La vie entière de Timothée de Fombelle

« J’écris ces mots. J’invente des allées inconnues, des places, des bals, des forêts. Je cours loin devant moi. J’invente l’endroit où nous attend tout ce qu’on ne vivra jamais. Il est minuit. J’écris vite parce que les lignes sont des années. »  1944, dans sa chambre parisienne, Claire attend Blanche, son chef de réseau. Depuis treize mois, la jeune femme de 19 ans tape « les feuilles volantes » qu’il vient lui dicter à 17h presque chaque jour. Au fur et à mesure, Claire est tombée amoureuse de cet homme dont elle ne connaît pas le véritable nom. Ce soir, il est en retard. Elle ne doit pas l’attendre au-delà de trente minutes. Pourtant, Claire ne quitte pas son appartement. Pour conjurer le danger ou faire advenir ce dont elle rêve, elle imagine la vie qu’ils auront tous les deux après la guerre : les enfants, les amis, les vacances, les saisons qui passent, la vieillesse. « je veux être vieille avec une écharpe rose le soir pour aller dîner. Je veux avoir eu le temps d’oublier. » 

Les soixante-dix-sept pages du dernier roman de Timothée de Fombelle contiennent bel et bien une vie entière. Lui, accoutumé à de belles sagas romanesques, nous offre ici un bijou de concision. Dans ce court texte se mélangent avec fluidité le passé, le présent et le futur de Claire. Timothée de Fombelle passe d’un temps à l’autre pour englober la vie de son personnage, ses aspirations, ses rêves, tous les détails et sensations qui composent le quotidien. Le temps presse, le danger la guette et pourtant Claire se laisse porter par son imaginaire, par son amour pour cet homme qu’elle connait à peine. Le texte, qui résulte de ses rêveries, est bouleversant, imprégné par l’urgence de la situation.

Timothée de Fombelle fait décidément partie de mes écrivains préférés. Qu’il écrive pour les enfants ou pour les adultes, son écriture reste délicate, précise et sensible.

Prélude à la goutte d’eau de Rémi David

France, 2050, alors que les canicules se multiplient, la société Dolomont décide de s’approprier un iceberg pour le déplacer du pôle au Maroc. Là-bas, l’eau douce sera revendue à un prix exorbitant. Samira, une jeune juriste, cherche une faille pour faire chuter l’empire créé par Erik Dolomont. Pour ce faire, elle a fondé le cabinet Axolotl, spécialisé dans l’eau, avec une avocate. La défense de l’environnement ne semble pourtant pas être la seule chose qui anime Samira dans son combat contre Dolomont. Son acharnement, son envie de vengeance remontent à plus loin, aux années 2040 au Maroc.

Je découvre Rémi David avec son dernier roman que j’ai dévoré. Sa dystopie nous transporte de 2040 à 2060, en France, au Maroc et en Suède à la suite de Samira. La question climatique ouvre le roman avec le déplacement de l’iceberg dans un monde qui suffoque. A qui appartient la nature ? La loi n’a pas de réponse à cette question et Dolomont profite de ce vide juridique. L’auteur nous rappelle que cette interrogation ne tient pas de la science-fiction puisque certains états ont déjà tenté d’y répondre (par exemple, la Nouvelle Zélande qui a accordé la personnalité juridique à la rivière Whanganui en 2017).

Le roman ne s’arrête d’ailleurs pas à cette thématique et nous montre un monde rongé par l’ultralibéralisme : privatisation de l’hôpital, des transports, des prisons, de la police, de l’université, etc… La migration climatique a débuté et les conditions pour rejoindre les pays européens sont ignobles et terrifiantes. Le monde de Dolomont est celui de l’argent roi qui donne tous les droits et tous les pouvoirs. Comme souvent dans les dystopies, la société inventée par Rémi David n’est qu’un reflet accentué de la nôtre.

Magnifiquement écrit, « Prélude à la goutte d’eau » est un roman haletant qui aborde de nombreux sujets et qui a été une très belle découverte.

Nourrices de Séverine Cressan

Une nuit de pleine lune, Sylvaine est réveillée par de petits coups de bec brefs et répétés sur la fenêtre. Attirée par ce bruit incessant et insistant, elle quitte sa demeure pour s’enfoncer dans la forêt. L’Appel de l’oiseau l’amène jusqu’à une clairière où elle découvre un bébé abandonné. « Un minuscule nourrisson de quelques heures est posé au sol, serré dans un morceau de vieille toile fine. Sa tête repose sur un mince carnet à la couverture mordorée. Sylvaine s’accroupit, se penche vers le nouveau né. Celui ci la fixe de ses yeux couleur de nuit, intensément, sans ciller. » Sylvaine, qui est nourrice, emporte l’enfant chez elle. Depuis le sevrage de son fils, Jehan, elle allaite une petite fille de la Ville prénommée Gladie. La petite est fragile et un matin elle ne se réveille pas. Sylvaine décide alors de remplacer Gladie par l’enfant de lune pour sauver sa réputation.

