Trick or treat?

Chers esprits démoniaques, vampires et fantômes en tout genre,

J’ai reçu en votre honneur ce superbe paquet qui était tout de suite dans l’ambiance d’Halloween grâce à sa jolie toile d’araignée.

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Je me suis précipitée sur les différents paquets et sur la superbe carte de ma swappeuse pour découvrir son nom. (J’ai d’ailleurs appris depuis que cette carte venait directement de New York, si c’est pas la classe ça !) Ma gentille sorcière est Manu et mon colis vient de Belgique !

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Mon impatience était à son comble, je me jetai férocement sur les papiers cadeaux et chaque ouverture a été un grand moment de plaisir.

Je vous dévoile tout d’abord les livres et DVDs :

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Manu avait choisi pour moi :

-« Le vampire du Sussex » de Conan Doyle

-« La jeune femme invisible » de Mary Shelley

-« Affinités » de Sarah Waters qu’elle adore et que je ne connais pas encore (je sais, c’est étonnant lorsque l’on sait que l’intrigue se déroule à l’époque victorienne, mais personne n’est parfait !)

-« La nuit de tous les mystères », un film parlant d’une maison hantée et avec l’inquiètant Vincent Price

-« L’ombre du vampire », une fiction qui parle du tournage du « Nosferatu » de Murnau

 

Et avec ce superbe choix de livres et de DVDs, des friandises et des surprises:

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Plein de friandises alléchantes : des shortbreads aux pépites de chocolat (dont il ne reste malheureusement plus trace…), des dents de vampires, des citrouilles en massepain, des barres chocolatées et une tablette de chocolat blanc qui semble-t-il a également disparu. J’ai également trouvé des petites pinces décoratives en forme de citrouille, une sorcière photophore et une grande tasse citrouille pour mes potions magiques !

Comme vous pouvez le constater, j’ai été honteusement gâtée par Manu que je remercie de nouveau très chaleureusement. Tout est parfait dans ce paquet et ma swappeuse a en plus fait preuve d’imagination dans la présentation. Merci beaucoup à Lou pour l’organisation de ce swap qui je l’espère sera réussi pour tout le monde.  J’attends avec impatience le billet de ma swappée : Céline.

Happy Halloween à tous les participants du swap!!

Pâques sanglantes de Iris Murdoch

« Pâques sanglantes » d’Iris Murdoch m’avait été offert par DViolante lors du Ken Loach Swap et Cryssilda l’avait également reçu à cette occasion. Nous avons donc décidé d’en faire une lecture commune et d’autres bloggeurs doivent se joindre à nous.

Le livre débute en avril 1916 à Dublin dans le jardin de la famille Bellman. Andrew Chase-White doit bientôt se marier avec Frances Bellman. Il est engagé dans le régiment de cavalerie du roi Edouard, il est en permission et doit rejoindre son escadron à la fin de la semaine dans la ville de Longford. La famille d’Andrew est anglo-irlandaise. Son père était anglais ce qui a permis à Andrew de grandir à Londres. « Il se sentait anglais, instinctivement ; comme du reste, instinctivement, il se disait normalement irlandais. Se dire irlandais était pour lui davantage un geste qu’une description. Il arborait des armoieries, une cocarde pittoresque. L’Irlande demeurait un mystère pour lui, un problème non résolu et, en outre, de manière obscure, un problème déplaisant. » Sa mère, Hilda, est effectivement irlandaise et Andrew passait du temps durant son enfance chez ses cousins. Sa défiance par rapport à l’Irlande vient de ses souvenirs, Andrew passait ses vacances à tenter de se mesurer à son cousin Pat Dumay. Ce dernier ne cessait d’avoir le dessus et il exaspère autant qu’il fascine Andrew. La semaine que passe Andrew à Dublin bouleverse totalement sa vie et celle de l’Irlande.

« Pâques sanglantes » est le nom donné à l’insurrection de Pâques 1916 qui a eu lieu à Dublin. Les deux principales milices patriotes irlandaises : l’Irish Citizen Army et l’Irish Volunteers Force, se rallient pour occuper la Poste Centrale de Dublin et d’autres bâtiments stratégiques. Patrick Pearse, un des chefs nationalistes, proclame alors la République irlandaise. Mais cette rébellion reste localisée à Dublin et même dans la ville les nationalistes ne sont que peu soutenus. Ils sont vus comme des traîtres car de nombreux Irlandais combattent en France aux côtés des Anglais. Et les classes supérieures considèrent que l’Irlande est incapable de survivre sans l’Angleterre. La mère d’Andrew l’exprime ainsi : « Je ne comprends rien de ces histoires de domination. Personne ne juge les Irlandais inférieurs. On les aime, on les accueille partout dans le monde ! Je ne peux pas supporter ce patriotisme irlandais parvenu, c’est tellement artificiel ! Le patriotisme anglais est quelque chose de tout à fait différent. Nous avons Shakespeare, la Grand Charte, l’Armada et ainsi de suite. Mais en fait l’Irlande n’a pas de véritable histoire. » Cette insurrection, qui sous-tend tout le roman d’Iris Murdoch, dura six jours et fut sévèrement réprimée par les britanniques. Cette journée fut néanmoins un premier pas vers la naissance de la République irlandaise et donc vers la guerre civile.

