L’homme au complet marron d’Agatha Christie

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A Londres, un homme tombe du quai du métro. Est-ce un suicide ou un banal accident ? L’homme ne porte aucune pièce d’identité sur lui. Il n’a que la carte d’une agence immobilière sur lui pour la visite de la villa du Moulin. Peu de temps après, le corps d’une femme est retrouvée dans cette même villa. La coïncidence est trop forte, les deux morts doivent forcément être liées. C’est en tout cas ce qu’en déduit Anne Beddingfeld, une jeune femme qui a vu la chute de l’homme au complet marron dans le métro. Celle-ci a depuis suivi de près les rebondissements de l’affaire et trouve la première mort plus que suspecte. Il ne lui en faut pas plus pour se lancer dans une enquête ! Elle propose ses services à un journal et part à la recherche d’indices. Elle ne sait pas alors que cette histoire va l’emmener bien loin du fog londonien…

Avec « L’homme au complet marron », nous sommes bien loin des enquêtes feutrées de Miss Marple. C’est un roman d’aventures que nous propose Agatha Christie. La jeune Anne nous fait découvrir des contrées bien différentes des jardins anglais puisque nous suivons ses péripéties en Afrique du Sud.  Les évènements et les révélations s’enchaînent rapidement. Le rythme est enlevé et la tonalité est très joyeuse. Le personnage de Anne est très attachant. C’est une jeune femme au caractère bien trempé, très indépendante et avide d’aventures. Un personnage féministe avant l’heure puisque le roman a été écrit en 1924. Les autres personnages sont à l’avenant : fantasques, mystérieux et pleins d’humour.

« L’homme au complet marron » est le quatrième roman de lady Agatha, ce n’est sans doute pas son meilleur mais il est léger, pétillant comme une bulle de champagne.

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Infidélités de Vita Sackville-West

« Infidélités » est un recueil de six nouvelles composées entre 1922 et 1932. Elles tournent toutes autour du thème de l’infidélité dans le couple, dans l’amitié ou la famille. Les situations sont toutes différentes pour étudier ce thème et son pendant, la déception. Nous découvrons un homme d’affaires qui repense à son seul amour pendant que sa femme fait une partie de patience ; une jeune femme qui espère épouser son amant ; un mari qui semble accepter la liaison de sa femme ; un quatuor d’amis que l’amour va séparer.

La plus longue nouvelle est celle qui ouvre le recueil et elle est intitulée « Son fils ». Une mère retrouve son fils après que celui-ci est parti travailler en Argentine cinq ans auparavant. Elle a préparé son retour en agrandissant leur domaine. Elle espère que son fils va prendre sa place alors que celui-ci ne rêve que de Londres et de fuir la campagne. Cette nouvelle est d’une grande cruauté ; les espoirs et la confiance de cette mère sont immenses et son fils va lui briser le cœur. Vita Sackville-West sait décrypter avec finesse les aspirations et les vilenies de l’âme humaine. Sa plume sait se faire cynique mais elle sait aussi être d’une grande délicatesse.

Même si je la préfère dans les romans, j’ai quand même beaucoup aimé ses nouvelles.

« Elle abandonna l’ombre de la grange pour ouvrir la porte qui menait au jardin. Il faisait presque chaud ; on aurait dit qu’une fine buée sortait du sol, faisant planer une légère brume ; tout était humide, on sentait que quelque chose allait basculer, la frontière entre les dernières splendeurs de l’automne et son déclin était devenue fragile. Elle avança lentement dans l’allée pavée, observant les fleurs couleur bronze, carmin, jaune et abricot, courbées vers le sol tant elles étaient chargées d’humidité. Elle continua à monter en balançant son sécateur, jusqu’aux massifs de pins sylvestres tout en haut du jardin. »

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La déchéance de Mrs Robinson de Kate Summerscale

