Repentirs de Chloe Ashby

« Nous nous étions rencontrés quand j’avais vingt-cinq ans et lui trente-six. Ça faisait dix ans que nous étions ensemble, et huit que nous étions mariés. Nous avions établi une routine, un mode de vie. N’ayant à nous préoccuper que de nous-mêmes, nous pouvions nous permettre d’être égoïstes, de donner la priorité à notre relation, notre travail, … les choses nous plaisaient comme ça. » Cathy et Noah vivent confortablement à Londres. Il est professeur à l’université, publie régulièrement des livres. Cathy est restauratrice d’œuvres d’art à la National Gallery. Alors qu’elle commence à travailler sur « Vue des sables de Scheveningen » de Hendrick van Anthonissen, ses certitudes sur son choix de ne pas être mère vacillent. Son questionnement, son indécision peuvent mettre en péril son couple. Noah pense que la grossesse de la meilleure amie de Cathy est à l’origine de ses doutes. Pour aggraver la situation, la mère de Cathy présente des signes de démence sénile.

J’avais beaucoup aimé le premier roman de Chloe Ashby « Peinture fraîche » où elle questionnait le corps des femmes. Ici, elle explore la pression sociale liée à la maternité et qui pèse sur les épaules des femmes. Cathy est-elle totalement libre de ses choix de vie ? Le roman aborde également la question du couple, de l’amitié, du vieillissement des parents avec beaucoup de subtilité et de nuances. Ce que j’apprécie dans les livres de Chloé Ashby, c’est sa manière d’imbriquer le monde de l’art à ses intrigues. Un parallèle s’établit entre ses réflexions sur son désir de maternité et son travail de restauration. Elle tente de retrouver son instinct, de comprendre son véritable désir vis-à-vis de la maternité loin des pressions de la société ou de son entourage, tout en révélant le travail du peintre flamand sous les repentirs. La comparaison s’avère tout à fait pertinente.

Avec « Repentirs », Chloe Ashby confirme son talent à nouer des intrigues, à questionner la place et le désir des femmes avec une plume délicate et pleine d’intelligence.

Traduction Anouk Neuhoff

Le jeu de l’assassin de Ngaio Marsh

Sir Hubert Handesley reçoit ses amis pour le weekend dans sa demeure campagnarde de Frantock. Y seront reçus Arthur Wilde, un archéologue, et sa femme Marjorie, Angela North, la nièce de Sir Hubert, Rosamund Grant, Charles Rankin, le Dr Foma Tokareff. Un nouvel invité va découvrir les lieux pour la première fois : Nigel Bathgate, journaliste de son état et neveu de Charles Rankin. Afin de divertir ses amis, Sir Hubert a décidé d’organiser une murder party. L’assassin sera désigné par le majordome et il devra le soir même choisir sa victime. Un coup de gong et l’extinction des lumières marqueront le moment du meurtre. Mais lorsque cela se produit, c’est un véritable cadavre qui git en bas de l’escalier principal de Frantock. L’inspecteur principal Roderick Alleyn, de Scotland Yard, est mandaté pour mener l’enquête.

« Le jeu de l’assassin » est le premier tome des enquêtes de Roderick Alleyn. Le roman, publié en 1934, est un whodunit classique. Ngaio Marsh est née à Christchurch en Nouvelle Zélande et elle s’installe en 1928 en Angleterre. Ses cosy mysteries et ses pièces de théâtre connurent un grand succès. « Le jeu de l’assassin » est d’ailleurs un roman très théâtral. L’intrigue se déroule en huis-clos dans la splendide propriété de Sir Hubert. Elle respecte tous les codes du genre : des secrets inavouables dans une haute société anglaise policée, des rebondissements, de l’humour, une mystérieuse société secrète russe et un duo d’enquêteurs. En effet, Alleyn va s’appuyer sur Nigel Bathgate, après l’avoir pensé coupable, pour résoudre son enquête. A la manière des aventures de  Holmes et Watson, Ngaio Marsh va développer une série de romans autour de ces deux héros.