Le premier roman de Séverine Cressan est à la fois un roman social et un conte. Aucun lieu, aucune date ne sont mentionnés, plaçant ainsi l’histoire de Sylvaine dans un cadre indéfini. Le merveilleux, le fantastique font des apparitions dans son quotidien comme en témoigne la scène d’ouverture où la nourrice découvre l’enfant de lune. La nature, sa puissance, l’instinct animal sont présents tout au long du récit.

La narration se construit à deux voix : celle de Sylvaine et celle du carnet retrouvé auprès de l’enfant dans la forêt. Les deux soulignent la violence subie par les femmes (notamment le viol des domestiques que ce soit dans des appartements cossus ou dans des fermes) et la domination des hommes. Les nourrices, qui sont souvent des personnages secondaires de la littérature, sont ici mises en lumière par Séverine Cressan. L’exploitation du corps des femmes, la monétisation de leur lait maternel sont très bien documentées. De nombreux intermédiaires profitent de la pauvreté des nourrices. Malgré la dureté de la vie de Sylvaine, Séverine Cressan montre qu’il reste de la place pour la sororité, la tendresse et la transmission.

« Nourrices » est un premier roman très réussi qui questionne la notion d’instinct maternel tout en mettant au premier plan des femmes invisibilisées.

 

Mortel Noël de Denis Michelis

« L’histoire pourrait commencer ainsi : « Il était une fois, de l’autre côté de la frontière, un charmant village niché au cœur d’une petite montagne paisible. Tout autour se déployait une forêt dont le feuillage vert tendre abritant une multitude d’animaux. Lièvres, écureuils, renards, paons, chevreuils, faisans, biches et surtout des cerfs dont on peut parfois croiser le regard blasé au détour d’un bois touffu. » A l’écart du village se trouve un chalet vers lequel se dirige une famille : une mère, son fils adolescent Oliver et son nouveau compagnon Klaus. Oliver n’est guère enthousiaste à l’idée de passer les fêtes dans un chalet chelou dont l’accès à la cave est bizarrement fermé à double tour. Heureusement, le jeune homme, qui a été privé de son téléphone portable, peut écrire dans son journal et fumer des joints.

Denis Michelis nous offre avec « Mortel Noël » un conte de Grimm revisité à la sauce macabre. A l’intérieur de son roman, il invente même trois contes horrifiques lus par Oliver. L’adolescent est le narrateur exclusif de cette histoire et la question de sa fiabilité se pose tout au long du roman (il n’aime pas Klaus et sa mère Hildegard et il est accro au cannabis). Oliver est d’ailleurs un personnage peu aimable, insupportable et irrespectueux. Les fêtes de Noël de la famille finissent par ressembler à un croisement entre « Festen » et « Barbe bleu » ! 

Denis Michelis détourne avec humour (noir l’humour) le conte de Noël et le cosy mystery pour nous offrir une lecture délectable et fort divertissante. 

 

La collision de Paul Gasnier

Le 6 juin 2012, dans le quartier de la Croix Rousse à Lyon, une femme à vélo est percutée par une moto. Le conducteur, Saïd, roulait à 80 km/h en roue arrière et il perdit le contrôle de son véhicule. La cycliste décédera une semaine après l’accident. Cette femme était la mère de Paul Gasnier, aujourd’hui journaliste à Quotidien. Dix ans plus tard, lors de la campagne présidentielle, les propos d’un candidat d’extrême-droite vont l’emmener à interroger les faits douloureux vécus en 2012. « La correspondance entre mon vécu et son fantasme politique n’a pas cessé de me hanter depuis cette campagne présidentielle, où il faut martelé que l’immigration provoquait de la délinquance et qu’il était urgent d’en protéger les Français. Il fallait le reconnaître : l’extrême-droite avait mis le doigt, avec talent, sur cette confusion et cette colère que j’avais intimement vécu. » Pour dépasser cette colère, « pour comprendre à défait de pardonner », Paul Gasnier va enquêter avec rigueur sur le fait divers qui a bouleversé sa vie. Il s’appuie sur les rapports médicaux, de police, le dossier d’instruction, le récit de témoins pour essayer d’appréhender la généalogie de la violence urbaine. A partir de l’histoire de sa mère et de celle de Saïd, il élargit son propos, essaie de saisir ce qui fracture la France aujourd’hui. Paul Gasnier mélange le récit à l’enquête avec sérieux, sans pathos et avec humanisme. La sobriété et le recul, dont il fait preuve, n’empêchent pas l’émotion et l’on sent la douleur profonde, le deuil terrible qui frappa une famille unie et sans histoire.

