
Au printemps 2020, Emily, Nell et Maisie, les trois filles de Lara et Joe, rejoignent la ferme familiale dans le Michigan. Le confinement permet à la famille Nelson de se retrouver. Émilie va reprendre la cerisaie mais Maisie suit des études de vétérinaire et Nell est comédienne. Le temps est venu de cueillir les cerises du verger, chacun participe à la tâche. Pour alléger le travail, les filles demandent à leur mère de leur raconter un épisode de sa jeunesse : l’été où elle vécut une éphémère histoire d’amour avec Peter Duke qui devint un célèbre acteur par la suite. A l’époque, Lara était elle-même actrice et elle interprétait le rôle d’Emily dans « Notre petite ville » de Thornton Wilder. Une carrière prometteuse s’offrait à elle et cet été-là a totalement changé sa vie.
« Un été à soi » offre à ses lecteurs un moment suspendu emprunt d’une grande sérénité. Ann Patchett s’intéresse une nouvelle fois aux liens qui unissent les membres d’une famille comme dans « Oranges amères » et « La maison des Hollandais ». La narration alterne entre le présent et le passé. La transition entre les deux temporalités se fait avec fluidité, avec une douceur qui imprègne l’ensemble du roman. Petit à petit, Lara dévoilera à ses filles les choix qu’elle a fait et qu’elle n’a jamais regretté. « Un été à soi » est une réflexion sur le temps, les souvenirs, la famille, l’amour et les hasards qui, parfois, décident pour nous. Ann Patchett parvient à rendre la beauté des paysages, la passion des amours de jeunesse, la chaleur de certains souvenirs qui peuvent sembler ordinaires (une journée dans une ferme reste pour les personnages un moment idéal et lumineux).
« Un été à soi » laisse une sensation d’apaisement, de réconfort et d’infinie délicatesse.
Traduction Hélène Frappat