Un été en montagne d’Elizabeth von Arnim

Juillet 1919, la narratrice revient dans son chalet suisse à flanc de montagne. Son dernier séjour remonte à 1914, avant la guerre qui a totalement bouleversé son monde. Ce lieu de villégiature fut le cadre d’étés insouciants réunissant de nombreux amis. Aujourd’hui, la narratrice s’y retrouve seule, à l’exception d’un couple de domestiques, et oscille entre profonde tristesse et tentative de retrouver sa joie de vivre. « Délice de penser qu’au bout du compte on n’est pas mort, qu’on ne va pas mourir encore cette fois, mais qu’on va bientôt aller très bien et être capable de revenir à ses amis, aux personnes qui continuent de vous aimer… » Des amies, elle va s’en faire deux nouvelles lors de son séjour. Deux soeurs, veuves, se perdent durant une marche et sont accueillies par notre narratrice. Celle-ci retrouve la plaisir d’avoir des invitées mais ces dernières semblent cacher quelque chose.

« In the mountains » a été publiée en 1920 et prend la forme d’un journal écrit de juillet à octobre 1919. Comme souvent chez Elizabeth von Arnim, le texte a une part autobiographique. Même si celui-ci n’est pas le meilleur de son autrice, je l’ai trouvé très amusant. La narratrice est par moment un brin ridicule (pour son anniversaire, elle veut absolument s’occuper des tâches ménagères pour transpirer !) et elle décrit merveilleusement des situations absurdes (j’ai particulièrement souri lorsqu’elle tente désespérément de réveiller ses deux invités endormies depuis longtemps dans son salon). La description de la sœur ainée est également pleine d’humour, elle devient, pour la narratrice, insupportable d’altruisme et de sollicitude.

Mais sous la légèreté, Elizabeth von Arnim évoque un monde meurtri par la première guerre mondiale où chaque famille a été endeuillée. La société, qu’a connue la narratrice, a complètement disparu et elle s’interroge beaucoup sur sa capacité à être heureuse après de tels évènements.

Je ne me lasse pas de découvrir de nouveaux textes d’Elizabeth von Arnim (merci aux éditions Arfuyen pour les différentes publications récentes, même si le texte est rempli de coquilles ou d’omissions) qui sont si variés et toujours plein d’ironie.

Traduction Paul Decottignies

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