
1831, Antoinette Cosway, issue d’une famille d’anciens propriétaires d’esclaves de la Jamaïque, vit sous la protection de son beau-père, le riche M. Mason. La jeune femme a perdu son jeune frère dans un incendie, un drame qui a fait perdre la raison à sa mère. Après de premières fiançailles avortées, Antoinette se voit promise à Edward Rochester, le second fils d’un homme richissime. Son frère aîné lui a donc trouvé une épouse suffisamment fortunée pour compenser l’héritage familial qu’Edward ne touchera pas. Antoinette tombe sous le charme de cet anglais passionné de botanique et de voyages. Son caractère ténébreux et impénétrable ne laisse pas présager de ce que sera la vie d’Antoinette en Angleterre.
Comme Jean Rhys avant elle dans « La prisonnière des Sargasses », Lilia Hassaine décide de donner la parole à la première épouse de Rochester, « la folle du grenier ». L’autrice a d’ailleurs conservé le nom de famille choisi par Jean Rhys. Dans ce roman, elle a choisi d’aborder le thème du gaslighting. Elle décrit parfaitement le mécanisme de manipulation mentale mis en œuvre par Rochester pour faire passer Antoinette (qu’il renomme Bertha) pour folle. L’emprise est au cœur du roman de Lilia Hassaine et cela m’a donné l’impression que la réécriture de « Jane Eyre » était un prétexte plutôt qu’un véritable intérêt pour l’œuvre de Charlotte Brontë. Autant « La prisonnière des Sargasses » m’avait semblé compléter et enrichir « Jane Eyre », autant « Je » ne me semble pas apporter de plus-value. Et inversement, utiliser ce classique de la littérature anglaise ne me semble pas apporter grand chose à ce que Lilia Hassaine veut dénoncer.
Même si je n’ai ressenti aucun déplaisir durant ma lecture, je n’ai pas été convaincue par cette réécriture de « Jane Eyre », j’ai plutôt eu la sensation d’être totalement déconnectée de l’œuvre originale.