« Le jeu de l’assassin » fut une lecture tout à fait divertissante, dans l’esprit d’Agatha Christie, contemporaine Ngaio Marsh. Je conseille cette lecture aux amateurs de l’âge d’or du whodunit ou aux amoureux du Cluedo !

Traduction Roxane Azimi

Les sœurs Field de Dorothy Whipple

A Underwood, Lucy se réjouit à l’idée de recevoir ses deux sœurs Vera et Charlotte. Elles n’ont pas été réunies depuis plusieurs années depuis que chacune s’est mariée. A la mort de leur mère, Lucy a endossé la responsabilité d’élever ses sœurs et ses frères. Elle n’a pas profité de sa jeunesse contrairement à eux. Lucy épousa William, qui lui ressemble : calme, posé, réfléchi. L’éblouissante Vera avait tous les hommes à ses pieds mais elle choisit Brian, un homme bon mais surtout riche. Tandis que Charlotte se maria avec Geoffrey, un homme qui se révélera égoïste et vaniteux. Lucy reste le pilier de la famille, le lien qui unit ces familles si disparates. Durant leurs vies d’adultes, elle tente de veiller sur ses sœurs dont les mariages sont loin d’être heureux.

Grâce aux éditions de la Table Ronde, j’ai enfin pu découvrir « Les sœurs Field » de Dorothy Whipple qui fait partie des autrices republiées par Persephone Books. Le roman, publié en 1943, est un régal et il se dévore. L’autrice y parle de déception amoureuse et de désillusion. A part Lucy qui a choisi judicieusement son mari, Vera et Charlotte ont fait des choix inconsidérés. Ceux-ci définiront leurs vies d’adultes, d’épouses : tyrannie et brutalité pour Charlotte, frivolité et abandon pour Vera. Dorothy Whipple caractérise chaque personnage avec beaucoup de profondeur et d’acuité. Malgré leurs défauts, ils sont tous attachants (sauf Geoffrey) et les enfants ne sont pas laissés de côté. J’ai été particulièrement touchée par le destin de Judith, la fille de Charlotte, et de Sarah, celle de Vera. Bien évidement, Lucy est un personnage merveilleux, altruiste et généreuse, on aimerait que ses sœurs écoutent plus souvent ses conseils.

« Les sœurs Field » est un roman familial, à la narration tendue où Dorothy Whipple parle avec beaucoup de modernité de sororité, de domination masculine et nous offre des portraits plein d’empathie.

Traduction Amélie Juste-Thomas

Amiante de Sébastien Dulude

Eté 1986 à Thetford Mines, Steve Dubois passe son temps en compagnie de son meilleur ami Charlélie Poulin. Les deux garçons se construisent des cabanes, lisent des Tintin, se baladent à vélo dans cet étrange paysage qui les entoure. A côté des forêts se déploient des terrils, des tumulus d’amiante qui est exploitée dans les usines des alentours. Elles font vivre la ville, le père brutal de Steve y travaille, et bouche en même temps l’horizon. Cet été là ne sera pourtant pas seulement idyllique pour Steve. Comme un mauvais présage, la navette spatiale Challenger explose au décollage. Et un évènement plus dramatique encore va venir bouleverser le garçon. On le retrouve cinq ans après alors qu’il a 15 ans et qu’il est hanté par l’été 1986.

« Je me nourris du bon feu, j’éteins le mauvais. » Cette devise de François Ier est mise en exergue du premier roman de Sébastien Dulude et chaque partie de la phrase illustre une période de la vie de Steve. La première partie du livre est écrite à l’imparfait et inscrit l’amitié des deux garçons dans un passé lumineux et heureux. Loin de la dure réalité sociale de leur ville, du monde des adultes qui ne sont pas à la hauteur, ces deux-là se construisent une bulle où leur amitié les protège. Sébastien Dulude rend parfaitement la force du lien qui les unit, l’insouciance qui les accompagne dans leurs escapades. La deuxième partie est au présent et laisse entrevoir la fin d’un monde. On retrouve Steve au bord du gouffre, sur le fil en permanence. L’écriture de Sébastien Dulude est extrêmement sensorielle, sensible et poétique. Il parle avec justesse aussi bien du bonheur indicible de trouver un ami que du mal-être qui ronge. Steve est un personnage pour lequel j’ai ressenti beaucoup d’empathie et qui m’a infiniment touchée.

