
Rosemary et Guy forment un jeune couple qui cherche un nouvel appartement en vue de fonder une famille. Rosemary craque pour un logement dans l’Uppert West Side de New York, l’immeuble est bourgeois et plein de cachet. L’endroit n’a pas bonne réputation, de nombreux accidents violents y ont eu lieu. Malgré cela, Rosemary et Guy emménagent rapidement. Ils font connaissance avec leurs voisins, tous très prévenants et accueillants. Ils prennent très vite beaucoup de place et sont très présents dans le quotidien du jeune couple. Et cela va en s’accentuant lorsque Rosemary tombe enceinte. Les voisins conseillent la jeune femme pour le choix de son médecin, de sa nourriture et de son emploi du temps. Rosemary se sent envahie, surveillée et devient inquiète. D’autant plus que ses nuits sont peuplées de terrifiants cauchemars. La grossesse, tant attendue par Rosemary, devient une source d’angoisse. Mais que lui veulent donc ses oppressants voisins ?
Comme vous le savez, le livre d’Ira Levin a été adapté par Roman Polanski et j’ai toujours adoré ce film. Les éditions Pavillons Laffont ont eu la bonne idée de le rééditer ce qui m’a permis de le découvrir et Miss Léo m’a décidé à le sortir de ma PAL ! L’atmosphère du roman était faite pour plaire à Polanski. L’angoisse est latente, la bizarrerie des voisins inquiétante. « Rosemary’s baby » est un thriller psychologique très efficace. Le diable est certes de la partie mais il n’y a pas de scènes d’horreur à la manière de « L’exorciste » ! L’angoisse monte au fur et à mesure des mois de grossesse notamment à cause des symptômes étranges de Rosemary. Durant des semaines, elle ressent en permanence une douleur suraiguë qui l’abrutit. Ses envies culinaires sont aussi inhabituelles : « Jusqu’à présent elle mangeait sa viande saignante ; maintenant elle la prenait presque crue – elle ne la posait sur le gril que pour la réchauffer au sortir du réfrigérateur sans laisser au jus le temps de sortir. » Rosemary ira jusqu’à manger un cœur de poulet cru. Ses craintes concernant son bébé sont renforcées par l’attitude de ses voisins. Mais Rosemary n’exagère-t-elle pas les choses ? N’est-elle pas en pleine crise de paranoïa ? La force du livre est aussi de créer ce doute dans l’esprit du lecteur.
Ayant beaucoup aimé le film et ses deux formidables interprètes (Mia Farrow et John Cassavetes), j’avais peur d’être déçue par le livre. Mais j’ai pris plaisir à ma lecture et les pages ont défilé à grande vitesse. Mais j’avoue que Rosemary et Guy avaient pour moi les visages de Mia Farrow et John Cassavetes !