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Comme dans « L’affaire de Road Hill House », Kate Summerscale s’intéresse à un fait divers victorien. Ici il s’agit du divorce de Isabella Robinson qui défraya la chronique en 1858. Celle-ci avait épousé en secondes noces Henry Robinson, un ingénieur avec lequel elle aura deux fils. Le mariage est dès le départ voué à l’échec. Isabella se marie par obligation et Henry pour son argent. Isabella s’ennuie donc rapidement dans son couple. Elle rencontre en 1850 Edward Lane, un brillant médecin, beau-fils de Lady Drisdale qui reçoit des intellectuels comme Darwin. Entre Isabella et Edward se noue une amitié qu’elle aimerait plus intime. Elle se met à écrire son journal intime où elle fantasme sa relation avec Edward Lane. Isabella Robinson n’est pas sans évoquer le roman de Flaubert datant des mêmes années : « En France cet été-là, Gustave Flaubert achève le brouillon de la première partie de « Madame Bovary », commencé un an plus tôt. Comme Isabella Robinson, l’héroïne de ce roman est recrue de solitude et de langueur, et sa vie, écrit l’auteur, « était froide comme un grenier dont la lucarne est au nord, et l’ennui, araignée silencieuse, filait sa toile dans l’ombre à tous les coins de son cœur. » On ne sait pas si Isabella  va au bout de ses envies mais son journal intime le laisse croire.

Malheureusement Henry Robinson trouve le journal de sa femme et décide de demander le divorce. Un nouveau tribunal des divorces est créé en 1858. Le couple doit dans un premier temps obtenir la séparation de corps auprès du tribunal ecclésiastique avant de passer devant celui des divorces. Cette nouvelle possibilité de liberté profite surtout aux hommes. Isabella voit son journal déballé au grand jour, ses rêves, ses illusions sont exposés aux yeux de tous. Elle est accusée d’érotomanie, de nymphomanie. Elle doit plaider le dérangement mental pour protéger Edward Lane et sa carrière. A l’époque des progrès scientifiques, Kate Summerscale nous montre que l’évolution des mœurs serait plus lent et notamment pour les femmes toujours sous la coupe des hommes.

Comme dans le livre précédent, « La déchéance de Mrs Robinson » est extrêmement documenté grâce  à la presse et aux archives judiciaires. Mais j’ai trouvé la première partie un peu hors de propos notamment les passages sur l’hydrothérapie un peu trop longs. Le récit devient beaucoup lpus intéressant à partir du procès d’Isabella.

« La déchéance de Mrs Robinson » est moins palpitant que « L’affaire de Road Hill House » mais il n’en reste pas moins un témoignage poussé sur la difficile position des femmes à l’époque victorienne.

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Une fille, qui danse de Julian Barnes

Tony Webster revient sur sa vie alors qu’il est à la retraite. Et c’est surtout sa relation avec un ami d’école, Adrian, qu’il questionne. Il fait sa connaissance au lycée et, comme tous, il est fasciné par l’intelligence et la finesse d’Adrian. Tony, Adrian et deux autres amis deviennent inséparables et réfléchissent à leurs destinées futures. Adrian veut faire de sa vie une application de la philosophie, de ses principes. Ses amis l’admirent pour la fermeté de ses convictions. A l’université, la bande se disperse mais reste en contact. Tony y fait la connaissance de Veronica et découvre les relations amoureuses. Celle-ci tourne court mais quelques mois après Tony apprend que Veronica est maintenant avec Adrian. Tony tente de tourner la page en voyageant. A son retour, il apprend la terrible nouvelle : Adrian s’est suicidé.

