Bilan plan Orsec et films de septembre

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Un mois de septembre tourné entièrement vers les États-Unis grâce à mon challenge, vous trouverez mon bilan ici.

Un mois de septembre cinématographiquement sympathique mais avec un seul vrai coup de cœur :

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En 1954, Dennis Stock est un photographe en mal de reconnaissance. Il est à Hollywood, participe aux soirées mais toujours pour son travail, à l’écart du glamour. C’est lors du lancement de « A l’est d’Eden » d’Elia Kazan qu’il repère un jeune premier : James Dean. Stock sent tout de suite le potentiel et le charisme du jeune homme. Il le harcèle pour réaliser une séance photo avec lui. L’excellente idée de Anton Corbijn (réalisateur d’un précédent et superbe biopic sur Ian Curtis intitulé « Control ») est de consacré son film à Dennis Stock et non à James Dean. Les photos qui ont été réalisées font aujourd’hui partie de la légende de l’acteur. Le film montre la manière dont le photographe finit par obtenir une connivence, un laisser-aller chez ce jeune premier qui refuse les codes du système. Les deux hommes se lient, se rapprochent malgré leurs différences : l’attitude cool et détachée de Dean s’opposant à l’angoisse et au mal être de Stock. Robert Pattinson et Dane DeHaan contribuent à la réussite du projet, deux belles compositions d’acteurs qui redonnent vie à Stock et Dean.

Et sinon :

  • « Dheepan » de Jacques Audiard : Trois Sri Lankais arrivent en France après avoir fui la guerre civile. Un couple et une petite fille qui se sont constitués en famille pour pouvoir quitter leur pays, ils ne se connaissaient pas avant. Ils se retrouvent en banlieue parisienne, l’homme, Dheepan, devient gardien d’une barre d’immeuble. Le film sera celui de leur lente acclimatation à un nouveau pays, une nouvelle langue et une nouvelle famille. Jacques Audiard pose subtilement sa caméra sur ses étrangers qui tentent de comprendre ce nouveau monde où ils viennent d’arriver et de créer l’illusion d’une famille. On est proche des frères Dardenne et de leur cinéma humaniste et social. Et d’un seul coup, le film bascule dans le polar de manière incompréhensible et artificielle. C’est bien dommage car les 3/4 du film sont vraiment réussis et servis par trois acteurs au jeu tout en pudeur et en finesse.
  • « Marguerite » de Xavier Giannoli : Marguerite aime passionnément le chant, il est sa raison de vivre face à un mari qui la délaisse et la trompe. Elle organise des galas de charité où elle peut exercer son art. Ce que personne ne lui dit, c’est qu’elle chante affreusement faux. Mais Marguerite est riche, très riche. Tout le monde lui ment par peur, par hypocrisie, par amour. Le film de Xavier Giannoli est inspiré de la vie de Florence Foster Jenkins, cantatrice américaine calamiteuse du début du 20ème siècle. « Marguerite » est particulièrement bien léché, les décors et costumes sont splendides. L’intrigue aurait mérité d’être débarrassée de certaines scories inutiles comme l’histoire d’amour du journaliste et de la jeune chanteuse. Le film vaut surtout pour la prestation de Catherine Frot, absolument parfaite et juste.
  • « Agents très spéciaux, code UNCLE » de Guy Ritchie : Si vous cherchez un divertissement sympathique, sans prétention et rythmé, les agents très spéciaux sont pour vous. Le film est l’adaptation d’une série des années 60. Napoleon Solo, ancien cambrioleur recruté par la CIA, se retrouve contraint de travailler avec Illya Kuryakin, agent du KGB, autour de l’enlèvement d’un chercheur dans le domaine du nucléaire. Pétillant, glamour, le film de Guy Ritchie vous fera passer un bon moment avec un petit plus : un humour so british.
  • « Queen of earth » de Alex Ross Perry : Une trentenaire new-yorkaise vient se réfugier dans la maison de campagne de sa meilleure amie après le décès de son père, un artiste reconnu pour qui elle travaillait. Son petit ami vient également de la larguer. Les deux amies semblent sans cesse chercher l’affrontement et l’on se rend compte qu’un an auparavant les rôles étaient inversés. C’est un film très étrange, très troublant de part la relation entre les deux femmes. Les deux actrices, Elisabeth Moss et Katherine Waterston, sont très bien, très impliquées. Mais je ne suis pas rentrée dans le film, j’ai eu l’impression qu’il tournait en rond sans que je puisse en comprendre le sens.

Bilan du mois américain

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Nous voici déjà au 30 septembre, date de clôture du mois américain. Le temps du bilan est donc arrivé.