« La collision » est un texte remarquable d’intelligence, de réflexion et de justesse où la colère ne met pas à mal les convictions de son auteur.

L’affaire de la rue Transnonain de Jérôme Chantreau

La France de 1834 est au bord de la révolte contre la Monarchie de juillet. Louis-Philippe restreint les libertés et Lyon s’embrase. Les canuts se soulèvent et la traînée de poudre monte jusqu’à Paris Au petit matin du 14 avril, au 12 de la rue Transnonain, des soldats pénètrent dans un immeuble et massacrent douze personnes. Des commerçants, des ouvriers, des artisans, des femmes et des enfants font partie des victimes. Pour expliquer ce bain de sang, le ministre de l’intérieur, Adolphe Thiers, va pointer du doigt Louis Breffort qui aurait fait partie des insurgés et aurait tué un soldat. Un policier est engagé pour éclaircir la situation mais Joseph Lutz doute rapidement de la version officielle. 

Jérôme Chantreau s’est emparé de ce fait historique, il ressuscite les protagonistes de l’affaire et il comble les vides. Le résultat est absolument passionnant. Il nous embarque dans une enquête palpitante dans les tréfonds de Paris et les lieux du pouvoir aux côté de Joseph Lutz, ancienne âme damnée de Vidocq mais policier acharné et pointilleux. En dehors de Lutz, on croise beaucoup de personnages historiques comme les sinistres Thiers et maréchal Bugeaud mais aussi l’humaniste abbé Cestac, Suzanne Voilquin et Claire Démar qui écrivaient dans un journal féministe. Autre personnage présent au 12 rue Transnonain, Annette Vacher, prostituée, qui disparait après l’affaire mais à qui Jérôme Chantreau offre un nouveau destin.

Outre la formidable galerie de personnages, l’autre point fort du livre est la reconstitution de Paris. Le baron Haussmann n’a pas encore œuvré, la ville est faite de petites ruelles, de boue, de carcasses nauséabondes. La pauvreté, le choléra sont endémiques. Et les barricades ne cessaient de se construire depuis 1789. Jérôme Chantreau fait merveille dans les descriptions de cette ville bouillonnante et odorante !

« L’affaire de la rue Transnonain » est un livre passionnant dont la lecture est extrêmement fluide et agréable. Un régal !

Les derniers jours de l’apesanteur de Fabrice Caro

1990, Daniel et ses copains Marc et Justin entament leur dernière année au lycée. Le premier se remet difficilement de sa rupture avec Cathy Mourier et écoute en boucle un tube d’Elsa qui lui évoque leur histoire. Justin tente de scientifiquement localiser le point G et se fait prendre en cours d’histoire un schéma à la main. Marc, quant à lui, rêve de séduire Sandrine Moynot et lui compose une compil des meilleurs morceaux de Supertramp. Trois copains en pleine adolescence qui vont bientôt clore un chapitre de leur vie pour découvrir l’âge adulte.

Je suis depuis longtemps une grande admiratrice de Fabrice Caro et j’ai lu avec grand plaisir son dernier roman qui m’a replongée dans les années lycée. Etant née dans les années 70, les références du livre m’ont immédiatement parlé : le top 50, Santa Barbara, Le cercle des poètes disparus, Télé7jours, l’emprisonnement de Nelson Mandela, la chute du mur de Berlin. Fabrice Caro reconstitue à merveille une époque mais ce qu’il dit de l’adolescence est intemporel :  Les maladresses des trois copains envers les filles, l’intensité des premiers émois, les fêtes du samedi soir que l’on ne peut en aucun cas manquer, la fin prochaine de l’insouciance et de la légèreté. Fabrice Caro mélange la nostalgie à son humour irrésistible et à son sens tordant de la formule.

Comme toujours, lire Fabrice Caro est l’assurance de passer un excellent moment et de contracter ses zygomatiques à de nombreuses reprises. Hautement conseiller en ces temps moroses.

Francoeur, à nous la vie de château ! de Marie-Aude Murail et Constance Robert-Murail

Nous avions laissé la fratrie Dupin au moment de l’apparition de la flamboyante Olympia, leur petite sœur qui avait été arrachée à sa famille pour être placée dans un couvent de bénédictines. L’énergie d’Olympia, son caractère très extraverti poussèrent sa sœur Anna et ses frères Isidore et Marceau à la diriger vers le théâtre. Quand la correspondance d’Anna avec sa jeune admiratrice reprend, Olympia va être prise au conservatoire. Durant les années suivantes, de la IIe République au Second Empire, les talents d’Isidore et d’Anna s’affirment et rencontrent peu à peu le succès. Le premier assume d’ailleurs de frayer avec le pouvoir et les puissants pour vendre ses tableaux. Marceau, son jumeau, a toujours l’intransigeance des révolutionnaires et peine à faire connaître sa sublime poésie. Anna, comme toujours, tente d’être le ciment de sa famille et de concilier tous ces forts caractères. 