« Ce qu’on ne fait pas, c’est se projeter dans l’avenir et s’imaginer regardant en arrière depuis ce point futur ; apprenant les nouvelles émotions que le temps apporte, et découvrant par exemple que, les témoins de son existence se raréfiant, il y a moins de corroboration, et donc moins de certitude, quant à ce qu’on est ou a été. Même si l’on a gardé soigneusement des traces du passé-sous forme de mots, de sons ou d’images-, on peut s’apercevoir qu’on a pratiqué la mauvaise sorte d’archivage. Quelle était cette phrase qu’avait citée Adrian ? « L’Histoire est cette conviction issue du point où les imperfections de la mémoire croisent les insuffisances de la documentation. » » Tout le roman de Julian Barnes est contenu dans cette phrase. Tony explore ses souvenirs mais sont-ils exacts ? La mémoire humaine est sélective, elle choisit parfois d’oublier certains faits. On édulcore le passé, on se donne un meilleur rôle. Et comme Adrian est mort, Tony se retrouve seul à plonger dans cette période de sa vie. Mais quarante ans après, Tony n’est plus le même, le personnalité joue aussi sur les souvenirs. Tony est plus clément avec le jeune homme qu’il a été. Veronica, avec qui il renoue, va l’aider à comprendre les évènements. Elle n’a rien oublié et est toujours en colère. Ce que Tony mettra du temps à comprendre.

« Une fille, qui danse » était mon premier Julian Barnes et j’ai été enchantée par ma lecture. Ce qu’il exprime sur le souvenir, la mémoire est passionnant et touchant. Mais je suis également ressortie de ma lecture perplexe et cela en raison de la fin. Une fin qui demande de la réflexion, qui ne donne pas toutes les clefs alors que j’attendais une révélation éclairant tout ce que j’avais lu. J’en ai discuté avec Lilly et je suis finalement d’accord avec elle.  Il ne faut pas chercher à tout élucider, c’est une fin plus ouverte que ce que le lecteur pouvait espérer. Mais la vie ne donne pas d’explication à tout et elle laisse des interrogations, des incompréhensions.

« Une fille, qui danse » est un roman superbement écrit qui questionne notre rapport à la mémoire, à nos souvenirs. Très beau, très émouvant mais qui vous laissera avec beaucoup de questions sans réponse.

Merci beaucoup aux éditions Folio pour cette première découverte de Julian Barnes.

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L’auberge de la Jamaïque, BBC

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La BBC a sorti cette année une adaptation du roman de Daphné du Maurier. Je suis ressortie mitigée du visionnage des trois épisodes.
Le gros point fort de cette série est la reconstitution comme souvent avec la BBC. L’ambiance sombre de l’œuvre de Daphné du Maurier est parfaitement rendue : la lande désolée, les marécages, le brouillard de la côte, les nuages obscurcissant sans cesse les paysages et l’auberge délabrée pourrissant d’humidité. C’est visuellement splendide et très plaisant à regarder. Je souligne également la réussite de la scène de naufrage aussi marquante que terrible.

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Le casting est également à la hauteur. Jessica Brown Findlay est une excellente Mary Yellan, revêche et farouche. Sean Harris, dont je vous ai parlé récemment dans mon billet sur « Southcliffe », joue un Joss Merlyn complexe, torturé par ses agissements. Matthew MacNulty incarne un Jem séduisant et rustre. Le choix des acteurs est toujours de qualité dans les productions la BBC.

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Malheureusement trop de libertés ont été prises avec le texte original. La première concerne la tante de Patience de Mary Yellan. Dans l’adaptation, celle-ci participe activement aux activités illégales de son mari ce qui est un contresens absolu. Dans le roman, c’est une femme terrorisée par son mari, tétanisée et peureuse. En aucun cas, elle ne soutient son mari et c’est pour la sauver que Mary reste à l’auberge de la Jamaïque. Dans la version de la BBC, l’héroïne n’a plus de raison de rester chez son oncle, cela faiblit la bonté de son âme.

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Ensuite, il y a un problème dans la relation entre Mary et Jem. Mary se jette littéralement sur le jeune homme pour l’embrasser et accepte même de le suivre dans une chambre d’hôtel ! Je rappelle que nous sommes au 19ème siècle et que Mary est une jeune femme droite et pleine de principes. Je sais bien qu’il faut pimenter les choses pour les spectateurs contemporains mais il y a tout de même des limites.
Enfin, le vicaire est affublé d’une sœur qui n’apporte strictement rien à l’intrigue et à son développement, quel est l’intérêt de la créer ?