Iris Murdoch traduit l’antagonisme présent dans la population irlandaise à l’aide des deux cousins : Andrew Chase-White et Pat Dumay. Le premier s’est engagé avec l’armée britannique et se sent plutôt étranger en Irlande. Son appartenance à l’armée ne vient pas d’un sens patriotique élevé. Il s’agit surtout de rivaliser et de surpasser Pat. Ce dernier ne s’est pas engagé et cela est mal vu dans la famille. Andrew espère ainsi impressionner celle qu’il doit épouser, Frances. Pat refuse bien entendu de combattre aux côtés des Anglais. C’est un Irlandais patriote, il est prêt à donner son sang pour l’indépendance. Pat se prépare à l’insurrection de Pâques 1916. La rivalité entre les deux cousins est au coeur même du roman d’Iris Murdoch et elle se solde dans la violence.

Le personnage de Millie, la tante d’Andrew et Pat, est un révélateur pour l’ensemble de la famille. Elle relie tous les personnages les uns aux autres et déclenche de nombreuses réactions. Elle cache les armes de Pat par amour pour lui et l’aide durant l’insurrection. Millie dépucèle Andrew, terrifié par les femmes. Elle est aussi à l’origine de l’abandon de la prêtrise de l’oncle Barney. Millie envoûte totalement tous les hommes de la famille et souvent les fait courir à leur perte. C’est un personnage fascinant, déclencheur des destins des autres qui tentent de se détacher d’elle pour acquérir une forme de liberté.

« Pâques sanglantes » est un roman d’une grande densité de par son histoire et de par l’extrême précision avec laquelle sont traités les différents personnages. C’est avec une grande finesse psychologique qu’Iris Murdoch décrit tous les protagonistes. Les âmes sont mises à nu, les affres des choix de vie de chacun nous sont connus. L’écriture d’Iris Murdoch est très soignée aussi bien pour décrire les personnages que leur environnement. L’eau, la pluie, la mer imprègnent les descriptions des paysages. « La pluie irlandaise semblait toujours d’une substance différente de la pluie anglaise ; ses gouttes étaient plus petites, plus nombreuses. Pour l’instant elle paraissait plutôt se matérialiser en l’air que tomber du ciel et transformée en vif-argent, elle moirait la surface des arbres avant de glisser en chute plus lourde des palmiers lamentables et du marronnier. »

La lecture de « Pâques sanglantes » a été passionnante. Je ne connaissais pas cet épisode de l’histoire irlandaise qui a été tout à fait décisif dans la prise de conscience des Irlandais vers l’indépendance. La force d’Iris Murdoch est la complexité de l’intrigue et des personnages. « Pâques sanglantes » demande de la concentration, c’est un roman qui ne se donne pas facilement mais qui vaut la peine de s’accrocher.

 

La marche de Radetzky de Joseph Roth

A la veille de la première guerre mondiale, le puissant empire austro-hongrois vit ses dernières années. Les signes avant-coureurs sont là pour qui est assez lucide pour les voir : la montée des nationalismes dans la mosaïque de peuples et d’ethnies qui composent l’empire ; les premières grèves et révoltes ouvrières ; une armée, autrefois prestigieuse, minée par l’oisiveté, le jeu et l’alcool ; les escrocs de tout poil qui, flairant l’odeur de la charogne, s’abattent comme des rapaces sur un pays en voie de décomposition.

Le jeune sous-lieutenant Charles-Joseph Trotta von Sipoljie sert dans l’armée impériale. Son grand-père, modeste sous-lieutenant, a sauvé la vie de l’empereur sur le champ de bataille de Solferino en 1859. François-Joseph Ier anoblit ce descendant de paysans slovènes et lui offre sa protection. Charles-Joseph est élevé dans le culte de son grand-père. Son père, préfet en Moravie, a choisi pour lui la carrière militaire, afin de servir au mieux la patrie et « Sa Majesté apostolique, impériale et royale ». C’est l’histoire de cette famille sur trois générations, en particulier celle de Charles-Joseph et de son père, que narre avec brio Joseph Roth. Si les deux hommes appartiennent à ces piliers de la monarchie que sont l’administration et l’armée, et se vouent corps et âme à la haute idée qu’ils se font de l’Autriche-Hongrie, le père refuse d’admettre le déclin qui se profile et se raccroche à son devoir, alors que le fils, qui rêve de se sacrifier pour son empereur (comme l’a fait son grand-père), finit par douter de son pays et de lui-même. L’époque n’est plus à l’héroïsme, Charles-Joseph est né trop tard.

