« Je m’appelle Fatima (Daas) », c’est ainsi que s’ouvre chacun des fragments qui composent ce roman. Cet incipit se décline selon différents thèmes : la famille, la religion, la sexualité, les origines, etc… L’ensemble compose le portrait d’une jeune femme qui est un concentré de contradiction. Fatima est française et algérienne, croyante et lesbienne, clichoise étudiant à Paris, asthmatique et fumeuse. Ce sont tous ces morceaux d’identité qui s’entrechoquent dans les mots de Fatima Daas. La question de la religion est celle qui devient rapidement la plus délicate, la plus dissonante dans cette personnalité. « Je m’appelle Fatima. Je porte le nom d’un personnage symbolique en islam. Je porte un nom auquel il faut rendre honneur. Un nom qu’il ne faut pas salir. » C’est un tourment pour la jeune femme qui semble ne pas pouvoir se résoudre. Et ce qui est touchant et intéressant dans « La petite dernière », c’est que la narratrice revendique le droit de ne pas choisir et d’être cette somme d’identités multiples et diverses.
« La petite dernière » est un roman d’apprentissage mais également un hommage à la littérature. Le roman se clôt sur une belle scène pleine de pudeur entre Fatima et sa mère où la narratrice explique qu’elle écrit un livre sur sa vie. La littérature est le seul lieu où peuvent s’exprimer, cohabiter ses contradictions. Le style de Fatima Daas est proche du slam, du rap, le texte est une longue mélopée rythmée par la même phrase d’ouverture parfois légèrement modifiée. Lucide, lyrique, crue, à bout de souffle, son écriture est multiple à l’image des personnalités de la jeune femme.
« La petite dernière » est le portrait d’une jeune femme qui renonce à choisir entre les différentes composantes de sa personnalité, même si elles sont opposées. Un texte original dont la langue vivante et rythmée est l’un des grands atouts.
ça a l’air d’être un beau portrait!
Ça m’intrigue ce roman.
J’vais entendu parler, en très bien, de ce titre, et je l’avais oublié. Merci de me le remettre en mémoire.
Je le vois beaucoup passer et il me fait fort envie