La cinémathèque me donne l’occasion de vous parler d’un de mes cinéastes préférés : Jacques Demy. L’exposition qui a commencé en avril permet de plonger dans l’univers enchanté de ce cinéaste. Un fois les portes franchies, c’est une véritable immersion puisqu’on y trouve beaucoup de photos, des décors, des costumes, des extraits de films et d’interviews, des témoignages. Le travail de Jacques Demy y est parfaitement mis en valeur. L’expo permet de voyager chronologiquement dans l’œuvre. Elle s’ouvre sur le passage Pommeraye de Nantes peuplé des différents personnages. Ensuite chaque salle est consacrée à un ou plusieurs films.
Ce que souligne cette exposition, c’est la richesse de l’imaginaire du réalisateur et sa recherche d’un idéal. Pour l’atteindre, Jacques Demy travaillait avec minutie et souci du détail. Chaque éclairage, chaque décor (par exemple les papiers peints) étaient méticuleusement choisis et travaillés.
Elle montre également les influences de Jacques Demy : Jean Cocteau et Leonor Fini pour « Peau d’âne », Vermeer dans « Les parapluies de Cherbourg », Bernard Buffet et Calder dans « Les demoiselles de Rochefort », Raoul Dufy dans « La baie des anges ». Des influences complétées par le travail de fidèles comparses : Bernard Evein pour les décors et bien entendu Michel Legrand pour mettre en musique cet univers.
La part belle est faite aux trois films les plus connus : « Les parapluies de Cherbourg », « Les demoiselles de Rochefort » et « Peau d’âne ». Ces trois salles sont un enchantement et sont magnifiquement scénographiées. Elles raviront les amateurs du cinéaste. Ce sont sans doute les films les plus emblématiques du merveilleux à la Demy : un mélange de poésie et de réel, de douceur et d’âpreté.
Les autres talents de Jacques Demy sont également montrés : dessin, peinture et photo (celles de Los Angeles prises à l’occasion du tournage de « Model shop » m’ont beaucoup plu) Le cinéaste s’était tourné vers d’autres formes d’art surtout après l’échec commercial de « Une chambre en ville ».
Je vous conseille donc chaleureusement cette exposition qui met en valeur la liberté de ton, l’indépendance, l’amour du cinéma et des acteurs de Jacques Demy. Et surtout elle donne envie de voir ou revoir toute sa filmographie, sauf « Parking » que je vous déconseille tant il a mal vieilli !

