« Amiante » est un poignant roman d’apprentissage dont la langue marque par sa beauté et sa poésie.

Au-dedans de Will McPhail

Nick est un illustrateur free-lance désœuvré qui passe beaucoup de temps dans les cafés. Il y teste la posture du type triste, solitaire. Mais la présence d’une jeune femme pleine d’ironie va mettre à mal son projet. Il la recroisera quelques jours plus tard dans le métro et entamera une relation avec elle. Nick n’est pourtant pas satisfait par sa vie, quelque chose lui semble manquer pour l’apprécier pleinement.

« Au-dedans » est le premier roman graphique de Will McPhail, illustrateur au New Yorker, et il a obtenu le prix BD Fnac/France-Inter. Son héros constate qu’il n’arrive pas à communiquer avec les autres, à avoir une véritable connexion avec eux. Il aimerait avoir des conversations plus profondes au lieu des banalités habituelles. Mais il n’y parvient qu’épisodiquement. Au fil de la bande-dessinée, Nick s’ouvrira aux autres et ce alors qu’il traverse une épreuve douloureuse. La BD de Will McPhail parle également de la solitude des grandes villes, des difficultés à rencontrer l’autre dans cette foule d’individus.

« Au-dedans » oscille entre humour et émotion. L’une des bonnes idées de l’auteur est le choix des noms des bars où se rend Nick et qui transcrivent son état d’esprit : Tous tes potes sont parents, Je ne serai jamais proprio, T’as besoin de nous, etc… Autre excellente idée, alors que les illustrations sont en noir et blanc, certaines pages sont en couleurs et matérialisent les mondes intérieurs de ceux avec qui le héros crée une réelle interaction. Les dialogues sont minimalistes et les dessins très expressifs.

« Au-dedans » est une bande-dessinée qui évoque les difficultés des rapports humains avec beaucoup de sensibilité, d’humour et de poésie.

Traduction Basile Béguerie

Les pauses de la vie de Maria Messina

Paola Mazzei vit avec sa mère dans une petite ferme près d’Arezzo. Son frère, qui est médecin, a été réquisitionné sur le front. Leur père, excentrique et fantaisiste, a quitté le foyer depuis longtemps. Paola travaille au bureau de Postes où elle a pris la place de son oncle défunt. La jeune femme est assez solitaire, elle préfère lire pendant ses pauses plutôt que d’écouter les bavardages de ses collègues. Chaque soir, elle retrouve en cachette Matteo Solina dont les origines modestes déplairaient à sa mère. Mais le jeune homme finit également par quitter San Gersolé pour poursuivre ses études. « Oui, le monde est grand mais pour elle, il sera toujours limité à ce lieu tranquille appelé San Gersolé. (…) Mais c’est un coin minuscule dans le vaste monde. Sur les cartes géographiques, il n’est même pas signalé par un point, comme s’il n’existait pas. La terre est pleine de coins minuscules où végètent des gens qui pensent à toutes sortes de choses et meurent d’envie de voir d’autres lieux, de changer d’habitudes – et nul ne sait qu’ils existent. »

« Les pauses de la vie » est l’avant-dernier roman, paru en 1926, de Maria Messina. Comme dans les précédents romans de l’autrice que j’ai lus, la condition des femmes y est le thème central. Elle montre d’ailleurs la grande injustice qui leur est fait après la guerre. Les femmes ont remplacé les hommes partis au front, elles ont travaillé mais au retour des combattants, elles doivent céder leur place. Le titre de la postface de Marguerite Pozzoli, qui a traduit la roman, définit parfaitement la destinée de Paola : « Un impossible envol ». Son désir d’ailleurs et d’indépendance est sans cesse contrarié. Pourtant, elle l’entrevoit grâce à son activité de traductrice qui finit par être reconnu. Mais ce rêve modeste ne pourra pas s’accomplir, il se concrétise trop tard pour notre héroïne.