J’ai publié 13 billets durant ce mois de septembre allant du roman, à la biographie, à  la bande-dessinée en passant par les séries. Des confirmations et des découvertes ont émaillé ce mois de septembre :

-définitivement, j’aime le travail de Jeffrey Eugenides qui construit de livre en livre, une œuvre originale et variée ; la langue âpre et le féminisme de Toni Morrison continuent à me séduire et il me faut poursuivre la découverte de son œuvre ;

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-les découvertes sont toutes tournées vers un genre que j’adore : le roman noir/polar. Après avoir été enchantée par la BD consacrée au personnage de Richard Stark, il  faut donc maintenant que je m’attaque aux romans. J’ai enfin découvert le fameux Harry Bosch en mots et en images, il était temps ! Un écrivain que j’avais écouté au festival America de Vincennes et que j’ai enfin lu : Richard Price, sa noirceur, son talent de dialoguiste m’ont emportée ;

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-le coup de cœur du mois américain 2015 aura attendu le dernier moment pour faire son apparition : « Le fils » de Philipp Meyer, parfaitement construit et mené, ce roman sur les origines du Texas nous emporte loin et fait montre d’un grand talent d’écrivain.

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Un grand merci à tous les participants de ce mois américain (le billet récap des nombreux billets ici), je vous retrouve dans un an pour notre virée annuelle aux États-Unis ! 2016 sera l’année du Festival America qui aura lieu du 8 au 11 septembre, save the date !

Bilan plan Orsec et films d’août

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Après un mois de juillet pléthorique, retour à la normale avec cinq livres lus et une bande-dessinée. Comme vous pouvez le constater, toutes ces lectures sentent bon les États-Unis et l’arrivée du mois américain ici-même. Je vous retrouve donc, avec plaisir, à partir du 1er septembre pour parler de culture américaine.

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Un mois d’août un peu morose au niveau cinématographique, pas vraiment de coups de cœur mais des films néanmoins intéressants, très différents les uns des autres et dont deux sortent un plus du lot.

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Dans les années 80 en Tchécoslovaquie, Anna est acceptée dans l’équipe nationale d’athlétisme. Elle court le 200 mètres. A l’époque, les athlètes communistes doivent être les meilleurs, peu importe de quelle manière. C’est ainsi qu’Anna reçoit des piqûres d’anabolisants. Elle fait un grave malaise suite à cela mais sa mère veut à tout prix qu’elle soit qualifiée aux Jeux Olympiques. L’ambiance de l’ancienne Tchécoslovaquie est parfaitement rendue, l’inquiétude sourd de chaque situation. La pression mise sur les épaules d’Anna est implacable, elle doit choisir entre son rêve sportif ou sa santé. La force et l’intégrité de la jeune femme sont absolument remarquable. De son côté, sa mère tente de faire en sorte que sa fille puisse s’enfuir à l’ouest, s’échapper de ce pays sans avenir. Sans pathos, Andrea Sedlackova nous montre ce qu’était la vie d’une jeune sportive dont les espoirs sont gâchés par la dictature.

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Après la mort de leur chanteur, un groupe de vieux punks décide de faire quand même leur tournée aux États-Unis avec lui. Il leur faut tout d’abord récupérer l’urne funéraire chez le frère du défunt, un riche bourgeois très éloigné des idéaux de notre bande (la scène est absolument irrésistible). Nos amis découvrent ensuite que leur chanteur vivaient depuis des années avec un militaire. Ce dernier veut les suivre aux USA. La cohabitation s’annonce difficile. Voilà un petit film hautement sympathique, totalement loufoque comme nos amis belges savent l’être. Un film plein de tendresse sur l’amitié avec Bouli Lanners qui est comme toujours parfait.

Et sinon :

  • « Coup de chaud » de Raphaël Jacoulot : Dans un petit village de campagne, la chaleur et la sécheresse commencent à échauffer les esprits. Le jeune Josef Bousou, simplet et en marge, n’arrange rien. Il vole, est intrusif et violent. Il ne tarde pas à devenir le bouc-émissaire de tous les problèmes rencontrés par les habitants du village. Les instincts primitifs remontent, le vernis social s’effrite et le malaise s’installe. Raphaël Jacoulot sait parfaitement rendre celui-ci, il suinte et nous met mal à l’aise. Le découpage du film est très intéressant notamment par ses ellipses. Le casting est impeccable. Mais le scénario est sur certains points trop évident ce qui a un peu gâché mon plaisir.
  • « La femme au tableau » de Simon Curtis : Après une modification des lois autrichiennes sur la restitution des œuvres d’art aux juifs, Maria Altmann se met en contact avec un jeune avocat pour savoir si elle a une chance de récupérer les tableaux familiaux. Parmi eux se trouve un chef-d’œuvre de Klimt : le portrait d’Adele Bloch-Bauer, la tante de Maria. C’est le tableau le plus connu et le symbole du musée du Belvédère de Vienne. Autant dire que Maria et son avocat ne sont pas au bout de leurs peines. Film très hollywoodien, un peu longuet, il vaut essentiellement pour la prestation de la toujours impeccable Helen Mirren. Ryan Reynolds est transparent et manque singulièrement de charisme à ses côtés. Reste le portrait d’Adele Bloch-Bauer d’une beauté à couper le souffle.
  • « Aferim ! » de Radu Jude : En 1835 en Valachie, Costantin et son fils sont chargés, par le maître du domaine où ils travaillent, de ramener un esclave en fuite. Ce dernier a couché avec sa femme. Nous sommes dans un western en noir et blanc avec chevaux, grands espaces et chasseurs de primes. Le fugitif est tsigane et sa situation résonne fortement avec l’époque contemporaine. La haine des roms ne datent pas d’hier comme nous le montre Radu Jude. Un film cru, dur mais qui évoque également l’univers foutraque de Emir Kusturica.
  • « While we’re young » de Noah Baumbach : C’est l’histoire d’un couple de bobos new-yorkais qui ne veut pas vieillir. Josh était un documentariste plein de promesses qu’il croit toujours pouvoir tenir à 40 ans passés. Sa femme, Cornelia, ne veut pas avoir d’enfants et se moque de ses amies devenues mères. Ils rencontrent un jeune couple avec qui ils vont se mettre à passer tout leur temps. Le mimétisme se fait de part et d’autre, le couple de quarantenaires cherchent à rajeunir tandis que les jeunes cherchent de la crédibilité. Un jeu de dupes auquel se rajoute une histoire de documentaire truqué. Ce film n’a pas la fraîcheur de « Frances Ha », pas l’humour de Woody Allen mais reste plaisant à regarder grâce à sa belle brochette d’acteurs.

