« Parfois, en ces tristes journées d’hiver si fréquentes en Nouvelle Angleterre où le vent malmène autant les arbres que les arbustes, où la pluie tambourine contre les toits et les vitres, je me sens de nouveau happé par l’univers de mon père, de ma jeunesse, par la petite ville qu’il aimait tant et où je vis toujours. (…) Dans mon esprit , les morts retrouvent la vie, reprennent leur enveloppe charnelle. » Henry Griswald se replonge dans ses souvenirs, l’année de ses quinze ans. Son père est le directeur de l’école pour garçons de Chatham et pour la rentrée de 1926 il accueille une nouvelle enseignante : Mlle Elizabeth Channing. Celle-ci se chargera des arts plastiques. Elle est belle, lumineuse et a parcouru le monde avec son père. Le décès de ce dernier l’oblige à travailler. Henry est rapidement fasciné par l’histoire de la jeune femme et la liberté qu’elle a connu. Il s’y intéresse d’autant plus quand Mlle Channing se met à tisser des liens avec Mr Reed, enseignant également mais marié. Henry devient le témoin de leurs rencontres et du drame qui va se nouer autour du couple.
Thomas H. Cook se sert des codes du roman noir du 19ème siècle pour écrire son roman. L’histoire d’amour entre Mlle Channing et Mr Reed est impossible puisqu’il est marié et a une petite fille. Cela n’en rend que plus romantique cet amour aux yeux du jeune Henry. Les deux enseignants semblent tourmentés par leurs sentiments. Les paysages de la Nouvelle Angleterre accompagne cette romance par leur austérité et leur rudesse.
L’intrigue nous est dévoilée par des aller-retours dans le passé. Les informations sur la tragédie de Noir-Etang sont distillées à petites doses, levant le voile sur l’ampleur du désastre et précipitant la lecture jusqu’à la terrible révélation finale.
« Au lieu-dit Noir-Etang » est fort bien mené, chaque retour au passé nous donne envie d’en savoir plus et la fin a été pour moi totalement inattendue.
Merci aux éditions Points pour cette jolie lecture.




















