Bilan livresque et cinéma d’août

Septembre est déjà là, il est donc temps de faire mon bilan du mois d’août. J’ai lu huit livres :

-« Rien n’est noir » qui allie le talent de Claire Berest à celui de Paulina Spucches qui met en couleurs la vie de Frida Kahlo et de Diego Rivera,

-« Une année à Paris, avec Gertrude Stein » m’a permis de retrouver l’esprit vif et fourmillant d’idées de Deborah Levy,

-« Les filles d’Oxford » de Joanna Miller fut un grand plaisir de lecture, le roman évoque les premières jeunes filles à étudier à la prestigieuse université d’Oxford,

-« Un été à soi » est le troisième roman d’Ann Patchett que je lisais et j’ai été à nouveau séduite par sa manière de parler de la famille et la douce lumière qui imprègne son intrigue,

-une nouvelle traduction d’Elizabeth von Arnim est toujours à saluer, même si « Un été à la montagne » n’est pas mon préféré de l’autrice, il reste très amusant,

-« Le nid » est l’un des premiers romans de Shirley Jackson où l’on retrouve son art de créer une ambiance étrange et son intérêt pour la place de la femme dans la société,

-« Chimère » de Julia Wolkenstein est un très bel et ludique hommage au « Portrait de femme » d’Henry James,

-j’ai terminé le mois d’août avec le court et original roman de Constantia Sotiriou « Ledra Palace ».

Côté cinéma, je n’ai pu voir que deux films :

-« Soudain » de Ryüsuke Hamaguchi : Marie-Lou est directrice d’un Ehpad où elle souhaite mettre en place progressivement une méthode nommée Humanitude. Celle-ci consiste à prendre en compte les résidents avec bienveillance, à ne pas oublier qui ils furent et à les considérer comme des personnes à part entière malgré la perte de leurs facultés cognitives. Cela demande beaucoup de temps, d’attention et Marie-Lou rencontre des blocages auprès des infirmières et aides-soignantes qui demandent plus de moyens. Fatiguée, au bord du burn out, elle fait la connaissance de Mari, une metteuse en scène de théâtre japonaise dont elle a vu et apprécié le travail. Les deux femmes se lient rapidement d’une amitié profonde où leurs échanges nourrissent leur travail respectif. Mais cette belle relation est vouée à s’achever tragiquement car Mari est atteinte d’un cancer métastatique.

Ryüsuke Hamaguchi, qui avait réalisé « Drive my car », a l’art de réaliser des films atypiques et marquants. Je n’ai pas tout apprécié dans « Soudain », certains passages (sur l’Humanitude ou le capitalisme) sont extrêmement didactiques et sonnent un peu faux dans les conversations de Marie-Lou et Mari. Heureusement, le film propose également un message bouleversant sur le soin à apporter aux personnes âgées. La délicatesse, avec laquelle elles sont traitées, est d’une précieuse humanité. La relation entre les deux femmes est au centre du film et elle est d’une beauté saisissante. On les suit entre la France et le Japon, leurs discussions, souvent philosophiques, sont le souffle de l’intrigue. Virginie Efira et Tao Okamoto sont totalement habitées par leurs rôles. « Soudain » est par moments un peu long et trop explicatif mais il s’avère être un long-métrage poignant sur la fin de vie.

-« Le triangle d’or » d’Hélène Rosselet-Ruiz : Laura, jeune banlieusarde qui se destine à l’armée, passe un entretien d’embauche pour entrer au service d’une patronne exigeante dans un hôtel particulier parisien. La jeune femme est disponible sept jours sur sept et accepte d’être payée au noir. La voilà engagée à répondre aux moindres caprices de madame, venue du Golfe, et de monsieur. Laura a besoin d’argent et accepte sans broncher leurs demandes extravagantes. Bientôt, elle prend conscience que madame, Souria, est autant enfermée dans la maison qu’elle. Maîtresse d’un homme marié, elle est recluse et doit obéir sous peine de disparaître.

Le premier film d’Hélène Tosselet-Ruiz est un formidable thriller psychologique, un huis-clos étouffant. La première scène est formidable et donne le ton. L’entretien pour le poste de domestique ne nous est montré que par les caméras de surveillance dont l’hôtel particulier est truffé. Laura et Souria évoluent dans une cage dorée et sous surveillance étroite. La réalisatrice joue sans cesse avec les images de ces caméras. L’intrigue montre le rapprochement entre Laura et Souria, la plus à plaindre n’étant pas celle que l’on croyait au début. Avec les deux femmes, se trouve un troisième personnage important : l’homme de main de monsieur qui doit les surveiller mais qui, lui aussi, est contraint à être là et finira par avoir de l’empathie pour la prisonnière. « Triangle d’or » est un premier long-métrage réussi, maîtrisé, au casting impeccable : Malou Khebizi et Soundos Mosbah dans les rôles principaux.

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.