Indice des feux d’Antoine Desjardins

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« Indice des feux » est un recueil de sept nouvelles qui ont toutes pour point commun le désastre écologique qui nous guette. Montée des eaux inquiétantes, disparition des baleines, arrivée en ville de coyotes, disparition soudaine des oiseaux, voilà ce qui constitue le fond des histoires racontées par Antoine Desjardins. Ce monde en pleine crise environnementale crée une profonde anxiété chez les personnages. Comment continuer à vivre alors que tout part à la dérive ? Doit-on accepter que rien ne dure et que le pire est à venir ? Comment sauver ce qui peut l’être ?

Le ton des nouvelles d’Antoine Desjardins est mélancolique et souvent sombre comme dans la nouvelle qui ouvre le recueil « A boire debout ». L’auteur y met en scène un adolescent atteint d’un cancer foudroyant. Derrière les murs de l’hôpital, il regarde le monde s’effondrer, se liquéfier. Sa mort annoncée s’ajoute à celle du monde qui l’entoure pour donner un effet saisissant.

Mais il y a parfois des éclaircies dans les textes de « Indice des feux ». Au cœur du livre se trouve « Feu doux ». Le personnage de Louis, radical et lucide, semble nous montrer la voie à suivre et ce qui nous manque aujourd’hui : « Je te dis, Cédric. Çà sert à rien d’essayer de sauver la planète, les océans, la forêt amazonienne ou les koalas. Ce qu’il faut sauver…ce qu’il faut rétablir, soigner, rapiécer, c’est notre relation au monde dans lequel on vit trop souvent en surface, sans y être vraiment. Sauver notre relation à la nature, au vivant, parce que tout le reste en dépend. Tu me suis. » Louis a d’autres alliés dans le recueil, d’autres personnages respectent et comprennent la nature : la tante Angèle de « Générale » dont la fin est glaçante, le grand-père du narrateur de « Ulmus americana » qui prend ardemment soin de son orme. Cette nouvelle clôt le recueil et l’histoire du grand-père et de son arbre est de celle qui serre le cœur et fait monter les larmes aux yeux.

Toutes les nouvelles n’ont pas la même force percutante mais toutes sont intrigantes, inquiétantes et nous questionnent. La langue d’Antoine Desjardins est vivante, inventive et imagée. Elle exprime parfaitement la détresse, la perte de sens mais également l’infinie tendresse qui peut exister entre les êtres.

Une réflexion sur “Indice des feux d’Antoine Desjardins

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