De nouveau, le destin du personnage principal de Maria Messina est implacablement contrarié, empêché. Paola est un très beau personnage, sensible et anticonformiste.

Traduction de Marguerite Pozzoli

La paix des ruches d’Alice Rivaz

« Je crois que je n’aime plus mon mari. » C’est ainsi que débute le journal de Jeanne Bornand. Elle y raconte les désillusions de son mariage avec Philippe, avec qui elle n’a volontairement pas eu d’enfant, mais aussi ses conversations avec ses collègues de bureau. Son quotidien lui inspire des réflexions sur la condition des femmes, leur rapport aux hommes, à l’amour et au mariage.

« La paix des ruches » a été publié en 1947 et les thèmes abordés par Alice Rivaz sont d’une grande modernité. Jeanne est avant tout une amoureuse, c’est ce sentiment qu’elle aimerait perpétuellement ressentir et que le quotidien du mariage flétrit. « C’est  que nous étions des amoureuses, et qu’ils ont fait de nous des ménagères, des cuisinières… Voilà ce que nous avons peine à leur pardonner. » Alice Rivaz évoque la soumission des femmes au confort de leur mari et de leur double journée de travail. Elle parle également de la tyrannie de la beauté, de l’apparence qui régissent la vie des femmes. Le manque de confiance en soi, l’importance du regard des autres poussent les femmes à s’en préoccuper. Elles répondent aux attentes des hommes, les devancent constamment. C’est pourquoi vieillir est un poids terrible. Jeanne subit également l’ironie féroce, le dénigrement de son mari lorsqu’il s’aperçoit qu’elle écrit. Son journal est constitué de trois parties qu’elle ne peut écrire que lorsque Philippe est absent. Jeanne n’a pas de « chambre à soi », pas d’intimité dans son couple lui permettant de s’exprimer. Heureusement, elle trouve du réconfort auprès de ses amies, de ses collègues. Alice Rivaz met en avant une tendre sororité qui se crée entre les femmes qui connaissent les mêmes attentes et déconvenues dans leur vie sentimentale.

« La paix des ruches » est un roman court, dense, montrant une grande acuité, une modernité dans les sujets abordés.

Labeur de Julie Bouchard

Dans la ville de M., le 12 novembre de l’an deux mille quelque, des vies se croisent, se côtoient. Gaston est chauffeur du bus 102 et ce soir il sera à la retraite. Olivia prend son bus pour rejoindre le magasin où elle est caissière. Sa fille Anna est étudiante en médecine et contrairement à sa mère, elle se fiche éperdument de son apparence. A l’université, elle suit les cours de Henri qui est séparé de sa femme et achète des plats cuisinés au supermarché où travaille Olivia. En ce 12 novembre, on peut également croiser Césaire, l’agent de sécurité, Jean-Pierre le facteur, Ghislain le spécialiste de Rousseau, Léon, l’éboueur ou encore Augustin, le mystérieux amoureux d’Olivia qui ne la voit que le dimanche. Tous s’affairent, sont occupés par des activités ordinaires jusqu’à ce que cette journée bascule.

« Labeur » de Julie Bouchard est un roman choral formidablement construit. L’autrice imbrique ces vies comme des poupées gigognes pour nous raconter cette journée si particulière. Des personnages principaux dans un chapitre deviennent secondaires dans un autre et inversement. C’est réjouissant à lire et ça l’est d’autant plus que Julie Bouchard s’amuse à glisser un « Moi » et un « Vous » dans son roman. Chaque personnage est défini par son métier et beaucoup s’interrogent sur leurs vies : ont-ils celles qu’ils méritent ? « Labeur » est un roman inventif, drôle et tragique. Julie Bouchard rend la narration très vivante, toujours en mouvement.

J’ai dévoré le premier roman de Julie Bouchard à la narration originale et brillante. Une excellente découverte.

