Faire mouche de Vincent Almendros

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Pour le mariage de sa cousine Lucie, Laurent revient à Saint-Fourneau, un petit village de montagne où il n’a pas remis les pieds depuis longtemps. La famille Malèvre est assez réduite, il ne reste que la mère de Laurent et le père de Lucie. Ces deux-là partagent d’ailleurs le même toit. Les relations sont assez tendues depuis les morts accidentelles (ou pas) de la mère de Lucie et du père de Laurent. Ce dernier n’est pas venu seul à Saint-Fourneau, il est accompagné par une amie, Claire. Il la fait passer pour sa femme, Constance, auprès de ses proches. Le couple semble s’être gravement disputé, ce qui ne contribue pas à détendre l’atmosphère.

Je découvre Vincent Almendros avec « Faire mouche » et son univers avait vraiment tout pour me plaire. Dans ce roman, nous sommes chez Simenon, chez Chabrol avec une atmosphère trouble, ambigüe dans une petite ville de province en décrépitude. Dès le départ, un malaise insidieux s’installe. Cela tient à la froideur des relations entre les membres de la famille. Mais aussi aux rumeurs qui ont couru sur la mère de Laurent qui aurait empoisonné son mari et essayé de faire la même chose avec son fils. La mère devient une figure inquiétante, menaçante sans que l’on sache ce qui est véritablement advenu. Après tout, doit-on réellement croire ce que nous dit Laurent ? Il est aussi taiseux que le reste de la famille et son mensonge sur l’identité de Claire questionne.

Tout le talent de Vincent Almendros se trouve dans les non-dits, les double-sens. L’auteur s’applique à choisir avec une grande précision les termes qu’il emploie. Des thèmes sont développés tout au long du roman : la décomposition (les mouches, la charogne dans la forêt), la mort (l’oncle malade, les urnes funéraires du père et de la tante mises en évidence). Les protagonistes, l’intrigue et les mots eux-mêmes contribuent à l’inconfort du lecteur, à faire naître chez lui une certaine inquiétude.

« Faire mouche » est un roman noir parfaitement maîtrisé à l’ambiance et aux non-dits pesants. L’économie de moyen, les jeux sur les double-sens des mots m’ont enchantée. Un court roman à déguster avec un vin de noix !

3 réflexions sur “Faire mouche de Vincent Almendros

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