Bilan plan Orsec et films de juillet

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L’été est toujours propice à la diminution de la PAL, 11 livres lus et une bande-dessinée dont 9 en provenance directe de ma PAL. J’espère que les mois à venir me permettront de tenir ce cap ! Ce mois de juillet m’a apporté de bien belles lectures dont je vous reparle rapidement.

Malgré les vacances loin de mes salles de cinéma favorites, j’ai quand même réussi à y aller cinq fois et voici le résultat :

Mes coups de cœur :

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En Andalousie  dans les années 80 dans le delta du Guadalquivir, deux adolescentes ont disparu. Deux policiers viennent de Madrid pour tenter de les retrouver. Pedro, le plus jeune, s’est retrouvé là après une sanction disciplinaire, il compte sur cette affaire pour retrouver son ancien poste. Juan est plus aguerri, plus violent mais aussi plus empathique avec les familles des deux disparues. Rapidement, dans les méandres des marais, les corps des deux jeunes filles sont retrouvés sans vie. Elles ont été torturées, violées et tuées. Dans cette région reculée et marécageuse, les deux flics vont découvrir de bien sombres secrets. « La isla minima » m’a beaucoup fait penser à la saison 1 de True detective, on y retrouve un duo de policiers plongés dans une atmosphère glauque, trouble où le mensonge ronge chacun. Formidablement filmé avec des paysages à couper le souffle, deux acteurs passionnants d’ambiguïté, ce film est un excellent polar qu’il faut courir voir.

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Amelina et Faith grandissent à Boston dans des conditions atypiques. Leur père Cameron est bipolaire mais leur mère lui confie  quand même leurs filles pendant qu’elle reprend des études à New York. Ne supportant plus la pauvreté, elle veut évoluer pour que ses filles puissent aller dans de bonnes écoles. Le père est totalement foutraque, fantasque, imprévisible mais plein de bonnes volontés (qu’il arrive rarement à tenir malheureusement). Les filles vont devoir apprendre à vivre et à gérer les excentricités de leur père. Voilà un très joli film, plein de de fantaisie, d’humour et de tendresse. La réalisatrice, Maya Forbes, raconte ici son enfance insolite certes mais non dénuée d’amour. Mark Ruffalo y est  absolument parfait et attendrissant.

Et sinon :

  •  « Vice-versa » de Pete Docter : Que peut-il bien se passer dans nos têtes ? C’est ce que les studios Pixar se sont demandés et ils ont choisi une adolescente pour étudier le phénomène. Riley a 11 ans, son enfance fut heureuse mais voilà qu’elle doit déménager, c’est le drame ! Dans sa tête, nous découvrons les émotions au poste de commande : joie, tristesse, mépris, peur et colère. Pixar nous présente de manière très poétique et amusante ce que signifie grandir avec des renoncements, des souvenirs oubliés (très beau personnage de l’ami imaginaire), des priorités qui changent et de nouveaux horizons qui s’ouvrent.
  • « Les minions » de Kyle Balda , Pierre Coffin  : Nous avions découvert ces étranges petits personnages jaunes dans « Moi, moche et méchant » en 2010. Ici, un film entier leur est consacré et nous découvrons comment ils ont fait connaissance avec Gru. Mais avant de trouver ce méchant idéal, ils ont connu bien des embûches (la suite des anciens maîtres des minions est hilarante). C’est à Londres qu’ils espèrent trouver leur nouveau maître où  se déroule un show de méchants. Le chemin du meilleur méchant sera semé d’embûches pour nos minions au langage farfelu mais très drôle. Ce dessin-animé, bourré de références à la culture anglo-saxonne, est un bien joyeux divertissement.
  • « Love & mercy » de Bill Pohlad: Ce film nous propose une biographie en deux temps de Brian Wilson, l’un des fondateurs des Beach Boys. Les deux moments s’entrecroisent tout le long du film. Brian Wilson a 22 ans (il est incarné par Paul Dano) et s’écarte de son groupe pour composer des musiques plus lyriques, plus travaillées que ce qu’il a auparavant inventées. Sa nouvelle exigence ne convient d’ailleurs pas à ses frères et son cousin qui forment le groupe. Vingt ans plus tard, Brian (cette fois incarné par John Cusack) est sous l’emprise de médicaments et d’un soi-disant médecin. Le musicien rencontre lors de l’achat d’une voiture, celle qui deviendra sa femme et le sortira des griffes de son gourou. Malgré une petite lassitude dans le dernier tiers du film, j’ai trouvé ce biopic en deux temps original, nous évitant ainsi une succession des moments importants de la vie du musicien. Peut-être peut-on également trouver ce film un peu trop flatteur pour Brian Wilson.

