Tales from the loop/Mrs America

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A Mercer, Ohio, se situe le centre de physique expérimentale appelé the loop. Son fondateur, Russ Willard, y cherche à déverrouiller et explorer les mystères de l’univers. La ville est peuplée de tours, de sphères étranges et futuristes, dans les bois on croise un robot usé à l’allure mélancolique. Les habitants sont régulièrement témoins de phénomènes paranormaux.

« Tales from the loop » est une uchronie qui s’inspire des œuvres rétro-futuristes de Simon Stalenhag. L’esthétique est celle des années 80, les ordinateurs mastodontes côtoient la robotique et l’intelligence artificielle. Chaque épisode est une histoire en soi mais ils sont liés les uns aux autres par les personnages qui se croisent et se recroisent. Une jeune fille cherche désespérément sa mère disparue, deux adolescents s’amusent à s’échanger leurs corps, un jeune couple arrête le temps. Chaque épisode est une pièce du puzzle.

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La série de Nathaniel Halpern est humaniste, elle interroge les tourments existentiels des personnages. Elle navigue entre surnaturel et quotidien, le premier s’insinuant dans la vie ordinaire des personnages. Ce qui frappe c’est l’incroyable beauté mélancolique de la série. Elle déploie ses histoires, ses contes avec lenteur, une infinie délicatesse et beaucoup de sensibilité. La mise en scène est au diapason de l’écriture. Certaines images sont incroyablement poétiques.

mv5bnmyznwjjmdqtmgvmyi00nmjhltgyngmtymjjnzu5ntk5ntmzxkeyxkfqcgdeqxvymdc2ntezmw._v1_sy1000_sx1500_al__0« Tales from the loop » est une série de science-fiction singulière, à l’esthétique rétro-futuriste et au ton contemplatif. Une série en huit épisodes qu’il faut savourer tant elle est belle et poétique.

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En 1971, Phyllis Schlafly, mère au foyer conservatrice, se lance dans une campagne contre l’Equal rights amendment (ERA) qui doit garantir l’égalité de droits entre les hommes et les femmes. Phyllis crée un groupe de femmes pour combattre cet amendement qui, pour elle, va détruire la famille américaine. Son mouvement va prendre beaucoup d’ampleur et va être un sérieux frein au combat féministe. Face à Phyllis, Gloria Steinnem, Bella Abzug, Betty Friedan, Shirley Chisholm se battent pour les femmes, l’avortement, l’homosexualité et leur mouvement rejoint celui des droits civiques (Shirley Chisholm est la première femme afro-américaine membre du congrès).

La série de Dahwi Waller (Desperate housewives, Mad men) résonne avec notre actualité. A la fin de la série, l’ERA n’a pas été ratifié par les 38 états nécessaires. En 1982, date butoir imposée pour la ratification, seuls 34 états avaient voté pour. Mais, depuis 2017, les trois états manquants se sont reliés au texte. Une bataille est en cours pour annuler la date butoir.

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Chaque épisode de la série se focalise sur une ou plusieurs personnalités : Phyllis, Gloria, Shirley, Betty, Bella, etc… La série les suit sur plusieurs années et permet de voir l’évolution des deux groupes. Alice, qui accompagne Phyllis dès le début, est le personnage qui évolue de la manière la plus intéressante.

« Mrs America » montre que chaque groupe est le lieu de dissensions, de compromis pour maintenir une certaine cohésion. Chaque groupe connaît ses victoires et ses défaites. Phyllis Schlafly est un personnage extrêmement complexe et contradictoire. C’est une femme au foyer catholique fervente, elle a six enfants. Mais se battre contre l’ERA, lui permet de mettre en valeur ses talents. Elle rêve de politique, d’études de droit. Et ses enfants sont élevés par sa belle-sœur (qu’elle ne remercie jamais) puisqu’elle passe son temps en meetings. En raison de ses ambitions, Phyllis subit la misogynie des hommes politiques. Mais cela ne la fait pas changer de camp ! Cate Blanchett incarne à la perfection l’ambiguïté de Phyllis. L’ensemble du casting est absolument impeccable : Rose Byrne, Sarah Paulson, Tracy Ullman, Uzo Aduba et toutes les autres.

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Il faut souligner également la qualité des choix musicaux qui illustrent cette série, le générique est un fantastique mélange de la 5ème symphonie de Beethoven et de disco (signé Walter Murphy). Il donne parfaitement le ton de cette série maîtrisée et passionnante.

3 réflexions sur “Tales from the loop/Mrs America

  1. Que Miss America m’enerve….cette serie est tellement bien faite…que je m’enerve toute seule devant la tele…quand les femmes detruisent les femmes…le pire, cette loi, ERA, n’est pas encore votee…donc la femme n’est pas encore l’egale de l’homme aux states…bref…
    Et ta premiere serie semble bien trop bien….moins d’enervement pour moi surement…lol

  2. Pingback: Billet récapitulatif – Le mois américain 2020 | Plaisirs à cultiver

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