En caravane d’Elizabeth Von Arnim

Pour célébrer ses noces d’argent (les siennes, pas celles de sa seconde épouse Edelgard), le baron von Ottringel décide de quitter sa très chère Storchwerder pour passer des vacances en Angleterre. Ce choix peut surprendre car l’officier prussien n’apprécie que peu ce pays. Mais le coût peu onéreux du voyage n’est pas indifférent au choix du baron. Avec des compatriotes et des anglais, il traversera le Kent et le Sussex en caravane. Malheureusement pour lui, la météo ne sera pas clémente. « Plus tard on essaya de me persuader que nous jouions de malchance et que les étés anglais étaient normalement inondés de soleil. Je n’en crois rien. La Providence doit au contraire châtier chaque année l’exécrable pays pour le punir d’exister. » Pire, le baron va se voir contraint de participer aux tâches ménagères comme faire la vaisselle,  allumer un feu ou négocier de la nourriture auprès des fermiers des alentours.

Pour écrire « En caravane », Elizabeth von Arnim s’est inspirée d’un voyage qu’elle fit durant l’été 1907 en roulotte à cheval pour rencontrer H.G. Wells dans le Kent. Elle entraina ses trois filles et E.M. Forster dans cette aventure (elle rencontra également Henry James à Rye). Le roman est doublement autobiographique puisque le personnage du baron von Ottringel est le double fictionnel du mari de l’autrice. Elle règle ses comptes avec lui avec un humour savoureux et caustique. Le portrait du baron est en effet particulièrement gratiné : vaniteux, égoïste, nationaliste, misogyne, radin. Il est donc parfaitement imbuvable, insupportable pour ceux qui voyagent avec lui et font tout pour l’éviter ! Mais notre baron est tellement sûr de lui qu’il ne se rend compte de rien et nous parait totalement ridicule. On sent qu’Elizabeth von Arnim s’est bien amusée à croquer ce personnage détestable et à le placer dans des situations inconfortables et rocambolesques. 

Je me suis régalée à lire « En caravane », journal fictif d’un baron allemand, imbu de lui-même, à travers le sud de l’Angleterre. L’humour d’Elizabeth von Arnim fait des merveilles et m’a réjoui.

Traduction François Dupuigrenet Desroussilles

 

Une bonne tasse de thé et autres textes de George Orwell

« Une bonne tasse de thé et autres textes » est un recueil composé de onze articles de George Orwell, écrits entre 1936 et 1948. On y retrouve l’humanisme, les convictions politiques et la clairvoyance de l’auteur. Mais les textes ne sont pas uniquement sérieux, ils sont également emprunts de beaucoup d’humour, d’ironie et de légèreté.

Une partie du recueil porte sur la culture anglaise auquel Orwell reste très attaché. Il nous donne ses conseils pour réaliser le thé parfait ( ce qui n’est pas anodin en cas de rationnement), défend les qualités de la cuisine anglaise et ses spécialités, il imagine le pub idéal avec cheminée, stout sous pression et repas peu couteux.

Les livres sont également très présents dans les articles. George Orwell évoque ses souvenirs de libraire (épousseter et trimbaler des livres d’un endroit à l’autre l’ont dégouté), de critique littéraire qui doit trop souvent écrire sur des livres insignifiants et il insiste sur le fait que acheter des livres coûte moins cher que d’acheter un paquet de cigarettes ! Aucune raison donc de ne pas se mettre à lire ! L’auteur exprime également la nécessité pour les artistes à s’engager. « En tout cas, comme je l’ai déjà dit, dans une époque comme la nôtre, aucune personne sensée ne peut ni ne doit vraiment se tenir à l’écart de la politique. » 

Justement les autres textes du recueil aborde cette thématique au travers du sport, trop souvent vecteur d’un fort nationalisme et de violence, ou des conditions de vie des pauvres (notamment dans un hôpital parisien). George Orwell se montre également visionnaire. Il voit arriver un monde de loisirs, de divertissement qui empêcherait de réfléchir. De même, il souligne l’importance de la préservation de la nature et du plaisir que procure l’observation de celle-ci au printemps.

« Une bonne tasse de thé et autres textes » montre bien l’humanisme, la lucidité mais aussi l’humour du grand écrivain qu’était George Orwell.

