Bilan livresque et cinéma de juillet

Six romans m’ont accompagnée pendant le mois de juillet :

-« Emma M. Lion, volume 1 » de Beth Brower, quoi de mieux que de débuter le mois avec cette petite merveille à l’humour piquant ?

-« Mariage fantôme » qui m’a permis de retrouver la plume délicate et sensible de David Park,

-« Le visage de nuit » où Cécile Coulon nous replonge dans un conte gothique au Fond du puits avec un personnage principal bouleversant,

-« Les invisibles », le talent de R.J. Ellory est encore à l’œuvre dans ce roman noir, très noir,

-« Emma M. Lion, volume 2 », impossible de résister très longtemps à la délicieuse héroïne de Beth Brower,

-« Été », la nouvelle traduction de Julie Wolkenstein m’a donné envie de relire ce grand roman d’Edith Wharton.

 

Côté cinéma, j’ai vu six films dont voici mon préféré :

Dans trois heures aura lieu la première de « Macbeth » mis en scène par Nina. C’est également sa première en tant que metteuse en scène. Le moins que l’on puisse dire, c’est que tout ne va pas se dérouler comme prévu. Tout commence à l’entrée des artistes où Nina a oublié son badge et manque de se faire mettre à la porte par un gardien zélé. Puis, elle découvre que sa Lady Macbeth est coincée à Brest en raison d’une grève des transports. Ses acteurs ne vont pas beaucoup l’aider non plus : Macbeth est égocentrique et mesquin, une sorcière ne comprend rien à la pièce, le prince fantôme a de multiples superstitions et une actrice se détend en fumant un joint à la cantine. Le lever de rideau sur le « Macbeth » de Nina aura-t-il bien lieu ?

Attention, régal absolu ! La comédie de Martin Darondeau et Bertrand Usclat est hilarante, les dialogues sont ciselés et piquants, le tempo virevoltant. Le film se moque gentiment des acteurs du français tout en montrant l’envers du décor et l’incroyable travail que nécessite une pièce de théâtre. Tous les acteurs viennent évidement de la Comédie française (même Eric Ruff, l’ancien directeur, est présent pour un amusant clin d’œil) : Laurent Stocker parfait en cabotin, Marina Hands, Julien Frison, Adeline d’Hermy, Guillaume Gallienne, le formidable et drôlissime Christian Hecq et la délicieuse et irrésistible Pauline Clément. Tous ont l’air de follement s’amuser et c’est contagieux.

Et sinon :

  • « In waves » de Phuong Mai Nguyen : En 2019 sortait le roman graphique de AJ Dungo où il racontait sa découverte du surf grâce à Kristen dont il était amoureux. Malheureusement, la jeune femme tomba gravement malade et mourut à 24 ans d’un cancer des os. L’histoire bouleversante de ce jeune couple est parfaitement retranscrite sur grand écran avec la même sensibilité et la même pudeur. Ce douloureux récit d’apprentissage est magnifié par les couleurs vives et chatoyantes de Phuong Mai Nguyen ce qui change du choix chromatique de la BD où les pages se déclinaient en bleu. L’histoire de AJ Dungo et Kristen, qui survit à travers l’art, est toujours infiniment touchante.

 

  • « The last viking » d’Anders Thomas Jensen : Avant de partir en prison pour braquage, Manfred confie son butin à son frère Anker. Il doit l’enterrer près de leur maison d’enfance dans les bois. Après quinze ans derrière les barreaux, Manfred retrouve son cadet qui se prend pour John Lennon et ne supporte pas qu’on l’appelle Anker. La chasse au trésor ne sera pas aussi simple qu’il l’avait imaginé. « The last viking » commence comme comme une comédie noire, déjantée et grinçante. Les deux frères croisent sur leur route des personnages tous plus loufoques les uns que les autres et ils donnent un côté absurde à cette histoire. Mais Anders Thomas Jensen nous entraine sur un tout autre terrain et il sera question de famille, de traumas, de maltraitance. L’intrigue se concentre alors sur le lien fraternel et devient infiniment touchant. Mads Mikkelsen montre un visage inédit avec ce personnage vulnérable, lunaire et profondément blessé.

 

  • « La chaleur » de Stéphane Demoustier : Marouane, 17 ans, passe des vacances en famille dans un camping des Landes. Il est timide, garde son tee-shirt et ses claquettes-chaussettes où qu’il soit et est peu loquace. Tout le contraire de son pote Noé qui parle sans cesse et est venu pour draguer. Lors d’une soirée, une altercation avec un garçon populaire finit en drame. Il passe accidentellement au-dessus d’une balustrade et décède. Marouane panique et décide d’enterrer le corps dans le sable. « La chaleur » est le récit du calvaire de Marouane, oppressé par la culpabilité. Il erre dans les allées du camping où tout le monde s’amuse et désespère de partir un jour alors que ses parents ne cessent de retarder leur départ. On ressent à chaque instant le cauchemar vécu par Marouane, renforcé par la mère du garçon disparu qui lui pose beaucoup de question. Le jeune homme doit prendre un choix crucial qui changera le cours de sa vie. Stéphane Demoustier est décidément un cinéaste passionnant et surprenant qui rend toujours parfaitement compte de la psyché de ses personnages.

 

  • « Des minions et des monstres » de Pierre Coffin : Après avoir cherché le plus méchant des méchants, les minions se retrouvent à Hollywood à la fin des années 20. Ils sont engagés pour un film et rencontrent un certain succès. Malheureusement, lorsque le cinéma devient parlant, le baragouinage des minions est rédhibitoire. James, l’artiste de la bande, va alors tenter de réaliser son propre film. Cet opus de la saga des minions n’est pas le plus réussi. L’intrigue manque de rythme et part un peu dans tous les sens. En revanche, tout ce qui tourne autour du cinéma est très réussi. Les minions se retrouvent dans les premiers films du cinéma comme « L’arrivée d’un train en gare de la Ciotat » ou « L’arroseur arrosé ». Ils croisent Charlie Chaplin, Buster Keaton, Harold Lloyd, rejouent « Citizen Kane ». Ces références sont un bel hommage au cinéma.

 

  • « Comète » d’Elie Wajeman : Une comète traverse le ciel de Paris ce qui fait naître la curiosité de ses habitants. Ils sont dix huit à évoluer dans le nouveau film d’Elie Wajeman. Il y a Albert, soulagé de revoir un ami à sa sortie de l’hôpital psychiatrique, Anna qui retrouve son père après de longues années d’absence, une journaliste en pleine séparation, une troupe de théâtre répétant du Tchekov, etc … Les scènes couvrent plusieurs genres : polar, comédie, love story, etc … Les récits s’enchainent avec rythme et les personnages finissent pour se croiser. Certaines histoires ont un goût de trop peu mais les acteurs semblent beaucoup s’amuser.

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