Le premier tome de « Francoeur » était très réussi et celui-ci l’est tout autant. Comme dans le premier volume, Marie-Aude Murail et Constance Robert-Murail tressent à merveille la vie de leurs personnages et la Grande Histoire. Elles soulignent parfaitement les enjeux, les difficultés d’imposer son art à cette époque. C’est notamment intéressant pour le cas d’Olympia qui permet de dévoiler les coulisses de la vie de comédienne, « les protecteurs » qu’il fallait se trouver pour réussir à vivre de son art. 

La famille Dupin retrouve dans ce volume son Berry natal avec l’achat par Anna du château d’Apresort qui s’inspire du Nohant de George Sand. Mal en point au départ, cette demeure va devenir grâce à Anna un lieu chaleureux, convivial où les invités parisiens y montent des pièces de théâtre. L’ancrage régional est essentiel, la campagne, le patois, les superstitions, les fêtes, tout concourt à la création littéraire de notre chère Anna et à donner un ton différent de celui du premier tome.

« Francoeur, à nous la vie de château » clôt merveilleusement cette fresque familiale et historique autour de la création artistique au 19e siècle. Les personnages, haut en couleur et très incarnés, vont certainement me manquer. 

L’entroubli de Thibault Daelman

« L’entroubli » est le récit d’une enfance chaotique dans un quartier populaire au sein d’une famille de cinq enfants. La mère, aimante et excessive, se bat pour obtenir le meilleur pour ses fils malgré un mari alcoolique et des factures qui s’amoncellent. « Dettes, retards de paiement, créances, relances, échéances, préavis d’expulsion, en astérisques, en lignes, en italique, en gras, la menace depuis la paperasse s’infiltrait en elle jusqu’à lui déborder les yeux. Ces larmes-là, inhabituelles, étaient sans cri, puis sans mots. » Cette vie au sein d’une famille dysfonctionnelle n’est pas faite que de difficultés et de coups du sort, les enfants connaissent des moments de joie à l’occasion de vacances au bord de la mer ou chez des cousins, ou lorsque le narrateur découvre la puissance des mots.

« L’entroubli », titre magnifique emprunté à François Villon, est le premier roman autobiographique de Thibault Daelman. Son texte parle d’une enfance, d’une adolescence passées dans le bruit, la fureur, la pauvreté et une difficulté à trouver sa place dans le monde. Ce qui le sauve est une envie d’écrire dévorante et impérieuse. La nécessité à coucher son histoire sur le papier se sent à chaque phrase. La langue de Thibault Daelman est infiniment poétique, évocatrice et incandescente. « L’entroubli » est un texte intense, dure mais également d’une grande tendresse pour ses personnages.

Thibault Daelman est habité par les mots, par leur rythme et son texte, d’une grande lucidité, est saisissant. J’ai eu la chance de l’écouter lire « L’entroubli » à haute voix, ce qu’il fait avec sincérité et passion.

Toi d’Hélène Gestern

Avec « Cézembre », le nom d’Hélène Gestern a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux et j’avais très envie de découvrir sa plume. J’ai choisi de le faire avec un texte court, « Toi », qui parle de sa chatte persane Mimi. Ce superbe félin blanc est entré dans sa vie dix ans auparavant par son jardin. A l’heure où Mimi souffre de diabète et demande beaucoup de soins et d’attention, Hélène Gestern décide d’écrire sur ce lien particulier et fort qu’elles ont créé. « J’ai compris que c’est maintenant qu’il faut que j’écrive. Maintenant que tu es encore là, chaude, douce, fatiguée, mais vivante, bien vivante. Péremptoire quand tu régales tes croquettes, épuisante quand tu me réveilles la nuit, merveilleuse de patience quand je t’injecte ton insuline, gracieuse dans ton sommeil abandonné, émouvante quand tu te promènes dans le jardin d’à côté, bouleversante quand tu me rejoins le soir sur le lit et que tes yeux doux et dorés rencontrent les miens pendant que tu ronronnes très fort, frottes ton front contre mon visage et pétris les draps du bout de tes pattes. » Sans anthropomorphisme, Hélène Gestern parle avec délicatesse de l’amour profond, tendre qui s’est noué au fil des années avec son animal de compagnie. Elle évoque également la douleur de le voir vieillir, de le savoir malade et les contraintes qui y sont liées, mais par-dessus tout de la peur de la séparation. 

« Toi » a inauguré la collection Le bar de la Sirène imaginée par Maud Simonnot aux éditions du Seuil. Le livre, très élégant avec sa couverture métallisé, comporte entre ses pages quelques photos de Mimi et de sa maîtresse. Hélène Gestern rend un bel hommage à sa chatte qui touchera profondément les amoureux et les propriétaires de chats (mais pas seulement !).