Traduction Nicolas Waquet

Trompeuse gentillesse d’Angelica Garnett

Au mois de mai, j’ai eu le plaisir de visiter Charleston Farmhouse où Vanessa Bell, la sœur de Virginia Woolf, s’installa à partir de 1916 avec Duncan Grant et son amant David Garnett. Dans cette maison, magnifiquement décorée, se retrouvent tous les amis du groupe de Bloomsbury : Clive Bell, Lytton Strachey, Maynard Keynes, les Woolves comme les intimes appelaient Virginia et Leonard, Roger Fry, E.M. Forster, etc…

« Trompeuse gentillesse » est le récit de l’enfance d’Angelica Garnett à Charleston. Elle travailla sur son livre durant sept ans et elle y analyse de façon précise ses relations avec sa mère Vanessa Bell et le reste de sa famille. Le traumatisme majeur de la vie de la jeune femme est la révélation à 17 ans du nom de son véritable père. Elle pensait être la fille de Clive Bell mais Duncan Grant était son géniteur. Cette révélation ne fit que compliquer une relation mère-fille qui n’en avait pas besoin. Angelica relève un véritable problème de communication entre elles. Vanessa, qui ne manquait pas d’amour pour ses trois enfants et pour sa sœur, n’exprimait pas ses sentiments et avait des difficultés à les montrer. Virginia Woolf, comme sa nièce, était pourtant désespérément en attente de tendresse et de signes d’affection. Angelica dresse le portrait de sa mère avec beaucoup d’acuité et avec le plus d’objectivité possible. Elle montre une femme complexe, passionnée par sa peinture mais manquant de confiance en elle, trop modeste, amoureuse désespérée de Duncan Grant tellement plus léger, insouciant et sûr de son talent. Ce qui m’a surprise, c’est le manque d’ambition intellectuelle que Vanessa avait pour sa fille. On sait à quel point Virginia regrettait de ne pas pouvoir suivre ses frères à Cambridge mais Vanessa fait peu de cas de l’éducation. Sa fille étant celle d’un peintre génial, elle doit forcément être talentueuse dans ce même domaine, son avenir est donc tout tracé. 

Angelica Garnett dresse de très beaux portraits des membres du groupe de Bloomsbury. C’est notamment le cas du couple Woolf. Virginia se révèle une tante attentive, aimante, malicieuse, perspicace, à l’imagination débordante. Leonard incarne une force morale inflexible, une autorité naturelle et un grand sérieux.

« Trompeuse gentillesse » est un livre passionnant pour tous ceux qui s’intéressent à Virginia Woolf et au groupe de Bloomsbury. Angelica Garnett donne un éclairage original et sans fard sur la vie à Charleston et nous offre des portraits très touchants des membres de sa famille. 

Traduction Traduction Sabine Porte

 

Repentirs de Chloe Ashby

« Nous nous étions rencontrés quand j’avais vingt-cinq ans et lui trente-six. Ça faisait dix ans que nous étions ensemble, et huit que nous étions mariés. Nous avions établi une routine, un mode de vie. N’ayant à nous préoccuper que de nous-mêmes, nous pouvions nous permettre d’être égoïstes, de donner la priorité à notre relation, notre travail, … les choses nous plaisaient comme ça. » Cathy et Noah vivent confortablement à Londres. Il est professeur à l’université, publie régulièrement des livres. Cathy est restauratrice d’œuvres d’art à la National Gallery. Alors qu’elle commence à travailler sur « Vue des sables de Scheveningen » de Hendrick van Anthonissen, ses certitudes sur son choix de ne pas être mère vacillent. Son questionnement, son indécision peuvent mettre en péril son couple. Noah pense que la grossesse de la meilleure amie de Cathy est à l’origine de ses doutes. Pour aggraver la situation, la mère de Cathy présente des signes de démence sénile.

J’avais beaucoup aimé le premier roman de Chloe Ashby « Peinture fraîche » où elle questionnait le corps des femmes. Ici, elle explore la pression sociale liée à la maternité et qui pèse sur les épaules des femmes. Cathy est-elle totalement libre de ses choix de vie ? Le roman aborde également la question du couple, de l’amitié, du vieillissement des parents avec beaucoup de subtilité et de nuances. Ce que j’apprécie dans les livres de Chloé Ashby, c’est sa manière d’imbriquer le monde de l’art à ses intrigues. Un parallèle s’établit entre ses réflexions sur son désir de maternité et son travail de restauration. Elle tente de retrouver son instinct, de comprendre son véritable désir vis-à-vis de la maternité loin des pressions de la société ou de son entourage, tout en révélant le travail du peintre flamand sous les repentirs. La comparaison s’avère tout à fait pertinente.