Joseph Roth nous offre en outre une émouvante évocation de rapports père-fils (les mères sont absentes du récit, mortes prématurément), faits ici de respect, de crainte, de pudeur et de tendresse contenue. On compare souvent la manière de Roth à celle d’un Dostoïevski. Il y a en effet quelque chose de très russe dans cette façon de décortiquer les tourments de l’âme, et de les révéler par les gestes, les actes, les attitudes, les expressions des personnages plus que par leurs paroles. L’âme slave imprègne ce roman dont l’action se déroule en majorité en Moravie et en Galicie, dans ces confins de l’empire qui commencent à s’agiter sous la pression d’un désir grandissant d’autonomie.

Les nationalismes, un empereur vieillissant et la première guerre mondiale auront eu raison de l’Autriche-Hongrie. Le livre s’achève en 1916, à la mort de François-Joseph. Avec lui meurt l’empire et le rêve de grandeur qu’il portait avec lui. Dans l’œuvre de Joseph Roth, Juif de langue allemande né en Ukraine, ayant vécu à Vienne, à Berlin, puis à Paris de 1933 à sa mort, s’exprime une grande nostalgie de l’Autriche-Hongrie, qu’on retrouve aussi chez ses compatriotes écrivains de la mitteleuropa Stefan Zweig et Robert Musil. Ils admiraient en elle cette agrégation de cultures et de religions diverses qui préfigurait ce qu’ils rêvaient pour l’Europe, et qui les faisait se sentir citoyens du monde. Mélancolique au souvenir de cette période, Joseph Roth ne l’idéalisa pas pour autant, acceptant de regarder en face les causes du malheur. Mais cela ne diminua pas pour autant sa peine, qu’il tenta peut-être d’apaiser en écrivant « La marche de Radetzky », ce chef-d’œuvre en forme d’adieu.

Melmoth de Ch. R. Maturin

 

John Melmoth est un jeune homme sans fortune, qui en 1816, se rend au chevet d’un oncle mourant susceptible de lui léguer tous ses biens. John arrive sous une tempête qui présage de l’atmosphère inquiétante entourant son oncle. Ce dernier et ses serviteurs sont en proie à une grande terreur : un fantôme rôde dans le château guettant la mort du vieil homme. Cet être surnaturel serait un ancêtre de la famille Melmoth. John découvre un portrait de celui-ci datant de 1646 ! « Quoi de plus ridicule que d’être effrayé ou surpris de la ressemblance entre un homme vivant et le portrait d’un mort ? Cette ressemblance était à la vérité assez forte pour l’avoir frappé, même dans une chambre mal éclairée, mais au fond ce ne pouvait être qu’une ressemblance et quoiqu’elle eût pu effrayer un homme âgé et d’une mauvaise santé, John résolut de ne pas se laisser aller à une semblable faiblesse. » A la mort de son oncle, John trouve le manuscrit d’un dénommé Stanton, 1er témoignage attestant de la véracité de ce qu’il a vu : le Melmoth de 1646 est bel et bien vivant ! D’autres récits se succèdent et attestent de la nature satanique de Melmoth.

Le roman de Ch. R. Maturin , écrit en 1820, s’inscrit dans la tradition du roman noir et fantastique de la période romantique. On y retrouve tous les ingrédients de ce genre : des châteaux mystérieux, des meutres, des couvents, des orages, les tentations du diable. « Melmoth » est à rapprocher de deux autres romans gothiques de la même période : « Le moine  » de Lewis (1795) et « Les élixirs du diable » de E.T.A Hoffman (1816). Maturin cite d’ailleurs le roman de Lewis au tout début. La construction de ces deux oeuvres est d’ailleurs très similaire. Plusieurs récits se succèdent, s’entrelacent et forment une narration labyrinthique. « Melmoth » est constitué de sept histoires différentes narrant les rencontres de Melmoth avec des humains qu’il doit tenter. Le récit de l’espagnol est le plus long et j’avoue avoir éprouvé quelque peu d’ennui car Melmoth y est peu présent. La destinée de Melmoth peut être rapprochée du moine Médard des « Elixirs du diable ». Ce dernier combat le destin et après des crimes inspirés par Satan, il retrouve la raison grâce à l’amour. Melmoth a, quant à lui, vendu son âme au diable et tombe également amoureux d’une jeune espagnole. Isidora ne sauve pas l’âme de Melmoth mais contribue à le faire disparaître.

