces animales ont disparu mais Franny Stone s’accroche à deux oiseaux, deux sternes arctiques qui sont les derniers de leur espèce. Après avoir placer un traceur sur eux, la jeune femme a le projet de suivre leur dernière migration. Pour ce faire, elle doit convaincre un capitaine de la prendre sur son bateau. Au Groenland, elle croise  Ennis Malone, capitaine du Saghani, assez fou pour accepter son offre. Franny lui a promis que les sternes les emmèneraient vers des poissons, eux aussi devenus rares. Le capitaine, aussi jusqu’au-boutiste que Franny, croit encore à une dernière pêche miraculeuse.

« Migrations » est le premier roman de l’australienne Charlotte McConaghy. L’autrice y met en scène un monde malheureusement proche du nôtre où la 6ème extinction des espèces s’achève et où même les forêts n’existent plus. Dans ce monde à bout de souffle, Franny et Ennis n’ont plus rien à perdre et ils s’accrochent à leur quête désespérément. L’appel de la mer est plus fort que tout chez ces deux-là, ils ont l’âme suicidaire d’Achab. Chacun a depuis longtemps largué les amarres de leurs anciennes vies. Charlotte McConaghy nous livre leurs secrets, surtout ceux de la frondeuse et fugueuse Franny, au travers d’une narration qui fait habilement des aller-retours dans le passé. La jeune femme, très mystérieuse et solitaire, se révèle meurtrie et terriblement attachante. 

« Migrations » est une œuvre splendide, vibrante, émouvante, aux personnages charismatiques et incroyablement incarnés. Une ode à la nature sauvage avec laquelle il est urgent de renouer.

Traduction Anne-Sophie Bigot

Louve en juillet de Gabrielle Filteau-Chiba

En cette rentrée littéraire, les éditions Dépaysage lance une nouvelle collection nommée « Animales » où seront publiés des « textes au féminin pluriel qui courent, mordent, soignent. » Gabrielle Filteau-Chiba en prend la direction et l’inaugure avec « Louve en juillet ». Dans ce court texte, l’autrice a voulu  immortaliser son histoire avec sa chienne Séquoia et présente « Louve en juillet » comme un tombeau littéraire. En douze chapitres, elle raconte les douze ans de vie de sa chienne à moitié coyote qui avait un souffle au cœur et qui devait être euthanasiée. Rapidement, Séquoia devient sa compagne de route, de vie, sa protection  contre les agressions extérieures. On retrouve entre les pages de « Louve en juillet » le lien très fort de l’autrice avec la nature, la forêt, son long séjour à Kamouraska dans une cabane dont elle parlait dans son premier livre, les braconniers qui attrapèrent sa chienne (épisode qui est également présent dans « Sauvagines »).

Ce que j’ai découvert, c’est la violence qui a longtemps entouré Gabrielle Filteau-Chiba qu’elle soit familiale ou conjugale. Sa chienne, puis sa fille Fleur, ont comblé un manque, ont aidé à panser les blessures et surtout à se sauver et à fuir cette violence. Je trouve admirable la résilience de l’autrice, sa volonté absolue d’éliminer la colère dans sa vie (ses réactions lors d’un accident de voiture et à la mort de Séquoia sont exemplaires). « Ce jour difficile est un cadeau, oui, car là où, chez moi, fomentait autrefois la colère s’est présentée une douceur, une puissante puissante douceur. » 

« Louve en juillet » n’est pas seulement un vibrant hommage à une chienne, mais il est également un texte engagé, humaniste qui souligne l’importance du lien entre les hommes et la nature et qui dénonce une société de plus en plus violente et qui attise nos peurs irrationnelles.

La violoniste de Ferdinand von Saar

Walberg raconte à l’un de ses amis comment il fit la connaissance d’une jeune femme prénommée Ludovica. La première fois qu’il la croise, elle interprète un concert de musique classique avec ses deux sœurs à Vienne. Ludovica est la violoniste du trio. Quelques temps plus tard, il tombe sur elle par hasard dans la rue. La jeune femme se rend au mont-de-piété afin d’aider un ami en difficulté.

« La violoniste » est la troisième nouvelle de Ferdinand von Saar publiée par les éditions Bartillat. Les trois textes ont beaucoup de points communs à commencer par une narration basée sur des récits imbriqués. Comme dans « Histoire d’une enfant de Vienne », Ferdinand von Saar nous conte le destin tragique d’une jeune femme qui sera brisée par l’égoïsme d’un homme. Ludovica est une âme pure transportée, transcendée par son amour pour Alexis, qui prenait des cours de musique chez le père de l’héroïne. Ferdinand von Saar inscrit à nouveau son histoire dans une Vienne mélancolique et dont l’urbanisme est en pleine mutation  (au grand regret de l’auteur et de l’ami de Walberg, son double littéraire).