Bilan du mois anglais et A year in England

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Voici encore un mois anglais qui s’achève. Comme toujours, il fut riche de vos nombreuses publications et je vous en remercie chaleureusement. C’est toujours un grand plaisir de vous lire, de partager ce mois de juin avec vous sur vos blogs et ailleurs. Votre enthousiasme ne se dément pas, chaque année vous répondez présents au rendez-vous que Lou, Cryssilda (you rule, girls !) et moi-même vous fixons.

J’ai été particulièrement bien organisée cette année et j’ai réussi à tenir tout ce que j’avais prévu, à savoir : 9 billets livres, 2 séries, 1 BD et 1 exposition. Proud of me ! Je ne vous ai en revanche pas beaucoup parler de littérature contemporaine, je suis restée dans les grands auteurs classiques.

Mais au moment de vous quitter, j’ai eu un pincement au cœur. J’avais envie de rester dans l’ambiance du mois anglais, envie de continuer à discuter culture anglaise avec vous, envie de découvrir de nouveaux livres grâce à vous. Du coup je vous propose un nouveau challenge : A year in England ! Même principe que pour le mois anglais, vous pouvez me parler de littérature, de cinéma, de séries, de cuisine, de voyage, etc… La seule condition est que ce soit anglais ou que ça se déroule en Angleterre ! Ce challenge démarre dès maintenant, un logo est en cours de conception (un immense merci à Eliza par avance !), et il s’arrêtera le 31 mai 2016 pour laisser la place en juin au mois anglais qui sera toujours piloté par Lou et Cryssilda.

Comme pour le mois anglais, je vais mettre en place un billet récap afin que vous puissiez y laisser vos liens et un groupe facebook existe également.

Alors, vous me suivez ?

PS : Vous pouvez également participer en juillet au non-anniversaire d’Alice au pays des merveilles qu’a lancé ma chère Alice, d’une pierre deux coups !!!

Bilan plan Orsec et films de mai

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Ce mois anglais fut tourné presque entièrement vers l’Angleterre et la préparation du mois anglais. Cela aura eu l’avantage de faire baisser ma PAL, ce qui n’est pas rien !

Côté cinéma, deux très beaux et justes films sociaux auront marqué mon mois de mai :

Mes coups de cœur :

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La première fois que Malony a rendez-vous chez la juge pour enfant (Catherine Deneuve), il a six ans. Orphelin de père, il est élevé par une mère (Sarah Forestier) totalement immature et hystérique. Ce rendez-vous n’est que le premier d’une longue liste puisque Malony commence un long parcours de petit délinquant. On le voit grandir et évoluer entre centres d’accueil et prison. Malony est une boule de rage et de violence, il est incarné par Rod Paradot avec justesse et énergie. Face à lui, Catherine Deneuve est son point d’ancrage à travers le temps, son roc face aux vicissitudes de son parcours. Comme toujours, l’actrice est parfaite, oscillant entre l’attention, la fermeté et la tendresse. On retrouve également avec plaisir Benoit Magimel en éducateur fragile, blessé et trop concerné par son travail. Emmanuelle Bercot signe avec « La tête haute » un film social fort, poignant, émaillé de belles scènes lumineuses d’optimisme.

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Thierry Taugourdeau (Vincent Lindon), la cinquantaine, a rendez-vous au pôle emploi. Il s’y plaint d’avoir été envoyé faire un stage qui ne lui permet pas de retrouver un emploi. L’urgence se fait sentir puisqu’il arrive en fin de droits. Entre les crédits à rembourser et son fils handicapé, Thierry ne peut se permettre de rester son travail. Il accepte donc d’être vigile dans un supermarché. Le film de Stéphane Brizé ressemble à un documentaire. Il ne lâche jamais son personnage et entoure Vincent Lindon d’acteurs non professionnels. Se dégage de ce film un fort réalisme. Vincent Lindon est prodigieux de vérité, de justesse. Il donne au personnage une identité, un vécu, une épaisseur dès les premières minutes. « La loi du marché » est un film social, plein d’humanité pour tous les humiliés de la société libérale.