Dans les trois romans, la place de la religion est primordiale. Le personnage principal du « Moine et « Les élixirs du diable » est un moine licencieux, sensuel. Maturin, qui est lui même révérend, n’hésite pas à dire tout le mal qu’il pense des religions. Le récit de l’espagnol (qui prend vraiment beaucoup de place dans le livre) est une condamnation violente de la vie conventuelle. Dans les cellules des moines, on ne trouve que sévices corporels, torture psychologique et humiliation. Mais les autres récits lui permettent de critiquer toutes les autres religions : l’Islam, le Judaïsme l’Hindouisme, personne n’est épargné ! « Un fait est certain : tous sont d’accord sur le message que le livre nous apporte : « Aimez-vous les uns les autres », mais tous traduisent ce message : « Haïssez-vous les uns les autres ». Comme ils n’en trouvent ni la matière ni l’excuse dans le livre ils les cherchent dans leur esprit qui n’en est jamais à court car la méchanceté de l’esprit humain est inépuisable. »

La critique de l’humanité ne s’arrête pas à la religion. Maturin exprime par la voix de Melmoth son opinion sur les guerres qui ne sont que « des massacres légalisés » permettant aux hommes d’aiguiser leur violence naturelle. Les villes ne sont que des moyens d’humilier les plus pauvres, d’accentuer leur misère en leur montrant la richesse de leur voisin. Le grand intérêt de « Melmoth » se trouve me semble-t-il dans la critique de la société. Le pessimisme de Maturin renforce la noirceur du roman gothique classique. D’ailleurs en lisant les différentes attaques de Maturin, j’ai pensé qu’elles étaient malheureusement encore d’actualité : les guerres sont toujours absurdes, les villes sont toujours des lieux d’inégalité et les religions sont toujours source de conflit, de malentendu entre les peuples.

« Melmoth » est donc bien un roman gothique classique avec son diable, ses tempêtes et ses moines sadiques. Malgré quelques longueurs dans la première partie, ce roman m’a séduit par son extrême noirceur. Melmoth est un personnage d’une grande complexité, d’un pessimisme absolu sur l’humanité ce qui explique sans doute son choix de se vendre au diable ! Plus désespéré que « Le moine » et « Les élixirs du diable », « Melmoth » est un roman fantastique tout à fait captivant.

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Tag "Et sinon quel livre?"

Je suis taggée par Cryssilda qui veut en savoir plus sur ma vie de lectrice. Mon co-blogueur se joint à moi pour répondre car lui aussi aime les questionnaires concernant ses habitudes de lecteur complusif !

1-A quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture ?

Titine : En tant qu’auditrice, Bécassine que ma mère me lisait le soir pour m’endormir. En tant que lectrice, je me souviens surtout « Du bon gros géant » de Roald Dahl que j’ai relu un nombre incalculable de fois.

Lolo : Aussi loin que je me souvienne, un livre de lecture pour enfants avec plein d’images et peu de texte, mais lequel…? Sinon, pour les livres « avec-que-du-texte » : un « Oui-Oui » certainement, mais lequel…?

2-Quel est le chef d’oeuvre « officiel » qui te gonfle ?

Titine : « Le château de ma mère » de Pagnol que j’ai commencé deux fois et qui à chaque fois m’a profondément ennuyée. Je ne sais pas si ce livre est considéré comme un chef-d’oeuvre mais la place de l’auteur dans la littérature française justifie ma réponse.

Lolo : « David Copperfield » de Dickens, car trop de bons sentiments tuent la littérature.

3-Quel classique absolu n’as-tu jamais lu ?

Titine : « Les misérables », « Notre Dame de Paris » de Hugo. J’ai un gros souci avec Victor Hugo dont le lyrisme m’est insupportable. De plus, j’ai vu plusieurs adaptations de chaque, ce qui ne me donne pas envie de lire des histoires que je connais déjà (oui j’admets que c’est un argument quelque peu fallacieux…).

Lolo : Les pavés de Tolstoï, « Anna Karénine » ou « Guerre et paix », mais je compte bien m’y mettre un jour, d’autant que j’adore la littérature russe.

4-Quel est le livre, unanimement jugé mauvais, que tu as « honte » d’aimer ?

Titine : Je vais répondre comme Cryssilda : « Bridget Jones »! Mais j’assume totalement le fait de l’avoir aimé, il ne faut jamais avoir honte d’un livre que l’on a aimé !

Lolo : C’est peut-être présomptueux, mais je ne vois pas.

5-Quel est le livre que tu as le sentiment d’être la seule à aimer ?

Titine : « Le procès-verbal » de Le Clézio qui a obtenu le prix Renaudot lors de sa sortie en 1963. J’ai l’impression que peu de gens l’apprécient, je n’en entends pas tellement parler. Et Lolo n’a pas réussi à le lire ! (oui je dénonce !)

