Au voleur de Sarah Leonor

L’histoire d’Isabelle (Florence Loiret-Caille) et de Bruno (Guillaume Depardieu) est née d’un malentendu. Isablle se fait renverser par une voiture à la sortie d’un café et Bruno se précipe auprès d’elle. Elle pense qu’il prend soin d’elle alors qu’il lui fait les poches. Bruno vit effectivement de petits larcins, il vole toutes sortes d’objets et les revend. Isabelle fait tout pour retrouver son soit-disant sauveur et une fois cela fait, ces deux-là ne se quitteront plus.

Après avoir été dénoncé par un autre voleur, Bruno est poursuivi par la police. Isabelle, prof d’allemand remplaçante, abandonne tout pour suivre Bruno. Là le film de Sarah Leonor bascule, nos deux fuyards vagabondent dans la campagne d’Ile-de-France. Ils semblent totalement seuls au monde, vivent en harmonie dans une nature luxuriante. La joie de vivre domine cette partie du film d’une beauté élégiaque. Sarah Leonor s’inspire semble-t-il du « Badlands » de Terrence Malick où Martin Sheen et Sissy Spacek fuient à travers le désert du Dakota après avoir commis un meurtre. Terrence Malick est un grand amoureux de la nature et il ne cesse de lui rendre hommage, de la sublimer à travers son oeuvre. La référence à Terrence Malick est renforcée par la sublime bande-son de « Au voleur » constituée de folk américain et de musique native américaine. Cette musique contribue à notre dépaysement, on finit par oublier que l’on est en France. Isabelle et Bruno semblent évoluer dans un territoire indéfini et primitif.

La grande réussite de ce film vient également du jeu des deux acteurs principaux. « Au voleur » est l’avant-dernier film tourné par Guillaume Depardieu et c’est avec émotion qu’on le retrouve. Il est, comme toujours, parfait. Il incarne avec bonheur, légèreté, le personnage de Bruno.  Comme souvent dans sa filmographie, son personnage vit dans la marge, en dehors des règles de la société et cela lui correspond à merveille. Sa partenaire est également une grande actrice que l’on ne voit que trop peu dans des premiers rôles. Son personnage se libère totalement dans la nature, elle s’épanouit aux côtés de Bruno. Leur duo fonctionne parfaitement et on s’attache à ces deux personnages en dehors de la civilisation, vivant sans entrave leur amour.

« Au voleur » est un film d’une grande poésie, gracieux comme la nature sauvage où évoluent Isabelle et Bruno. Il s’en dégage une forte liberté mais aussi beaucoup de douceur. J’ai eu un gros coup de coeur pour ce film et pour ces deux formidables acteurs.

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