Feuilles dans l’eau d’Elizabeth Myers

Laura Valley a grandi dans une ville modeste du nord de l’Angleterre. Elle se remémore ses jeunes années et la ruelle sordide où elle vivait avec ses frères et sœur. Le père n’arrive pas à conserver un travail et joue aux courses le peu qu’il a gagné. La mère fait le ménage dans la boutique de son frère. Plus que la pauvreté, c’est la violence et la cruauté de sa mère qui ont marqué l’enfance de Laura, Anda, Robert et Steve. Chacun tente à sa façon d’échapper à la brutalité de ce foyer. Anda va rapidement quitter la maison. Robert se plonge dans des livres sur l’Antiquité. Laura s’évade grâce à l’observation préciser du monde qui l’entoure notamment la nature. « Toute mon âme participait à la vie intense et tranquille qui l’entourait, se fondant en elle, oubliant l’irréalité de tous les jours dans la vigoureuse réalité des moutons, des arbres, du gel et de la nouvelle lune qui se levait avec une charmante hardiesse au-dessus d’un lointain taillis. » Steve, quant à lui, n’arrive pas à être indifférent face aux railleries, aux brimades de sa mère ce qui le plongera toute sa vie dans un profond désespoir.

« Feuilles dans l’eau » a été publié en 1943 et c’est un étonnant mélange de réalisme et d’onirisme. Elizabeth Myers décrit parfaitement les traumatismes subis par les quatre enfants. La mère, manipulatrice et égoïste, ne cesse de les rabaisser et de les priver d’espoir. L’autrice décrit tout au long du roman le mécanisme de survie mis en place par Laura qui est un personnage très original. Chaque jour est à ses yeux le premier et son émerveillement ne faiblit jamais. Elle décèle de la magie, du mystère dans chaque chose, même les plus ordinaires. Sa contemplation du monde la console du manque de tendresse de sa mère. Le roman est également celui d’une relation fraternelle puissante. Laura sera toujours un soutien sans faille pour son frère Steve.

« Feuilles dans l’eau » est un roman très touchant porté par une écriture poétique, sensible et saisissante. Une très belle découverte.

Traduction Georges-Michel Bovay

 

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