Lolo : Je ne sais pas si je suis le seul à aimer, mais je ne crois pas qu’il a beaucoup de lecteurs : « Amer Eldorado 2/001 » de Raymond Federman, un livre expérimental dans sa forme.

6-Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier ?

Titine : Sans conteste « Oblomov » de Goncharov qui est juste un immense chef-d’oeuvre sur le jumeau russe de Bartleby.

Lolo : « Titus d’Enfer » de Mervyn Peake, un chef-d’oeuvre « fantastique ». Je sais qu’il existe un petit cercle d’admirateurs de ce livre, qui forment comme une communauté d’initiés (du moins en France car il est très connu dans le monde anglo-saxon). C’est sympathique mais ce livre  mérite vraiment d’être plus largement connu.

7-Quel livre ferais-tu lire à ton pire ennemi pour le torturer ?

Titine : Là je n’ai pas d’hésitation : »L’instinct d’Inez » de Fuentes qui pour moi a été une torture totale, j’ai beaucoup souffert durant cette lecture et vous pouvez constater que la cicatrice n’est pas refermée !

Lolo : « La coupe d’or » d’Henry James, qu’est-ce que j’ai ramé pour le finir ! Mais Titine me dit qu’il fait partie des dernières oeuvres d’Henry James, celles qui sont le moins abordables. Je confirme.

8-Quel livre pourrais-tu lire et relire ?

Titine : Je relis peu, j’ai tellement d’envies de lecture que j’ai du mal à reprendre mes livres. Néanmoins, grâce au challenge Jane Austen, j’ai constaté les bienfaits de la relecture. En hommage à ce challenge, je dirais « Orgueil et préjugés » de Austen que j’ai relu avec un immense plaisir.

Lolo : « La conjuration des imbéciles » de John Kennedy Toole. Le « héros », la galerie de personnages, l’histoire (ou plutôt les histoires imbriquées), l’humour, l’excentricité, la Nouvelle-Orléans, etc. : je ne m’en lasserai jamais.

9-Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité ?

Titine : « Les Hauts de Hurlevent » d’Emily Brontë pour le côté passionné sous la tempête et sur la lande !!!

Lolo : « Oblomov » d’Ivan Gontcharov, pour le côté velléitaire et paresseux. C’est tout moi.

10-Quel livre t’a fait verser tes plus grosses larmes ?

Titine : Dernièrement : « Martin Eden » de Jack London, les dernières pages sont déchirantes et mes petits yeux étaient tout humides.

Lolo : L’un des livres qui m’a le plus ému est « Des souris et des hommes » de Steinbeck, dont la fin est déchirante.

11-Quel livre t’a procuré ta plus forte émotion érotique ?

Titine : Je ne l’ai pas encore lu ! Mais je place tous mes espoirs en « Lady Chatterley »…

Lolo : « Sexus » d’Henry Miller. On devrait plutôt parler de pornographie chez Miller. En tout cas, c’est la première fois que je voyais parler de sexe d’une façon aussi crue dans un texte réellement littéraire.

12-Quel livre emporterais-tu sur une île déserte ?

Titine : J’emporte mon petit Marcel avec moi ! L’ensemble de la Recherche du temps perdu devrait me faire oublier que je suis seule sur une île déserte pendant un bon moment. En plus, c’est une oeuvre qui peut se relire à l’infini.

Lolo : « Le château » de Kafka, parce que j’aime l’ambiance et le style, et surtout parce qu’on n’a jamais fini de l’interpréter. Ca m’occuperait un moment.

13-De quel livre attends-tu la parution avec la plus grande impatience ?

Titine : Le dernier Modiano, le dernier Le Clézio notamment mais il y en a plein d’autres.

Lolo : En fait, c’est plutôt une réédition que j’attends, et je me demande bien quand il va enfin réapparaître : « Un peu d’air frais » de George Orwell. Je bous d’impatience.

14-Quel est selon toi le film adapté d’un livre le plus réussi ?

Titine : « Le temps de l’innocence » de Scorsese qui est à la hauteur du chef-d’oeuvre d’Edith Wharton. C’est un film magnifique, d’une grande beauté et avec des acteurs exceptionnels.

Lolo : « Requiem for a dream » de Darren Aronofsky, d’après le roman d’Hubert Selby Jr. On y retrouve la même désespérance, la même noirceur, la même dénonciation de toutes les formes d’addiction, la même atmosphère. Pas très réjouissant a priori, mais le film (comme le livre) est splendide.

 

Je tague Keisha, Tiphanya, Faelys et Béné!

 

Tag « Et sinon quel livre? »

Je suis taggée par Cryssilda qui veut en savoir plus sur ma vie de lectrice. Mon co-blogueur se joint à moi pour répondre car lui aussi aime les questionnaires concernant ses habitudes de lecteur complusif !