Et sinon :

  • « Trois souvenirs de ma jeunesse » d’Arnaud Desplechin : Il y a des films qui marquent nos vies de cinéphile. « Comment je me suis disputé…(ma vie sexuelle) » en fait partie pour moi. Paul Dedalus (Mathieu Amalric) y était maître-assistant en philosophie et se débattait avec sa vie sentimentale. Il s’y séparait d’Esther après dix ans de vie commune. Comment ces deux-là s’étaient-ils rencontrés ? C’est ce qu’Arnaud Desplechin nous montre dans son dernier film. Paul (Quentin Dolmaire) vient d’entrer à la fac pour des études d’anthropologie. Il retourne régulièrement à Roubaix pour voir sa famille (surtout son frère et sa sœur puisque sa mère s’est suicidée et son père est absent) et il y rencontre Esther (Lou Roy-Lecollinet). Ensemble, ils reprennent le motif de Truffaut dans « La femme d’à côté » : « Ni avec toi, ni sans toi ». Et c’est un plaisir de retrouver ces deux personnages, leur amour est d’ailleurs le même au début et à la fin. Ils se déchirent, s’adorent, se trompent. C’est avec passion et romantisme que Desplechin traite leur histoire. On aimerait, on espère revoir Paul Dedalus, qu’il nous accompagne comme l’avait fait Antoine Doisnel chez Truffaut.
  • « Le labyrinthe du silence » de Giulio Ricciarelli : Le coeur du film est la volonté du procureur Radmann (Alexander Fehling) de juger d’anciens nazis sur le sol allemand. Il se heurte à la réprobation générale, à l’envie de tous de ne pas revenir sur le passé. Le réalisateur souligne parfaitement les enjeux de ce procès et la question à laquelle personne ne veut se confronter : mon père était-il un nazi ? « Le labyrinthe du silence » est un film à la facture classique et dont la mission pédagogique est parfaitement remplie. Les acteurs, tous très bons, y sont également pour beaucoup.
  • « Les optimistes » de Gunhild Magnor : Voici un documentaire fort sympathique sur des joueuses norvégiennes de volley aux âges canoniques puisque la plus âgée a presque cent ans. Elles jouent ensemble depuis plusieurs années sans trop se soucier des règles. Pour se motiver, elles se lancent le défi d’affronter une équipe sénior de joueurs suédois. Et elles font vraiment plaisir à voir, pleines de volonté et d’énergie malgré les blessures ou les maladies. On se souhaite la même force, la même vitalité au même âge !
  • « Broadway therapy » de Peter Bogdanovich  : Un écrivain à succès (Owen Wilson) vient à New York pour les répétitions de sa nouvelle pièce. Venu sans famille, il fait appel à une call-girl à qui il conseille d’arrêter ce métier en raison de ses qualités, de son potentiel. Ce qu’il ne sait pas, c’est que la call-girl rêve d’être actrice et qu’elle postule pour sa pièce où joue également sa femme. Le film de Peter Bogdanovich évoque bien évidemment ceux de Woody Allen. C’est léger, drôle, un peu long mais on passe un bon moment au milieu des nombreux personnages tous totalement farfelus.

Bilan plan Orsec et films d’avril

IMG_1192 (2)Six livres lus durant le mois d’avril dont trois de ma PAL qui connaîtra une baisse grâce au mois anglais mais qui malheureusement sera contrebalancée par l’arrivée des paquets du swap so british d’Alice ! La lutte anti-PAL est un éternel recommencement !

Côté cinéma, c’est un très bon mois, des films de intéressants et de qualité :

Mes coups de cœur :

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Shaun le mouton voudrait offrir quelques jours de vacances à ses amis mais ce n’est pas du goût du fermier. Malicieux, notre quadrupède l’enferme dans une caravane. Malheureusement celle-ci se détache et entraîne la pauvre fermier jusqu’à la grande ville où Shaun et sa bande devront le retrouver. Un régal absolu que ce nouveau film des studios Aardman. Comme pour Wallace et Gromit, où le facétieux mouton était apparu pour la première fois, le film est bourré de gags, de trouvailles, de références (celle au « Silence des agneaux » est géniale). Tout est réussi, les décors comme les moutons, tout s’enchaîne avec rythme et fantaisie.

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 Franck (Olivier Gourmet) est gardien de nuit sur la parking d’un supermarché. Rapidement, on comprend qu’il n’a pas eu le choix. Virulent syndicaliste, il a eu beaucoup de mal à retrouver un boulot après son licenciement. C’est lors d’une de ses rondes que Franck remarque les aller et venues d’un 4×4. Pierre Jolivet réalise là un formidable thriller social. Le danger plane tout le long du film pour exploser dans les dernières scènes. Il y a beaucoup d’humanité dans la manière dont Jolivet filme ses personnages, il donne la parole à ceux qui ne l’ont jamais. Olivier Gourmet est à l’apogée de son art, aussi bon ici que chez les frères Dardenne.

