
En 1994, G. Osmond, photographe et collectionneur d’objets d’art, décède après avoir été poussé par-dessus un parapet du piazzale dei Martiri à Rome. Il semble que sa chute résulte d’une altercation avec une femme, Serena Merle. Vingt six ans après les faits, le petit-fils de la victime, Henri, cherche à en savoir plus sur son grand-père et sur les évènements qui ont entrainé sa mort. Cinq femmes vont se succéder pour raconter leur vérité et leurs souvenirs.
« Chimère » s’ouvre sur une citation d’Henry James, que Julie Wolkenstein connait si bien : « On ne dit jamais tout. » Chacune des narratrices va faire la preuve de la justesse du romancier américain. La narration se fait de façon différente pour les cinq femmes : un long mail envoyé au petit-fils de la victime, un monologue, des notes pour un article de journal, des séances de psy et une narration classique à la troisième personne du singulier. Les faits sont ainsi étudiés sous des angles variés et nous entrainent à Paris, Rome, Florence ou Saint-Pair-sur-Mer des années 70 à l’année 2024. Comme tout bon polar, de nombreux secrets, des deuils, des histoires d’argent émaillent la vie de cette famille. Le lecteur pourra s’amuser à reconstituer le puzzle, à déjouer les fausses pistes semées avec malice par Julie Wolkenstein. La galerie de personnages est particulièrement riche.
Hommage à « Portrait de femme », ce qui n’a évidemment rien pour me déplaire, et aux polars que Julie Wolkenstein affectionne, « Chimère » m’a totalement enchantée. La fluidité de la prose de l’autrice, la construction astucieuse du roman ont grandement contribué à mon plaisir de lecture.