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Comme vous pouvez le voir, je ne vous ai pas menti lorsque je vous ai dit que j’étais mitigée ! C’est fort dommage lorsque l’on voit la qualité des acteurs et la splendeur des paysages.

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L’auberge de la Jamaïque de Daphné du Maurier

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Lorsque sa mère décède, Mary Yellan n’a d’autre choix que de rejoindre sa tante en Cornouailles. Son oncle, Joss Merlyn, y tient l’Auberge de la Jamaïque. La rencontre avec celui-ci, après un long et éprouvant voyage, est assez froide et rude. La tante de Mary, Patience, semble terrorisée par son mari et sa force brutale. L’ambiance est sombre, lugubre à l’auberge qui se situe sur une lande désolée et venteuse. Tous les habitants de la région ont peur de Joss Merlyn et se tiennent loin de l’auberge. Rapidement, Mary découvre que son oncle a des activités illégales et qu’il a probablement du sang sur les mains. Elle décide pourtant de rester pour essayer de sortir sa tante des griffes de Joss Merlyn. Et puis, il y a Jem Merlyn, le jeune frère de Joss qui ne la laisse pas totalement indifférente.

Daphné du Maurier a écrit un roman d’aventures romantique à la manière des sœurs Brontë. Les paysages sauvages et hostiles qui entourent l’auberge font irrésistiblement penser à la lande des « Hauts de Hurlevent » : « Le vent cinglait le toit et les torrents de pluie, dont la violence allait croissant maintenant que les collines n’offraient plus leur abri, fouettaient les vitres avec une malignité nouvelle. De chaque côté de la route, la campagne s’étendait, sans limite. Pas d’arbre, pas de chemins, aucun groupe de chaumières, aucun hameau, mais, mille après mille, la lande aride, noire et inexplorée, se déroulant comme un désert vers quelque invisible horizon. » Daphné du Maurier a l’art de placer son lecteur dans une ambiance sombre, glaçante et très prégnante tout au long du récit.

Mary Yellan aurait pu naitre sous la plume de Charlotte Brontë. Cette jeune femme de 23 ans est téméraire, indépendante, elle a le courage d’affronter son oncle. Elle semble n’avoir peur de rien, de personne. C’est un très fort personnage féminin qui est au centre de ce roman comme l’est Jane Eyre dans celui de Charlotte.

L’intrigue mystérieuse qui se noue autour de l’auberge et de Joss Merlyn est au départ captivante. Mais malheureusement, j’ai démêlé les écheveaux de l’histoire avant la fin qui du coup m’a parue moins captivante.

Malgré cette petite réserve, j’ai pris un grand plaisir à lire « L’auberge de la Jamaïque » dont l’atmosphère sauvage et tumultueuse m’a totalement séduite.

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Southcliffe

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Dans la petite ville de Southcliffe dans le Kent, une détonation retentit. Une femme s’écroule dans son jardin, abattue froidement et sans raison apparente. Bientôt d’autres coups de feu se font entendre. Ce 2 novembre 2011 est celui où Southcliffe bascule dans l’horreur et la douleur. Un homme tire au hasard dans la ville et finit par se suicider. La télévision est envoyée sur place et plus précisément David Whitehead (Rory Kinnear) qui est originaire de Southcliffe. Il découvre une ville sous le choc, anéantie par le drame.

