Une année à Paris, avec Gertrude Stein de Deborah Levy

« Gertrude Stein voulait tuer le XIXe siècle. Le XXe semble vouloir se suicider. » La narratrice est venue s’installer à Paris, près de la place Maubert, pour écrire un essai sur Gertrude Stein. Elle cherche la trace de l’écrivaine dans la capitale : 27 rue de Fleurus où elle ouvrit une galerie avec son frère Léo, 5 rue Christine, au Père-Lachaise où elle repose aux côtés de sa compagne Alice B. Toklas. La narratrice peine à rédiger son essai, la prose de Gertrude Stein n’est pas des plus limpides. Ces amies (Eva qui a perdu son chat et est dessinatrice, Fanny qui travaille dans la finance et collectionne les conquêtes) ne cessent de lui conseiller d’arrêter ses recherches : « Elle pense que Gertrude me déprime. C’est vrai, Gertrude me transmet une sorte de tristesse. Lire sa prose est épuisant. Ne jamais parvenir à entrer dedans. D’une certaine façon, il était écrit que je devais prendre sa défense. » 

La narratrice de « Une année à Paris, avec Gertrude Stein » évoque bien entendu Deborah Levy elle-même. Le livre entremêle la vie quotidienne de la narratrice et celle de Gertrude Stein, écrivaine moderniste et grande collectionneuse notamment de Matisse ou Picasso dont elle fut l’amie. La vie de cette dernière apparaît par bribes mais finalement nous en apprenons beaucoup sur elle. L’autrice cherche à comprendre ce qui fait la modernité de Stein, comment elle inventa une nouvelle langue pour se réinventer. Le livre de Deborah Levy est une flânerie dans les rues de Paris, notamment à la recherche du chat d’Eva nommé le fil, et dans l’œuvre de Stein qui est fréquemment citée.

Comme dans son autobiographie en trois volumes, le propos de Deborah Levy peut sembler décousu mais c’est une pensée en mouvement, qui se construit au fil des rencontres, des détails du quotidien auxquels elle porte toujours attention. Cette liberté narrative fait tout le charme et tout le sel de cette autrice. 

Traduction Céline Leroy

Une réflexion sur “Une année à Paris, avec Gertrude Stein de Deborah Levy”

  1. Si je le trouve à la médiathèque, je le lirai car j’aime beaucoup ce genre de livre où l’auteur/autrice s’implique personnellement face à son sujet. Et puis Gertrude Stein a côtoyé et soutenu tant d’artistes qu’elle est forcément une figure très intéressante.

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