1-A quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture ?

Titine : En tant qu’auditrice, Bécassine que ma mère me lisait le soir pour m’endormir. En tant que lectrice, je me souviens surtout « Du bon gros géant » de Roald Dahl que j’ai relu un nombre incalculable de fois.

Lolo : Aussi loin que je me souvienne, un livre de lecture pour enfants avec plein d’images et peu de texte, mais lequel…? Sinon, pour les livres « avec-que-du-texte » : un « Oui-Oui » certainement, mais lequel…?

2-Quel est le chef d’oeuvre « officiel » qui te gonfle ?

Titine : « Le château de ma mère » de Pagnol que j’ai commencé deux fois et qui à chaque fois m’a profondément ennuyée. Je ne sais pas si ce livre est considéré comme un chef-d’oeuvre mais la place de l’auteur dans la littérature française justifie ma réponse.

Lolo : « David Copperfield » de Dickens, car trop de bons sentiments tuent la littérature.

3-Quel classique absolu n’as-tu jamais lu ?

Titine : « Les misérables », « Notre Dame de Paris » de Hugo. J’ai un gros souci avec Victor Hugo dont le lyrisme m’est insupportable. De plus, j’ai vu plusieurs adaptations de chaque, ce qui ne me donne pas envie de lire des histoires que je connais déjà (oui j’admets que c’est un argument quelque peu fallacieux…).

Lolo : Les pavés de Tolstoï, « Anna Karénine » ou « Guerre et paix », mais je compte bien m’y mettre un jour, d’autant que j’adore la littérature russe.

4-Quel est le livre, unanimement jugé mauvais, que tu as « honte » d’aimer ?

Titine : Je vais répondre comme Cryssilda : « Bridget Jones »! Mais j’assume totalement le fait de l’avoir aimé, il ne faut jamais avoir honte d’un livre que l’on a aimé !

Lolo : C’est peut-être présomptueux, mais je ne vois pas.

5-Quel est le livre que tu as le sentiment d’être la seule à aimer ?

Titine : « Le procès-verbal » de Le Clézio qui a obtenu le prix Renaudot lors de sa sortie en 1963. J’ai l’impression que peu de gens l’apprécient, je n’en entends pas tellement parler. Et Lolo n’a pas réussi à le lire ! (oui je dénonce !)

Lolo : Je ne sais pas si je suis le seul à aimer, mais je ne crois pas qu’il a beaucoup de lecteurs : « Amer Eldorado 2/001 » de Raymond Federman, un livre expérimental dans sa forme.

6-Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier ?

Titine : Sans conteste « Oblomov » de Goncharov qui est juste un immense chef-d’oeuvre sur le jumeau russe de Bartleby.

Lolo : « Titus d’Enfer » de Mervyn Peake, un chef-d’oeuvre « fantastique ». Je sais qu’il existe un petit cercle d’admirateurs de ce livre, qui forment comme une communauté d’initiés (du moins en France car il est très connu dans le monde anglo-saxon). C’est sympathique mais ce livre  mérite vraiment d’être plus largement connu.

7-Quel livre ferais-tu lire à ton pire ennemi pour le torturer ?

Titine : Là je n’ai pas d’hésitation : »L’instinct d’Inez » de Fuentes qui pour moi a été une torture totale, j’ai beaucoup souffert durant cette lecture et vous pouvez constater que la cicatrice n’est pas refermée !

Lolo : « La coupe d’or » d’Henry James, qu’est-ce que j’ai ramé pour le finir ! Mais Titine me dit qu’il fait partie des dernières oeuvres d’Henry James, celles qui sont le moins abordables. Je confirme.

8-Quel livre pourrais-tu lire et relire ?

Titine : Je relis peu, j’ai tellement d’envies de lecture que j’ai du mal à reprendre mes livres. Néanmoins, grâce au challenge Jane Austen, j’ai constaté les bienfaits de la relecture. En hommage à ce challenge, je dirais « Orgueil et préjugés » de Austen que j’ai relu avec un immense plaisir.

Lolo : « La conjuration des imbéciles » de John Kennedy Toole. Le « héros », la galerie de personnages, l’histoire (ou plutôt les histoires imbriquées), l’humour, l’excentricité, la Nouvelle-Orléans, etc. : je ne m’en lasserai jamais.

9-Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité ?

Titine : « Les Hauts de Hurlevent » d’Emily Brontë pour le côté passionné sous la tempête et sur la lande !!!

Lolo : « Oblomov » d’Ivan Gontcharov, pour le côté velléitaire et paresseux. C’est tout moi.

10-Quel livre t’a fait verser tes plus grosses larmes ?