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Si vous avez aimé la formidable et passionnante série « Broadchurch », vous devriez être captivés par « Southcliffe ». La problématique est la même : comment survivre à un drame ? Comment faire le deuil de morts aussi brutales ? Mais « Southcliffe » n’est pas la retranscription d’une enquête. On découvre très rapidement qui est l’auteur des actes sanglants qui touchent la ville. La série se concentre sur l’humain, sur la vie de ceux qui sont frappés par ce drame. Et cela inclut le meurtrier lui-même que l’on découvre durant tout le premier épisode. C’est un homme (Sean Harris) qui semble calme, certes déphasé mais inoffensif à première vue. Il est solitaire et s’occupe de sa vieille mère. Il y a aussi Andrew et Claire Salter (Eddie Marsan et Shirley Henderson) qui cherchent à avoir un deuxième enfant alors que leur fille aînée va entrer à l’université. Chris Cooper (Joe Dempsie) revient d’Afghanistan, il est un perdu à son retour. Il est à l’origine de l’évènement déclenchant la tuerie mais ne pourra jamais en parler. Et puis il y a David Whitehead qui revient malgré lui à Southcliffe, des évènements douloureux de son enfance remontent à la surface. David est en colère contre cette communauté, colère qu’il va exprimer maladroitement et violemment. Chaque personnage est analysé avant et après le massacre. Cette attention à l’humain, à ses réactions, à sa douleur fait la force de la série et offre des moments très forts. Le casting est évidemment irréprochable et de très haut niveau.

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J’ai particulièrement apprécié la construction du récit qui se fait en flashbacks et flashforwards nous permettant de découvrir petit à petit les évènements du 2 novembre 2011. La journée de chacun est explorée, ce qui multiplie les points de vue sur le drame. Un découpage extrêmement maîtrisé et réussi qui donne une atmosphère particulière à cette série.

« Southcliffe » est une série âpre, noire mais particulièrement réussie grâce à un récit prenant et à des acteurs absolument remarquables.

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Résultats du concours Compton-Burnett/Trollope

Ivy   Thorne

Roulements de tambour, voici le moment des résultats au concours lancé il y a une semaine grâce aux éditions Points.

Pour « le docteur Thorne », les gagnantes sont :

-Natiora pour son amour de la langue anglaise et de l’humour so english !

Galéa parce que je ne connaissais pas The Sovereigh of the seas et pour son dernier argument (que je ne peux malheureusement pas vous dévoilez) qui m’a beaucoup fait rire !

Pour « L’excellence de nos aînés », les gagnantes sont :

-Romanza pour sa touchante rencontre avec Jane Eyre

-Somaja parce que j’adore aussi croiser des punks à crête dans de petits villages typiques !

 

Bravo à toutes les quatre, j’attends vos adresses les filles !

Merci à toutes les participantes pour leurs textes et aux éditions Points.

 

Points

 

 

Zuleika Dobson de Max Beerbohm

« Zuleika n’était pas absolument belle. Ses yeux étaient un tantinet trop grands et leurs cils plus longs qu’il n’était nécessaire. Une confusion de boucles folles lui servait de chevelure, sombre plateau de rébellion, où chaque mèche affirmait ses droits sur un front qui n’avait rien de méprisable. Quant au reste, ses traits n’offraient pas d’originalité. (…) Son cou était de faux marbre, ses mains et ses pieds de proportions minuscules. Elle n’avait pour ainsi dire pas de taille. Et pourtant, bien qu’un Grec eût souri de son asymétrie, bien qu’un contemporain d’Elizabeth l’eût traité d' »égyptiaque », Miss Dobson, à cette heure, en pleine ère Edwardienne, était la coqueluche des deux hémisphères. » Et pour le plus grand malheur de la jeunesse intellectuelle anglaise, Zuleika Dobson se rend à Oxford où son grand-père est recteur. Pas un étudiant pour résister à son charme, pas un pour ne pas se pâmer devant cette extraordinaire beauté. Même le duc de Dorset, habituellement insensible aux flèches de Cupidon, cède devant Zuleika Dobson. Et elle reste totalement imperméable à tous ces témoignages de dévotion, elle qui cherche un homme qu’elle puisse admirer et respecter. Tous ces jeunes hommes se meurent d’amour pour elle, littéralement…

