Dans le petit village de St Mary Mead, le colonel Protheroe n’as pas bonne réputation. Son tempérament brusque et méprisant lui a mis tout le village à dos. Aussi les suspects ne manquent pas quand il est retrouvé mort dans le bureau du pasteur. Mais rapidement un jeune homme se dénonce. Il s’agit de Mr Redding, peintre, qui s’était disputé avec le colonel à propos du portrait de sa fille. La police semble satisfaite et l’affaire close. Malheureusement Mr Redding n’est pas le seul à s’accuser de ce crime et c’est au tour de Mrs Protheroe de se dénoncer. Heureusement pour l’inspecteur Flem, les vieilles demoiselles de St Mary Mead veillent au grain et notamment une voisine du presbytère où le crime a eu lieu : Miss Marple.
« L’affaire Protheroe » (« The murder at the vicarage » en vo) est la première histoire où apparaît la célèbre Miss Marple. Le récit se fait à la première personne mais c’est le pasteur Clemens qui nous raconte l’enquête. Il suit en effet tous les interrogatoires en tant que notable mais également parce que le meurtre a été commis dans son bureau. Il connait bien ses ouailles et en décrit les qualités comme les travers : « Miss Marple est une vieille demoiselle aux cheveux blancs et aux manières affables et distinguées, tandis que Miss Wetherby est d’un tempérament à la fois aigre et fleur bleue. Miss Marple est de loin la plus dangereuse des deux. » Qui pourrait se méfier de cette femme frêle et fragile occupée par son jardin japonais et les commérages du village ? Pourtant elle sait toujours tout sur tout le monde comme s’en aperçoit le pasteur. Elle observe, écoute et elle a surtout un sens aigu de la déduction. En restant dans son cottage, elle connait l’humanité tout entière. Les petits travers ont les mêmes mécanismes que les grands crimes, l’homme est le même partout. La logique de la vieille dame est implacable. Sa curiosité, ses questions incessantes en agacent plus d’un mais le raisonnement final est toujours juste. Sa place dans l’intrigue de « L’affaire Protheroe » n’est pas prépondérante et l’on fait donc doucement connaissance avec ce fin limier caché dans un corps de vieille fille distinguée.
C’est toujours un véritable plaisir de lire Agatha Christie. J’ai toujours eu beaucoup de tendresse pour la pétillante et perspicace Miss Marple. L’atmosphère de St Mary Mead est terriblement anglaise et pleine d’humour. Vous reprendrez bien une tasse de thé en compagnie de Miss Marple ?

