Irinia Nikolaevna de Paola Capriolo

« Oui, tout ceci va trainer en longueur, inutile de se presser ou de presser le destin. De plus, l’une des principales caractéristiques de cet endroit est sa capacité à engourdir de façon agréable, ou du moins rassurante, la notion du temps, comme si la respiration de la mer, éternelle, immuable, était une sorte de tuberculose bénigne, capable de contaminer l’âme et la vie des créatures humaines. » Cet endroit est San Remo, sur la Riviera italienne, à la fin du 19ème siècle. Lady Brown a décidé de s’y installer après la mort de son mari. Elle cherche une dame de compagnie. Se présente Irina Nikolaevna, fille illégitime d’un boyard russe. Lady Brown tombe rapidement sous le charme de cette jeune femme aux manières élégantes et à la destinée passionnante. Elle l’engage immédiatement malgré le manque de références d’Irina et une part de mystère dans sa biographie. Les deux femmes vont vivre ensemble durant de longues années entre les mondanités de leurs riches voisins et le calme apaisant du bord de mer.

Dès les premières pages du roman de Paola Capriolo, j’ai été enchantée par la délicatesse, la finesse de sa plume. L’atmosphère de la mondaine San Remo est parfaitement rendue. Au fur et à mesure de l’avancée du temps, la mélancolie de cette fin de siècle s’impose, des rumeurs de guerre commencent à circuler. Le titre original du roman est « Irina Nikolaevna o l’arte del romanzo. » Le personnage principal est passionnant à ce titre. On comprend rapidement qu’elle ne cesse de romancer sa vie, on devine sa véritable histoire sans que rien ne soit révéler. Mais elle est surtout une femme indépendante, intelligente (elle converse longuement avec Alfred Nobel), au charme irrésistible.

« Irina Nikolaevna » est un roman délicieux qui décrit le quotidien de deux femmes qui se lient d’amitié en cette fin de siècle et sur fond de paysage luxuriant et étourdissant de beauté.

Traduction Audrey Richaud

La disparue du cinéma de Guillaume Tion

Le 17 mai 1995, Carole Prin appelle son compagnon Roland Moog qui travaille comme projectionniste au cinéma Star. C’est d’ailleurs là qu’ils se sont rencontrés, Carole y est caissière. Ce soir de mai, elle prévient Roland qu’elle part à la maternité en voiture car ses contractions se font plus fortes. Le futur père quitte son travail pour la rejoindre à l’hôpital. Là-bas, aucune Carole Prin n’est enregistrée. Roland retourne à leur domicile où il trouve un appartement vide. Il prévient la police et finit par retrouver la voiture de Carole mais aucune trace de celle-ci. Elle semble s’être volatilisée.

Dans l’esprit de leur collaboration avec Society, les éditions 10/18 lancent une nouvelle collection de True Crime, avec Libération, consacrée aux faits divers français. L’affaire de la disparition de Carole Prin a déjà fait l’objet de podcasts, d’un « Faites entrer l’accusé » et à l’époque Roland Moog avait participé à l’émission « Perdu de vue ». Guillaume Tion, journaliste à Libération, a fait un important travail de recherches documentaires et a pu contacter certains témoins ou proches de la victime. Même si le coupable semble assez évident, l’enquête, qui finira par le démasquer fut compliquée et dura de longues années (absence du corps de Carole, fausse piste au départ dû à un témoignage erroné).

Ce qui m’a intéressé dans « La disparue du cinéma », c’est l’intérêt de Guillaume Tion pour les personnalités des protagonistes de l’histoire qu’il explore en détails. Celle de Roland Moog est véritablement stupéfiante. Cet homme cloisonnait totalement sa vie et les différentes personnes qui en faisaient partie. Il avait eu des enfants d’une précédente union et ses parents n’en avaient jamais entendu parler. Seul son frère jumeau semblait au courant de toute la vie de Roland. Autre chose qui m’a plu dans ce livre est la façon dont Guillaume Tion met en lumière l’enfant de Carole qui meurt le jour de sa naissance sans qu’il ne soit jamais pris en compte dans l’enquête ou dans le jugement qui sera rendu.

Encore une fois, la collection true crime de 10/18 nous offre un récit de qualité, solidement documenté et scrupuleux dans la reconstitution des faits.