Max Beerbohm, qui fut lui même étudiant à Oxford, s’amuse à faire souffler un vent fantaisiste sur les collèges. Ces jeunes hommes sont encore plein d’idéaux, ils sont passionnés et s’enflamment instantanément pour leur idole. Et pourtant, elle ne fait pas grand chose pour plaire, Zuleika. Elle est même totalement odieuse, notamment avec ce pauvre duc qui découvre l’amour pour la première fois de sa vie. C’est finalement une fable bien cruelle que nous narre Max Beerbohm, son héroïne est bien immorale. Les Dieux et la muse Clio sont au commande et ils choisissent un destin bien tragique pour nos jeunes étudiants. Mais il est vrai que cela fait une bien meilleure histoire à raconter pour notre écrivain ! Max Beerbohm possède une superbe plume et il manie l’ironie, l’humour à merveille : « Il regardait machinalement par la fenêtre le ciel gris et sombre. Quelle journée ! Quel climat ! Il fallait être fou pour vivre en Angleterre. Il se sentit positivement suicidaire. » Malheureusement le roman pêche par des longueurs qui m’ont franchement ennuyée. Et c’est fort dommage car le début m’avait beaucoup plu.

« Zuleika Dobson » est le seul roman du raffiné Max Beerbohm, malheureusement j’en ressors déçue. J’en profite pour souligner l’excellent travail des éditions Monsieur Toussaint Louverture qui offrent à nouveau un magnifique objet truffé de très belles illustrations.

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Waterloo Necropolis de Mary Hooper

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A Londres, en 1861, la jeune Grace Parkes se rend au cimetière de Brookwood à bord de l’express Waterloo Necropolis. Elle va y faire deux rencontre décisives : le jeune avocat James Solent qui y enterre sa sœur et les Unwin entrepreneurs de pompes funèbres. Ces derniers proposent à Grace de devenir pleureuse d’enterrement. Dans un premier temps, la jeune fille refuse. Mais lorsque le taudis, où elle vit avec sa sœur simple d’esprit Lily, est condamné, elle n’a d’autre choix que d’accepter leur offre. Elle plonge alors dans le milieu très codifié du deuil et découvre une famille Unwin bien loin d’être scrupuleuse.

Lors du mois anglais 2013, j’avais découvert ce roman jeunesse qui ne pouvait que m’attirer : nous sommes dans le Londres victorien, Charles Dickens est plusieurs fois évoqué et il fait même une apparition. Même si le déroulement de l’intrigue est évident dès les premiers chapitres (il l’est sans doute moins quand on a l’âge du public visé), la lecture de ce roman reste plaisante. Mary Hooper s’est bien documenté et nous offre une vue juste sur les différents sujets qu’elle traite. Les sœurs Parkes vivent dans le quartier pauvre et peu fréquentable de Seven Dials. L’auteur rend parfaitement la misère de ce quartier, la rudesse de la vie et d’autant plus pour deux jeunes filles. L’ombre de « Oliver Twist » plane !  Et ce qui rend vraiment intéressant ce livre, c’est toute la partie sur le deuil à l’époque victorienne. Il faut rappeler que le prince Albert meurt en 1861, plongeant ainsi Victoria et le royaume dans un deuil infini. Cela entraîne bien entendu tout un commerce qui se fait fort d’inventer de nouveaux codes, de nouvelles modes pour profiter de la situation (porter le deuil longuement montrait que l’on était proche de la famille royale ; garder chez soi ses vêtements de deuil entre deux enterrements portait malheur). Et puis, il y a cette fameuse ligne ferroviaire Waterloo-Brookwood Necropolis qui semble si romanesque. L’auteur précise que ce cimetière fut créé suite à l’épidémie de choléra de 1840, ceux du centre ville ne pouvant contenir tous les corps. Le livre de Mary Hooper montre bien cette époque qui rapidement devient obnubilée par le deuil.

Je lis peu de roman jeunesse et j’ai été agréablement surprise par « Waterloo Necropolis » qui est plaisant à lire et bien documenté.

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