Titine : Dernièrement : « Martin Eden » de Jack London, les dernières pages sont déchirantes et mes petits yeux étaient tout humides.

Lolo : L’un des livres qui m’a le plus ému est « Des souris et des hommes » de Steinbeck, dont la fin est déchirante.

11-Quel livre t’a procuré ta plus forte émotion érotique ?

Titine : Je ne l’ai pas encore lu ! Mais je place tous mes espoirs en « Lady Chatterley »…

Lolo : « Sexus » d’Henry Miller. On devrait plutôt parler de pornographie chez Miller. En tout cas, c’est la première fois que je voyais parler de sexe d’une façon aussi crue dans un texte réellement littéraire.

12-Quel livre emporterais-tu sur une île déserte ?

Titine : J’emporte mon petit Marcel avec moi ! L’ensemble de la Recherche du temps perdu devrait me faire oublier que je suis seule sur une île déserte pendant un bon moment. En plus, c’est une oeuvre qui peut se relire à l’infini.

Lolo : « Le château » de Kafka, parce que j’aime l’ambiance et le style, et surtout parce qu’on n’a jamais fini de l’interpréter. Ca m’occuperait un moment.

13-De quel livre attends-tu la parution avec la plus grande impatience ?

Titine : Le dernier Modiano, le dernier Le Clézio notamment mais il y en a plein d’autres.

Lolo : En fait, c’est plutôt une réédition que j’attends, et je me demande bien quand il va enfin réapparaître : « Un peu d’air frais » de George Orwell. Je bous d’impatience.

14-Quel est selon toi le film adapté d’un livre le plus réussi ?

Titine : « Le temps de l’innocence » de Scorsese qui est à la hauteur du chef-d’oeuvre d’Edith Wharton. C’est un film magnifique, d’une grande beauté et avec des acteurs exceptionnels.

Lolo : « Requiem for a dream » de Darren Aronofsky, d’après le roman d’Hubert Selby Jr. On y retrouve la même désespérance, la même noirceur, la même dénonciation de toutes les formes d’addiction, la même atmosphère. Pas très réjouissant a priori, mais le film (comme le livre) est splendide.

 

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La fille perdue de D.H. Lawrence

Alvina Houghton, la fille perdue du titre, vit en cette fin XIXème – début XXème dans la petite ville de Woodhouse en Angleterre. Elle habite une vaste et sombre demeure, Manchester House, avec son fantasque père, sa mère perpétuellement malade, Miss Frost sa nounou, et Miss Pinnegar l’intendante. La famille Houghton fait, avant la naissance d’Alvina, partie de la bourgeoisie de la ville : »Mais retournons au début des années 80, à l’époque où Alvina était bébé, ou plus tôt encore, à la grande époque de James Houghton. Il faisait alors partie de l’élite de Woodhouse. La famille Houghton avait toujours été prospère : une famille de commercçants, certes, mais après quelques générations d’aisance, les commerçants acquièrent un certain cachet. Or à lâge de 28 ans, James Houghton hérita d’un magnifique magasin de textiles à Woodhouse. » Le sens des affaires n’est malheureusement pas le fort de James Houghton, qui à coups de soldes répétées, cause la perte de son magasin. Il investit ensuite dans une mine de charbon qui ferme, puis dans un cabaret-cinéma qui finit de sonner le glas des finances de Manchester house.

Voyant son niveau social se dégrader, Alvina apprend le métier de sage-femme mais elle ne peut laisser son père seul et devient pianiste dans le cabaret-cinéma. Elle y rencontre la troupe des Natcha-Kee-Tawara et surtout l’un d’entre eux : le ténébreux Ciccio.

L’histoire d’Alvina est celle d’une femme entre deux mondes, deux civilisations : l’Angleterre et l’Italie. Ces deux pays s’opposent complètement dans le livre de DH Lawrence. Le nord est en pleine industrialisation ce qui le mènera à sa perte (je souligne au passage que Lawrence était un visionnaire.). L’Angleterre est grise, sombre et extrêmement policée par les conventions sociales. La déclaration de guerre ne fait qu’accentuer le pessimisme de Lawrence sur son pays. A côté de cela, l’Italie du Sud est décrite comme un paradis perdu. Alvina découvre un pays primitif, animal, à la beauté étourdissante : « Un bonheur sauvage, terrible s’emparait d’elle, au-delà du désespoir, mais très semblable à lui. Personne ne la retrouverait jamais. Elle avait franchi les limites de ce monde et gagné celui d’avant ; elle avait rouvert l’éternité de jadis. » On comprend mieux la comparaison entre les deux pays lorsque l’on sait que Lawrence s’est lui-même exilé en Italie.

