Eldorado de Bouli Lanners

Un soir qu’il rentre tard chez lui, Yvan (Bouli Lanners) découvre un cambrioleur en pleine action. Il cherche bien sûr à le faire sortir de sa maison mais le voleur se réfugie sous un lit en refusant de bouger. La scène burlesque s’étire jusqu’au lendemain matin. Yvan découvre alors Elie (Fabrice Adde), un jeune homme malingre et perdu. Dans un accès d’humanité (Yvan est le seul de son quartier à ne pas avoir de chien, ce qui témoigne de son bon fond), il décide de raccompagner Elie chez ses parents. Commence alors un road-movie sur les routes de Belgique à bord d’une Chevrolet. Les rencontres et les situations seront toutes plus farfelues les unes que les autres.

On peut citer la rencontre avec un collectionneur de vieilles voitures américaines, mais uniquement celles avec des impacts de corps! L’homme, extrêmement inquiétant, n’en aide pas moins nos deux compères en dépannant la Chevrolet.

Yvan et Elie rencontrent également Alain Delon mais un Alain Delon belge, nu et sortant d’un camping-car!

Une autre scène incongrue est celle où Elie explique à Yvan comment ne pas s’endormir au volant. La solution est simple : il suffit de s’attacher les cheveux au plafond de la voiture. Yvan, au début incrédule, se laisse néanmoins faire. On vous laisse découvrir l’efficacité de la méthode…

Bouli Lanners aurait pu se contenter de faire un film drolatique, à l’humour décalé mais « Eldorado » est bien plus que ça. C’est également un film à l’émotion à fleur de peau.

Elle naît tout d’abord avec l’amitié d’Yvan et Elie qui se noue au fil de la route. Ces deux-là n’étaient pas supposés s’entendre étant donné leur rencontre. Mais l’humanité d’Yvan et la fragilité d’Elie seront à l’origine de ce rapprochement. On assiste à une scène très émouvante lorsque Elie retrouve ses parents et surtout sa mère qui semble mangée par l’angoisse. Elle n’avait pas vu son fils depuis fort longtemps, le trouve changé, elle sait qu’il se drogue sans pour autant le lui reprocher. Yvan évoque la famille que l’on perd trop vite et dont on ne s’occupe pas assez lorsqu’elle est là.

La fin du film est bien triste elle aussi. Mais on ne va jamais dans le pathos excessif, on est plutôt dans la fatalité de la vie. L’amitié de nos deux voyageurs n’est pas assez forte face à la noirceur de notre monde.

Bouli Lanners nous montre la Belgique comme personne. Les paysages lumineux sont filmés en cinémascope, l’horizon semble s’étirer à l’infini. Les maisons du bord de la route sont montrées en contre-plongée pour leur donner un air majestueux. Cela change des clichés habituels sur la Belgique présentée souvent comme un pays gris et plat.

« Eldorado » est un très bon moment de cinéma mélangeant le rire aux larmes avec beaucoup de subtilité et d’élégance.

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