Avec « Repentirs », Chloe Ashby confirme son talent à nouer des intrigues, à questionner la place et le désir des femmes avec une plume délicate et pleine d’intelligence.

Traduction Anouk Neuhoff

Le jeu de l’assassin de Ngaio Marsh

Sir Hubert Handesley reçoit ses amis pour le weekend dans sa demeure campagnarde de Frantock. Y seront reçus Arthur Wilde, un archéologue, et sa femme Marjorie, Angela North, la nièce de Sir Hubert, Rosamund Grant, Charles Rankin, le Dr Foma Tokareff. Un nouvel invité va découvrir les lieux pour la première fois : Nigel Bathgate, journaliste de son état et neveu de Charles Rankin. Afin de divertir ses amis, Sir Hubert a décidé d’organiser une murder party. L’assassin sera désigné par le majordome et il devra le soir même choisir sa victime. Un coup de gong et l’extinction des lumières marqueront le moment du meurtre. Mais lorsque cela se produit, c’est un véritable cadavre qui git en bas de l’escalier principal de Frantock. L’inspecteur principal Roderick Alleyn, de Scotland Yard, est mandaté pour mener l’enquête.

« Le jeu de l’assassin » est le premier tome des enquêtes de Roderick Alleyn. Le roman, publié en 1934, est un whodunit classique. Ngaio Marsh est née à Christchurch en Nouvelle Zélande et elle s’installe en 1928 en Angleterre. Ses cosy mysteries et ses pièces de théâtre connurent un grand succès. « Le jeu de l’assassin » est d’ailleurs un roman très théâtral. L’intrigue se déroule en huis-clos dans la splendide propriété de Sir Hubert. Elle respecte tous les codes du genre : des secrets inavouables dans une haute société anglaise policée, des rebondissements, de l’humour, une mystérieuse société secrète russe et un duo d’enquêteurs. En effet, Alleyn va s’appuyer sur Nigel Bathgate, après l’avoir pensé coupable, pour résoudre son enquête. A la manière des aventures de  Holmes et Watson, Ngaio Marsh va développer une série de romans autour de ces deux héros.

« Le jeu de l’assassin » fut une lecture tout à fait divertissante, dans l’esprit d’Agatha Christie, contemporaine Ngaio Marsh. Je conseille cette lecture aux amateurs de l’âge d’or du whodunit ou aux amoureux du Cluedo !

Traduction Roxane Azimi

Les sœurs Field de Dorothy Whipple

A Underwood, Lucy se réjouit à l’idée de recevoir ses deux sœurs Vera et Charlotte. Elles n’ont pas été réunies depuis plusieurs années depuis que chacune s’est mariée. A la mort de leur mère, Lucy a endossé la responsabilité d’élever ses sœurs et ses frères. Elle n’a pas profité de sa jeunesse contrairement à eux. Lucy épousa William, qui lui ressemble : calme, posé, réfléchi. L’éblouissante Vera avait tous les hommes à ses pieds mais elle choisit Brian, un homme bon mais surtout riche. Tandis que Charlotte se maria avec Geoffrey, un homme qui se révélera égoïste et vaniteux. Lucy reste le pilier de la famille, le lien qui unit ces familles si disparates. Durant leurs vies d’adultes, elle tente de veiller sur ses sœurs dont les mariages sont loin d’être heureux.

Grâce aux éditions de la Table Ronde, j’ai enfin pu découvrir « Les sœurs Field » de Dorothy Whipple qui fait partie des autrices republiées par Persephone Books. Le roman, publié en 1943, est un régal et il se dévore. L’autrice y parle de déception amoureuse et de désillusion. A part Lucy qui a choisi judicieusement son mari, Vera et Charlotte ont fait des choix inconsidérés. Ceux-ci définiront leurs vies d’adultes, d’épouses : tyrannie et brutalité pour Charlotte, frivolité et abandon pour Vera. Dorothy Whipple caractérise chaque personnage avec beaucoup de profondeur et d’acuité. Malgré leurs défauts, ils sont tous attachants (sauf Geoffrey) et les enfants ne sont pas laissés de côté. J’ai été particulièrement touchée par le destin de Judith, la fille de Charlotte, et de Sarah, celle de Vera. Bien évidement, Lucy est un personnage merveilleux, altruiste et généreuse, on aimerait que ses sœurs écoutent plus souvent ses conseils.