L’amour d’Alvina est précurseur de celui de « L’amant de Lady Chatterley ». Elle est fiancée par deux fois dans le roman à des hommes respectables à la situation sociale enviable. Elle choisit de se marier à un saltimbamque, un rustre qui parle tout juste l’anglais. Elle est emportée par son instinct, son désir et suit le sauvage Ciccio aux portes de la civilisation au mépris des convenances.

Le mariage selon DH Lawrence ne fait guère envie, les hommes et les femmes en pâtissent sans pouvoir l’éviter. Les hommes sont condamnés à rendre heureuses leurs exigeantes épouses et cette attente de bonheur est qualifiée d' »arrogante et impertinente » par l’auteur. J’ai été très intéressée par ce point de vue qui est rare sur la question, j’ai souvent lu le sentiment des femmes sur le mariage mais peu celui des hommes. Quant aux femmes, elles sont gagnées par la panique à l’idée de devenir vieille fille, de devoir subvenir à leurs besoins mais le mariage les effraie tout autant ! DH Lawrence trouve les femmes « toujours insatisfaites » ! Je me réjouis personnellement de vivre au XXIème siècle et de ne pas avoir eu à choisir entre ces deux positions sociales qui ne peuvent conduire qu’à l’amertume.

« La fille perdue » était mon premier roman de DH Lawrence et j’ai été totalement enchantée par ma découverte. Les thèmes abordés m’ont touchée et fortement intéressée grâce à l’auteur qui y imprime son avis personnel. L’écriture de Lawrence est un bonheur, elle est ironique lorsque l’action se passe en Angleterre et se fait lumineuse, fraîche en Italie. « La fille perdue » est une ode à l’amour véritable, à l’instinct dépouillé des attentes sociales et au soleil de l’Italie !

Les falsificateurs d'Antoine Bello

Sliv Dartunghuver, jeune Islandais tout juste diplômé en géographie, est engagé dans un cabinet d’études environnementales de Reykjavik. Son supérieur, Gunnar Eriksson, lui apprend un jour qu’il travaille parallèlement pour une « organisation internationale occulte », le CFR (le Consortium de Falsification du Réel), dont les agents « échafaudent des scénarios parfaitement plausibles, auxquels ils donnent ensuite corps en altérant des sources existantes, voire en en créant de nouvelles. Autrement dit, ils modifient la réalité. » Parmi les hauts faits d’armes du CFR : la chienne Laïka, envoyée dans l’espace par les Soviétiques en 1957, n’a jamais existé ! Eriksson souhaite recruter Sliv, voyant dans le jeune homme un agent plein d’avenir. D’abord réticent, ce dernier accepte par curiosité intellectuelle et par goût du jeu.

Quel but poursuit le CFR ? Qui est à sa tête ? Depuis quand existe-t-il ? Antoine Bello nous trimbale pendant presque 600 pages avec ces questions dans la tête, et dans celle de son héros. Sliv aimerait percer le secret et doit pour cela gravir les échelons de l’organisation. Le CFR ne semble motivé ni par l’argent et ni par le pouvoir, mais plutôt par des considérations humanistes comme en attestent les « trois binômes de valeurs fondatrices » : « tolérance et relativité, liberté de corps et d’esprit, science et progrès ». Cependant, il n’hésite pas à employer des méthodes radicales lorsqu’il est menacé d’être découvert. Sliv navigue alors entre son attirance pour un travail intellectuellement stimulant et ses doutes quant aux buts ultimes de l’organisation.

Le mode d’organisation du CFR s’apparente plus à celui d’une grande multinationale ou d’une haute administration qu’à celui d’une société secrète. Il  motive ses agents par d’alléchantes perspectives de carrière et un travail à forte dose d’adrénaline. La rivalité fait rage pour parvenir aux meilleurs postes. Sliv est d’ailleurs toujours en compétition avec la belle et ambitieuse Lena Thorsen. Comme les autres, il se grise de pouvoir influencer le cours de l’histoire et de provoquer les évènements. Ce qui amène cette réflexion : notre connaissance du monde se base-t-elle sur des faits avérés ? Qu’est-ce que la vérité ? Qui écrit l’Histoire ? Où se situe la frontière entre fiction et réalité ? De tout cela il ressort du moins que la manipulation de l’information semble bien être à la base de tout pouvoir.

Antoine Bello, lorsqu’il invente cette histoire, n’agit-il pas comme Sliv lorsqu’il écrit ses scénarios et fabrique les preuves qui les rendront viables ? L’écrivain lui aussi mobilise toutes les ressources de son imagination pour créer un univers qui emportera l’adhésion de son lecteur. Vu sous cet angle, ce livre sonne comme un hommage à la littérature et au pouvoir de la création. Mais il reste avant tout un thriller accrocheur, malgré quelques longueurs, suffisamment pour donner envie de lire la suite, « Les éclaireurs », et percer enfin le mystère du CFR.