
« Comme des fantômes » est un recueil de nouvelles de Fabrice Colin. La préface nous explique que l’auteur est mort dans l’incendie de son appartemen,t et que le livre que nous tenons entre les mains est publié à titre posthume. Ne connaissant pas la biographie de Fabrice Colin, j’ai été un peu perturbée par cette entrée en matière d’autant que le style de la préface est assez léger. J’ai vérifié sur internet et Fabrice Colin se porte très bien, il s’agit uniquement d’une mise en scène. D’ailleurs le Fabrice Colin supposé mort n’aurait écrit aucun roman alors que le véritable Fabrice Colin a publié de nombreux romans de fantasy. L’idée est poussée jusqu’au bout puisque des amis écrivent des introductions à chaque nouvelle pour rendre hommage à leur ami disparu. Ils ne sont d’ailleurs pas très tendres avec lui et présentent Fabrice Colin comme un incapable, un alcoolique, un garçon assez déplaisant. Ce postulat de départ montre bien l’humour noir de son auteur et surtout son obsession pour la grande faucheuse. Obsession qui se retrouve souvent dans les nouvelles. Mais ce qui relie la plupart des histoires entre elles, ce sont les interactions entre la réalité et la fiction. Les deux mondes semblent totalement perméables et se mélangent. Des personnages de livre apparaissent dans notre monde comme Alice, vieillissante dans « Arnastapi », qui habite en Islande et reçoit le chat du Cheshire par la poste. Parfois les personnages font le chemin inverse, le père « Du coup du lapin » se retrouve propulsé au pays des rêves des enfants où se côtoient pirates et lapins victoriens. Fabrice Colin utilise également des figures classiques du fantastique comme les vampires ou les fantômes. Ces nouvelles sont également pour lui l’occasion de rendre hommage à ceux qui ont façonné son imaginaire : Lewis Caroll, John Barrie, Tolkien, Jules Verne, Kenneth Grahame ou l’illustrateur Arthur Rackham. Ces deux derniers ont d’ailleurs droit à d’intéressantes biographies.
Je dois avouer avoir eu du mal à rentrer dans certaines nouvelles. La fantasy est loin d’être mon domaine de prédilection et je n’avais pas toujours les références nécessaires pour apprécier le livre. J’ai néanmoins beaucoup aimé la première nouvelle « Naufrage mode d’emploi » où un auteur de SF est sommé par son éditeur d’écrire un « vrai » roman. Toute la nouvelle se passe dans son cerveau et c’est extrêmement cocasse. « Intervention forcée en milieu crépusculaire » m’a donné envie de découvrir « Le secret de Wilhem Storitz » de Jules Verne, livre dont je n’avais jamais entendu parler. Comme quoi, on peut toujours tirer quelque chose d’une lecture même si on n’est pas enthousiaste.
Merci à Constance et aux éditions Folio.