« Les sœurs Field » est un roman familial, à la narration tendue où Dorothy Whipple parle avec beaucoup de modernité de sororité, de domination masculine et nous offre des portraits plein d’empathie.

Traduction Amélie Juste-Thomas

Petit déjeuner chez les Nikolidès de Rumer Godden

1942, Louise Pool arrive au Bengale avec ses deux filles Emily et Barbara. Elle rejoint son mari Charles qui cultive la terre et enseigne l’agronomie à l’université. Le couple était séparé depuis huit ans, Louise vivait en France et a été contrainte de partir. Elle déteste immédiatement l’Inde, sa chaleur étouffante, les bruits et les odeurs du bazar. Emily au contraire est séduite par ce nouveau pays, tout attise sa curiosité. L’opposition entre Louise et sa fille ainée va s’aggraver suite à un grave évènement autour de Don, l’épagneul d’Emily.

« Petit déjeuner chez les Nikolidès » nous est proposé par les éditions Feuillantines dans la collection « Dans la bibliothèque de ». Ce formidable roman de Rumer Godden faisait partie de celle de Jean Renoir qui a adapté une autre de ses œuvres « Le fleuve ». Dès les premières pages, une tension, un malaise sont palpables et cela ne fera que s’accentuer durant tout le roman. De nombreuses oppositions irriguent l’intrigue : les colons face aux Indiens, la modernité face aux traditions, les castes entre elles mais aussi des tensions plus intimes entre Charles et Louise ou Louise et Emily. Le drame autour de Don marquera la fin de l’innocence, de l’enfance pour la jeune fille. Les différents personnages sont parfaitement construits, leur psychologie est complexe et passionnante.

Le cadre de l’intrigue est décrit de manière saisissante par Rumer Godden. L’Inde se ressent dans chacune de ses descriptions : la touffeur moite, les différentes célébrations et cérémonies, le Gange omniprésent et qui rythme la vie et les saisons.

Voilà déjà quelques temps que je souhaitais découvrir Rumer Godden et j’ai été enchantée par ma lecture de « Petit déjeuner chez les Nikolidès », un roman incandescent aux airs de tragédie classique, superbement écrit.

Traduction Andrée de Stouz révisée par Hervé Lavergne

Muncaster de Robert Westfall

Chez les Clarke, on est cordiste de père en fils et l’on répare les hautes cheminées comme les clochers. Joe Clarke se souvient parfaitement du jour où on lui a proposé le chantier de la cathédrale de Muncaster. Jamais il n’avait pu travailler sur un chantier aussi prestigieux. Etonnamment, aucun de ses concurrents n’était disponible pour réparer la tour sud-ouest. Joe va rapidement comprendre pourquoi car dès son entrée dans la tour il ressent un malaise. Celui-ci se renforce à la découverte d’une gargouille qui semble soutenir son regard. Le cordiste et son collaborateur essaient de se raisonner mais l’étrange impression demeure. Joe découvre par la suite que les pierres autour de la gargouille étaient remplacées tous les vingt ans et que des accidents avaient lieu à chaque fois.

« Muncaster » a été publié en 1991 et nous le découvrons pour la première fois en France grâce aux éditions du Typhon. Robert Westall a écrit des romans jeunesse jusqu’au décès de son fils qui change radicalement son écriture. Ce détail biographique est vraiment intéressant car « Muncaster » est également une histoire de filiation puisque Joe tentera de protéger son fils des effets néfastes de la gargouille. Le roman de Robert Westall nous plonge dans une intrigue gothique, proche de l’univers de Lovecraft. Le récit de Joe à la première personne prend des airs de témoignage et se révèle haletant. Difficile de lâcher ce texte de 140 pages parfaitement efficace et intrigant.