Et sinon :

  • « L’astragale » de Brigitte Sy : J’ai évoqué il y a peu le formidable roman d’Albertine Sarrazin. Brigitte Sy en réalise une adaptation dans un très beau noir et blanc. L’ambiance du livre est parfaitement rendue et le film est servi par deux beaux acteurs : Leïla Bekhti tout en gouaille et en rébellion, Reda Kateb sobre et touchant. Un bel hommage rendu à l’incroyable destin d’Albertine Sarrazin.
  • « Le journal d’une femme de chambre » de Benoit Jacquot : Le réalisateur français adapte après Renoir et Bunuel le roman d’Octave Mirbeau. On y retrouve l’insolente Célestine qui vient de se faire embaucher chez de nouveaux maitres. Madame est une vraie plaie, toujours sur le dos de Célestine et monsieur espère pouvoir lutiner la nouvelle petite bonne. Et il y a Joseph, le jardinier renfrogné. Léa Seydoux est à la hauteur du rôle, fragile et réfractaire. Tous les seconds rôles sont également très bons. Un film qui m’a paru un peu trop classique pour éclipser celui de Bunuel.
  • « Tu dors Nicole » de Stéphane Lafleur : Pendant l’été dans la banlieue de Montréal, Nicole tue le temps avec indolence entre la piscine de ses parents, sa meilleure amie et le groupe rock de son frère. Un mois d’août comme suspendu où rien ne se passe vraiment. Toujours un peu à côté de la plaque, Nicole se cherche. Une jolie comédie sur la fin de l’âge adulte.

Bilan plan Orsec et films de mars

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Oh le joli mois de mars qui fut riche en lecture et fait un peu baisser ma pile de livres à lire ! En fait, il s’agit plutôt d’un statu quo puisqu’entre le swap « Un livre, un peintre » et le salon du livre, j’ai ramené cinq livres dans ma PAL et j’en ai lu cinq justement ! Je ne progresse pas mais je n’aggrave pas non plus la situation !

Beaucoup de films également en mars mais seulement deux coups de cœur :

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En 1941, l’épuration ethnique des pays Baltes est lancée par Staline. Les familles estoniennes sont envoyées en Sibérie, les hommes séparément des femmes et des enfants. Le film de Martï Helde retrace le parcours de Erna, son mari Heldur et leur petite fille Eliide. Erna fut envoyée en camp de travail et pendant quinze ans elle écrivit à son mari sans savoir où il se trouvait, s’il était encore en vie ou non. Ce film est absolument étonnant et bouleversant. Il est uniquement en noir et blanc et constitué de tableaux vivants, les acteurs sont totalement figés à partir du départ en Sibérie. La caméra se promène à l’intérieur de ces images, révélant toute l’horreur, le drame des situations. La vie se fige, les individus sont sidérés par ce qui leur arrive. Le choix esthétique est ambitieux et d’une grande beauté plastique. Le sujet est traité avec beaucoup de pudeur et de sobriété. Les lettres écrites et lues sont le fil rouge du film et disent toute la douleur de cette femme qui tente désespérément de survivre pour revoir son mari et le pommier en fleurs de leur jardin.

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A l’heure où l’on parle d’un Patriot Act à la française, il est nécessaire de voir ce documentaire de Laura Poitras. En janvier 2013, la journaliste reçoit des emails signés CitizenFour, nom de code d’Edward Snowden, afin de lui divulguer des informations sur la surveillance mondiale et intrusive mise en place par la NSA après le 11 septembre. Ce documentaire retrace les rencontres entre Laura Poitras et Edward Snowden et Glenn Greenwald, journaliste au Guardian. Le compte-rendu qui nous est donné est proche d’un roman de John Le Carré où règne la paranoïa. Et l’on se rend vite compte que celle-ci n’est pas exagérée. Il est intéressant de comprendre les motivations d’Edward Snowden qui risque la prison et de ne plus jamais revoir son pays. Il est également passionnant de voir le travail des journalistes face à de telles révélations et il faut ici souligner leur remarquable éthique.

Et sinon :

  • « Birdman » de Alejandro Gonzales Inarritu : Ce film nous parle des coulisses du métier d’acteur et du starsystem. Riggan Thomson (Michael Keaton) connut la gloire avec son rôle de Birdman, superhéros volant qu’il entend toujours lui adresser conseils et remontrances. Cherchant la crédibilité et à revenir sur le devant de la scène, il décide d’adapter Raymond Carver pour le théâtre. Le film est constitué d’un seul et unique plan séquence nous entraînant à la suite des acteurs et qui prouve la virtuosité du réalisateur. « Birdman » est un film sur la schizophrénie, sur le besoin de reconnaissance servi par d’excellents acteurs (Michael Keaton et Edward Norton en tête). Un peu long, un peu hystérique, « Birdman » est néanmoins un film qu’il faut voir pour son originalité et sa folie.
  • « L’art de la fugue » de Brice Cauvin : C’est l’histoire d’une famille et surtout de trois frères ; Antoine (Laurent Lafitte), Louis (Nicolas Bedos) et Gérard (Benjamin Biolay). Le film de Brice Cauvin est la chronique de leurs vies amoureuses, de leurs choix et de leurs regrets. C’est effectivement une jolie fugue sur la manière dont on construit nos vies, réalisée avec beaucoup de délicatesse, de douceur et avec une très belle brochette de comédiens.
  • « Hungry hearts » de Saverio Costanzo : Leur histoire d’amour commence dans les toilettes d’un restaurant chinois. Jude (Adam Driver) et Mina (Alba Rohrwacher) s’y trouvent coincés, entre gêne et fous rires ils font connaissance. Suite à cette rencontre incongrue, ils s’aiment, se marient et donnent naissance à un petit garçon. C’est là que l’idylle bascule à la manière de « Rosemary’s baby ». Mina refuse que son enfant sorte à cause de la pollution, le nourrit de produits végétariens , refuse de l’emmener chez le médecin lorsqu’il a de la fièvre. L’intrigue change de registre, nous plonge dans un thriller psychologique réussi. Les deux acteurs sont tous les deux parfaits et leur jeu est plein de nuances.
  • « Les merveilles » de Alice Rohrwacher : Voici une famille totalement atypique, une famille germano-italienne vivant dans une ferme proche du délabrement et qui essaie de vivre en accord avec la nature. Le père est colérique et infiniment tendre. Mais le chef de famille, celle grâce à qui la maison tient encore debout, c’est Gelsomina, l’aînée des quatre filles. Son père la voit reprendre l’exploitation du miel. Elle est adolescente, frémit de ses premiers émois et voudrait que sa famille participe à l’émission de tv « Les merveilles ». Le film de Alice Rohrwacher évoque ceux de Pialat, il a leur réalisme, leur sincérité. Un film lumineux et mélancolique sur l’adolescence et la vie qui change inexorablement.
  • « Réalité » de Quentin Dupieux : J’ai toujours apprécié et défendu le curieux univers de Quentin Dupieux. J’avais hâte de découvrir son nouveau film et j’avais tort. L’histoire et le casting étaient pourtant prometteurs. Jason (Alain Chabat) est cameraman et il souhaite réaliser son premier film d’horreur. Il en parle à un ami producteur (Jonathan Lambert). Ce dernier accepte de le financer à condition que Jason lui apporte sous 48h le cri de douleur le plus effroyable jamais entendu. D’autres intrigues se mélangent à celle-ci. On est sans cesse entre les rêves et la (les ?) réalité, on s’y perd et le rythme lent finit par nous achever.