J’ai eu grand plaisir à retrouver la plume élégante, la subtilité dans l’évocation des affres de l’âme humaine, la nostalgie de Ferdinand von Saar qui nous offre à nouveau un portrait de femme déchirant.

Traduction Jacques Le Rider

Chârulata de Rabindranath Tagore

Bhupati est un homme riche mais il ne peut rester inactif. Son pays connaissant une certaine agitation politique, il décide alors de fonder un journal qui rapidement accapare ses journées. Sa jeune femme Chârulata est totalement délaissée mais comme elle a le goût des études, elle fait venir le cousin de son mari, qui est en troisième année de licence, pour lui donner des cours. Châru et Amal s’entendent à merveille, ils imaginent la création d’un splendide jardin qu’ils dessinent ensemble et bien d’autres fantaisies extravagantes. Ils ont surtout une passion commune pour la littérature. Ils décident d’écrire ensemble un journal destiné uniquement à eux-mêmes. Mais Amal a des ambitions et il envoie ses textes à des éditeurs qui le publient. Le jeune homme rencontre le succès et Châru a peur que cela brise leur précieuse intimité. « Châru comprit clairement qu’Amal courait un terrible danger maintenant qu’il était passé sous la coupe du plus grand nombre, en dehors de sa protection. Il ne la considérait plus comme son égale. Il l’avait dépassée. A présent, il était devenu un écrivain et elle n’était qu’une simple lectrice. Il allait falloir intervenir. » 

« Chârulata » est un court roman signé du prix Nobel de littérature Rabindranath Tagore. Le thème central est universel, c’est celui du triangle amoureux. Les sentiments de Châru vont s’avérer plus forts pour Amal que ce qu’elle imaginait. La psychologie des trois personnages est très détaillée par Tagore. Châru a été mariée très jeune, totalement seule, elle trouve en Amal un alter-ego qui lui accorde son attention. Le jeune homme se révèle égoïste, capricieux, imbu de lui-même. Bhupati est un mari naïf qui pense qu’il n’est pas nécessaire de conquérir jour après jour sa jeune épouse. L’intrigue mêle jalousie, incompréhension, malentendus et elle se résoudra dans les larmes. 

J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir la plume de Rabindranath Tagore, dont la précision dans les descriptions des sentiments, qui donnent de l’épaisseur à ses personnages, est remarquable. 

Traduction France Bhattacharya

Du fil à retordre de Michelle Gallen

« Une fille aussi pauvre que Maeve n’était pas en mesure d’avoir des ambitions. Et c’est pour ça qu’elle les chérissait tant. » Été 1994, Maeve Murray n’a qu’une idée en tête : quitter ce bled pourri d’Irlande du Nord où elle a grandi. Elle attend fébrilement les résultats de l’examen qui lui permettra, si ses notes sont suffisantes, de rejoindre une université londonienne. Même si l’idée de vivre entourer d’anglais n’enchante pas totalement Maeve la catholique. En attendant, elle va travailler, avec ses amies Caroline et Aoife, dans l’usine de confection de chemise de la ville durant l’été. Une chance étant donné le taux de chômage, qui va lui permettre d’économiser pour son prochain déménagement. Un premier pas vers l’indépendance. 

J’avais beaucoup aimé le premier roman de Michelle Gallen « Ce que Majella n’aimait pas » et je suis sortie totalement enthousiasmée de « Du fil à retordre ».  Comme dans son premier roman, l’autrice a créé une formidable héroïne, irrésistiblement attachante. Maeve est issue d’un milieu très populaire, ses deux parents ne travaillent pas et la vie de famille est plombée par un terrible deuil. Elle a compris que seules les études pouvaient lui permettre de sauver sa peau. 

Autre point fort du roman, la capacité de Michelle Gallen a nous faire sentir le poids et la complexité de la situation politique et sociale en Irlande du Nord. Les Troubles sont toujours très présents, les accords de Paix sont en discussion. Maeve travaille dans une usine mixte, l’un des rares endroits de la ville où se côtoient quotidiennement catholiques et protestants. Au sein de l’usine, Michelle Gallen nous offre de très beaux personnages (notamment la formidable et audacieuse Fidelma) que leur religion opposent mais qui peuvent aussi former une communauté d’ouvriers subissant les mêmes conditions de travail, les mêmes difficultés à payer les loyers, la nourriture et la même peur à la vue de l’armée anglaise. Tout cela est très finement amené, construit avec toujours beaucoup d’humour, de verve, de causticité (on pourrait être dans « The van » de Roddy Doyle). 

« Du fil à retordre » est une fresque sociale, le récit d’une émancipation, teinté à la fois de désespoir et d’un humour bravache. Un régal absolu ! 

Traduction Carine Chichereau