Encore une fois, il faut souligner la qualité des choix éditoriaux des éditions du Typhon qui nous permettent de découvrir des textes jusqu’alors inconnu en France. « Muncaster » fut une excellente découverte.

Traduction Benjamin Kuntzer

Love d’Elizabeth von Arnim

Lors d’une représentation de « The immortal hour », Catherine Cumfrit fait la connaissance de Christopher Monchton. Leur passion pour ce drame musical, qu’ils ont vu plusieurs fois, les rapproche. Le jeune homme, d’une vingtaine d’années, tombe rapidement amoureux de Catherine. Mais celle-ci a dépassé la quarantaine, est veuve depuis dix ans et a une fille mariée de l’âge de son jeune prétendant. Discrète, d’une grande dignité, Catherine ne pouvait imaginer plaire un jour à un autre homme que son mari George. Ce dernier, très riche, avait d’ailleurs fait en sorte que les hommes intéressés par l’argent n’approchent pas Catherine après son décès, en laissant tout ses biens à leur fille Virginia. Très respectueuse des conventions de la société anglaise, Catherine va pourtant se laisser peu à peu séduire par Christopher.

« Love » a été publié en 1925 et c’est l’un des plus beaux d’Elizabeth von Arnim. Le thème de la différence d’âge (surtout lorsque la femme est plus âgée) est au cœur du roman et il est d’une grande modernité. Il résonne d’ailleurs toujours aujourd’hui avec beaucoup de force. Catherine devrait être effacée, dévouée entièrement à son intérieur et à sa fille. Son histoire avec Christopher ne peut que faire scandale. Mais la fine et intelligente Elizabeth von Arnim nous entraîne vers une autre voie et aborde la peur de vieillir chez les femmes. Catherine avait peur du regard des autres sur son couple et c’est finalement le sien sur son physique qui va mettre en danger son histoire avec Christopher. « Love » se révèle être un roman cruel, emprunt de tristesse, de mélancolie. On s’attache infiniment à Catherine dont on suit chaque mouvement du cœur, chaque doute, chaque souffrance. J’ai également beaucoup apprécié le personnage de Virginia, qui défend sa mère face à sa belle famille même si elle est en désaccord avec ses choix. L’amour du titre est également celui qui existe entre une mère et sa fille.

« Love » est un formidable roman, une satire sociale qui passe de la légèreté au drame sous la plume élégante d’Elizabeth von Arnim.

Traduction Bernard Delvaille

Les enfants du chemin de fer d’Edith Nesbit

« Au commencement, Roberta, Peter et Phyllis n’avaient aucun intérêt particulier pour le chemin de fer. Ce n’était à leurs yeux qu’un moyen de transport pour se rendre à Londres et assister à des spectacles de magie, admirer les animaux du jardin zoologique ou visiter le musée de Madame Tussaud. » Les trois enfants vivent paisiblement dans la banlieue de Londres avec leurs parents. Leur vie va être bouleversée lorsque deux hommes débarquent un soir chez eux et emmènent leur père. Leur mère, souhaitant les protéger, ne leur explique pas la raison du départ de leur père. Mais rapidement, les finances de la famille chutent. La mère écrit des histoires sans que cela soit suffisant pour les faire vivre. Ils doivent quitter Londres pour la campagne du Yorkshire. Les enfants s’habituent à leur nouvelle vie notamment grâce au chemin de fer et à ses salariés chaleureux et accueillants.

« Les enfants du chemin de fer » est un classique de la littérature jeunesse anglaise qui date de 1906 et il est publié pour la première fois en français. Il a été adapté à plusieurs reprises pour le cinéma ou la télévision. Roberta, Peter et Phyllis vont vivre de nombreuses aventures et vont se montrer extrêmement ingénieux et courageux (pour prévenir le conducteur d’un train d’un éboulement sur les voies ou pour sauver un enfant d’un départ de feu). Ce sont aussi des enfants ordinaires qui se chamaillent et font des bêtises même s’ils essaient de se comporter le mieux possible pour soulager leur mère. Inutile de vous dire que ces trois-là sont très attachants et qu’il est bien difficile de les quitter.

De l’aventure, du suspens, de l’émotion, de l’amitié, de l’humour, de la tendresse, voilà les ingrédients qui rendent « Les enfants du chemin de fer » précieux et intemporel.

 Traduction Amélie Sarn