 

Bilan plan Orsec et films de février

Un mois de février qui n’a pas fait beaucoup baisser ma PAL ce mois-ci avec un seul livre sorti de mes piles poussiéreuses.

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Six films dans mon bilan cinéma du mois avec de l’excellent et du décevant :

Mes coups de cœur :

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Revenue des camps où toute sa famille a trouvé la mort, Nelly Lenz (Nina Hoss) doit lentement revenir à la vie. Défigurée, elle doit subir des opérations de chirurgie esthétique qui modifient significativement son visage. Nelly n’a ensuite qu’une idée en tête : retrouver son mari, Johnny (Ronald Zehrfeld) qu’elle aime toujours aussi passionnément. Ce dernier ne la reconnaît pas mais une vague ressemblance avec sa femme, que tout le monde pensait morte, lui donne une idée. Il va utiliser l’inconnue pour récupérer l’héritage de Nelly. Le formidable film de Christian Petzold s’ouvre comme « Les yeux sans visage » de Tourneur mais il fait surtout penser à « Vertigo » de Hitchcock. Ici aussi, un homme va reconstituer la femme qu’il a aimée. Les motivations sont cependant bien différentes. Mais le suspens est aussi bien mené que chez mon ami américain : Johnny a-t-il trahi Nelly ? Va-t-il finir par la reconnaître ? Les deux acteurs sont absolument parfaits avec une mention spéciale pour Nina Hoss, intense à chaque instant. Sans conteste le film du mois.

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Voilà un film fort sympathique et réjouissant, une comédie sociale qui fait penser à Ken Loach et aux premiers Stephen Frears. Les caissiers d’un supermarché discount sont menacés de licenciement. Comment vont-ils s’en sortir alors que leur situation est déjà précaire ? En s’unissant et en fondant leur propre épicerie solidaire. C’est chaleureux et drôle, la solidarité est au centre de ce film qui nous met du baume au coeur. La bande d’acteurs rend crédibles et attachants les différents personnages.

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En Algérie en 1954, un instituteur solitaire, Daru (Viggo Mortensen), se voit se confier un prisonnier (Reda Kateb). Il doit le livrer aux gendarmes car il a tué son cousin. Malgré son envie de le libérer, Daru n’aura d’autre choix que de convoyer le prisonnier dans la ville voisine, à une journée de marche. Le film de David Oelhoffen s’inspire d’une nouvelle d’Albert Camus « L’hôte ». Et on sent bien les thématiques de l’auteur : la justice, la dignité de l’homme, l’appartenance à cette terre en plein déchirement, l’idéalisme confronté à la réalité. Les paysages de l’Atlas semblent écraser les hommes mais également les protéger. Viggo Mortensen et Reda Kateb magnifient ce duo, ce face-à-face.

Et sinon :

  • « Imitation game » de Morten Tyldum : Le mathématicien Alan Turing (Benedict Cumberbatch) se fait embaucher par les services secrets anglais pour aider à décrypter les messages codés des allemands. De la réussite de cette mission dépend le succès de la guerre. On découvre un Turing presque autiste, asocial, uniquement passionné par la machine qu’il est en train d’inventer. Un personnage fascinant, d’autant plus que sa chute est terrifiante. Condamné en 1952 pour homosexualité, Turing choisit la castration chimique et finit par se suicider. Un film à la facture très classique qui doit beaucoup à l’interprétation subtile de Benedict Cumberbatch.
  • « Snow therapy » de Ruben Östlund : Une famille vit une situation traumatisante durant leurs vacances aux sports d’hiver. Une avalanche s’abat sur la terrasse du restaurant où ils déjeunent. Plus de peur que de mal mais la mère, qui s’est jetée sur ses enfants pour les protéger, constate que son mari s’est enfui. Au début, la situation n’est pas évoquée mais elle finit par empoisonner les vacances. Le malaise est au départ très bien traité, très bien amené. Le mari est mis devant ses contradictions, sa lâcheté. Mais la fin du film est décevante, pas assez noire et cynique par rapport au début du film.
  • « Listen up Philip » de Alex Ross Perry : Philip (Jason Schwartzman) est un écrivain new yorkais, égoïste, invivable et méprisant pour sa petite amie Ashley (Elisabeth Moss). Il refuse de faire la promotion de son dernier livre, ne veut pas s’abaisser à donner des cours dans une fac. Puis change d’avis et abandonne Ashley pour plusieurs mois. Très inspiré par Woody Allen, très bavard, ce film aurait dû me plaire mais je l’ai trouvé longuet, peu ryhtmé et finalement ennuyeux.

Bilan plan Orsec et films de janvier

C’est reparti pour le bilan du plan Orsec, toujours organisé par ma chère George. Cette année, je dois lire trois livres de ma PAL chaque mois. En janvier, j’ai lu 4 livres de ma PAL.

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Petit début d’année au niveau cinématographique car je n’ai pu voir que quatre films.

Mes coups de cœur :

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 Au début des années 80, Abel Morales (Oscar Isaac) tente de faire décoller son entreprise en l’agrandissant. Abel travaille dans le pétrole et il est le seul dans son secteur à travailler en toute légalité. Une gageure dans ce New York ultra violent et corrompu. Même sa femme (Jessica Chastaing) est la fille d’un escroc notoire et elle ne comprend pas toujours le besoin d’honnêteté de son mari.

Voilà un film comme on aimerait en voir plus souvent. JC Chandor maîtrise totalement son sujet : la mise en scène est soignée, le scénario est parfaitement construit, tout est travaillé dans le détail. Les personnages eux-mêmes sont d’une grande profondeur psychologiques et les rôles secondaires sont crédibles et incarnés. Ajouter à cela le talent remarquable des deux acteurs principaux et vous obtiendrez un très grand film, passionnant et esthétiquement réussi.

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 Le documentaire de Claudine Bories et Patrice Chagnard nous plonge dans le quotidien d’Ingeus, un cabinet de placement privé du nord de la France qui travaille pour le Pôle Emploi. Les jeunes qui ont rendez-vous sont tous dans des situations sociales et familiales précaires. En rupture de bans, sans niveau d’études qualifiant pour la plupart, Lolita, Kevin, Tierry et Hamid vont devoir apprendre les règles du jeu de l’entretien d’embauche. Et rentrer dans les cases, obéir à des règles, c’est là tout leur problème.

Le documentaire est tourné sans aucun commentaire, sans aucun jugement autre que les titres des différents chapitres. On a souvent le sourire, on admire la patience des conseillères d’Ingeus qui tentent au mieux d’aider ces jeunes en manque de repères. Le documentaire souligne bien toute la difficulté pour ses jeunes à accepter les fameuses règles du jeu, ils n’ont pas les mots pour s’exprimer mais comprennent aisément l’absurdité de certaines de ses règles. Ils ne sont pas prêts à tout accepter. D’ailleurs, ils finissent par se rebeller et cela montre bien à quel point les salariés sont aujourd’hui maltraités et à quel point les conditions du travail se dégradent.

 

Et sinon :

  • « The Riot Club » de Lone Scherfig : L’ouverture historique nous explique que le Riot Club a été inventé à Oxford pour rendre hommage à Lord Riot, roi de la débauche mort sous la lame d’un mari jaloux. De jeunes hommes veulent réactiver les valeurs de ce club : tous les excès sont permis, l’argent autorise tout. Mais la grande soirée du club va tourner au drame. « The Riot Club » est un récit initiatique où chacun va devoir choisir son chemin moral. Sous des dehors parfois lisses et convenus, le film laisse transparaître une dureté et un terrible cynisme.
  • « Mon amie Victoria » de Jean-Paul Civeyrac : Victoria (Guslagie Malanda), petite fille noire et pauvre, est un soir recueillie dans une grande famille bourgeoise suite à l’hospitalisation de sa tante qui l’élève. La découverte de l’immense appartement et la soirée passée avec le fils aîné de la famille lui laisseront un souvenir impérissable qui changera sa vie à tout jamais. Victoria est un personnage étonnant, absolument pas maître de sa vie. Elle se laisse totalement porter, ballotter par la vie et les choix des autres. Guslagie Malanda incarne parfaitement l’étrangeté de Victoria, son absence au monde. Tous les acteurs sont d’ailleurs au diapason. Jean-Paul Civeyrac traite son sujet avec délicatesse et finesse. Il m’a manqué un petit quelque chose pour en faire un coup de cœur mais j’ai maintenant envie de découvrir le roman de Doris Lessing dont il est tiré.